La mine d’or de Morila, dans le sud du Mali, a été visée par une double attaque menée par le groupe jihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen (JNIM), affilié à Al‑Qaïda. Cette attaque survient dans un contexte de ce que le groupe appelle un « jihad économique », visant à perturber les activités économiques et l’approvisionnement en carburant dans le pays.
Une attaque en deux temps
Le samedi 3 janvier, des assaillants ont pénétré dans la mine, incendié des véhicules et des infrastructures et pris sept otages, parmi lesquels deux employés et cinq agents de sécurité.
Le lendemain matin, dimanche 4 janvier, le groupe est revenu sur le site et a de nouveau mis le feu à des installations, avant de libérer les otages. Les jihadistes se sont retirés vers 10 h 30, laissant la mine partiellement détruite.
Réaction des autorités
Des forces spéciales maliennes, accompagnées de partenaires étrangers, ont été dépêchées par hélicoptère pour sécuriser la zone, avec une présence prévue au moins 48 heures. La mine, exploitée par la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali (SOREM), avait repris ses activités récemment après un accord avec le groupe américain Flagship Minerals.
Une situation économique et sécuritaire préoccupante
La SOREM souligne que les retards de salaire et le manque de carburant affectent les employés et le fonctionnement de la mine. Le groupe jihadiste a également multiplié depuis septembre 2025 les attaques contre les camions-citernes, entraînant pénurie de carburant, coupures d’électricité et difficultés de mobilité pour les civils et les travailleurs.
Un enjeu stratégique
La mine de Morila est cruciale pour l’économie locale et pour attirer les investissements étrangers. Les attaques montrent la fragilité de la sécurité autour des infrastructures économiques au Mali et la difficulté des autorités à protéger ces sites malgré le soutien militaire international.