Taza : le rappeur Souhaib Qabli condamné à 8 mois de prison pour ses chansons

Le rappeur Souhaib Qabli a été condamné en première instance à huit mois de prison ainsi qu’à une amende de 1 000 dirhams, jeudi soir à Taza. Le tribunal l’a reconnu coupable de « violation du devoir de respect envers une institution constitutionnelle par un moyen électronique remplissant les conditions de la publicité » ainsi que d’« outrage à une personne morale ».

Cependant, le jeune artiste a été acquitté de plusieurs autres charges, notamment « l’insulte à des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions » et la « diffusion de fausses allégations et faits dans le but de nuire à la vie privée des individus ou de les diffamer ».

À l’origine de cette procédure judiciaire, les chansons de Souhaib Qabli, qui abordent des thématiques sensibles telles que la normalisation, la démocratie, la santé et l’éducation. Ces contenus auraient motivé les poursuites engagées contre lui.

Le dossier a connu plusieurs étapes avant le verdict. Le rappeur a d’abord été placé en garde à vue à Fès le lundi 2 mars 2026. Deux jours plus tard, le procureur de Taza a ordonné son maintien en détention en vue de son jugement.

À la suite de la décision, son avocat, Mohamed Taifi, a vivement critiqué le verdict. S’exprimant auprès de The Voice of Morocco, il a estimé que la condamnation était « contraire aux données factuelles et juridiques disponibles dans le dossier » et a annoncé son intention de faire appel.

L’avocat a également contesté la qualification des faits retenue par le tribunal, soulignant qu’« il y a une accusation d’insulte à un corps organisé, mais il est légalement nécessaire de savoir de quel corps il est question », remettant ainsi en cause la précision juridique des charges retenues.

Cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression à travers les œuvres artistiques, notamment lorsqu’elles abordent des sujets politiques ou sociétaux sensibles.

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