La mère de l’attaquant français Kylian Mbappé, Fayza Lamari, est concernée par une enquête judiciaire visant un ancien responsable de la sécurité de l’équipe de France. Placée sous le statut de témoin assisté après son audition début octobre 2026, elle aurait sollicité son aide pour obtenir des visas au profit de plusieurs membres de son entourage. L’affaire porte également sur des versements financiers, dont un paiement de 60 300 euros effectué par le capitaine des Bleus en 2023.
Fayza Lamari, mère et représentante de Kylian Mbappé, se retrouve au centre d’une procédure judiciaire en France. Son nom apparaît dans une enquête visant Mohamed Sanhadji, ancien responsable de la sécurité de l’équipe de France de football, mis en examen pour plusieurs infractions présumées, notamment la corruption et le trafic d’influence.
Selon l’Agence France-Presse (AFP), qui a révélé l’information le 14 octobre 2026 en confirmant une publication du quotidien sportif L’Équipe, Fayza Lamari a été entendue début octobre par les juges d’instruction. À l’issue de cette audition, elle a été placée sous le statut de témoin assisté.
D’après les éléments rapportés, elle aurait sollicité l’intervention de Mohamed Sanhadji afin de faciliter l’obtention de plusieurs visas destinés à des personnes de son entourage. Les magistrats cherchent notamment à déterminer les circonstances de ces demandes et la nature des relations entretenues entre l’ancien policier et les différentes personnalités concernées.
Le statut de témoin assisté ne signifie pas qu’une personne est coupable. Il s’agit d’un statut judiciaire français qui permet notamment à une personne mise en cause dans une procédure de bénéficier de droits de défense spécifiques, sans être formellement mise en examen.
Kylian Mbappé, Didier Deschamps et Philippe Diallo également entendus
L’enquête ne concerne pas uniquement la mère de l’attaquant du Real Madrid. Plusieurs figures importantes du football français ont également été entendues par les enquêteurs, parmi lesquelles Kylian Mbappé, l’ancien sélectionneur des Bleus Didier Deschamps et le président de la Fédération française de football (FFF), Philippe Diallo.
Les investigations portent plus largement sur les relations de Mohamed Sanhadji avec des joueurs et des responsables de l’équipe de France, ainsi que sur les éventuels services qu’il aurait rendus à certaines personnalités dans le cadre de ses fonctions.
Interrogée par l’AFP, Marie-Alix Canu-Bernard, avocate de Fayza Lamari et de Kylian Mbappé, n’a pas souhaité commenter ces informations.
Mohamed Sanhadji mis en examen pour plusieurs infractions présumées
Ancien policier chargé de la sécurité de l’équipe de France de 2004 à décembre 2025, Mohamed Sanhadji a été mis en examen le 16 septembre 2026. Les infractions visées comprennent notamment la corruption, le trafic d’influence et le recel de détournement de fonds publics. La procédure porte également sur des soupçons d’escroquerie et de blanchiment de fraude fiscale.
Son rôle au sein de la sélection nationale lui avait permis de côtoyer pendant de nombreuses années les joueurs et les membres de l’encadrement des Bleus.
En août 2026, il avait été confirmé dans ses fonctions par Zinédine Zidane, selon les informations rapportées. Il a toutefois été écarté de son poste en raison de son contrôle judiciaire.
Les enquêteurs s’intéressent notamment à l’utilisation éventuelle de ses relations professionnelles et de son statut pour intervenir dans des démarches administratives ou rendre des services à des personnes de son entourage.
Un versement de 60 300 euros à l’origine des investigations
L’un des principaux volets de cette affaire concerne un versement de 60 300 euros effectué par Kylian Mbappé au profit de Mohamed Sanhadji en 2023. Cette somme provenait de la prime perçue par l’attaquant français à la suite de la Coupe du monde 2022 au Qatar.
Le paiement aurait été présenté comme un don d’usage. Toutefois, l’opération a été signalée en juillet 2024 à Tracfin, le service français de renseignement financier, chargé notamment de lutter contre les circuits financiers illicites et le blanchiment de capitaux.
Ce signalement a conduit à l’ouverture d’investigations portant notamment sur des soupçons de travail dissimulé et de blanchiment de fraude fiscale. Une information judiciaire a ensuite été ouverte en janvier 2026, permettant aux juges d’instruction d’approfondir les investigations.
Les magistrats cherchent notamment à établir les circonstances exactes de ce versement, sa justification et l’existence éventuelle d’un lien avec les services que Mohamed Sanhadji aurait pu rendre à Kylian Mbappé ou à son entourage.
À ce stade, les éléments rapportés ne permettent pas de conclure que le paiement était lié aux démarches de visas évoquées dans le dossier.
Un ancien responsable de la sécurité déjà sanctionné
L’affaire a également eu des conséquences professionnelles pour Mohamed Sanhadji. L’ancien policier avait accompagné Kylian Mbappé lors d’un séjour privé au Cameroun. Il avait par ailleurs fait l’objet d’une sanction pour avoir reçu les 60 300 euros sans en informer sa hiérarchie.
Il a ensuite pris une retraite anticipée de la police nationale.
La procédure judiciaire doit désormais permettre de préciser les responsabilités éventuelles des différentes personnes concernées et de déterminer si les faits examinés relèvent d’infractions pénales.
La mise en examen de Mohamed Sanhadji ne constitue pas une déclaration de culpabilité. De même, le placement de Fayza Lamari sous le statut de témoin assisté ne signifie pas qu’elle est reconnue coupable d’une infraction. Les investigations se poursuivent afin d’établir les faits et les éventuelles responsabilités individuelles.