Face à une dégradation importante de la qualité de l’air, des coureurs à Singapour ont trouvé une solution inhabituelle pour poursuivre leurs entraînements : investir les centres commerciaux. Cette initiative intervient alors que la cité-État subit les conséquences des fumées provoquées par des incendies de forêt en Indonésie.
Le phénomène a notamment été observé le dimanche 25 octobre 2026 au Marina Square, un important centre commercial de Singapour. Plus de 80 amateurs de course à pied s’y sont retrouvés avant l’ouverture des boutiques pour effectuer leurs séances d’entraînement dans les allées de l’établissement.
Cette pratique permet aux sportifs de limiter leur exposition aux particules polluantes présentes dans l’atmosphère extérieure, tout en maintenant leur activité physique. Selon les informations rapportées par l’Agence France-Presse (AFP), la qualité de l’air à Singapour a atteint récemment son niveau le plus mauvais depuis plus de dix ans.
Des entraînements organisés sous certaines conditions
Pour rendre ces séances possibles, les clubs de course doivent obtenir l’autorisation des responsables des centres commerciaux. Des règles particulières ont également été instaurées afin de garantir la sécurité des participants et des établissements.
Les coureurs doivent notamment éviter les sprints, les dépassements et les cris. Ils ne doivent pas non plus bloquer les passages ni laisser de traces de transpiration sur le sol.
Eugene Beh, fondateur du Singapore Runners Club, explique que plusieurs entraînements initialement prévus en extérieur ont dû être annulés en raison des fumées provenant notamment des régions indonésiennes de Sumatra et de Bornéo.
Certains coureurs parcourent jusqu’à 21 kilomètres
Malgré les contraintes liées à la course en intérieur, certains participants réalisent des distances importantes pour maintenir leur préparation physique.
Angeline Zeng, une employée de banque de 57 ans, a notamment effectué une dizaine de tours du centre commercial, représentant environ 10 kilomètres. Elle préparait un semi-marathon à Taipei.
Paul Wong, un retraité de 54 ans membre du club X-Run, est quant à lui parvenu à parcourir l’équivalent de 21 kilomètres en effectuant 21 boucles dans les allées du centre commercial. Il prépare le marathon international de Singapour, prévu en décembre.
Les participants reconnaissent toutefois que courir dans un espace fermé présente certaines difficultés, notamment la répétition des mêmes parcours et l’absence des conditions habituelles d’une course en extérieur.
Une initiative qui pourrait s’étendre
Face à la persistance des épisodes de pollution, les clubs concernés envisagent de renouveler ces entraînements et de solliciter d’autres centres commerciaux pour accueillir les coureurs.
Cette situation rappelle les conséquences régionales des incendies de forêt en Indonésie, dont les fumées peuvent se propager vers les pays voisins. À Singapour, cet épisode de pollution perturbe ainsi les habitudes quotidiennes et pousse certains habitants à adapter leurs activités sportives.
En attendant une amélioration durable de la qualité de l’air, les centres commerciaux pourraient continuer à servir temporairement de lieux d’entraînement pour les amateurs de course à pied.