Le militant propalestinien Elias d’Imzalène a vu sa condamnation confirmée en appel, jeudi 29 octobre 2026, par la cour d’appel de Paris. Cette décision judiciaire intervient alors que ses relations avec Ali Rabeh, maire de Trappes, font également l’objet d’interrogations après leur apparition commune lors d’une conférence de presse organisée à la suite d’un drame survenu dans les Yvelines.
Cinq mois de prison avec sursis pour provocation à la haine ou à la violence
La cour d’appel de Paris a confirmé la peine de cinq mois d’emprisonnement avec sursis prononcée en première instance contre Elias d’Imzalène pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ».
L’affaire remonte au 8 septembre 2024. Lors d’une manifestation propalestinienne organisée place de la Nation, à Paris, le militant avait pris la parole devant les participants en lançant : « Est-ce qu’on est prêt à mener l’intifada dans Paris ? Dans la banlieue ? Dans nos quartiers ? »
Ces déclarations avaient donné lieu à des poursuites judiciaires. En décembre 2024, le militant avait été condamné en première instance. Il avait ensuite fait appel de cette décision.
Dans son arrêt du 29 octobre 2026, la cour d’appel a estimé que l’emploi du terme « intifada », compte tenu du contexte dans lequel il avait été prononcé et de ses références à la libération de Jérusalem, constituait une incitation à la violence. Les magistrats ont également considéré que les propos visaient la communauté juive dans son ensemble, plutôt qu’une autorité politique française ou israélienne.
La décision retient par ailleurs un « abus de la liberté d’expression ». À l’annonce du verdict, Elias d’Imzalène aurait scandé « Tahia Falestine », expression signifiant « Vive la Palestine », devant une salle remplie de ses soutiens.
L’Organisation juive européenne, partie civile dans cette affaire, a accueilli favorablement la décision. Sa présidente, Muriel Ouaknine-Melki, a estimé que cette confirmation constituait un signal face aux appels à la violence et à la montée de l’antisémitisme.
Une apparition aux côtés du maire de Trappes
Au-delà de cette condamnation, le nom d’Elias d’Imzalène est également associé à une controverse concernant ses relations avec Ali Rabeh, maire de Trappes, dans les Yvelines.
Le 23 octobre 2026, le militant a été aperçu aux côtés de l’élu lors d’une conférence de presse organisée après un drame survenu à Trappes et dans la commune voisine de La Verrière. L’événement avait mobilisé plusieurs responsables politiques, dont le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et la ministre Aurore Bergé.
La présence du militant, présenté par Valeurs actuelles comme fiché S selon des informations attribuées à Europe 1, a rapidement suscité des interrogations.
Le 28 octobre, répondant à un internaute sur le réseau social X, Ali Rabeh a catégoriquement nié entretenir des relations avec lui. « Quel lien j’ai avec lui ? Aucun », a déclaré le maire.
Selon l’élu, Elias d’Imzalène aurait réussi à accéder à la conférence de presse en se faisant passer pour un journaliste, avec un micro et une bonnette. Il a notamment évoqué un défaut de filtrage des services de presse et de sécurité chargés de l’organisation de l’événement.
Elias d’Imzalène affirme connaître Ali Rabeh depuis longtemps
Contacté par Valeurs actuelles, le militant a contesté la version du maire. Il a rejeté toute accusation d’infiltration, affirmant que l’accès à la conférence de presse était libre et ouvert aussi bien aux journalistes qu’aux citoyens.
Il a également indiqué avoir été reconnu par le maire et son équipe sur place, précisant qu’ils s’étaient salués.
Surtout, Elias d’Imzalène a affirmé connaître Ali Rabeh depuis plusieurs années. « On avait des liens certains », a-t-il déclaré au média.
Le militant a toutefois relativisé la nature de cette relation. Il a expliqué avoir eu des discussions avec le maire de Trappes, mais également avec d’autres personnalités politiques françaises, notamment Alain Juppé, François Fillon et des responsables de La France insoumise et du Parti socialiste.
Il a néanmoins tenu à préciser qu’il n’avait jamais exercé les fonctions de conseiller auprès d’Ali Rabeh.
Elias d’Imzalène a également exprimé des réserves concernant certaines positions du maire sur la question de l’islamophobie, qu’il jugeait auparavant insuffisamment affirmées. Il s’est toutefois félicité de l’utilisation de ce terme par l’élu lors de sa prise de parole après le drame du 23 octobre.
Deux versions opposées sur la nature de leurs relations
Les déclarations des deux hommes font apparaître une contradiction : tandis qu’Ali Rabeh affirme ne disposer d’aucun lien avec le militant, ce dernier assure qu’ils se connaissent depuis longtemps et qu’ils ont entretenu des échanges.
À ce stade, les éléments publiquement rapportés ne permettent pas d’établir précisément la nature, la fréquence ou l’étendue de leurs relations. Aucun élément présenté dans les deux publications ne démontre non plus qu’Elias d’Imzalène ait exercé une fonction officielle auprès de la municipalité.
La confirmation de sa condamnation en appel et la controverse autour de sa présence aux côtés du maire de Trappes placent ainsi le militant au centre d’une double actualité judiciaire et politique en France.