Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a annoncé jeudi 5 novembre 2026 sa décision de commuer l’ensemble des 548 peines de mort prononcées dans son État en peines de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Cette mesure constitue la plus importante opération de clémence collective de ce type dans l’histoire des États-Unis.
Dans une lettre adressée aux Californiens, le gouverneur a expliqué que cette décision reposait sur ses convictions concernant la justice et les droits humains. Selon lui, la peine capitale est incompatible avec les valeurs de la Californie et fragilise les fondements du système judiciaire.
« L’État ne peut moralement pas les tuer », a-t-il notamment déclaré, estimant que les condamnés devaient passer le reste de leur vie en prison sans que l’État procède à leur exécution.
Gavin Newsom, qui s’oppose depuis plusieurs années à la peine capitale, avait déjà instauré un moratoire sur les exécutions en mars 2019, peu après son arrivée au pouvoir. Cette décision avait entraîné la suspension des exécutions dans l’État, sans toutefois annuler les condamnations à mort. La dernière exécution en Californie remonte à 2006.
Le gouverneur justifie également sa décision par les défaillances qu’il estime structurelles dans l’application de la peine capitale. Il dénonce notamment les risques d’erreurs judiciaires, les discriminations raciales et les inégalités liées aux moyens financiers des personnes accusées.
La mesure concerne les 548 détenus actuellement condamnés à mort, qui représentent le plus important couloir de la mort de l’hémisphère occidental. Toutefois, sa mise en œuvre nécessite encore une procédure judiciaire. La Cour suprême de Californie doit notamment examiner les dossiers des condamnés ayant fait l’objet de plusieurs condamnations pour des crimes graves.
Cette décision ne signifie cependant pas l’abolition définitive de la peine de mort en Californie. La peine capitale demeure inscrite dans la législation de l’État et pourrait être rétablie dans la pratique par une future administration. Son abolition définitive relève du pouvoir législatif et des électeurs.
L’annonce a également suscité des critiques de la part de responsables judiciaires et de défenseurs de la peine capitale, qui estiment que cette mesure ne tient pas suffisamment compte des victimes et de leurs familles.
À quelques mois de la fin de son second mandat, Gavin Newsom inscrit ainsi cette décision parmi les actes politiques majeurs de son passage à la tête de la Californie. Elle relance également le débat national sur la peine de mort, qui continue de diviser profondément la société américaine.