Tous les articles par Kevin

100 000 Afghans en France : un rapport pointe les limites de l’intégration

Une note de la Fondapol alerte sur l’ampleur de la présence afghane en France et les défis posés en matière d’accueil et d’intégration.

En 2025, la France accueille désormais environ 100 000 ressortissants afghans, contre seulement 1 600 en 2007. Cette augmentation spectaculaire de la population afghane sur le sol français fait l’objet d’une note d’alerte publiée par la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique) et signée par Didier Leschi, directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).

Dans ce rapport, Leschi met en évidence les limites du modèle français d’intégration, confronté à une vague migratoire massive et rapide, marquée par des écarts culturels et linguistiques importants.

Une vague migratoire sous-estimée

Le phénomène migratoire afghan a commencé bien avant la chute de Kaboul en 2021. Il remonte à la crise migratoire européenne de 2015, au cours de laquelle des milliers d’Afghans ont quitté leur pays, non seulement pour des raisons politiques, mais aussi économiques.

« Nous avons accueilli des personnes qui n’étaient pas nécessairement hostiles aux talibans, mais qui ont fui la misère économique », observe Leschi. Cette immigration est par ailleurs largement masculine (85 %) et faiblement diplômée, ce qui complique davantage son insertion dans la société française.

Une intégration difficile et des tensions sociétales

Le rapport souligne que plus de la moitié des Afghans présents en France sont sans emploi, en raison de freins linguistiques, éducatifs, mais aussi de différences culturelles marquées, notamment en matière de rapports hommes/femmes.

Didier Leschi pointe également un déficit de volonté d’adaptation chez une partie des migrants afghans, et note que cette communauté est surreprésentée dans la délinquance, notamment sexuelle. En Allemagne, les statistiques montrent que les Afghans sont 20 fois plus impliqués que les Allemands dans les affaires d’abus sexuels sur mineurs. Si aucune donnée équivalente n’est citée pour la France, cette tendance alimente les inquiétudes.

Un modèle d’accueil plus généreux que chez nos voisins

Autre point mis en avant : la générosité de la politique d’asile française. Près de 80 % des demandes d’asile afghanes sont acceptées, alors que d’autres pays européens comme la Suède ou le Danemark ont drastiquement durci leur politique migratoire ces dernières années, allant jusqu’à fermer presque totalement leurs portes aux demandeurs d’asile afghans.

Pour Leschi, ce contraste pose la question de la cohérence des politiques européennes face à des flux migratoires croissants, et de la capacité réelle d’intégration dans un pays déjà confronté à de multiples défis sociaux.

Pérou : l’État détruit 86 mines d’or illégales au cœur de l’Amazonie

Dans la réserve naturelle de Tambopata, les autorités péruviennes lancent une vaste opération contre l’orpaillage illégal, responsable d’un désastre écologique majeur.

Cette semaine, l’armée et la police péruvienne ont démantelé 86 sites d’extraction d’or illégaux installés au sein de la Réserve nationale Tambopata, un espace protégé de plus d’un million d’hectares situé en Amazonie. Objectif : enrayer une activité destructrice pour l’environnement et la biodiversité.

Depuis trois ans, près de 50 000 hectares de forêts ont été ravagés dans cette seule région par l’orpaillage clandestin, entraînant la déforestation, la pollution des cours d’eau et la disparition d’espèces menacées.

« L’une des pires menaces pour la planète, c’est la destruction de l’environnement. Et l’exploitation minière illégale est l’une des activités les plus nuisibles, en raison de l’utilisation de mercure et d’autres produits chimiques toxiques », déplore le colonel Cesar Sierra, qui a dirigé l’opération.

Une lutte écologique… aux conséquences sociales lourdes

Mais derrière cette lutte pour la préservation de l’Amazonie, se cache une réalité sociale brutale. L’intervention des forces de l’ordre a provoqué la fuite de centaines de mineurs, abandonnant sur place outils, machines et abris de fortune. Pour ces hommes et femmes, l’orpaillage est souvent le dernier recours économique dans une région marquée par la pauvreté et l’absence de perspectives.

« Le gouvernement ne nous donne pas de travail. Alors, on prend des risques, témoigne Lizbeth Quispe, une mineuse clandestine. Le risque d’être tuée, violée ou brûlée. Il n’y a pas de justice ici. On doit se battre pour survivre. »

Cette exploitation illégale a représenté jusqu’à 10 % de la production nationale d’or du Pérou, un pays parmi les principaux producteurs mondiaux. Sa tolérance passée vis-à-vis de ces pratiques a alimenté une économie parallèle difficile à démanteler, mêlant pauvreté, crime organisé et dévastation écologique.

Un combat qui s’annonce long

La réserve de Tambopata, classée zone protégée, est un joyau écologique reconnu pour sa biodiversité exceptionnelle. Mais la pression exercée par l’or illégal, couplée à l’inefficacité de certaines politiques publiques, continue de menacer cet équilibre fragile.

Si l’opération des autorités est saluée par les défenseurs de l’environnement, elle soulève aussi la question du manque d’alternatives économiques pour les populations locales. Sans programmes de reconversion, ces actions risquent d’alimenter un cycle de réinstallation clandestine et de conflits sociaux.

Italie : la libération de Giovanni Brusca, “l’égorgeur”,assassin du juge juge Giovanni Falcone ravive les blessures d’un pays marqué par la mafia

L’ancien parrain mafieux, condamné pour l’assassinat du juge Giovanni Falcone, a recouvré la liberté depuis un an, mais l’information n’émerge que maintenant. Sa libération définitive suscite une onde de choc en Italie.

En 2024, Giovanni Brusca a discrètement retrouvé la liberté. L’ex-parrain de la mafia sicilienne, surnommé « l’égorgeur », vit désormais sous une nouvelle identité après avoir purgé 25 années de prison, suivies de trois années de résidence surveillée. Mais ce n’est que maintenant que l’opinion publique italienne découvre cette réalité, provoquant une vague d’indignation et de débats passionnés dans tout le pays.

Brusca est l’un des criminels les plus tristement célèbres de l’histoire contemporaine italienne. Le 23 mai 1992, c’est lui qui appuya sur le détonateur de l’attentat à la bombe qui tua le juge anti-mafia Giovanni Falcone, son épouse Francesca Morvillo et trois agents de sa garde rapprochée, à Capaci, près de Palerme. Quelques semaines plus tard, il fut également l’un des commanditaires de l’assassinat du magistrat Paolo Borsellino, autre figure emblématique de la lutte contre Cosa Nostra.

Une vie de crimes… puis de collaboration

Ancien bras droit de Toto Riina et chef du clan des Corleone pendant un temps, Brusca a été condamné pour une centaine de meurtres. Parmi les plus atroces, figure celui d’un enfant de 11 ans, fils d’un repenti, enlevé, séquestré puis assassiné pour dissuader d’autres membres de la mafia de collaborer avec la justice.

Mais en 1996, peu après son arrestation, Brusca choisit lui aussi de devenir pentito, repenti. C’est une ironie cruelle : il a pu bénéficier de la loi sur les collaborateurs de justice voulue par Falcone lui-même, et qui permet des réductions de peine en échange d’une coopération effective avec l’État.

Selon les magistrats, Brusca a fourni des informations cruciales qui ont conduit à de nombreuses arrestations et permis d’éclairer les connexions entre la mafia et certaines sphères politiques italiennes. En 2016, dans une rare interview depuis sa prison, il déclarait :
« Le moment est venu de saisir cette opportunité et de demander pardon à tous les proches des victimes que j’ai tant fait souffrir. Je considère Cosa Nostra comme une chaîne de morts. »

Une libération qui fracture l’Italie

Malgré ses déclarations de contrition, la libération de Brusca reste un choc pour nombre d’Italiens. « Que va-t-on raconter aux enfants dans les écoles ? », s’indigne la veuve d’un des gardes du corps de Falcone. Le juge Caselli, qui avait arrêté Brusca en 1996, reconnaît la douleur causée par cette nouvelle, mais rappelle qu’« un État crédible tient ses engagements, même lorsqu’ils sont douloureux ». Il insiste sur l’importance de la loi sur les repentis comme outil indispensable dans la lutte contre la mafia.

Pourtant, l’annonce de la liberté pleine et entière de celui qui a incarné l’horreur de la violence mafieuse est difficile à accepter. « C’est un coup au cœur de tout le pays », écrit un journaliste italien spécialiste du crime organisé.

Giovanni Brusca, qui fut l’un des visages les plus effroyables de la terreur mafieuse dans les années 1990, reste une figure clivante. Repenti utile ou symbole de l’impunité ? Sa libération rouvre de profondes blessures dans une Italie qui, plus de 30 ans après Capaci, continue de se débattre avec les fantômes de Cosa Nostra.

Mali : le groupe Wagner se retire, remplacé par Africa Corps, nouveau bras armé du Kremlin en Afrique

Après plus de trois ans de présence controversée sur le sol malien, le groupe paramilitaire russe Wagner quitte officiellement le pays. Son départ marque la fin d’un chapitre opaque de la coopération sécuritaire entre la Russie et le Mali, et l’ouverture d’un nouveau avec l’arrivée d’Africa Corps, une autre force paramilitaire russe, cette fois placée sous un contrôle plus direct du ministère russe de la Défense.

Une transition discrète, mais stratégique

Du côté des autorités maliennes, aucune confirmation ni démenti officiel n’a été fourni concernant ce retrait. Fidèle à sa ligne depuis 2021, la junte au pouvoir continue de parler “d’instructeurs russes”, tout en refusant de reconnaître ouvertement la présence de mercenaires sur son territoire.

Pourtant, Wagner a bien confirmé son départ. L’organisation tire sa révérence après avoir opéré plus de trois ans au Mali, notamment dans les régions du nord en proie à des conflits avec des groupes rebelles et djihadistes.

Africa Corps, une relève plus institutionnalisée

Le relais sera pris par Africa Corps, nouvelle entité paramilitaire russe, composée d’anciens membres de Wagner et de nouvelles recrues. Contrairement à son prédécesseur, Africa Corps est clairement identifié comme un instrument de projection du pouvoir russe à l’étranger, notamment en Afrique, sous la supervision étroite du ministère russe de la Défense.

Cette réorganisation illustre un changement de stratégie post-Prigojine. Depuis la mort du chef de Wagner en juillet 2023 dans un crash d’avion, le Kremlin semble vouloir centraliser davantage le contrôle de ses forces armées non conventionnelles opérant à l’international.

Un bilan contrasté pour Wagner

Dans son communiqué de départ, Wagner dresse un bilan qu’il qualifie d’“élogieux”, mettant en avant sa participation à la reprise de territoires, notamment la ville stratégique de Kidal, autrefois tenue par les rebelles touaregs.

Mais cette lecture est loin de faire l’unanimité. Si certaines victoires tactiques ont été enregistrées, la situation sécuritaire globale du Mali reste très préoccupante. De vastes zones du pays échappent encore au contrôle des autorités, et les violences contre les civils, parfois attribuées à des mercenaires étrangers, ont été dénoncées par plusieurs ONG internationales.

Un partenariat militaire toujours plus opaque

Le remplacement de Wagner par Africa Corps maintient l’ambiguïté qui entoure la coopération militaire entre le Mali et la Russie. L’absence de communication transparente sur le rôle, les effectifs, et les missions de ces groupes rend difficile toute évaluation objective de leur impact réel sur la sécurité du pays.

Ce changement de façade ne devrait donc pas fondamentalement modifier la nature du partenariat russo-malien, mais il révèle une volonté de Moscou de reprendre la main sur ses opérations extérieures, après les turbulences provoquées par la trajectoire autonome de Wagner.

Délinquance des mineurs : 79 % des Français favorables à des sanctions contre les parents

La question de la responsabilité parentale dans la délinquance des mineurs continue de diviser l’opinion publique, mais semble convaincre une large majorité des Français. Selon un sondage CSA réalisé pour Europe 1, CNews et Le Journal du Dimanche, 79 % des personnes interrogées estiment qu’il faut punir les parents dont les enfants commettent des actes de délinquance. Une tendance en légère hausse depuis novembre 2024, où cette opinion réunissait 78 % des sondés.

Un soutien massif dans toutes les catégories sociales

L’adhésion à l’idée de sanctionner les parents de mineurs délinquants est transversale : hommes (79 %) et femmes (80 %) y sont également favorables. Elle touche aussi bien les catégories socioprofessionnelles supérieures (78 %) que les catégories populaires et les inactifs (80 %).

Sur le plan générationnel, le soutien varie, mais reste majoritaire. Les moins de 35 ans apparaissent un peu plus réticents : 70 % des 18-24 ans y sont favorables, et seulement 66 % des 25-34 ans. À l’inverse, le soutien grimpe avec l’âge, atteignant 84 % chez les plus de 50 ans, et même 85 % chez les 65 ans et plus.

Un clivage politique marqué

Les résultats du sondage mettent en évidence une nette fracture politique entre la gauche et la droite. À gauche, seuls 55 % des électeurs approuvent l’idée de punir les parents, avec des taux variant entre 47 % pour les électeurs écologistes, 48 % pour La France Insoumise, et 61 % pour le Parti socialiste.

À droite, le consensus est bien plus fort. 90 % des électeurs de droite soutiennent cette mesure, avec des pics à 92 % pour les sympathisants du Rassemblement National et à 95 % pour les Républicains. Renaissance, parti présidentiel centriste, se situe également haut avec 85 % d’avis favorables.

Un débat récurrent, une opinion stable

La question de la responsabilité parentale dans la délinquance des jeunes revient régulièrement dans le débat public, notamment à la suite de faits divers impliquant des mineurs. Si les modalités concrètes de cette sanction restent floues — amendes, retraits d’allocations, ou mesures judiciaires — le principe semble largement accepté par une société en quête de solutions face à l’insécurité et au sentiment d’impunité.

Ce sondage a été réalisé les 5 et 6 juin 2025, selon la méthode des quotas, auprès d’un échantillon représentatif de 1.010 personnes âgées de 18 ans et plus.

États-Unis d’Amérique : Elon Musk menacé d’expulsion par Trump, Moscou lui offre un asile politique

Les tensions atteignent un nouveau sommet entre le président Donald Trump et l’ancien conseiller spécial de la Maison Blanche, Elon Musk. Moins de deux semaines après son départ du gouvernement, le milliardaire sud-africain naturalisé américain fait désormais l’objet d’un appel à l’expulsion lancé par Steve Bannon, figure influente de l’extrême droite américaine et ancien proche conseiller de Trump. En réponse, la Russie a proposé ce 6 juin un asile politique à Musk, tandis que l’Union européenne se dit prête à accueillir ses entreprises.

Une rupture brutale avec la Maison Blanche

Elon Musk, fondateur de Tesla et SpaceX, avait été recruté par l’administration Trump pour piloter une ambitieuse mission de réduction des dépenses publiques. Son passage éclair au sein du gouvernement a toutefois provoqué de vives polémiques, notamment en raison de coupes budgétaires massives, de fermetures d’agences fédérales et du licenciement de milliers de fonctionnaires.

Depuis son départ fin mai, les échanges entre Musk et Trump se sont durcis. Le président américain a affirmé avoir mis fin à la mission de Musk, qu’il accuse d’avoir “perdu la tête” après une décision défavorable aux véhicules électriques. Il a ensuite menacé d’annuler toutes les subventions et contrats gouvernementaux accordés aux entreprises de Musk, évoquant une économie de “milliards et milliards de dollars”.

De son côté, Musk a répliqué en accusant Trump d’ingratitude, soulignant qu’il avait largement contribué au financement de sa campagne électorale. Il est même allé jusqu’à affirmer, sans preuve, que le nom du président figurait dans le dossier Jeffrey Epstein.

Steve Bannon appelle à l’expulsion de Musk

Face à cette escalade verbale, Steve Bannon, soutien fidèle de Donald Trump, a franchi une étape supplémentaire en appelant publiquement à l’expulsion d’Elon Musk des États-Unis. Rappelant que Musk est né en Afrique du Sud, Bannon estime qu’il n’a “plus sa place sur le sol américain” après s’être retourné contre l’administration.

Moscou offre un asile politique, Bruxelles déroule le tapis rouge économique

En Russie, cette crise a suscité une réaction rapide du pouvoir politique. Dmitri Novikov, premier vice-président de la Commission des Affaires internationales de la Douma, a déclaré que la Russie était prête à accorder un asile politique à Elon Musk. “Il est peu probable qu’il en ait besoin, mais s’il le souhaitait, la Russie pourrait bien sûr l’accueillir”, a-t-il affirmé.

Selon Novikov, cette querelle relève de “désaccords individuels” et non d’une rupture idéologique majeure, tout en soulignant que Musk pourrait ne pas soutenir un retour des démocrates au pouvoir dans trois ans.

En parallèle, l’Union européenne a aussi réagi, cette fois sur le plan économique. Interrogée par des journalistes, Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne, a affirmé que Musk et ses entreprises seraient “très bienvenus” dans l’UE. Son collègue Thomas Regnier a rappelé l’initiative Choose Europe, visant à attirer les startups et entreprises innovantes sur le continent.

Un homme de plus en plus controversé

Alors qu’il jouissait d’une certaine aura au début de son engagement politique, Elon Musk est aujourd’hui une figure profondément polarisante. Ses actions récentes, tant au sein du gouvernement que dans l’espace public, lui ont valu une impopularité croissante aux États-Unis. En Europe, son rapprochement idéologique avec plusieurs mouvements d’extrême droite a aussi déclenché des réactions hostiles.

Entre conflit politique majeur, menaces d’expulsion, propositions d’asile et bataille d’influence entre puissances mondiales, Elon Musk se retrouve au centre d’un bras de fer diplomatique inédit, qui pourrait redéfinir son avenir… et sa nationalité.

Guerre à Gaza : le corps d’un otage thaïlandais ramené par les autorités israéliennes

Les forces israéliennes ont ramené de Gaza le corps d’un otage thaïlandais enlevé le 7 octobre 2023, lors de l’attaque du Hamas en Israël et retenu depuis dans la bande de Gaza, ont annoncé les autorités, ce samedi 7 juin 2025.

L’armée a indiqué dans un communiqué qu’au cours d’une opération conjointe avec l’agence de la sécurité intérieure (Shin Bet), les forces israéliennes avaient « récupéré le corps de Natthapong Pinta dans la région de Rafah », dans le sud du territoire palestinien.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a indiqué dans un communiqué que le corps de l’otage avait été « ramené en Israël » lors d’une « opération spéciale » dans la région de Rafah.

« Natthapong est venu de Thaïlande en Israël pour travailler dans l’agriculture, car il souhaitait construire un avenir meilleur pour lui et sa famille », a déclaré Israël Katz. Il a été « tué en captivité par l’organisation terroriste des Moujahidine », a ajouté le ministre.

Selon l’armée, le ressortissant thaïlandais avait été « enlevé par des terroristes de l’organisation terroriste Moudjahidine dans le kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023 », laquelle a été mise en cause dans la mort d’autres otages enlevés au même endroit.

L’opération des forces israéliennes pour récupérer le corps « a été rendue possible à la faveur de renseignements précis obtenus lors de l’interrogatoire d’un terroriste, ainsi qu’à des renseignements fournis par le groupe de travail sur les otages et la direction du renseignement de Tsahal », a ajouté l’armée dans un communiqué.

Deux autres corps d’otages ramenés

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait annoncé jeudi 5 juin 2025 que les corps de deux otages israélo-américains, Judy Weinstein-Haggai et Gad Haggai, enlevés eux aussi le 7 octobre 2023 au kibboutz Nir Oz, avaient été ramenés en Israël à la suite d’une opération spéciale à Gaza.

De son côté, le Forum des familles, principale organisation plaidant pour un cessez-le-feu et la libération des otages, a appelé les autorités à « faire tout ce qui est nécessaire pour parvenir à un accord qui permettra de ramener les 55 otages restants », selon un communiqué.

L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1 218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées par le Hamas ce jour-là, 55 sont toujours retenues dans la bande de Gaza, dont au moins 31 sont mortes, selon les autorités israéliennes. Le Hamas retient également la dépouille d’un soldat israélien tué lors d’une précédente guerre à Gaza, en 2014.

Plus de 54 677 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Le Ballet National de Marseille se retire du festival Sónar 2025 en solidarité avec la Palestine

Le Ballet National de Marseille, sous la direction du collectif La Horde, a annoncé son retrait du festival Sónar 2025, prévu du 12 au 14 juin à Barcelone. Cette décision s’inscrit dans une vague croissante de boycott culturel visant les liens financiers entre le festival et le fonds d’investissement KKR, accusé d’implication dans les colonies israéliennes en territoire palestinien.

Un retrait symbolique et engagé

Dans un communiqué publié sur Instagram, La Horde a déclaré :

« Nous avons décidé de nous retirer du festival Sónar 2025 en raison de son association avec le fonds d’investissement KKR, impliqué dans des activités en lien avec les colonies israéliennes en territoire palestinien. »

Le collectif affirme que ce retrait ne vise pas l’équipe du festival elle-même, mais qu’il répond à une exigence éthique : ne pas être complice d’une situation qu’il considère comme une injustice envers le peuple palestinien.

Une vague de désistements d’artistes internationaux

Le Ballet National de Marseille n’est pas seul à se désengager. Selon El País, environ 50 artistes et collectifs ont annulé leur participation, parmi lesquels des figures majeures telles que ARCA. The Guardian évoque un chiffre dépassant les 70 artistes, incluant des noms comme Kode9 et Juliana Huxtable. Ces désistements marquent un tournant dans la mobilisation artistique contre les financements jugés controversés dans le milieu culturel européen.

Le festival Sónar est détenu par Superstruct Entertainment, une entreprise partiellement financée par KKR depuis 2018. KKR est critiqué pour ses investissements jugés indirectement liés à l’occupation israélienne en Cisjordanie.

La réponse du Sónar : entre ouverture et défense

Face à la polémique, les organisateurs du Sónar ont publié un communiqué dans lequel ils affirment condamner le génocide en Palestine et précisent ne tirer aucun bénéfice direct de KKR, assurant que tous les revenus sont réinvestis dans les éditions futures. Une section dédiée a été ajoutée au site officiel du festival pour répondre aux préoccupations du public, gérer les demandes de remboursement, et autoriser l’expression de symboles de soutien à la Palestine durant l’événement.

Une mobilisation culturelle européenne en expansion

Le retrait du Ballet National de Marseille s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation artistique en Europe. Au festival Pop-Kultur de Berlin, plusieurs artistes ont également annulé leur venue après que l’ambassade d’Israël en Allemagne ait été mentionnée parmi les sponsors. Lors de la Berlinale 2024, des réalisateurs ont publiquement accusé Israël de commettre un génocide à Gaza, déclenchant de vives réactions.

Un engagement politique assumé dans le champ artistique

En se retirant du Sónar, le Ballet National de Marseille illustre la montée en puissance d’un engagement politique dans le monde artistique. Ce geste symbolique s’inscrit dans une dynamique où les institutions culturelles cherchent à affirmer leur indépendance vis-à-vis d’acteurs économiques perçus comme complices de violations des droits humains. Pour de nombreux artistes, l’art ne peut plus être neutre dans un monde marqué par les conflits et les injustices.

Imane Khelif exclue de la Box Cup d’Eindhoven après la décision de World Boxing sur les tests de genre

La boxeuse algérienne Imane Khelif ne participera pas à la Box Cup d’Eindhoven, qui se tient aux Pays-Bas du 5 au 10 juin. Son absence survient quelques jours après la mise en œuvre d’une nouvelle réglementation de la Fédération internationale de boxe, World Boxing, rendant obligatoires les tests de genre pour tous les participants majeurs.

Dirk Renders, porte-parole de l’événement, a confirmé jeudi à l’AFP que l’athlète de 26 ans, inscrite initialement à la compétition, ne figure plus parmi les participantes. Il a précisé que « la décision de son exclusion est du ressort de World Boxing ».

Des tests de genre imposés et une polémique persistante

Le 31 mai, World Boxing a instauré une règle obligeant tous les athlètes de plus de 18 ans à subir un test PCR déterminant leur sexe à la naissance, pour pouvoir prendre part à des compétitions sous son autorité. Dans son communiqué, la Fédération avait mentionné nommément Imane Khelif, indiquant qu’elle devait se conformer à cette exigence pour participer à la Box Cup d’Eindhoven. Cette communication a suscité de vives réactions, poussant l’instance à s’excuser publiquement, reconnaissant qu’il était « inapproprié » de cibler une athlète en particulier.

Imane Khelif, championne olympique des -66 kg à Paris en 2024, avait déjà été au cœur de controverses sur la question du genre. Lors de ces Jeux, elle avait été la cible de campagnes de désinformation la présentant comme un « homme combattant des femmes », bien qu’elle ait toujours concouru dans les catégories féminines, y compris lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, sans contestation à l’époque.

Un historique de tensions avec les instances de la boxe

L’exclusion d’Imane Khelif n’est pas une première. En 2023, lors des Championnats du monde organisés par l’IBA (International Boxing Association), elle avait déjà été écartée à la suite d’un test de genre non concluant selon cette instance. L’IBA, depuis suspendue par le Comité international olympique (CIO) pour des raisons éthiques et financières, s’est par ailleurs opposée à la participation de Khelif aux Jeux de Paris 2024, allant jusqu’à annoncer en février 2025 qu’elle poursuivrait le CIO en justice pour avoir permis sa présence.

En réponse, la boxeuse algérienne a qualifié ces accusations de « fausses et insultantes » et a déclaré qu’elle envisageait une action judiciaire pour rétablir son intégrité. Elle affirme : « Je suis pleinement qualifiée pour participer. Je suis une femme comme les autres. Je suis née femme, j’ai vécu femme et j’ai concouru en tant que femme. »

Un symbole en Algérie, un avenir tourné vers Los Angeles 2028

Devenue une figure emblématique en Algérie, Khelif a reçu un soutien massif de la part du public et des autorités nationales. Malgré la polémique, elle reste déterminée à poursuivre sa carrière internationale et a annoncé en mars dernier son intention de viser une nouvelle médaille d’or lors des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

L’affaire Khelif soulève à nouveau des questions complexes sur l’équilibre entre inclusion, équité sportive et respect de la vie privée des athlètes, dans un contexte mondial de plus en plus polarisé. Des personnalités influentes comme Donald Trump ou Elon Musk se sont déjà exprimées publiquement sur le sujet, contribuant à l’amplification du débat.

Le Ghana muscle sa défense face à la menace djihadiste : une coopération internationale en pleine expansion

Face à la montée en puissance des groupes djihadistes au Sahel et à leur progression vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, le Ghana intensifie ses efforts pour renforcer sa sécurité nationale. Soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, le pays s’équipe et forme ses forces armées pour prévenir une contagion de la violence.

Soutien militaire américain et européen accru

Le 8 mai dernier, l’ambassadrice des États-Unis au Ghana, Virginia Palmer, a remis aux forces armées ghanéennes 14 véhicules blindés de transport de troupes Puma M36 Mk3, d’une valeur totale de 6 millions de dollars. Une donation symbolique mais stratégique : « Ces véhicules aideront à assurer la paix, la stabilité et la protection des frontières du Ghana, tout en contribuant à la sécurité globale, y compris celle des États-Unis », a-t-elle déclaré.

Ce don s’inscrit dans une coopération sécuritaire plus large entre Washington et Accra, estimée à 25 millions de dollars par an. Elle comprend également la fourniture d’équipements, la tenue d’exercices conjoints, ainsi que le soutien à la police nationale.

Quelques mois plus tôt, en février 2024, l’ambassadeur de l’Union européenne au Ghana, le Français Irchad Razaaly, avait lui aussi présenté un lot d’équipements non létaux d’une valeur de 50 millions d’euros, financé par le fonds européen Facilité pour la paix (FEP). Cette aide comprenait notamment des embarcations de surveillance fluviale, des équipements de guerre électronique et de reconnaissance, ainsi que des engins de construction. Une donation de 105 véhicules blindés avait également été réalisée en octobre 2023.

Une menace djihadiste qui gagne du terrain

Si le Ghana renforce ses moyens, c’est que la menace est bien réelle. Le Sahel est aujourd’hui le théâtre d’une intensification des violences armées, menées notamment par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-Qaïda, et par l’État islamique au Sahel (EIS). Ces groupes cherchent à étendre leur influence idéologique et territoriale vers les pays côtiers, dont le Ghana.

Selon Daniel Eizenga, chercheur au Centre africain d’études stratégiques à Washington, « les pays du Golfe de Guinée, notamment le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Bénin, font face à une pression croissante. Ils perçoivent la situation comme une menace imminente et cherchent à renforcer rapidement leurs capacités avec l’appui de partenaires internationaux. »

Les chiffres confirment cette tendance : les attaques djihadistes ont augmenté de 250 % en quatre ans dans les pays sahéliens et leurs voisins côtiers. Le nord du Bénin et du Togo, mais aussi certaines zones du Ghana et de la Côte d’Ivoire, sont de plus en plus exposés.

Les groupes armés exploitent l’absence de contrôle étatique dans certaines zones rurales, où l’État est peu présent. « Les frontières ne sont pas un obstacle pour eux. Ils s’intéressent aux zones stratégiques : là où vivent les communautés vulnérables, là où se trouvent les ressources, là où leur message peut se répandre », explique Eizenga.

Les vulnérabilités internes : un terreau fertile pour l’extrémisme

Au nord du Ghana, région à forte densité musulmane et historiquement marginalisée, les déficits de gouvernance aggravent la situation. Le chômage des jeunes atteint 39 %, et les infrastructures sont largement insuffisantes. Manque d’eau potable, routes impraticables, soins de santé défaillants et écoles en mauvais état contribuent à une forte vulnérabilité.

Dès 2023, Arthur Banga, chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny, alertait sur ce danger dans une étude pour l’IRIS : « Ces conditions créent un terrain propice à la radicalisation, notamment chez les jeunes. »

Un équilibre délicat à maintenir

Alors que les groupes djihadistes poursuivent leur stratégie d’enracinement au sud du Sahel, le Ghana, longtemps considéré comme un îlot de stabilité, entre dans une phase critique de prévention sécuritaire. Pour ne pas basculer dans le cycle des violences, l’efficacité de la coopération internationale devra s’accompagner d’un renforcement de la gouvernance locale, de la lutte contre la pauvreté et de l’inclusion sociale.

Les mois à venir seront déterminants pour évaluer si le Ghana parvient à tenir la ligne de front contre la menace islamiste.