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Ce que les squelettes de femmes révèlent sur la division du travail dans la Nubie préhistorique

Une étude récente révèle que, dans la Nubie d’il y a 3 500 ans, les femmes jouaient un rôle clé dans les activités physiques du quotidien. Leurs squelettes, marqués par l’usure du temps et les contraintes de leur vie, livrent aujourd’hui un témoignage silencieux mais puissant sur la division du travail dans cette société antique, longtemps considérée à travers un prisme essentiellement masculin.

Une société nubienne oubliée par l’histoire

Durant le IIe millénaire avant notre ère, dans l’actuel Soudan, le royaume de Koush s’épanouit au sud de l’Égypte. Sa capitale, Kerma, devient un centre politique et économique majeur, rival de l’Égypte pharaonique. À proximité, dans la nécropole d’Abu Fatima, une équipe interdisciplinaire d’archéologues et d’anthropologues a étudié les restes de 30 individus enterrés à l’époque de l’âge du bronze (2500-1500 av. J.-C.).

Parmi eux, 14 femmes ont révélé des déformations osseuses significatives dans les vertèbres cervicales et à l’arrière du crâne. Ces marques sont typiques d’une technique de portage appelée tumpline, encore utilisée aujourd’hui dans certaines sociétés rurales : une sangle fixée sur le front permettant de soutenir de lourdes charges sur le dos.

Les marques du travail sur les os

Les chercheurs ont notamment mis en lumière le cas d’une femme surnommée “individu 8A2”, décédée à plus de 50 ans. Son crâne présentait une dépression osseuse notable et une arthrose sévère des vertèbres cervicales, signes d’une vie passée à porter de lourdes charges. L’analyse de ses dents révèle qu’elle n’était pas originaire de la région, ce qui suggère un parcours migratoire, suivi d’une vie rurale exigeante, où elle aurait également pu porter des enfants sur son dos.

Chez les hommes, les traces osseuses diffèrent : usure au niveau de l’épaule et du bras droit, suggérant un port de charges sur l’épaule, potentiellement lié à des activités agricoles, artisanales ou guerrières. Ces différences anatomiques permettent de reconstituer une division du travail fondée sur le genre, dans laquelle femmes et hommes contribuaient à l’économie domestique de manière complémentaire, mais distincte.

Une tradition millénaire de portage féminin

Si les représentations visuelles directes de l’époque de Kerma sont rares, des fresques égyptiennes du Nouvel Empire (vers 1550 – 1070 av. J.-C.) offrent des indices : dans la tombe de Rekhmirê, des femmes nubiennes sont dessinées portant des paniers ou des enfants sur le dos à l’aide de sangles frontales. On retrouve ces mêmes gestes bien plus tard, gravés dans les bas-reliefs du temple méroïtique de Méroé.

Ces pratiques ne sont pas seulement anciennes : elles sont encore vivantes aujourd’hui. En Afrique de l’Est (chez les Kikuyu du Kenya) ou au Congo (à Dolisie), des femmes continuent à utiliser des tumplines pour transporter du bois, de la nourriture ou des enfants. Ce lien entre le passé et le présent permet aux chercheurs de mieux comprendre les gestes techniques ancestraux, leur transmission et leur valeur culturelle.

Le corps, une mémoire sociale

Cette étude apporte une contribution précieuse à l’archéologie du genre. Elle confirme que le corps humain conserve les traces durables de l’organisation sociale, des rôles assignés, et des contraintes physiques du quotidien. Les marques visibles sur les os ne sont pas seulement le fruit du vieillissement, mais le reflet de pratiques sociales profondément enracinées.

« Les squelettes des femmes de la Nubie antique racontent une histoire oubliée, celle d’un travail quotidien intense, genré, souvent invisible dans les récits historiques dominants », concluent les auteurs.

Une réécriture nécessaire de l’histoire

Longtemps, la préhistoire et l’antiquité ont été racontées à travers une perspective centrée sur les hommes — chasseurs, bâtisseurs, guerriers. Cette recherche sur la Nubie préhistorique vient corriger ce biais : les femmes aussi travaillaient durement, au point de modeler leur squelette. Elles jouaient un rôle central dans la logistique domestique, les circuits de transport et, probablement, dans le maintien de la vie rurale.

En réexaminant les traces laissées par les corps, la science révèle une histoire plus riche, plus juste, plus inclusive : celle d’une société où les femmes portaient bien plus que des charges elles portaient l’équilibre de la communauté.

EUA : “Donald Trump cité par Elon Musk dans l’affaire Epstein : décryptage d’un scandale sexuel aux ramifications politiques”

Le nom de Donald Trump, président des États-Unis, est revenu au cœur de l’affaire Jeffrey Epstein à la suite d’une déclaration explosive d’Elon Musk. Lors d’un échange tendu par médias interposés le 5 juin 2025, l’homme d’affaires sud-africain a accusé le président américain d’être lié au dossier Epstein, relançant une affaire qui mêle exploitation sexuelle, célébrités mondiales, et zones d’ombre judiciaires.

Une déclaration choc dans un climat de tension

Tout commence par une passe d’armes entre Elon Musk et Donald Trump. Alors que le président s’exprime depuis le Bureau ovale sur la fin de sa relation avec Musk — autrefois un allié durant sa campagne — le patron de X (anciennement Twitter) publie une série de messages en direct. Il accuse Trump d’ingratitude, avant d’asséner :

« Donald Trump figure dans le dossier Epstein. C’est la véritable raison pour laquelle ils n’ont pas été rendus publics. »

Une déclaration retentissante, lancée alors même que les tensions diplomatiques étaient à leur comble, devant un chancelier allemand présent à la Maison-Blanche.

Retour sur l’affaire Epstein : un réseau d’abus sexuels

Jeffrey Epstein, financier américain, est arrêté en juillet 2019 par le FBI. Il est accusé d’avoir dirigé un vaste réseau de trafic sexuel de mineures entre 2002 et 2005, avec la complicité présumée de son ancienne compagne, Ghislaine Maxwell. L’affaire remonte en fait à bien plus tôt : dès 2008, Epstein échappe à des poursuites fédérales grâce à un accord controversé signé avec Alexander Acosta, alors procureur en Floride.

Epstein est retrouvé mort dans sa cellule en août 2019, officiellement par suicide. Ghislaine Maxwell est arrêtée en 2020 et condamnée en 2022 à 20 ans de prison.

Des personnalités éclaboussées mais peu inquiétées

L’affaire Epstein implique de nombreuses personnalités : le prince Andrew, Bill Clinton, Stephen Hawking, Michael Jackson, et d’autres. Beaucoup d’entre eux sont cités dans des documents judiciaires déclassifiés début 2024, mais sans preuves concrètes de participation aux crimes.

Bill Clinton a reconnu avoir voyagé à bord du « Lolita Express », l’avion privé d’Epstein, mais nie toute implication dans ses activités criminelles. Quant au prince Andrew, il a conclu un accord financier à l’amiable avec l’une des principales plaignantes, Virginia Giuffre, sans reconnaissance de culpabilité.

Donald Trump et Epstein : des liens ambigus

Le lien entre Trump et Epstein a souvent été évoqué. En 1992, une vidéo montre les deux hommes ensemble lors d’une fête à Mar-a-Lago. Trump avait qualifié Epstein de « type formidable » à l’époque, ajoutant qu’il « aime les belles femmes, et beaucoup d’entre elles sont très jeunes ».

Après l’arrestation d’Epstein, Trump a affirmé s’être éloigné de lui depuis longtemps. Pourtant, des enquêtes journalistiques indiquent qu’il aurait pris au moins sept fois le jet privé du financier. Virginia Giuffre, la principale victime médiatisée, aurait rencontré Ghislaine Maxwell dans la résidence Mar-a-Lago, propriété de Trump, alors qu’elle y travaillait comme saisonnière à 16 ans.

Aucune inculpation ni accusation officielle n’a jamais visé Donald Trump à ce jour. Cependant, l’administration Trump n’a jamais tenu sa promesse de déclassifier entièrement les dossiers Epstein, nourrissant les soupçons.

Des victimes et une affaire sans fin

Virginia Giuffre, devenue le symbole du combat des victimes d’Epstein, s’est suicidée en avril 2025 à l’âge de 41 ans. Son décès a bouleversé les États-Unis et relancé les appels à la vérité. Le public réclame davantage de transparence sur les réseaux impliqués et sur les protections dont a pu bénéficier Epstein.

Que signifie la déclaration de Musk ?

Elon Musk n’a fourni aucune preuve pour étayer ses propos. Mais dans un contexte politique tendu, ses accusations contre Trump trouvent un écho dans l’opinion. Certains y voient une tentative de diversion ou de vengeance personnelle. D’autres estiment que Musk pourrait chercher à peser sur le débat public, voire sur la présidentielle américaine à venir.

Le président Trump n’a pas encore réagi officiellement à cette accusation. La Maison-Blanche reste silencieuse, tandis que l’opposition démocrate réclame une enquête indépendante.

Entre spéculations et responsabilité

Le lien entre Trump et Epstein reste flou, comme pour de nombreuses personnalités citées dans l’affaire. Aucune preuve ne permet aujourd’hui d’affirmer que Donald Trump ait participé aux crimes d’Epstein. Mais l’affaire Epstein continue de hanter la scène politique américaine. La déclaration d’Elon Musk, sans être fondée sur des faits nouveaux, rappelle que les fantômes du passé n’ont pas fini de hanter les puissants.

Blocages en Bolivie: Evo Morales visé par une plainte pour « terrorisme »

Le conflit entre le gouvernement bolivien et l’ancien président Evo Morales, qui souhaite revenir au pouvoir, a connu une nouvelle escalade jeudi, avec le dépôt d’une plainte contre lui pour « terrorisme » ainsi que pour sept autres infractions pénales.(Source : AFP).

Ce dépôt de plainte intervient après la diffusion d’un enregistrement audio présumé dans lequel une voix, attribuée à l’ex-chef d’Etat, appelle à bloquer les principales routes menant à La Paz, la capitale administrative du pays.

L’enregistrement a été transmis mercredi aux médias par un ancien dirigeant proche de l’ex-président de gauche.

« Parmi les principales infractions dénoncées figurent le terrorisme, l’incitation publique à commettre des infractions et les atteintes à la sécurité des services publics », a déclaré le ministre de la Justice, César Siles, auprès de la presse.

Depuis lundi, les partisans d’Evo Morales bloquent les principales routes du centre du pays, notamment dans le département de Cochabamba, son fief politique.

Ils réclament la démission du président Luis Arce, qu’ils accusent d’être responsable de la profonde crise économique que traverse le pays et d’avoir manipulé le pouvoir judiciaire et le corps électoral pour exclure M. Morales de la présidentielle du 17 août.

Pour le gouvernement, ces barrages visent à empêcher l’élection présidentielle et forcer une candidature de M. Morales, qui a gouverné à trois reprises entre 2006 et 2019 et que la justice a déclaré inéligible pour avoir dépassé le nombre autorisé de réélections.

« Aucun chantage »

« Nous n’accepterons aucun chantage », a assuré le ministre Siles.

La loi bolivienne prévoit une peine de 15 à 20 ans de prison pour terrorisme.

Le nombre de barrages ne cesse d’augmenter depuis lundi, lorsque le gouvernement en a recensé une vingtaine. « Il y a plus de 40 points de blocage » dans le pays, a assuré jeudi la vice-ministre de la Communication, Gabriela Alcon.

Selon elle, 30 policiers ont été blessés dans des affrontements avec des manifestants depuis le début de la semaine. Les partisans du premier chef d’Etat bolivien d’origine indigène évoquent aussi des blessés, sans en préciser cependant le nombre.

Le ministre de l’Economie, Marcelo Montenegro, a indiqué de son côté que les blocages causaient chaque jour des pertes de 100 à 150 millions de dollars.

La Bolivie est plongée dans une profonde crise économique, en raison notamment d’une pénurie de carburant provoquée par un manque de devises étrangères.

Evo Morales vit retranché sous la protection de ses partisans dans son fief du centre du pays, dont il n’a pu sortir depuis sept mois, étant visé par un mandat d’arrêt pour une affaire de traite de mineure qu’il nie.

Selon le parquet, Evo Morales aurait entretenu en 2015, alors qu’il était encore président, une relation avec une adolescente de 15 ans, avec l’accord de ses parents, en échange de certains avantages.

Déjà en novembre 2019, le gouvernement de droite en place à l’époque avait déposé une plainte contre lui pour « terrorisme », après la diffusion d’un enregistrement audio dans lequel une voix présentée comme étant celle de Morales appelait au blocage des routes du pays, en pleine crise sociale consécutive à sa démission.

L’ancien président avait nié les accusations. L’affaire n’a pas été poursuivie après l’arrivée au pouvoir de Luis Arce, son ancien ministre de l’Économie.

Israël soutient un clan armé opposé au Hamas à Gaza, confirme Netanyahu

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a reconnu que les autorités soutenaient un clan palestinien à Gaza qui s’oppose au mouvement islamiste Hamas, après des déclarations d’un ex-ministre selon lesquelles Israël avait transféré des armes à ce groupe.

Selon des médias israéliens et palestiniens, ce groupe rassemble des membres d’une tribu bédouine dirigée par Yasser Abou Chabab. Le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) décrit M. Abou Chabab comme le chef d’un « gang criminel opérant dans la région de Rafah (ville à cheval entre la bande de Gaza et l’Egypte, NDLR) et accusé de piller les camions d’aide » humanitaire à Gaza.

Avigdor Lieberman, député et ancien ministre de la Défense, avait déclaré dans une interview accordée à la chaîne publique israélienne Kan que le gouvernement de M. Netanyahu « donnait des armes à un groupe de criminels et de malfaiteurs ».

« Qu’est-ce que Lieberman a divulgué? Que des sources de sécurité ont activé un clan de Gaza qui s’oppose au Hamas? Qu’y a-t-il de mal à cela? », a lancé M. Netanyahu dans une vidéo publiée sur son compte X jeudi.

« Il n’y a que du bon, a-t-il ajouté, cela sauve des vies de soldats israéliens » dans la bande de Gaza, où Israël combat le Hamas depuis son attaque sans précédent sur le sol israélien le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.

Michael Milshtein, expert en affaires palestiniennes au Centre Moshe Dayan de Tel-Aviv, a déclaré à l’AFP que le clan Abou Chabab faisait partie d’une tribu bédouine qui vivait dans la péninsule égyptienne du Sinaï.

Selon lui, certains membres de la tribu sont impliqués dans « toutes sortes d’activités criminelles, le trafic de drogue et d’autres choses de ce genre ».

M. Abou Chabab a passé du temps en prison à Gaza et les chefs du clan l’ont récemment dénoncé comme un « collaborateur et un gangster » israélien, dit-il.

« Il semble que le Shabak (acronyme en hébreu de l’Agence de la sécurité intérieure, également connue comme le Shin Bet) ou l’armée ont pensé que c’était une excellente idée de transformer cette milice, ce gang en fait, en un mandataire, de lui donner des armes et de l’argent et de le mettre à l’abri des opérations de l’armée », a ajouté M. Milshtein.

Guerre en Ukraine : La Russie veut fermer la mer Noire à l’Ukraine,un nouveau front s’ouvre

Le 5 juin 2025, les autorités ukrainiennes ont affirmé que la Russie prépare un blocus total de la mer Noire contre l’Ukraine d’ici 2026. Cette information, transmise à Washington par le colonel Pavlo Palissa lors d’une visite officielle, marque une possible escalade majeure dans le conflit, avec une extension du champ de bataille vers la mer et les routes commerciales.

Selon Kiev, Moscou viserait à prendre les ports d’Odessa et de Mykolaïv, les derniers points d’accès maritime majeurs de l’Ukraine. Un tel scénario transformerait radicalement l’équilibre stratégique en mer Noire, verrouillant l’Ukraine de toute exportation navale, en particulier de ses ressources céréalières.

Un objectif militaire à long terme

L’année 2026, évoquée comme échéance de cette manœuvre, ne serait pas choisie au hasard. Elle correspond à un calendrier diplomatique et militaire en pleine recomposition : nouvelle administration américaine, renégociations possibles sur les sanctions, et incertitudes sur le soutien occidental.

Selon les autorités ukrainiennes, la Russie chercherait à élargir son contrôle vers l’ouest en construisant une « ceinture maritime » allant de la Crimée jusqu’aux rives du Dniepr. Un projet qui viserait autant à encercler militairement l’Ukraine qu’à couper ses liens économiques extérieurs.

Le Dniepr : prochain axe stratégique

En parallèle de cette offensive maritime présumée, Kiev affirme que Moscou prévoit de prendre le contrôle de la rive gauche du fleuve Dniepr en 2025. Ce fleuve, qui traverse le pays du nord au sud, joue un rôle crucial : transport de marchandises, approvisionnement en eau, production énergétique via ses barrages.

L’état du barrage hydroélectrique du Dniepr est jugé critique par les autorités ukrainiennes, qui évoquent des soupçons de sabotage russe. Si la Russie parvenait à contrôler cet axe, elle pourrait isoler militairement le sud de l’Ukraine, en coupant les approvisionnements et les lignes logistiques vitales.

Le poids des céréales dans le conflit

Le conflit en mer Noire dépasse les seules considérations militaires : il menace également un pilier de l’économie ukrainienne et un maillon essentiel de la sécurité alimentaire mondiale.

L’Ukraine est l’un des plus grands exportateurs mondiaux de blé, de maïs et d’huile de tournesol. Depuis le début de la guerre en 2022, ces exportations ont été perturbées à plusieurs reprises, malgré des accords de transit encadrés par l’ONU et la Turquie.

Un blocus complet remettrait en cause ces efforts et pourrait aggraver les tensions alimentaires dans des régions déjà fragiles, notamment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Appels à des sanctions renforcées

Face à ces risques, Andriy Iermak, chef de cabinet du président Zelensky, appelle à un renforcement immédiat des sanctions économiques contre la Russie, qu’il accuse de faire de la mer Noire un outil de guerre économique.

Il critique également l’inefficacité de certaines démarches diplomatiques actuelles :

« Nous n’avons plus besoin de symboles, mais d’engagements vérifiables. »

Une diplomatie incertaine entre Washington, Bruxelles et Moscou

La réaction internationale reste mitigée. Aux États-Unis, Donald Trump, adopte une posture ambivalente. Il affirme avoir échangé avec Vladimir Poutine, tout en restant flou sur ses intentions vis-à-vis du conflit. Il a déclaré qu’aucune paix immédiate ne semble possible, sans donner plus de précisions.

L’Union européenne, de son côté, a réaffirmé son soutien à Kiev, tout en soulignant l’importance de maintenir les livraisons d’armement. Le Haut représentant pour les Affaires étrangères a insisté sur la nécessité de ne pas céder à une normalisation prématurée des relations avec Moscou.

Quant à l’OTAN, un sommet d’urgence est prévu en juillet 2025. Il pourrait aboutir à un durcissement de la position de l’alliance, à condition que les États-Unis ne s’y opposent pas. L’Ukraine espère que sa candidature à l’intégration dans l’Alliance servira de levier pour obtenir des garanties plus solides contre la menace maritime.

Vers une extension du conflit à la mer

Ce qui se profile, selon plusieurs analystes, est un changement d’échelle dans le conflit. La guerre pourrait passer d’un affrontement terrestre à un conflit hybride, mêlant contrôle maritime, pressions économiques et encerclement énergétique.

La Russie, déjà maîtresse de la Crimée depuis 2014, chercherait à construire une “frontière maritime” invisible, mais redoutablement efficace. L’objectif ne serait pas seulement militaire : il s’agirait aussi de redéfinir la mer Noire comme zone d’influence russe, mettant fin à sa neutralité historique.

Un conflit qui redessine les équilibres

À ce stade, une question majeure se pose : qui contrôlera les routes maritimes vitales de l’Europe de l’Est ? Et avec quelles conséquences pour les économies mondiales, les pays dépendants du blé ukrainien, et l’équilibre sécuritaire régional ?

La guerre en Ukraine, loin de s’essouffler, semble entrer dans une nouvelle phase stratégique, où les lignes de front ne sont plus seulement terrestres. Le Dniepr et la mer Noire deviennent les nouveaux théâtres d’un conflit globalisé, aux implications militaires, économiques et humanitaires considérables.

Vol de la statue de Macron au musée Grévin : deux militants de Greenpeace présentés à un juge d’instruction

Deux militants de l’ONG Greenpeace ont été mis en examen jeudi pour « vol aggravé », après le vol au musée Grévin lundi de la statue de cire d’Emmanuel Macron, qui avait été rendue le lendemain, a indiqué à l’AFP leur avocate.(Source :AFP).

Ces deux militants avaient été présentés à un juge d’instruction plus tôt dans la journée, dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire du chef de « vol en réunion d’un bien culturel exposé », avait précisé à l’AFP le parquet de Paris.

A la mi-journée, ces deux personnes, une femme et un homme, ont été mis en examen pour « vol aggravé », a indiqué à l’AFP leur avocate, Me Marie Dosé.

« Je ne comprends pas cette décision d’ouvrir une information judiciaire, le musée Grévin a bien indiqué qu’il n’y avait aucun préjudice. De plus en plus, la justice devient un instrument pour dissuader des militants d’exercer leur liberté d’expression et d’opinion », a-t-elle déclaré, affirmant également que « la garde à vue s'(était) passée dans des conditions absolument sordides ».

Plus tôt dans la journée, Me Marie Dosé avait estimé que « toutes les infractions (avaient) pris fin avec la remise de la statue: le vol comme le recel aggravés retenus par le parquet. Et aucun préjudice ne découle de l’action non violente menée par Greenpeace France ».

Le musée, qui avait porté plainte lundi une fois le vol constaté, a ensuite pris cette affaire avec humour. « La contemplation des personnages se fait uniquement sur place », indiquait ainsi son compte Instagram.

La statue de cire du chef de l’Etat avait été subtilisée lundi par des militants de Greenpeace qui avaient réussi à s’en emparer en se faisant passer pour des artisans chargés de la maintenance.
Ils avaient ensuite déposé la statue devant l’ambassade de Russie à Paris dans le cadre d’une brève action visant à dénoncer les liens économiques persistants entre Paris et Moscou malgré la guerre en Ukraine.

Mardi soir, Greenpeace avait rendu la statue en la déposant devant le siège d’EDF à Paris devant une pancarte proclamant « Poutine-Macron Alliés radioactifs », après avoir prévenu les autorités.

Selon Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, les deux personnes interpellées lundi sont celles qui conduisaient le camion lors de l’action devant l’ambassade de Russie, et non celles qui ont « emprunté » la statue dans le musée Grévin.

Me Marie Dosé affirme également que les deux militants ont été « attachés pendant des heures à des bancs, trimballés de commissariat en commissariat », et que « l’une a passé la nuit sans couverture et n’a pas pu s’allonger car sa cellule était trop petite. L’autre a dû dormir au sol car sa cellule contenait trop de personnes ».

Expulsions massives d’Afghans : l’Iran et le Pakistan durcissent leur politique migratoire

Depuis plusieurs mois, l’Iran et le Pakistan ont engagé une politique de plus en plus rigoureuse à l’encontre des réfugiés afghans, provoquant une vague d’expulsions qui alarme la communauté internationale. Ces décisions, justifiées par des raisons sécuritaires et politiques, concernent des millions de personnes, dont une grande partie est installée dans ces pays depuis des décennies.

Une pression croissante au Pakistan

Le Pakistan a donné un tournant décisif à sa politique migratoire à l’égard des Afghans dès le 1er avril. Ce jour-là, Islamabad a annulé environ 800 000 cartes de résidence accordées à des Afghans, parfois nés sur son territoire ou résidant dans le pays depuis plusieurs générations. Le gouvernement pakistanais menace désormais de retirer la protection accordée à 1,3 million de réfugiés afghans enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), d’ici fin juin.

Ces décisions interviennent dans un contexte de tensions sécuritaires accrues dans les zones frontalières avec l’Afghanistan, où le Pakistan accuse Kaboul de laisser opérer des groupes armés responsables d’attaques sur son territoire. Dans ce climat, les expulsions ont repris à un rythme soutenu, bien que variable : 135 865 personnes ont quitté le pays en avril, contre 67 478 en mai, selon les chiffres du ministère pakistanais de l’Intérieur.

Les départs se font parfois de manière volontaire, mais sont également le fruit de descentes policières ciblant les communautés afghanes. En toile de fond, des campagnes médiatiques ont accusé les réfugiés afghans d’être liés au terrorisme ou d’alimenter les mouvements de contestation politique contre le gouvernement pakistanais.

L’Iran fixe un ultimatum

L’Iran, de son côté, a intensifié sa propre campagne de renvois. Le 3 juin, les Nations unies ont exprimé leur préoccupation face à une hausse brutale des expulsions depuis le mois de mai. Contrairement aux précédentes vagues, ciblant principalement les jeunes hommes, ce sont désormais des familles entières – femmes et enfants compris – qui sont concernées.

Téhéran a fixé un ultimatum au 6 juillet pour que les quatre millions d’Afghans en situation irrégulière quittent le territoire iranien. Les autorités iraniennes ont déclaré ne pas vouloir prolonger leur tolérance face à cette population qu’elles jugent trop nombreuse et mal intégrée.

Une situation humanitaire critique

Depuis la fin de l’année 2023, plus d’un million d’Afghans ont quitté le Pakistan et plus de deux millions ont été expulsés d’Iran, selon les estimations. L’ONU indique que plus de la moitié de ces personnes sont des enfants, souvent renvoyés dans un pays qu’ils connaissent peu ou pas du tout.

Pour les organisations humanitaires, ce retour forcé se traduit par une mise en danger directe des exilés. L’Afghanistan, dirigé par les talibans depuis 2021, est officiellement pacifié, mais reste le théâtre de la deuxième plus grande crise humanitaire mondiale, avec un tiers de sa population souffrant de la faim.

À leur arrivée, les familles afghanes sont généralement dirigées vers des camps de transit, aux conditions de vie précaires, sans ressources ni perspectives immédiates. Le HCR souligne que l’Afghanistan « n’est pas prêt à accueillir » un tel afflux. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte également sur la pression exercée sur les structures d’accueil et de réintégration, déjà fragiles.

Une instrumentalisation politique ?

Ces politiques d’expulsion s’inscrivent aussi dans des dynamiques géopolitiques internes. Si en avril, Kaboul accusait Islamabad de « maltraiter » les migrants à des fins politiques, le ton semble s’être adouci depuis, avec la reprise de relations diplomatiques entre les deux pays, matérialisée par la nomination de nouveaux ambassadeurs et des visites ministérielles réciproques. Toutefois, le sort des réfugiés ne figure plus au cœur des discussions publiques, tandis que les expulsions se poursuivent dans l’ombre.

La communauté internationale appelle à une approche plus humaine et coordonnée face à cette crise migratoire. Mais sur le terrain, les millions d’Afghans renvoyés de force tentent de reconstruire leur vie dans un pays en ruines, sans filet de sécurité ni avenir certain.

Les corps de deux otages détenus par le Hamas ramenés en Israël lors d’une opération spéciale

Les corps de deux otages israélo-américains, enlevés lors de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, ont été rapatriés en Israël à la suite d’une opération spéciale menée dans la bande de Gaza, a annoncé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou.(Source : AFP).

«Au cours d’une opération spéciale du Shin Bet (l’agence de la sécurité intérieure, NDLR) et de l’armée dans la bande de Gaza, les corps de deux de nos otages détenus par l’organisation terroriste meurtrière Hamas ont été ramenés en Israël: Judy Weinstein-Haggai, aussi citoyenne canadienne, et Gad Haggai du kibboutz Nir Oz, que leur mémoire soit bénie», a-t-il déclaré dans un communiqué.

«Judy et Gad ont été assassinés le 7 octobre» puis leurs corps ont été emmenés dans la bande de Gaza, a-t-il ajouté.

Selon un communiqué du kibboutz Nir Oz, le couple, membre du kibboutz qui avait sept enfants et sept petits-enfants, a été «assassiné et enlevé le 7 octobre dans les champs près de leur maison de Nir Oz», près de la bande de Gaza.

Gadi Haggai, âgé de 72 ans lors de son assassinat, était «un homme à l’esprit vif (…) attaché à la terre» et son épouse Judy Weinstein Haggai, tuée à l’âge de 70 ans, était une «professeur d’anglais spécialisée dans les enfants ayant des besoins spéciaux (…) dévouée à la paix et à la fraternité», selon le kibboutz.

L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées par le Hamas ce jour-là, 55 sont toujours retenues dans la bande Gaza, dont au moins 32 sont mortes, selon les autorités israéliennes.

Plus de 54 607 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Guerre en Ukraine : Que contient le mémorandum de Moscou rejeté par Volodymyr Zelensky ?

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rejeté mercredi 4 juin la dernière proposition de cessez-le-feu formulée par la Russie, un mémorandum présenté lors de discussions à Istanbul deux jours plus tôt. Selon le dirigeant ukrainien, ce texte constitue un “ultimatum” et ne représente en rien une base sérieuse pour des négociations de paix.

Un rejet catégorique par Kyiv

Les pourparlers du 2 juin à Istanbul, menés par le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov, et l’assistant présidentiel russe Vladimir Medinsky, ont débouché sur peu d’avancées concrètes. Selon Volodymyr Zelensky, ces discussions s’apparentaient davantage à une « performance politique » qu’à un véritable processus diplomatique. Il a estimé que Moscou utilisait ces négociations pour gagner du temps, notamment afin d’éviter de nouvelles sanctions et de donner l’illusion de bonne foi à la communauté internationale.

Le président ukrainien a qualifié le document russe de « spam » et a dénoncé une tentative de « diplomatie artificielle ». Il a également rappelé que les exigences contenues dans ce mémorandum avaient déjà été rejetées à plusieurs reprises par Kyiv et ses alliés occidentaux. Selon lui, le contenu du mémorandum n’est pas différent des premières propositions russes faites au début de l’invasion en 2022.

Zelensky a réaffirmé sa volonté de s’entretenir directement avec Vladimir Poutine, en présence éventuelle du président américain Donald Trump. Il a proposé de poursuivre les discussions dans des lieux neutres comme Istanbul, le Vatican ou la Suisse, dès le lundi suivant. Mais il a aussi prévenu que l’impasse actuelle pourrait prolonger indéfiniment le conflit.

Le mémorandum de Moscou : contenu et objectifs

Le mémorandum russe, dévoilé par l’agence Tass, fixe un ensemble de conditions que Moscou considère indispensables à un cessez-le-feu et à la signature d’un traité de paix. Ce document expose également les objectifs politiques et territoriaux poursuivis par le Kremlin.

Modalités de règlement proposées par la Russie

Parmi les principales dispositions, le texte exige :

•La reconnaissance internationale de l’annexion de la Crimée, du Donbass et de la « Novorossia » (terme hérité de l’époque impériale russe).
•La garantie des droits des russophones, avec reconnaissance du russe comme langue officielle dans les régions concernées.
•L’interdiction de toute forme de propagande liée au nazisme ou au néonazisme.
•La suppression des restrictions imposées à l’Église orthodoxe ukrainienne.
•Le statut de neutralité de l’Ukraine, excluant toute adhésion à une alliance militaire ou présence de troupes étrangères sur son sol.
•L’interdiction de toute présence ou transit d’armes nucléaires en Ukraine.
•Un plafonnement des effectifs et des équipements des forces armées ukrainiennes.
•La levée de toutes les sanctions ukrainiennes contre la Russie, avec l’engagement de ne pas en imposer de nouvelles.
•La renonciation à toute demande de réparations de guerre.
•La reprise progressive des relations diplomatiques et économiques, incluant le transit de gaz russe via l’Ukraine.

Deux options pour un cessez-le-feu

Le mémorandum offre à l’Ukraine deux scénarios alternatifs pour une cessation des hostilités.

Option 1 :

•Retrait total des troupes ukrainiennes des régions de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia.
•Instauration d’un cessez-le-feu de 30 jours à partir du début du retrait.
•Retrait complet à réaliser dans ce délai de 30 jours.

Option 2 :

•Interdiction de redéploiement des forces ukrainiennes, sauf pour les retraits convenus.
•Suspension des livraisons d’armes et de renseignements par les pays occidentaux.
•Aucune présence militaire étrangère en Ukraine.
•Fin de la loi martiale et début d’une démobilisation générale.
•Mise en place d’un centre bilatéral de contrôle du cessez-le-feu.
•Dissolution des formations nationalistes ukrainiennes.
•Amnistie des prisonniers politiques et libération des civils et militaires capturés.

Conditions pour un traité de paix

La Russie propose que le processus de paix soit structuré de la manière suivante :
•Signature d’un mémorandum de cessez-le-feu, avec dates précises pour l’application des mesures.
•Transfert par la Russie de 6 000 corps de soldats ukrainiens.
•Instauration d’un cessez-le-feu de 30 jours.
•Organisation d’élections présidentielles et législatives en Ukraine dans les 100 jours suivant la levée de la loi martiale.
•Signature d’un traité final de paix, approuvé par une résolution juridiquement contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies.

Des exigences jugées inacceptables par Kyiv

Pour l’Ukraine, plusieurs points du mémorandum sont considérés comme contraires à la souveraineté nationale. En particulier, la reconnaissance des territoires annexés et la limitation de ses capacités militaires sont jugées inacceptables. De plus, Kyiv considère que certaines exigences, comme la reconnaissance de la « Novorossia » ou la neutralisation militaire, visent à instaurer une tutelle russe durable sur le pays.

Les négociations à Istanbul ont néanmoins permis un échange de prisonniers et la restitution de corps de soldats morts, mais sans progrès réel sur les questions centrales du conflit.

En claire

Le rejet du mémorandum par Volodymyr Zelensky illustre la profondeur des divergences entre Moscou et Kyiv. Tandis que la Russie présente des conditions de paix très contraignantes, l’Ukraine y voit un moyen déguisé d’imposer une capitulation. À ce stade, aucun terrain d’entente ne semble exister, laissant présager la poursuite du conflit.

Rafale, canons Caesar, frégates… Les grandes ambitions de la France avec l’Indonésie

La tournée asiatique d’Emmanuel Macron a porté ses fruits : la France renforce son ancrage stratégique en Asie du Sud-Est, et particulièrement en Indonésie. À l’occasion de sa visite officielle à Jakarta le 28 mai dernier, un pas décisif a été franchi dans le domaine de la coopération militaire entre les deux pays. L’Indonésie a signé une lettre d’intention pour l’acquisition de nouveaux équipements militaires français, confirmant sa volonté de poursuivre et d’élargir un partenariat déjà bien engagé.

Un partenariat stratégique qui s’étoffe

Déjà deuxième client de la France en matière d’armement en Asie du Sud-Est, derrière les États-Unis, l’Indonésie représente une priorité stratégique pour Paris. Selon le SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), la France assure 15 % des importations d’armes indonésiennes. Cette relation s’inscrit dans une dynamique régionale où les enjeux de sécurité se multiplient, entre rivalités maritimes et tensions sino-américaines.

Lors de la visite présidentielle, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé la signature d’une lettre d’intention avec son homologue indonésien, Sjafrie Sjamsoeddin. Cette lettre prévoit de futures commandes d’armement : des avions de chasse Rafale supplémentaires (en plus des 42 déjà commandés entre 2022 et 2024), des frégates légères et sous-marins Scorpène, ainsi que des canons Caesar et leurs munitions.

Des commandes déjà engagées

L’Indonésie ne part pas de zéro. Elle a déjà signé plusieurs contrats avec la France :
•42 Rafale commandés depuis 2022, dont les livraisons commenceront en 2026.
•2 sous-marins Scorpène, commandés en avril 2025, pour une livraison prévue en 2031.
•13 radars longue portée achetés en 2023 au groupe Thales.
•55 canons Caesar, livrés à la suite de deux commandes en 2012 et 2017.

La lettre d’intention signée récemment pourrait porter sur une douzaine de Rafale supplémentaires, selon La Tribune, même si aucun chiffre officiel n’a encore été communiqué.

La France, un partenaire militaire « respectueux »

Au-delà des contrats, Paris veut se positionner comme un partenaire fiable, respectueux de la souveraineté et de l’indépendance des États de la région. Une approche qui se distingue des logiques de confrontation entre grandes puissances comme les États-Unis et la Chine.

Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a salué cette confiance renouvelée dans l’« excellence de l’industrie de défense française », soulignant également l’importance de partenariats durables qui peuvent profiter à l’industrie de défense locale en Indonésie.

Une influence croissante en Indo-Pacifique

Cette coopération franco-indonésienne illustre la volonté de la France de renforcer sa présence dans l’Indo-Pacifique. Avec ses territoires dans la région (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française), la France se considère comme une puissance indo-pacifique légitime. En misant sur des relations stratégiques solides, comme avec Jakarta, Paris entend jouer un rôle majeur dans la stabilité régionale.

En somme, les ambitions françaises en Indonésie traduisent un double objectif : soutenir la modernisation militaire d’un partenaire clé tout en consolidant son influence dans une zone géopolitique cruciale.