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Tanzanie: le chef de l’opposition inculpé pour « trahison » à six mois de la présidentielle

Tundu Lissu, leader du principal parti d’opposition en Tanzanie, a été inculpé pour “trahison” au lendemain de son arrestation, a annoncé jeudi l’un de ses avocats. Cette mise en accusation intervient dans un contexte de répression politique croissante, à seulement six mois de l’élection présidentielle.(Source : AFP).

L’accusation de trahison est passible de la peine de mort en Tanzanie et ne donne pas droit à une libération sous caution.

Opposant emblématique au parti au pouvoir, M. Lissu avait, selon son parti Chadema, été « arrêté aux côtés d’autres membres » du mouvement mercredi et placé en détention par la police après un meeting dans la ville de Mbinga, dans la région de Ruvuma (sud). Les forces de l’ordre avaient dispersé les personnes assistant au meeting à l’aide de gaz lacrymogène.

« Lissu a été accusé de trahison sans possibilité de libération sous caution, et de publication de fausses informations », a déclaré à l’AFP Jebra Kambole, l’un de ses avocats, après son apparition au tribunal.

« Nous croyons fermement que la justice est de son côté », a déclaré à des journalistes Rugemeleza Nshalla, un autre de ses avocats, après que M. Lissu a été présenté au tribunal de Dar es Salaam.

Il devrait comparaître le 24 avril, selon Me Nshalla.

« Bloquer les élections »

Le commandant de la police régionale Marco Chilya avait indiqué plus tôt à la presse que le chef de l’opposition était poursuivi pour des allégations d' »incitations à bloquer les élections » à venir.

M. Lissu, figure politique tanzanienne qui fut le candidat présidentiel de Chadema en 2020, a été élu président de son parti en janvier, remplaçant Freeman Mbowe qui dirigeait le mouvement de longue date.

Il avait prévenu l’an dernier que Chadema allait « bloquer les élections par la confrontation » à moins que le système électoral soit réformé.

La présidente Samia Suluhu Hassan avait d’abord été célébrée après son accession au pouvoir en 2021 pour avoir relâché les restrictions imposées aux médias et à l’opposition dans le pays de 67 millions d’habitants.

Mais le parti de M. Lissu accuse son gouvernement de retomber dans les pratiques autoritaires de son prédécesseur John Magufuli (2015-2021).

« Le plan est de le jeter en prison pour que la présidente Suluhu puisse célébrer (sa réélection, NDLR) sans opposition », a commenté sur X l’avocat tanzanien des droits humains Tito Magoti. « C’est, une fois de plus, un triste jour pour notre démocratie, » a-t-il ajouté.

Arrestations à répétition

Ce n’est pas la première fois que M. Lissu – avocat de formation, parlementaire de 2010 à 2017, il avait survécu cette année-là à une tentative d’assassinat – est arrêté par les autorités tanzaniennes. Mais il n’a jamais fait face à des accusations aussi graves.

En novembre, il avait été interpelé pendant la campagne des élections locales. Le mois précédent, il avait été brièvement détenu lorsque la police anti-émeute avait empêché la tenue d’un grand meeting à Dar es Salaam.

La Tanzanie doit organiser des élections législatives et présidentielle en octobre. L’an dernier, des élections locales avaient été remportées à une majorité écrasante – près de 99% des sièges – par le parti au pouvoir Chama Cha Mapinduzi (CCM). Pour Chadema, le scrutin avait été truqué.

Le parti affirme que les forces de sécurité sont responsables de la disparition de plusieurs de ses partisans, ainsi que du meurtre d’au moins un membre de son secrétariat national l’an dernier. Des accusations reprises par les organisations de défense des droits humains et les pays occidentaux, qui dénoncent également une nouvelle répression en cours.

Netanyahou recherché par la CPI : la France a-t-elle manqué à ses obligations en le laissant survoler son territoire ?

Le 7 avril dernier, Benjamin Netanyahou, visé par un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a survolé l’espace aérien français pour se rendre de Hongrie aux États-Unis. Une situation qui soulève une vague d’indignation chez de nombreux juristes, qui estiment que la France a manqué à ses engagements internationaux, en particulier ceux prévus par le traité de Rome.

Un survol controversé du territoire français

Malgré le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI), le Premier ministre israélien a pu voyager sans être inquiété. Pour l’Association des Juristes pour le respect du droit international (JURDI), c’est une faute grave. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, l’association exige une position claire du gouvernement français, en conformité avec le droit international.

« La France aurait dû interdire le survol de son territoire à cet avion et procéder à l’arrestation de Benjamin Netanyahou », estime Benjamin Fiorini, secrétaire général de JURDI. Il s’appuie sur l’article 86 du traité de Rome, qui oblige les États signataires à coopérer pleinement avec la CPI. « Le ciel français ne doit pas devenir une voie rapide pour les criminels de guerre », dénonce-t-il.

Une autorisation qui soulève des questions

L’association cherche désormais à vérifier si une autorisation de survol a été explicitement délivrée par la France. « Nous avons des sources, mais pas encore de confirmation officielle. Or, pour qu’un avion gouvernemental traverse l’espace aérien d’un pays, il faut une demande formelle et souvent des garanties de non-interception », explique Fiorini.

L’avocat en droit international Emmanuel Daoud confirme que ce genre de décision ne peut se prendre qu’« au plus haut niveau de l’État ». « Il est inimaginable que l’Élysée n’ait pas été informé et impliqué », affirme-t-il.

Un précédent déjà critiqué en novembre

Ce n’est pas la première fois que Paris est accusée de passivité. En novembre 2024, Netanyahou avait déjà emprunté l’espace aérien français pour se rendre aux États-Unis. Le Quai d’Orsay s’était alors justifié dans un communiqué en invoquant l’« immunité » du chef de gouvernement israélien, au nom de « l’amitié historique » entre la France et Israël.

Mais pour Fiorini, cette explication ne tient pas juridiquement. « L’article 27 du traité de Rome est très clair : un chef d’État ne bénéficie d’aucune immunité face à la CPI, qu’il reconnaisse ou non sa légitimité. » Il ajoute que cette position du gouvernement revient à exercer une pression sur la justice, en bafouant le principe fondamental de séparation des pouvoirs.

Un double standard dénoncé

L’affaire fait d’autant plus de bruit que la France s’était montrée particulièrement sévère à l’égard d’autres pays. Lorsque Vladimir Poutine, lui aussi sous mandat d’arrêt de la CPI, s’était rendu en Mongolie en 2024, Paris avait fermement rappelé « l’obligation de coopération » avec la Cour.

Ce contraste est dénoncé comme un « double standard » par plusieurs spécialistes du droit international. D’autant que certains pays européens comme l’Irlande, l’Islande ou les Pays-Bas, selon le quotidien israélien Haaretz, auraient clairement fait savoir qu’ils n’hésiteraient pas à intercepter un vol transportant Benjamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien aurait même été contraint de faire un détour pour éviter leur espace aérien.

Une image de la France écornée sur la scène internationale

Pour Emmanuel Daoud, cette attitude affaiblit la crédibilité de la diplomatie française. « On ne peut pas, d’une main, appeler Israël à respecter le droit international humanitaire en Égypte, et de l’autre, faciliter les déplacements d’un dirigeant poursuivi pour crimes de guerre. Cela décrédibilise notre action pour la paix », tranche-t-il.

Alors que le conflit à Gaza continue de faire rage et que la CPI poursuit ses enquêtes, le rôle de la France est désormais scruté avec attention. À l’heure où l’Europe est appelée à défendre fermement le droit international, l’attitude française pourrait bien devenir un précédent controversé.

Nucléaire : l’Iran pose ses conditions à l’AIEA et appelle à un accord « sérieux et équitable » avec les États-Unis

L’Iran pourrait suspendre sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) si les menaces « externes » persistaient, a dit jeudi un conseiller du guide suprême iranien, une mise en garde qui intervient après que Donald Trump a évoqué un recours à la force contre Téhéran.(Avec AFP et Reuters ).

Des diplomates iraniens doivent rencontrer samedi à Oman des émissaires américains pour discuter du programme nucléaire de Téhéran, alors que le président Trump a averti le régime iranien d’un « grand danger » s’il estimait que les négociations aboutissaient à une impasse.

« Les menaces externes continues et les menaces d’une attaque militaire contre l’Iran pourraient mener à des mesures de dissuasion telles que l’expulsion d’inspecteurs de l’AIEA et la fin de la coopération avec elle », a écrit sur X, Ali Shamkhani, conseiller de l’ayatollah Ali Khamenei.

« Le transfert de matériel enrichi vers des lieux sécurisés et non divulgués pourrait aussi être à l’ordre du jour », ajoute-t-il.

Donald Trump a annoncé en début de semaine que les négociations qui doivent se tenir entre les deux parties seraient directes avant que l’Iran ne contredise le président américain, illustrant les tensions entre les deux rivaux.

Téhéran rejette depuis plusieurs semaines la proposition de Donald Trump de négocier directement un accord sur son programme nucléaire, en dépit de la menace du président américain d’un recours à la force militaire.

Donald Trump avait, lors de son premier mandat, retiré les États-Unis en 2018 de l’accord sur le nucléaire conclu entre l’Iran et les grandes puissances en 2015, et rétabli les sanctions économiques contre Téhéran.

L’Iran a depuis largement dépassé les limites fixées par l’accord de Vienne en matière d’enrichissement de l’uranium, selon l’AIEA.

L’Iran affirme chercher un accord « sérieux et équitable » avec Washington

L’Iran a affirmé vendredi rechercher un accord « sérieux et équitable » sur le nucléaire avec les Etats-Unis, à la veille de pourparlers inédits entre les deux pays ennemis samedi à Oman.

L’Iran a affirmé vendredi rechercher un accord « sérieux et équitable » sur le nucléaire avec les Etats-Unis, à la veille de pourparlers inédits entre les deux pays ennemis samedi à Oman.

Ces discussions visent à négocier un nouvel accord sur le nucléaire iranien, malgré la pression croissante exercée par Washington et les menaces du président américain, Donald Trump, de recourir à l’option militaire en cas d’échec.

« Loin de se donner en spectacle et de se contenter de parler devant les caméras, Téhéran cherche un accord sérieux et équitable », a déclaré vendredi Ali Shamkhani, un conseiller de haut niveau du guide suprême Ali Khamenei.

Le précédent accord, conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances, était devenu caduc après le retrait des Etats-Unis en 2018, pendant le premier mandat de Donald Trump.

L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, doivent participer aux discussions dans le sultanat d’Oman.

M. Witkoff était en visite vendredi en Russie, un pays allié de l’Iran, après des consultations au niveau des experts qui se sont tenues mardi à Moscou entre la Russie, la Chine et l’Iran.

« Nous donnons une véritable chance à la diplomatie, en toute bonne foi (…) L’Amérique devrait apprécier cette décision, qui a été prise en dépit de sa rhétorique hostile », a déclaré vendredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

« Nous avons l’intention d’évaluer les intentions et le sérieux de l’autre partie samedi et d’ajuster nos actions en conséquence », a-t-il dit, en assurant que l’Iran aborderait les pourparlers sans « préjugé ».

Une escalade

Ces pourparlers s’ouvrent après des semaines de guerre des mots entre les deux pays, alors que l’Iran cherche à obtenir une levée des sanctions américaines qui étranglent son économie.

L’Iran a aussi subi ces derniers mois les effets des revers militaires infligés par Israël à ses alliés, le Hamas dans la bande de Gaza et le Hezbollah au Liban. Ces conflits ont été marqués par des attaques militaires réciproques entre Israël et l’Iran, pour la première fois après des années de guerre par procuration.

Les Occidentaux, Etats-Unis en tête, soupçonnent depuis des décennies l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations et affirme que ses activités dans le nucléaire se limitent à des fins civiles.

Après avoir créé la surprise en annonçant lundi ces pourparlers, Donald Trump a déclaré mercredi qu’une intervention militaire contre l’Iran était « tout à fait » possible s’ils n’aboutissaient pas.

En mars déjà, il avait envoyé une lettre au guide suprême, l’exhortant à négocier et l’avertissant d’une éventuelle intervention militaire en cas de refus.

L’Iran a prévenu jeudi que de telles menaces pourraient entraîner l’expulsion des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Une telle mesure constituerait « une escalade et un mauvais calcul de la part de l’Iran », a réagi Washington.

Téhéran se dit ouvert à des négociations indirectes, mais refuse tout dialogue direct sous la pression, alors que les Etats-Unis ont imposé cette semaine de nouvelles sanctions visant son programme nucléaire et son secteur pétrolier.

Stratégie vouée à l’échec

Le chef de l’agence nucléaire iranienne, Mohammad Eslami, a minimisé vendredi l’impact de ces sanctions. « Ils ont exercé une pression maximum avec différentes sanctions, mais ont été incapables d’empêcher le pays d’avancer », a-t-il dit.

Les nouvelles sanctions montrent que Washington est « un ennemi de l’Iran et de son peuple », a écrit le journal conservateur Kayhan en qualifiant de « stratégie vouée à l’échec » la tentative d’obtenir leur levée.

Plusieurs médias réformateurs espèrent au contraire de potentielles retombées positives pour l’économie iranienne.

Un éventuel accord remplacerait le précédent conclu en 2015 entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), plus l’Allemagne, qui prévoyait la levée de certaines sanctions internationales en échange d’un encadrement du programme nucléaire iranien.

Berlin a souligné vendredi l’importance de parvenir à une « solution diplomatique ».

En 2018, Donald Trump avait retiré avec fracas son pays de l’accord et rétabli les sanctions américaines.

En représailles, l’Iran a pris ses distances avec le texte et accéléré son programme nucléaire. Il a notamment accru son niveau d’enrichissement de l’uranium jusqu’à 60%, très au-dessus de la limite de 3,67% imposée par l’accord, se rapprochant du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique.

Football : « Je buvais mon urine »… Dimitri Payet lourdement accusé de violences par une femme au Brésil

L’ancien joueur de l’Olympique de Marseille, aujourd’hui à Vasco da Gama, est visé par de graves accusations émanant d’une avocate brésilienne. Une enquête est en cours.

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États-Unis : une escrimeuse disqualifiée pour avoir refusé d’affronter une adversaire transgenre

Un geste symbolique devenu une affaire nationale.

Le 30 mars dernier, une compétition universitaire d’escrime organisée dans l’État du Maryland a été marquée par un incident qui continue de susciter de vives réactions. Stéphanie Turner, une jeune escrimeuse, a été disqualifiée après avoir refusé de combattre contre une adversaire transgenre, Redmond Sullivan. Un refus qu’elle a exprimé en posant un genou à terre, un geste fort et volontaire, qu’elle a immédiatement expliqué à l’arbitre :« Désolée, je ne peux pas faire ça. Je ne combattrai pas cette adversaire », a-t-elle déclaré, selon ses propos rapportés à Fox News.

Une décision immédiate : carton noir

En vertu du règlement de la Fédération Internationale d’Escrime (FIE), le refus de combattre – quelle qu’en soit la raison – est sanctionné d’un carton noir, synonyme d’exclusion immédiate de la compétition. C’est ce qu’a reçu Stéphanie Turner sur le champ.

Une protestation assumée

Stéphanie Turner a clairement exprimé son désaccord avec la politique d’inclusion des personnes transgenres mise en place par USA Fencing en 2023.

« Je suis une femme, c’est un homme, et c’est un tournoi féminin », a-t-elle lancé.
« Je savais ce que je devais faire parce que USA Fencing n’a pas écouté les objections des femmes concernant cette politique », a-t-elle ajouté.

Selon elle, son refus était un acte de conscience, motivé par ses valeurs personnelles et sa foi religieuse. Elle affirme qu’elle n’aurait pas participé au tournoi si elle avait su qu’un athlète transgenre s’y était inscrit.

« Je me suis dit : ‘Je vais m’en remettre à Dieu. Si cette personne se présente face à moi, je m’agenouillerai et ce sera la volonté de Dieu.’ »

Un échange tendu mais respectueux

Redmond Sullivan, l’athlète transgenre concerné, aurait d’abord cru à une blessure. Il se serait approché d’elle pour lui demander si tout allait bien. Stéphanie Turner lui aurait alors expliqué calmement son refus, tout en lui témoignant du respect personnel. Redmond lui aurait répondu que la fédération la reconnaissait comme femme et qu’elle avait donc le droit de participer à la compétition. Turner aurait accepté la conséquence, répondant simplement :

« Je sais. »

La position officielle de la fédération

USA Fencing a rapidement publié un communiqué pour réaffirmer son engagement en faveur de l’inclusion :

« Tout le monde doit avoir la possibilité de participer à des sports. […] Cette politique a été conçue pour élargir l’accès à l’escrime et créer des espaces inclusifs et sûrs. »

Un porte-parole de la fédération a précisé que Stéphanie Turner n’a pas été sanctionnée pour ses convictions, mais uniquement pour avoir refusé un combat, ce que les règlements interdisent formellement.

Un débat qui divise

Depuis cet incident, Stéphanie Turner dit n’avoir reçu aucune nouvelle de l’organisation, et son geste continue de faire le tour des réseaux sociaux et des médias. Ce cas relance un débat sensible aux États-Unis, entre inclusion des athlètes transgenres et protection de la catégorie féminine dans le sport.

Starliner : la vérité glaçante sur la mission cauchemardesque des astronautes « bloqués » dans l’ISS

Froid polaire, pannes en série, perte de contrôle en orbite… Ce qui devait être un vol historique pour Boeing s’est transformé en mission de l’extrême pour les astronautes Sunni Williams et Butch Wilmore. Envoyés à bord de la capsule Starliner pour sa première mission habitée, ils ont vécu un véritable cauchemar dans l’espace, gardé sous silence pendant des mois par la NASA et Boeing.

Un retour sur Terre sous tension

De retour après 277 jours passés en orbite – dont 269 de plus que prévu – les deux astronautes se sont enfin exprimés lundi dernier, au Centre spatial Johnson à Houston. Lors d’un entretien avec le journaliste Éric Berger (Ars Technica), Butch Wilmore a livré un témoignage bouleversant sur les événements dramatiques qu’ils ont vécus à bord de Starliner, et sur les nombreuses pannes critiques qui ont mis leur vie en danger.

Un départ inquiétant

Tout commence après le lancement depuis Cap Canaveral. À bord de Starliner, il fait un froid glacial : à peine 10°C. Les astronautes sont obligés de remettre leurs combinaisons, alors même qu’ils devaient se reposer avant d’entamer les phases de manœuvres orbitales. Le malaise est palpable, et les inquiétudes sont fondées.

« Ma plus grande peur, c’était les propulseurs. Et ils sont tombés en panne, un par un », raconte Butch Wilmore.

La cascade de pannes

Dès l’approche de l’ISS, un premier propulseur tombe en panne. Puis un deuxième. L’astronaute prend alors le contrôle manuel du vaisseau. Mais la situation empire : trois puis quatre propulseurs cessent de fonctionner. La capsule perd alors totalement le contrôle de ses six degrés de liberté, c’est-à-dire son aptitude à se déplacer et s’orienter dans toutes les directions. À ce moment, un amarrage est risqué et un retour sur Terre n’est plus envisageable.

« On ne savait pas si on pouvait revenir. Et en fait, je pensais que ce ne serait pas possible », confie Butch Wilmore.

Les astronautes dérivent sous la station spatiale, et à cause des lois de la mécanique orbitale, ils commencent à s’éloigner. La situation devient critique.

Une tentative désespérée

Les ingénieurs du centre de contrôle prennent alors une décision radicale : couper toutes les commandes et tenter une réinitialisation complète de la capsule. Wilmore annonce :

« Mains libres ! »
Les écrans s’éteignent. La capsule est dans le noir. Mais contre toute attente, deux propulseurs repartent. Le cinquième ne lâche pas. C’est un miracle, selon les mots de l’astronaute.

« J’attribue à la providence du Seigneur le fait que ces deux jets soient revenus avant la panne du cinquième. »

L’amarrage… et la délivrance

Une fois deux propulseurs réactivés, Butch accepte de repasser en mode automatique. L’amarrage avec l’ISS est finalement possible.

« J’étais inquiet. Mais à ce moment-là, je me suis dit : on y est presque. »

Le reste de la mission se poursuivra tant bien que mal, mais sans certitude sur comment ou quand ils pourraient revenir. Il faudra attendre plusieurs mois avant qu’une capsule SpaceX, celle-là fiable, ne vienne les récupérer.

Un silence pesant

Pendant toute cette période, ni la NASA ni Boeing n’ont communiqué sur la gravité de la situation. Ce silence pose question. L’incident aurait pu tourner à la catastrophe, et l’échec de Starliner a été largement minimisé dans les médias, alors même que le président Donald Trump avait ordonné leur retour anticipé.

Des héros de l’ombre

Malgré tout, Wilmore ne cherche pas à accabler Boeing, préférant saluer les ingénieurs du centre de contrôle.

« Ces gens sont des héros. Des vrais. Ceux qui connaissent leurs systèmes sur le bout des doigts, et qui agissent vite quand tout est en jeu. »

Un symbole d’échec pour Boeing

Starliner devait être l’alternative américaine à SpaceX, un symbole de la capacité de Boeing à rivaliser dans le spatial habité. Mais cette mission restera dans l’histoire comme un naufrage technique, sauvé in extremis par le professionnalisme des astronautes et des ingénieurs au sol.

Guerre en Ukraine : Kiev prêt à « acheter » un « important lot » d’armes aux États-Unis

Depuis le déclenchement du conflit en 2022, Kiev a déjà acquis divers types d’armements auprès de Washington.(Avec : AFP).

L’Ukraine est prête à « acheter » un « important lot » d’armes aux États-Unis, notamment des systèmes de défense antiaérienne, pour continuer à se battre contre les forces russes, a déclaré mercredi le président Volodymyr Zelensky.

« Nous avons transmis à la partie américaine (le détail) d’un important lot que nous voulons acheter », a assuré Zelensky à un groupe de médias. L’administration de Donald Trump a opéré un rapprochement avec la Russie et n’a annoncé aucune nouvelle aide à Kiev.

Par ailleurs, le président ukrainien a accusé Moscou d’entraîner la Chine dans sa guerre avec l’Ukraine, après la capture de supposés ressortissants chinois combattant au sein de l’armée russe sur le territoire ukrainien.

Les Russes « entraînent d’autres pays dans la guerre. Je crois qu’ils entraînent maintenant la Chine dans cette guerre », a lancé Zelensky devant un groupe de médias. Kiev est prêt à « échanger » ses captifs chinois contre des soldats ukrainiens détenus par la Russie, a-t-il ajouté.

Suède : un couple danois à l’origine d’un hôtel écologique laisse derrière lui un désastre environnemental

Flemming Hansen et Mette Helbæk, anciens restaurateurs danois reconvertis en hôteliers écoresponsables, sont au cœur d’un scandale environnemental après avoir quitté précipitamment la Suède pour s’installer au Guatemala. Leur projet initial, une éco-retraite baptisée « Stedsans », située dans la région d’Halland au sud de la Suède, était salué comme un modèle d’hôtellerie durable. Mais leur départ précipité a révélé une réalité bien différente.

Un rêve écologique… qui vire au cauchemar

Présenté comme un havre de paix en pleine nature, Stedsans comprenait 16 cottages en bois, des potagers, des animaux et un cadre se voulant en harmonie avec l’environnement. Le couple affirmait avoir « ressenti l’appel de la nature » en fondant ce lieu, et se décrivait comme des « entrepreneurs guidés par l’âme ».

Mais après leur départ, les autorités suédoises et plusieurs journaux d’investigation ont découvert une quantité colossale de déchets abandonnés sur le site : 158 barils de déchets humains, ainsi que des rejets d’eaux usées directement dans la forêt. Des anciens employés ont également rapporté que de nombreux animaux, notamment des canards, étaient morts ou avaient été abandonnés, évoquant de possibles cas de maltraitance animale.

Un « crime environnemental » dénoncé par les autorités

Les autorités locales n’ont pas tardé à qualifier cette affaire de « crime environnemental ». Des images diffusées par les quotidiens Dagens Nyheter (Suède) et Politiken (Danemark) montrent l’étendue de la pollution laissée dans la forêt.

Contacté, Flemming Hansen a nié toute négligence envers les animaux, rejetant la faute sur les services fiscaux suédois, qu’il a qualifiés d’« entité narcissique ». Il affirme être condamné à « une vie de pauvreté », tout en accusant la bureaucratie suédoise de rendre « impossible » toute entreprise guidée par des idéaux.

Fuite fiscale et antécédents au Danemark

Le couple aurait quitté la Suède pour échapper aux autorités fiscales, et serait actuellement en train de lancer un nouveau projet hôtelier au Guatemala. Selon Dagens Nyheter, cette fuite n’est pas la première manœuvre financière controversée du couple : ils devaient déjà des millions de couronnes aux impôts danois avant de s’installer en Suède, à l’époque où ils tenaient un restaurant populaire à Copenhague.

Les autorités fiscales suédoises et danoises n’ont pour l’instant pas commenté l’affaire, tandis que la faillite du couple pourrait être officiellement prononcée dans les prochains jours.

Un discours écologiste en contradiction avec les actes

Sur leur site Internet, toujours actif, Flemming Hansen et Mette Helbæk affirment avoir tenté de « contribuer à une planète plus belle », mais dénoncent un système suédois hostile aux initiatives indépendantes.

« Être des entrepreneurs guidés par l’âme dans un pays où les impôts sont parmi les plus élevés au monde et où la bureaucratie est implacable, est une tâche impossible », écrivent-ils.

Cependant, l’image de l’éco-retraite louée par de nombreux influenceurs s’effondre à la lumière des faits : une exploitation présentée comme durable, mais qui laisse un sillage de pollution, de souffrance animale et de dettes.

L’affaire soulève des questions importantes sur la réalité derrière certains projets écologiques promus sur les réseaux sociaux, mais aussi sur la responsabilité des entrepreneurs dits « verts ». À mesure que les investigations se poursuivent, le contraste entre les valeurs affichées par le couple danois et leur conduite sur le terrain continue de choquer l’opinion publique.

Les Kiribati discutent avec la Chine d’un accord sur l’exploration minière des fonds marins

Une nouvelle étape dans le rapprochement sino-kiribatien.

Les Kiribati, petit État insulaire du Pacifique peuplé de 130 000 habitants, ont annoncé le 17 mars 2025 qu’ils envisageaient une « potentielle collaboration » avec la Chine pour l’exploration de leurs fonds marins riches en minéraux. L’annonce fait suite à des discussions entre le gouvernement kiribatien et l’ambassadeur chinois Zhou Limin, après l’échec d’un accord précédent avec la société canadienne The Metals Company.

Dans un communiqué, le gouvernement a salué une « opportunité intéressante » en vue d’une exploration durable de ses ressources sous-marines, sans pour autant détailler les conditions de cette possible entente.

Des ressources précieuses… et contestées

Les fonds marins du Pacifique renferment des nodules polymétalliques, de petits agrégats contenant des métaux stratégiques comme le manganèse, le cobalt, le cuivre et le nickel – essentiels à la fabrication de batteries électriques et à la transition énergétique. Les Kiribati détiennent des droits d’exploration sur une zone de 75 000 km² en eaux profondes.

Mais cette industrie émergente reste très controversée : les experts environnementaux redoutent des dommages irréversibles sur les écosystèmes marins, souvent mal connus, en raison du manque de données scientifiques et des impacts potentiels de l’extraction sous-marine.

Pékin renforce son ancrage dans le Pacifique

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de la Chine, qui cherche à renforcer son influence diplomatique, économique et militaire dans le Pacifique, souvent au détriment des partenaires historiques de la région, comme les États-Unis, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande.

Déjà en février dernier, Pékin a conclu un accord de coopération minière avec les îles Cook, voisines des Kiribati, pour une durée de cinq ans. Ces rapprochements successifs s’inscrivent dans la continuité du revirement diplomatique des Kiribati en 2019, lorsqu’ils ont rompu leurs liens avec Taïwan pour se tourner vers la Chine.

Une opposition locale qui s’inquiète

La perspective d’un accord avec la Chine suscite de vives critiques dans l’opposition kiribatienne. Pour Tessie Lambourne, cheffe de l’opposition :

« La Chine semble chercher à accéder à notre espace maritime pour son propre intérêt. Je dis toujours que notre gouvernement se plie en quatre pour plaire à la Chine. »

Cette déclaration met en lumière les tensions croissantes entre souveraineté nationale, enjeux environnementaux et appétits géopolitiques, dans un contexte où les petits États insulaires du Pacifique deviennent des points stratégiques majeurs.

Une industrie aux risques encore mal connus

Malgré les promesses de retombées économiques, l’extraction minière en haute mer est encore expérimentale. De nombreuses organisations scientifiques et ONG réclament un moratoire mondial, tant que l’impact écologique de ces opérations n’est pas mieux compris. Pour les Kiribati, l’enjeu est de taille : comment bénéficier de leurs ressources naturelles sans compromettre leur biodiversité marine fragile ?

L’éventuel partenariat entre les Kiribati et la Chine pour exploiter les fonds marins pourrait bien redistribuer les cartes économiques et stratégiques dans le Pacifique. Mais il pose aussi la question cruciale de l’équilibre entre développement, souveraineté et protection de l’environnement, dans un contexte mondial de plus en plus polarisé.

Le Soudan accuse les Emirats arabes unis d’être « le moteur » d’un « génocide » devant la CIJ

Le Soudan a accusé jeudi les Emirats arabes unis devant la Cour internationale de justice d’être « le moteur » de ce que le pays africain qualifie de « génocide » au Darfour, à travers un soutien présumé aux combattants rebelles dans la guerre civile qui ravage le pays.(Source : AFP).

Khartoum a attaqué les Émirats devant la CIJ à La Haye, les accusant de complicité de génocide à l’encontre de la communauté masalit, en raison de leur soutien présumé aux Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR) qui combattent l’armée soudanaise depuis 2023.

Le « soutien apporté par les Émirats arabes unis, un soutien qui se poursuit aujourd’hui aux FSR et aux milices qui y sont alliées, reste le principal moteur du génocide perpétué par meurtres, viols, déplacements forcés, pillages », a déclaré à la Cour Muawia Osman, ministre intérimaire de la Justice du Soudan, à l’ouverture des audiences.

Le Soudan souhaite que les juges de la CIJ obligent les Emirats arabes unis (EAU) à cesser leur soutien présumé aux FSR, majoritairement arabes, qui combattent l’armée soudanaise depuis 2023.

Khartoum a également demandé aux juges d’ordonner aux EAU de procéder à des « réparations complètes », notamment en indemnisant les victimes de la guerre.

Cependant, Reem Ketait, haut fonctionnaire des Émirats arabes unis, a qualifié l’affaire de « détournement flagrant d’une institution internationale respectée » et de « totalement dépourvue de fondement juridique ou factuel ».

« Ce dont le Soudan a besoin aujourd’hui, ce n’est pas de théâtre politique, mais d’un cessez-le-feu immédiat et urgent et d’un engagement sérieux des deux parties belligérantes à négocier une solution pacifique », a déclaré Mme Ketait dans un communiqué.

Mercredi, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont appelé l’armée soudanaise et les paramilitaires à reprendre des négociations de paix pour mettre fin au conflit.

Possible incompétence de la CIJ

Selon des juristes, le cas du Soudan pourrait rapidement s’enliser sur des questions de compétence.

Lorsque les Emirats ont signé la convention sur le génocide, ils ont émis une « réserve » à l’égard d’une clause-clef permettant aux pays de s’attaquer mutuellement devant la CIJ en cas de litige.

Les revendications du Soudan soulèvent des « questions importantes », a écrit Michael Becker, expert en droit international au Trinity College de Dublin, dans un article publié sur le site spécialisé Opinio Juris.

Mais « il est très peu probable que l’une ou l’autre de ces allégations factuelles ou revendications juridiques soit entendue ou tranchée par la CIJ », a-t-il ajouté.

« Etant donné que les Emirats arabes unis ont émis une réserve sur l’article IX lorsqu’ils ont adhéré à la convention sur le génocide en 2005, on peut s’attendre à ce que la CIJ conclue qu’elle n’est pas compétente pour juger ce différend », a poursuivi M. Becker.

Le Soudan a fait valoir dans sa requête que la réserve émise par les EAU était « incompatible » avec l’objectif de la convention sur le génocide, qui met l’accent sur la responsabilité collective mondiale de prévenir ce crime contre l’humanité.

Les décisions de la CIJ sont définitives et contraignantes, mais la Cour n’a aucun moyen de les faire respecter.

Les juges avaient notamment ordonné en 2022 à la Russie de mettre fin à son invasion de l’Ukraine, en vain.