Archives pour la catégorie jeunesse

La peur de louper quelque chose pousse 74 % des jeunes Français à dépasser leur budget et compromet leur épargne

Pour de nombreux jeunes adultes, la crainte de manquer un événement social influence directement leur gestion financière et leur capacité à épargner. Ce phénomène, appelé peur de louper quelque chose, gagne en intensité avec l’omniprésence des réseaux sociaux.

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Selon une étude de l’application Plum, près de trois quarts des 18‑34 ans ont déjà dépassé leur budget pour ne pas manquer une sortie ou un événement. Chaque année, ces dépenses représentent environ 1 000 euros prélevés sur leur épargne potentielle, un montant significatif pour cette tranche d’âge.

Une pression sociale amplifiée par le numérique

La peur de louper quelque chose se manifeste lorsque le jeune ressent un dilemme entre le besoin de repos et la nécessité de participer à une activité pour ne pas être exclu socialement. Cette pression se retrouve amplifiée par les réseaux sociaux, où chaque publication expose les événements et expériences vécus par les autres, renforçant l’anxiété et le sentiment de comparaison permanente.

Cette dynamique pousse les jeunes à agir dans l’urgence, parfois contre leur propre intérêt : achats impulsifs, participation à des sorties coûteuses, abonnement à des services ou activités qu’ils n’avaient pas planifiés. Le phénomène devient ainsi un facteur concret influençant leur comportement financier.

Conséquences financières : une épargne compromise

L’étude de Plum montre que 74 % des jeunes dépassent leur budget pour ne pas manquer un événement. Ces comportements impliquent un transfert de ressources vers des dépenses immédiates, au détriment de l’épargne ou de l’investissement. Les périodes particulièrement sensibles sont les vacances, les fêtes, les soldes ou l’arrivée du salaire, qui multiplient les occasions de céder à la tentation.

À long terme, ces pratiques peuvent retarder la constitution d’un patrimoine, accroître le recours au crédit à la consommation et limiter l’indépendance financière de cette génération.

Prévenir les effets de la peur de louper quelque chose

Pour réduire l’impact de ce phénomène, Plum recommande de mettre de côté une somme dès la réception du salaire, de planifier ses dépenses et de rester conscient de ses limites personnelles avant de céder à la pression sociale.

Au niveau collectif, cette situation interroge sur le rôle des plateformes numériques dans la création de ce sentiment et sur l’importance de l’éducation financière, capable d’aider les jeunes à équilibrer leurs besoins sociaux et leur sécurité économique.

La peur de louper quelque chose n’est pas qu’un simple phénomène social : elle a des conséquences concrètes sur la gestion financière des jeunes. Comprendre ses mécanismes et proposer des réponses adaptées, individuelles et collectives, est essentiel pour permettre à cette génération de préserver son autonomie économique et de construire un avenir financier plus stable.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Suède : le durcissement des règles sur l’immigration touche de plus en plus les jeunes

À Stockholm comme dans les villes périphériques, de nombreux jeunes d’origine immigrée se retrouvent confrontés à une réalité jusque-là inimaginable. Ceux qui ont grandi presque toute leur vie dans le pays doivent désormais prouver individuellement leur droit de séjour, au risque d’être séparés de leurs familles.

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Le durcissement des politiques migratoires mené par la coalition de droite soutenue par les Sweden Democrats modifie profondément la vie des jeunes et des familles immigrées. Les mesures, présentées comme un contrôle nécessaire des flux et une responsabilisation des bénéficiaires d’aides sociales, posent des questions sur la cohésion sociale, les droits fondamentaux et la place des jeunes dans la société suédoise.

Depuis 2022, la Suède a introduit une série de réformes visant à durcir l’accès aux permis de séjour, à la citoyenneté et aux prestations sociales. Les jeunes adultes ayant obtenu des permis temporaires se trouvent particulièrement exposés. Passé 18 ans, ils doivent désormais démontrer un « besoin de dépendance exceptionnelle » pour rester auprès de leur famille, un critère subjectif qui crée une forte incertitude juridique.

Les règles touchent également l’accès à la citoyenneté et aux prestations sociales. Les nouveaux critères imposent la maîtrise de la langue, la connaissance du fonctionnement de la société et un comportement exemplaire. Pour percevoir certaines allocations, il faudra justifier d’au moins cinq ans de résidence et, dans certains cas, d’une participation active au marché du travail. Ces mesures, officiellement destinées à réduire la dépendance aux aides et à responsabiliser les bénéficiaires, ont des effets concrets sur le quotidien de jeunes qui se considèrent pleinement suédois.

Ces réformes ne peuvent être interprétées uniquement comme des ajustements administratifs. Elles révèlent une logique politique plus large : la coalition de droite entend restaurer « l’ordre » dans le système d’asile, réduire les flux migratoires et asseoir sa crédibilité auprès d’un électorat préoccupé par l’immigration. Mais cette approche entre en tension avec les obligations internationales de la Suède, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant et la Convention européenne des droits de l’homme, qui protègent la vie familiale et l’intérêt supérieur des mineurs.

Sur le plan social, le durcissement accentue la précarité de jeunes adultes qui ont grandi dans le pays, générant un sentiment d’injustice et de fragilisation. La mesure risque de creuser des fractures dans certains quartiers et de mettre à l’épreuve la cohésion sociale. Comparée à d’autres pays européens, la Suède illustre un paradoxe : un modèle d’intégration historique confronté à une stratégie de contrôle migratoire stricte, qui soulève des dilemmes éthiques et juridiques.

L’exemple suédois pose des questions plus larges sur les politiques migratoires en Europe et leur impact sur les jeunes générations. Jusqu’où un État peut-il durcir ses règles tout en respectant l’intégrité familiale et les droits des enfants ? Comment concilier souveraineté nationale et obligations internationales ? La Suède, historiquement perçue comme un modèle d’intégration, pourrait devenir un terrain d’étude sur les limites et conséquences du durcissement migratoire pour la jeunesse immigrée. Ces questions résonnent au-delà de ses frontières, à l’heure où de nombreux pays européens cherchent un équilibre entre contrôle des flux et cohésion sociale.

Le durcissement des règles sur l’immigration en Suède affecte profondément des jeunes qui ont grandi dans le pays et leurs familles. Si l’objectif affiché est de réguler les flux et d’encourager l’autonomie financière, les conséquences révèlent une tension entre contrôle migratoire, protection des droits fondamentaux et cohésion sociale. La Suède offre ainsi un exemple saisissant des défis contemporains auxquels les sociétés européennes sont confrontées face à l’immigration et à la jeunesse.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Quand la vitesse façonne l’attention : le phénomène du visionnage accéléré chez les jeunes

À l’ère des flux numériques ininterrompus, la jeunesse s’habitue à consommer l’information à grande vitesse. Ce recours au visionnage accéléré n’est pas seulement un gain de temps : il révèle une mutation profonde des rapports au savoir, de la concentration et de la culture générale.

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Dans un contexte où les contenus abondent et où le temps disponible se contracte, le visionnage accéléré s’impose comme une réponse pragmatique. Mais cette pratique pose des questions essentielles : que perd-on lorsque la vitesse prend le pas sur l’attention ? Comment la culture, la réflexion et la capacité à analyser des informations complexes sont-elles transformées par ce rythme imposé par le numérique ?

Une accélération née de l’infobésité

Les plateformes de diffusion, des géants de la vidéo aux applications de podcasts, offrent aujourd’hui la possibilité d’augmenter la vitesse de lecture. Pour les jeunes générations, cette fonctionnalité n’est pas qu’un gadget : elle devient un instrument pour suivre la masse d’informations disponibles, qu’il s’agisse d’actualité, de contenus éducatifs ou de supports culturels.

Cette accélération traduit une réponse au temps qui manque, mais elle illustre aussi une pression sociétale plus large. Dans des environnements académiques exigeants et face à la compétition constante sur les réseaux sociaux, la rapidité se transforme en critère de performance, presque un marqueur social : ne pas consommer suffisamment vite, c’est risquer d’être dépassé.

Les conséquences sur l’attention et la réflexion

Si la vitesse permet d’absorber plus d’informations, elle engendre des effets secondaires significatifs. L’attention se fragmente, la lecture devient superficielle, et la mémorisation des contenus est réduite. L’information cesse d’être un objet de réflexion pour devenir un outil utilitaire, absorbé dans un flux continu, sans pause ni profondeur.

Cette mutation cognitive s’accompagne d’une forme d’anxiété silencieuse : la peur de “perdre du temps” pousse à accélérer toujours davantage, rendant le ralentissement presque inconfortable. La maîtrise du temps personnel, longtemps garante d’apprentissage et de culture, est ainsi réinterprétée selon les logiques numériques.

Une question sociétale plus large

Le phénomène dépasse l’individu. Il traduit une mutation culturelle globale : l’ère du numérique transforme la manière dont une génération construit sa connaissance du monde. À l’échelle internationale, des recherches mettent en évidence des effets comparables : attention fragmentée, fatigue cognitive et difficulté à maintenir une lecture longue et soutenue.

En France et dans plusieurs pays africains, où la jeunesse se confronte à des environnements éducatifs exigeants et à l’omniprésence des réseaux numériques, le visionnage accéléré incarne la tension entre abondance d’informations et capacité limitée à les traiter en profondeur. Il illustre une époque où la vitesse prime sur la réflexion, et où la culture se mesure en quantité d’informations absorbées plutôt qu’en profondeur de compréhension.

Le visionnage accéléré n’est pas un simple outil pratique : il est révélateur d’une transformation de l’attention et du rapport au savoir. Cette pratique peut aider à gérer le flux informationnel, mais elle pose des défis sur la qualité de l’apprentissage et de la réflexion critique. Comprendre ses effets et les accompagner devient essentiel pour que la rapidité n’éclipse jamais la profondeur et la culture intellectuelle.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Alcool, cannabis, cocaïne : l’usage de substances addictives chez les jeunes, symptôme d’un malaise sociétal

En France et ailleurs, des comportements addictifs révèlent une génération confrontée au stress, à l’anxiété et à la pression sociale

En France comme dans plusieurs pays occidentaux, un nombre croissant de jeunes adultes consomment de l’alcool, du cannabis, voire de la cocaïne, non plus seulement à des fins récréatives mais pour dormir, gérer le stress ou tenir face aux exigences sociales. Ce phénomène, révélateur de tensions plus larges dans la société, interpelle à la fois les acteurs de santé publique et les chercheurs en sciences sociales.

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Selon une récente étude, plus d’un jeune adulte sur cinq utilise de l’alcool ou du cannabis pour s’endormir. Dans le même temps, la consommation de cocaïne connaît une banalisation en France, touchant désormais des populations diverses et élargissant le spectre des risques sanitaires. Ces évolutions ne sont pas uniquement des chiffres : elles constituent un signal du malaise sociétal et générationnel.

1. Cannabis et alcool utilisés comme « somnifères »

Une enquête récente indique qu’environ 18 % des jeunes adultes utilisent le cannabis et 7 % l’alcool pour favoriser le sommeil. Parmi ceux qui consomment du cannabis, plus de 40 % déclarent y recourir régulièrement pour dormir. Ce comportement, longtemps marginal, devient une stratégie fréquente face à l’insomnie, au stress ou à l’anxiété.

2. La banalisation de la cocaïne en France

Les données de l’OFDT montrent que près d’un adulte sur dix a déjà expérimenté la cocaïne, avec une hausse notable depuis 2017. La drogue dépasse désormais le cannabis en valeur sur le marché illicite français, avec des prix plus accessibles et une diffusion touchant des populations variées jeunes actifs, employés, classes moyennes et milieux festifs.

3. Élargissement sociologique et international

L’usage de substances addictives n’est plus cantonné à un milieu social particulier. En France comme dans d’autres pays occidentaux, on observe une consommation étendue parmi des jeunes adultes stressés, souvent exposés à des cadences de travail intenses ou à des conditions économiques précaires. Ce phénomène n’est pas seulement récréatif : il traduit un mal-être latent, un besoin de régulation psychologique et physique face à la pression sociale.

Conséquences et enjeux sociétaux

Un indicateur du mal-être des jeunes

Le recours à l’alcool ou au cannabis pour dormir, ou à la cocaïne pour « tenir » dans le quotidien, n’est pas anodin. Il illustre un malaise profond : insomnie chronique, anxiété, solitude, fatigue liée au travail ou aux études, précarité économique. La substance devient un outil de coping face à un environnement perçu comme exigeant et stressant.

Des risques sanitaires et sociaux élevés

  • Physiques et psychologiques : troubles du sommeil persistants, tolérance accrue, dépendance, anxiété ou dépression.
  • Sociaux et professionnels : altération des performances, isolement, conflits interpersonnels.
  • Économie et santé publique : hausse des passages aux urgences, besoins de soins spécialisés, pression sur les structures de prévention et de traitement.

Une banalisation inquiétante

L’usage de la cocaïne, en particulier, tend à se normaliser. Il ne se limite plus aux milieux festifs ou élitistes mais touche un public plus large, ce qui rend la perception de danger moins immédiate. La disponibilité accrue et la baisse des prix accentuent ce phénomène. Dans ce contexte, la prévention doit s’adapter à des comportements désormais intégrés dans la vie quotidienne.

Facteur culturel et sociétal

Ce recours aux substances addictives traduit aussi des tensions sociales et générationnelles : perte de repères, isolement, pression académique ou professionnelle, difficulté d’accès à un soutien psychologique. Les jeunes expriment ainsi un mal-être qui dépasse la simple expérimentation de drogues.

Vers une approche globale de prévention

La consommation de substances addictives chez les jeunes n’est pas uniquement un problème individuel : elle reflète un malaise sociétal plus large. Alcool, cannabis et cocaïne apparaissent comme des indicateurs d’un stress généralisé, de difficultés d’adaptation et d’une fragilité psychologique chez une partie de la jeunesse.

Pour y répondre, il ne suffit pas d’une répression stricte. Une approche globale est nécessaire : sensibilisation, prévention, accompagnement psychologique et programmes éducatifs adaptés. Comprendre les causes profondes de ce phénomène est essentiel pour éviter que l’usage de substances ne devienne une réponse quasi-automatique aux tensions de la vie moderne.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Rebecca Young, 12 ans et “Fille de l’année” selon le magazine Time : quand une enfant réchauffe les sans-abri et supplée les politiques sociales

À douze ans, Rebecca Young, élève à Glasgow, a été désignée “Fille de l’année” par le magazine Time. Cette distinction, qui célèbre son invention d’une couverture chauffante pour les sans-abri, révèle une réalité inquiétante : dans une Europe pourtant riche, ce sont parfois les enfants qui imaginent des solutions là où les politiques sociales échouent. L’histoire de Rebecca dépasse le simple exploit technologique : elle interroge la responsabilité collective face à la pauvreté urbaine.

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Rebecca Young, 12 ans, a conçu un sac à dos convertible en couverture chauffante, alimentée par des panneaux solaires et une batterie intégrée, destiné aux personnes sans domicile. Son projet a été récompensé dans le cadre du concours britannique Primary Engineer, puis mis en œuvre avec le soutien du groupe industriel Thales Royaume-Uni. Une trentaine de prototypes ont déjà été distribués à des associations caritatives de Glasgow. Sa reconnaissance par Time, qui l’a élue “Fille de l’année” 2025, place cette initiative sur le plan international.

Une innovation née de l’observation sociale

Le projet de Rebecca est directement issu d’une expérience personnelle : voyant, un soir d’hiver, des personnes dormir dans la rue, elle a décidé d’agir. Cette initiative souligne une contradiction européenne majeure : dans un continent technologiquement avancé et doté de ressources importantes, certains citoyens restent exposés à des conditions extrêmes.

La couverture de Rebecca n’est pas seulement un objet technique : elle symbolise la capacité de la jeunesse à pallier les insuffisances des systèmes sociaux. Alors que la société adulte peine à réagir à la croissance du nombre de sans-abri, l’ingéniosité enfantine prend le relais, révélant une carence institutionnelle.

Le constat social derrière l’invention

Au Royaume-Uni, on estime que près de 280 000 personnes vivent sans logement stable. Glasgow, où Rebecca a grandi, n’échappe pas à cette réalité. Les associations locales dénoncent régulièrement le manque de coordination entre les politiques publiques et les besoins réels des populations fragiles.

Dans ce contexte, l’invention de la jeune Écossaise n’est pas anecdotique : elle incarne la réponse directe d’un citoyen à une urgence sociale. Elle interroge aussi le rôle de l’éducation et des programmes scientifiques : quand l’école et les concours stimulent la créativité au service du collectif, la jeunesse devient un vecteur de transformation sociale.

Une reconnaissance internationale symptomatique

Être élue “Fille de l’année” par Time n’est pas qu’un honneur personnel : c’est un signal médiatique qui souligne la pertinence sociale de l’innovation. Cependant, cette distinction pose une question : pourquoi faut-il qu’une enfant attire l’attention mondiale pour qu’une solution à un problème social devienne visible ?

Rebecca Young devient ainsi le symbole d’une Europe où les initiatives privées ou individuelles compensent les manques des politiques publiques. Sa médiatisation internationale, y compris à travers une figurine réalisée par Lego à son effigie, illustre la fascination occidentale pour l’ingéniosité enfantine, parfois au détriment d’une réflexion sur les causes structurelles de la pauvreté.

Analyse et mise en perspective

L’histoire de Rebecca Young interroge le rapport entre technologie, solidarité et responsabilité sociale. Elle démontre que :

  • La jeunesse européenne peut anticiper et agir là où les institutions échouent.
  • Les problèmes structurels (logement, pauvreté, exclusion sociale) restent partiellement ignorés malgré les ressources disponibles.
  • La médiatisation de l’initiative souligne l’écart entre reconnaissance symbolique et action politique concrète.

Cette dynamique n’est pas propre à l’Europe : elle trouve des échos dans de nombreux pays où la société civile tente de combler les défaillances étatiques. Pour l’Afrique, cet exemple peut inspirer des programmes éducatifs et technologiques orientés vers des solutions sociales locales.

Rebecca Young, en inventant une couverture chauffante pour les sans-abri, ne se contente pas de réaliser un exploit technique : elle met en lumière une Europe en tension entre richesse matérielle et responsabilité sociale. Sa distinction par Time est symbolique, mais elle révèle surtout la capacité de la jeunesse à devenir un acteur critique et créatif face aux manquements des politiques publiques.

Cette histoire invite les sociétés à réfléchir : si une enfant peut inventer des solutions là où l’État échoue, la question du progrès social et de la solidarité devient inévitable.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Maroc : la Génération Z à la recherche d’un nouvel horizon social

Alors que plusieurs villes du royaume ont été le théâtre, ces deux dernières semaines, de troubles marqués par des violences et la mort de plusieurs personnes, la question de la jeunesse marocaine s’impose avec acuité. Ces événements tragiques rappellent combien il est urgent de comprendre les tenants et les motivations profondes du mouvement de la « Génération Z » marocaine cette jeunesse connectée, éduquée, mais en quête de sens et de justice sociale.

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Face à la précarité, à la défiance politique et aux fractures sociales persistantes, la jeunesse marocaine, héritière d’un pays en mutation rapide, réclame un nouveau pacte entre l’État et les citoyens. Connectée au monde mais enracinée dans ses réalités, elle incarne à la fois l’espoir et l’impatience d’un continent jeune qui veut être entendu.

Les places publiques du Maroc bruissent d’une colère contenue. Dans les rues de Rabat, Casablanca ou Fès, de jeunes Marocains manifestent pacifiquement, exigeant une réforme en profondeur du modèle social. Emploi, santé, éducation, justice : leurs revendications dessinent les contours d’un malaise global, qui dépasse les frontières nationales.

Née à l’ère du numérique et des comparaisons internationales, cette « Génération Z » marocaine observe un monde ouvert, mais se heurte à un horizon souvent fermé. Le diplôme ne garantit plus l’emploi ; la méritocratie semble s’être dissoute dans les inégalités structurelles. Beaucoup aspirent à partir, faute d’un avenir stable dans leur propre pays.

Depuis deux décennies, le Maroc s’est engagé dans d’importantes réformes économiques et institutionnelles. La modernisation du pays, saluée par les bailleurs internationaux, a permis de consolider les infrastructures, d’attirer les investissements et d’élargir l’accès à l’éducation.
Mais ces progrès, réels, n’ont pas suffi à réduire les écarts.

Le chômage des jeunes urbains reste supérieur à 35 %, selon le Haut-Commissariat au Plan. Dans les zones rurales, la pauvreté structurelle, le manque d’opportunités et la précarité scolaire entretiennent un sentiment d’abandon. La montée du coût de la vie, particulièrement dans les grandes villes, renforce la fracture sociale.

Plus encore que les difficultés matérielles, c’est la crise de confiance qui frappe : beaucoup estiment que le système politique ne traduit plus les aspirations de la jeunesse. Les mécanismes de représentation traditionnels paraissent déconnectés d’une génération qui valorise la transparence, la participation et la mobilité.

Cette jeunesse marocaine partage avec ses homologues d’Afrique, d’Europe ou du Moyen-Orient une même quête de sens. Elle rejette les hiérarchies figées, interroge la légitimité des élites et se saisit des outils numériques comme espace d’expression.

Mais elle n’est pas seulement protestataire : elle invente. On la retrouve dans les start-up sociales, les collectifs culturels, les projets écologiques et citoyens. Elle expérimente, parfois en marge des institutions, un modèle de société fondé sur la créativité, l’équité et la solidarité.

À travers ses mobilisations, c’est moins la contestation du pouvoir qui s’exprime que la volonté d’un renouvellement du contrat social, adapté à une société marocaine plus éduquée, plus urbaine et plus consciente de ses droits.

Le Maroc n’est pas isolé dans ce mouvement de fond. En Tunisie, en Algérie ou en Égypte, les jeunes expriment la même lassitude face à des systèmes économiques bloqués et à des transitions politiques inachevées.
Partout en Afrique du Nord, le poids démographique de la jeunesse plus de 60 % de la population fait de cette catégorie un acteur central du devenir collectif.

Pour le royaume chérifien, cette pression générationnelle est aussi une opportunité. En investissant davantage dans la formation, l’innovation et la participation civique, le pays pourrait transformer ce potentiel en moteur de développement. À l’inverse, ignorer cette soif de reconnaissance risquerait d’alimenter le désengagement et l’émigration des jeunes talents.

La « Génération Z » marocaine ne rejette pas son pays : elle l’interpelle.
Ses attentes ne relèvent pas de l’utopie, mais d’un besoin de justice et de dignité. Elle souhaite participer aux décisions, non en spectatrice mais en actrice d’un futur plus équitable.

Redéfinir le contrat social suppose donc un double effort :
– du côté de l’État, une écoute réelle et des réformes concrètes ;
– du côté de la jeunesse, la construction d’un engagement citoyen structuré et durable.

L’enjeu dépasse le Maroc : il touche à la capacité de toute l’Afrique à offrir à sa jeunesse autre chose qu’un horizon d’exil.

Le cri de la jeunesse marocaine n’est pas celui de la rupture, mais de la refondation. Il exprime la volonté d’un dialogue entre générations, d’un pays qui assume son évolution sociale et sa modernité.
Dans ce Maroc en mouvement, la Génération Z se révèle non pas comme un problème à gérer, mais comme une force de renouvellement le visage d’un avenir encore possible, si la société accepte de l’écouter.

Celine Dou, pour La Boussole – infos

Le papa de Mafalda, le dessinateur argentin Quino, s’est éteint à 88 ans.

Le dessinateur argentin Quino, créateur du célèbre personnage de BD Mafalda, est mort, annonce son éditeur ce mercredi.

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