Archives pour la catégorie Afrique

Tunisie : démantèlement d’un gigantesque camp de migrants subsahariens dans le centre-est du pays

Le gouvernement tunisien a lancé, jeudi 3 avril, une vaste opération de démantèlement visant l’un des plus importants camps de fortune de migrants en Tunisie. Ce site, situé au cœur des campagnes d’El Amra et de Jebeniana, dans la région de Sfax, abritait jusqu’à 20 000 personnes, en majorité des jeunes hommes originaires d’Afrique subsaharienne.

Une opération de grande envergure

Selon les autorités, environ 4 000 personnes ont été contraintes de quitter le camp dans les premiers jours de l’opération. Ce démantèlement a été conduit par la Garde nationale tunisienne, appuyée par les forces de sécurité.

Houcem Eddine Jebali, porte-parole de la Garde nationale, a justifié l’intervention : « L’opération a été menée parce que de nombreux dossiers étaient devant la justice en raison de l’occupation de propriétés publiques. Il était de notre devoir de faire cesser toutes les formes de désordre. L’État tunisien a agi pour éviter que ces camps ne soient réinstallés. »

Un camp devenu problématique

Installé depuis plusieurs mois au milieu des oliveraies, ce camp de fortune s’était transformé en véritable point de fixation migratoire, avec des conditions de vie précaires et une cohabitation difficile avec les habitants et les agriculteurs locaux. Ces derniers expriment aujourd’hui leurs craintes : si les migrants sont dispersés sans solution durable, ils pourraient reconstruire des campements informels ailleurs dans la région.

Un enjeu migratoire crucial

Ce démantèlement intervient dans un contexte de fortes tensions migratoires. La Tunisie est devenue l’un des principaux points de passage vers l’Europe pour les migrants subsahariens. Sous pression de l’Union européenne, notamment de l’Italie, Tunis a durci sa politique migratoire ces derniers mois, tout en réclamant plus de soutien financier et logistique de la part des pays européens.

Et maintenant ?

D’autres opérations similaires sont prévues dans les semaines à venir, selon les autorités tunisiennes. Mais l’avenir de ces milliers de migrants reste incertain, alors que les ONG s’inquiètent de l’absence de prise en charge humanitaire, et que les départs clandestins vers l’Europe, notamment par voie maritime, continuent à augmenter.

Joseph Kabila annonce son retour « sans délai » en RDC

Officiellement installé depuis 2024 en Afrique du Sud, l’ancien président de la république congolais est à nouveau sorti du silence dans lequel il s’était terré, ce mardi 8 avril. Il annonce, dans une déclaration écrite, son retour prochain en RDC, expliquant sa décision par la gravité de la situation sécuritaire et institutionnelle et par sa volonté de contribuer à la recherche d’une solution à la crise que traverse son pays.

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Drone abattu, ciel fermé et rappel des ambassadeurs : l’affrontement prend des ampleurs entre Alger et Bamako

Depuis la destruction d’un drone malien par l’Algérie à Tinzaouatene, à la frontière entre les deux pays dans la nuit du lundi 31 mars au mardi 1er avril, le thermomètre ne cesse de grimper entre les deux pays. Ce lundi 7 avril c’était autour d’Alger de répondre au Mali ainsi qu’à ses alliés de l’AES ( Niger et Burkina Faso) qui s’étaient, dimanche 6 avril, fendu de communiqués musclés affirmant que le drone malien n’avait pas violé le ciel algérien et taxant au passage Alger d’être un « exportateur de terrorisme». Hier le gouvernement Algérien a dénoncé « des allégations mensongères» servant de « dérivatifs à l’échec » du « projet putschiste » malien. Les deux pays se sont mutuellement fermés leur espace aérien respectif. Preuve de l’escalade des tensions dont les proportions à ce stade n’ont pas quand même atteints le volet militaire.

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RDC : une rencontre directe entre Kinshasa et le M23 a eu lieu au Qatar,un retrait partiel du m23 obtenu,Plusieurs établissements de santé pillés à Walikale par des présumés rebelles du M23, l’UA propose le président togolais pour assurer la médiation etc…(Notre point du 7 avril)

Une dynamique diplomatique inédite s’est enclenchée autour du conflit à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Une rencontre directe s’est tenue à Doha, au Qatar, entre des représentants du gouvernement congolais et ceux du mouvement rebelle M23/AFC, marquant un tournant dans les efforts de médiation. Cette avancée diplomatique a débouché sur un retrait partiel des forces du M23 de Walikale, une localité stratégique de l’est du pays, tandis que sur le terrain, la situation humanitaire continue de se détériorer avec des pillages d’établissements de santé attribués aux rebelles.

Une réunion discrète mais prometteuse à Doha

Selon une source proche des pourparlers, la rencontre a été organisée en toute discrétion par les autorités qataries. Il s’agit de la première réunion directe entre Kinshasa et le M23 depuis le début de la résurgence du conflit. La discussion a été jugée « positive », avec un début de rétablissement de la confiance entre les parties.

À l’issue de la réunion, le M23 a procédé à un retrait de la ville de Walikale, récemment conquise. Ce geste est interprété comme une démonstration de bonne volonté et un soutien au processus de dialogue. De nouvelles sessions de pourparlers sont prévues à Doha dans les jours à venir, toujours sous l’égide du Qatar.

Walikale : un retrait militaire entaché de pillages

Malgré le retrait annoncé, la société civile rapporte que des éléments présumés du M23 ont pillé plusieurs établissements de santé dans le territoire de Walikale entre le 3 et le 4 avril. À Kibua, l’hôpital général de référence et le centre de santé de Mungazi ont été dépouillés de leur matériel biomédical, panneaux solaires, médicaments et documents administratifs.

Même constat au centre de santé de Kishanga, situé à une dizaine de kilomètres, également vidé de ses équipements. Ces destructions aggravent une situation déjà critique : 9 structures sanitaires sur 18 avaient été saccagées entre le 17 et le 23 mars, lors de l’avancée initiale des rebelles.

Selon un prestataire de santé sur place :
« Sans l’aide du gouvernement et de ses partenaires, notre structure aura du mal à se relever. »

D’après Médecins Sans Frontières, plus de 700 déplacés s’étaient réfugiés dans l’hôpital général de Walikale à la fin mars.

Appels à la justice et à la protection des civils

La société civile locale demande que les auteurs de ces exactions soient traduits en justice et appelle les autorités congolaises à renforcer la protection des populations civiles sur l’axe Walikale-Masisi, où le M23 aurait redéployé ses forces. Le groupe rebelle, tout en quittant Walikale, aurait poursuivi des actes de violence, notamment le pillage systématique des centres médicaux, emportant médicaments, équipements et matériels récemment offerts dans le cadre des projets gouvernementaux de développement.

Une nouvelle médiation africaine proposée par l’Union africaine

Alors que la médiation angolaise n’a pas porté ses fruits, le président angolais Joao Lourenço, qui préside actuellement l’Union africaine (UA), a proposé le président togolais Faure Gnassingbé comme nouveau médiateur dans le conflit congolais.

Cette proposition a été faite lors d’une réunion du Bureau de l’Assemblée de l’UA, en présence des présidents du Ghana, de la Mauritanie, du vice-président du Burundi et du ministre tanzanien des Affaires étrangères. Lourenço y a souligné la gravité de la crise humanitaire dans l’est de la RDC et ses conséquences sur la stabilité régionale.

Le retrait de l’Angola de son rôle de médiateur, annoncé le 24 mars, est motivé par « des responsabilités accrues à la tête de l’UA » et la nécessité de garantir la continuité du processus de paix.

Une fenêtre fragile vers l’apaisement

Le retrait partiel du M23 de Walikale et la reprise du dialogue offrent un espoir modeste de désescalade. Toutefois, la situation humanitaire demeure alarmante, et les exactions contre les civils ne peuvent rester sans réponse. La réussite de la médiation qatarie et la potentielle entrée en scène du Togo comme médiateur africain seront déterminantes pour sortir l’Est de la RDC de cette spirale de violences.

Droits de douanes : comment l’Afrique du Sud veut-elle limiter leurs conséquences

Alors que les marchés sont pour la plupart en chute ce 7 avril 2025 face à l’inflexibilité du président états-unien, Donald Trump, sur les droits de taxe qu’il a imposé au reste du monde. Le locataire de la maison blanche reproche aux partenaires économiques de son pays de les « piller ». La mesure passe mal auprès de plusieurs pays qui promettent une réplique. A côté, d’autres – à l’exemple de l’Afrique du Sud -, essaient de s’organiser pour réduire les effets de ces mesures, elle qui fait depuis peu face à une certaine animosité de l’administration Trump.

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Sénégal: l’Assemblée nationale adopte une loi révisant l’amnistie votée sous l’ex-président Macky Sall

Mercredi, l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté une loi modifiant l’amnistie instaurée sous l’ex-président Macky Sall, excluant notamment les “crimes de torture, d’assassinat et de meurtre”. Cette initiative a été vivement critiquée par l’opposition.(Source : AFP).

Cette loi d’amnistie avait été adoptée en mars 2024, dans les dernières semaines de la présidence de Macky Sall (2012-2024), afin d’apaiser les années de tensions politiques qui ont culminé à l’approche de l’élection présidentielle de mars 2024.

Le régime du président élu Bassirou Diomaye Faye, vainqueur de ce scrutin, avait promis d’abroger cette loi « pour que toute la lumière soit faite et les responsabilités établies de quelque bord qu’elles se situent », selon les mots du Premier ministre Ousmane Sonko en décembre devant les députés.

Mais c’est finalement « une proposition de loi interprétative » modifiant ce texte, portée par un député du parti au pouvoir, le Pastef, qui a été examinée à l’Assemblée nationale, où cette formation a une majorité absolue.

La proposition de loi a été approuvée par 126 députés parmi 146 votants, sur les 165 que compte l’Assemblée nationale. 20 ont voté contre le texte, après près de 11 heures de débats, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Les obligations internationales du Sénégal imposent au législateur de circonscrire le champ d’application de la loi en la restreignant aux seules infractions qui répondent à une motivation politique ou celles commises en lien avec l’exercice d’un droit démocratique », dit le texte soumis aux députés.

« Les meurtres, assassinats, actes de torture, de barbarie, de traitements inhumains, cruels ou dégradants » sont en revanche exclus du champ d’application de la loi.

L’opposition accuse le parti au pouvoir de vouloir protéger ses militants qui avaient manifesté, parfois de manière violente, contre le pouvoir de M. Sall avant l’alternance de 2024, et en même temps de cibler des responsables et membres des forces de l’ordre soupçonnés d’abus contre ces mêmes militants.

Au moins 65 personnes ont été tuées – dont 51 par balles, en grande majorité des jeunes – pendant les manifestations à l’appel de l’opposition, selon le bilan établi par un collectif réunissant des journalistes et scientifiques. Nombre de jeunes ont aussi été blessés ou détenus.

Mardi, 20 organisations de la société civile sénégalaise, parmi les plus représentatives du pays, avaient demandé un report de l’examen de la révision de la loi d’amnistie, et une concertation sur le sujet pour faire toute la lumière sur les violences, faire rendre des comptes à leurs auteurs et indemniser les victimes.

Guerre en RDC : 2 morts et plusieurs blessés dans les combats M23-Wazalendo à Masisi, Walikale-centre aux mains des FARDC après le retrait de l’AFC/M23, Ce qu’il faut retenir de la visite de Massad Boulos conseiller de Donald Trump, etc…(Notre point du 4 avril)

L’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de sombrer dans l’instabilité avec des combats meurtriers entre le M23 et les Wazalendo, des déplacements massifs de populations et une crise humanitaire alarmante. Pendant ce temps, la visite en RDC de Massad Boulos, conseiller de Donald Trump, soulève des interrogations sur l’implication des États-Unis dans la résolution du conflit.

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Soudan : L’ONU dénonce des exécutions extrajudiciaires

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est déclaré, ce jeudi 3 avril, « profondément consterné » par les signalements d’exécutions extrajudiciaires de civils à Khartoum, survenues après la reprise de la capitale soudanaise par les Forces armées soudanaises (FAS) le 26 mars.

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Guerre en RDC : Affrontements M23-Wazalendo à Masisi, retour progressif de la paix dans le territoire de Kimvula après les incursions des miliciens Mobondo, un proche de Donald Trump rencontre le président Tshisekedi, etc… (Notre point du 3 Avril)

Notre point quotidien sur la situation en République Démocratique du Congo.

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Sahara occidental : Des États membres de la SADC relancent leur soutien au Polisario

Alors que le soutien au Front Polisario s’est progressivement érodé au sein de la Communauté de Développement de l’Afrique australe (SADC), plusieurs États membres semblent vouloir raviver la mobilisation en faveur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Une initiative récente, saluée par l’agence de presse du Polisario, vise à réactiver la solidarité autour de la cause sahraouie.

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