Archives pour la catégorie Afrique

Crise diplomatique France Algérie : Paris expulse 12 agents algériens et rappelle son ambassadeur

Les tensions diplomatiques s’intensifient entre la France et l’Algérie. Après l’expulsion de douze fonctionnaires français par Alger, Paris a décidé de répondre de manière «symétrique» en expulsant à son tour douze agents consulaires et diplomatiques algériens. L’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, a également été rappelé pour consultations par Emmanuel Macron.

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Madagascar: les communautés paysannes menacées par le chantier de la première autoroute du pays

À Madagascar, c’est un projet emblématique mais controversé. Voulue par les autorités, la première autoroute qui va relier la capitale Antananarivo au principal port, Tamatave est présentée par le gouvernement, comme un levier du développement de la grande Île. Cependant, les travaux de construction plongent des milliers de familles expropriées dans « une situation dramatique » ont alerté 110 organisation de la société civile. Sur place, les paysans ont témoigné à l’AFP, les conséquences des travaux de ce projet sur leurs vies, alors que gouvernement reste inflexible.

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Tunisie : Libération de onze Russes soupçonnés d’activités terroristes

Les autorités tunisiennes ont libéré onze ressortissants russes arrêtés en novembre 2024 pour des soupçons d’activités terroristes. Selon l’agence de presse russe Tass, qui cite l’ambassade de Russie en Tunisie, les charges ont été abandonnées faute de preuves, et les personnes concernées regagneront la Russie dans les prochaines heures.

Des soupçons persistants, mais aucune preuve

L’affaire remonte à novembre dernier, lorsque les onze Russes ont été interpellés dans la région de Haïdra, une zone montagneuse proche de la frontière algérienne. Officiellement, ils affirmaient être venus étudier les traditions locales. Mais selon les autorités tunisiennes, leur comportement et le matériel en leur possession avaient éveillé des soupçons. L’ambassade de Russie en Tunisie avait alors indiqué que les équipements retrouvés sur eux « ne correspondaient pas aux buts touristiques déclarés », sans donner davantage de détails.

Décision judiciaire : non-lieu pour les accusés

Ce jeudi 10 avril, le juge d’instruction tunisien a finalement décidé d’abandonner toutes les charges, faute de preuves concrètes les reliant à une quelconque activité terroriste. Selon le média tunisien UniversNews, les services de sécurité n’ont pu établir aucun lien entre les ressortissants russes et un groupe ou une cellule terroriste active sur le territoire.

Un retour discret mais rapide vers la Russie

Selon l’ambassade russe, les onze ressortissants seront rapatriés ce vendredi, répartis sur deux vols commerciaux. « Des billets ont été achetés pour eux, ils partiront dans la journée », a déclaré la représentation diplomatique à Tunis. Cette dernière a également remercié les autorités tunisiennes pour leur coopération, tout en réaffirmant que les individus arrêtés n’étaient impliqués dans aucune activité illégale.

Contexte : entre coopération sécuritaire et tensions régionales

Cette affaire survient dans un contexte régional tendu, où la Tunisie renforce la surveillance de ses zones frontalières, particulièrement avec l’Algérie, pour contrer la menace des groupes armés. Bien que la Tunisie soit une destination touristique prisée des Russes, la localité de Haïdra n’est pas incluse dans les circuits classiques, ce qui a renforcé les soupçons.

Pour l’instant, ni les autorités tunisiennes ni russes n’ont fourni plus d’éléments sur l’objet réel de la visite des détenus dans cette région reculée.

Gabon : Le chef de la junte, Brice Oligui Nguema, « élu président » avec 90% des voix

Brice Oligui Nguema, qui a mené un coup d’État au Gabon en août 2023, a remporté l’élection présidentielle avec un score typique des dictatures de 90,35% des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires, a déclaré, ce dimanche 13 avril, le ministre de l’Intérieur. (Source : Reuters).

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Tanzanie: le chef de l’opposition inculpé pour « trahison » à six mois de la présidentielle

Tundu Lissu, leader du principal parti d’opposition en Tanzanie, a été inculpé pour “trahison” au lendemain de son arrestation, a annoncé jeudi l’un de ses avocats. Cette mise en accusation intervient dans un contexte de répression politique croissante, à seulement six mois de l’élection présidentielle.(Source : AFP).

L’accusation de trahison est passible de la peine de mort en Tanzanie et ne donne pas droit à une libération sous caution.

Opposant emblématique au parti au pouvoir, M. Lissu avait, selon son parti Chadema, été « arrêté aux côtés d’autres membres » du mouvement mercredi et placé en détention par la police après un meeting dans la ville de Mbinga, dans la région de Ruvuma (sud). Les forces de l’ordre avaient dispersé les personnes assistant au meeting à l’aide de gaz lacrymogène.

« Lissu a été accusé de trahison sans possibilité de libération sous caution, et de publication de fausses informations », a déclaré à l’AFP Jebra Kambole, l’un de ses avocats, après son apparition au tribunal.

« Nous croyons fermement que la justice est de son côté », a déclaré à des journalistes Rugemeleza Nshalla, un autre de ses avocats, après que M. Lissu a été présenté au tribunal de Dar es Salaam.

Il devrait comparaître le 24 avril, selon Me Nshalla.

« Bloquer les élections »

Le commandant de la police régionale Marco Chilya avait indiqué plus tôt à la presse que le chef de l’opposition était poursuivi pour des allégations d' »incitations à bloquer les élections » à venir.

M. Lissu, figure politique tanzanienne qui fut le candidat présidentiel de Chadema en 2020, a été élu président de son parti en janvier, remplaçant Freeman Mbowe qui dirigeait le mouvement de longue date.

Il avait prévenu l’an dernier que Chadema allait « bloquer les élections par la confrontation » à moins que le système électoral soit réformé.

La présidente Samia Suluhu Hassan avait d’abord été célébrée après son accession au pouvoir en 2021 pour avoir relâché les restrictions imposées aux médias et à l’opposition dans le pays de 67 millions d’habitants.

Mais le parti de M. Lissu accuse son gouvernement de retomber dans les pratiques autoritaires de son prédécesseur John Magufuli (2015-2021).

« Le plan est de le jeter en prison pour que la présidente Suluhu puisse célébrer (sa réélection, NDLR) sans opposition », a commenté sur X l’avocat tanzanien des droits humains Tito Magoti. « C’est, une fois de plus, un triste jour pour notre démocratie, » a-t-il ajouté.

Arrestations à répétition

Ce n’est pas la première fois que M. Lissu – avocat de formation, parlementaire de 2010 à 2017, il avait survécu cette année-là à une tentative d’assassinat – est arrêté par les autorités tanzaniennes. Mais il n’a jamais fait face à des accusations aussi graves.

En novembre, il avait été interpelé pendant la campagne des élections locales. Le mois précédent, il avait été brièvement détenu lorsque la police anti-émeute avait empêché la tenue d’un grand meeting à Dar es Salaam.

La Tanzanie doit organiser des élections législatives et présidentielle en octobre. L’an dernier, des élections locales avaient été remportées à une majorité écrasante – près de 99% des sièges – par le parti au pouvoir Chama Cha Mapinduzi (CCM). Pour Chadema, le scrutin avait été truqué.

Le parti affirme que les forces de sécurité sont responsables de la disparition de plusieurs de ses partisans, ainsi que du meurtre d’au moins un membre de son secrétariat national l’an dernier. Des accusations reprises par les organisations de défense des droits humains et les pays occidentaux, qui dénoncent également une nouvelle répression en cours.

Tanzanie : le chef de l’opposition inculpé pour «trahison» à six mois de la présidentielle

Tundu Lissu, le président du principal parti de l’opposition tanzanien, a été inculpé pour «trahison» au lendemain de son arrestation, a indiqué, ce jeudi 10 avril, l’un de ses avocats. Une accusation, passible de peine de mort et qui ne permet pas de libération sous caution en Tanzanie, où la répression politique s’accroît à six mois de l’élection présidentielle.

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Pourquoi le Niger fait du haoussa une langue nationale ?

Le Niger a décidé de faire du hausa – langue la plus parlée dans le pays -, une langue nationale, reléguant le français au rang de « langue de travail ». À Niamey, capitale du pays, la décision ne fait pas l’unanimité.

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Le Soudan accuse les Emirats arabes unis d’être « le moteur » d’un « génocide » devant la CIJ

Le Soudan a accusé jeudi les Emirats arabes unis devant la Cour internationale de justice d’être « le moteur » de ce que le pays africain qualifie de « génocide » au Darfour, à travers un soutien présumé aux combattants rebelles dans la guerre civile qui ravage le pays.(Source : AFP).

Khartoum a attaqué les Émirats devant la CIJ à La Haye, les accusant de complicité de génocide à l’encontre de la communauté masalit, en raison de leur soutien présumé aux Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR) qui combattent l’armée soudanaise depuis 2023.

Le « soutien apporté par les Émirats arabes unis, un soutien qui se poursuit aujourd’hui aux FSR et aux milices qui y sont alliées, reste le principal moteur du génocide perpétué par meurtres, viols, déplacements forcés, pillages », a déclaré à la Cour Muawia Osman, ministre intérimaire de la Justice du Soudan, à l’ouverture des audiences.

Le Soudan souhaite que les juges de la CIJ obligent les Emirats arabes unis (EAU) à cesser leur soutien présumé aux FSR, majoritairement arabes, qui combattent l’armée soudanaise depuis 2023.

Khartoum a également demandé aux juges d’ordonner aux EAU de procéder à des « réparations complètes », notamment en indemnisant les victimes de la guerre.

Cependant, Reem Ketait, haut fonctionnaire des Émirats arabes unis, a qualifié l’affaire de « détournement flagrant d’une institution internationale respectée » et de « totalement dépourvue de fondement juridique ou factuel ».

« Ce dont le Soudan a besoin aujourd’hui, ce n’est pas de théâtre politique, mais d’un cessez-le-feu immédiat et urgent et d’un engagement sérieux des deux parties belligérantes à négocier une solution pacifique », a déclaré Mme Ketait dans un communiqué.

Mercredi, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont appelé l’armée soudanaise et les paramilitaires à reprendre des négociations de paix pour mettre fin au conflit.

Possible incompétence de la CIJ

Selon des juristes, le cas du Soudan pourrait rapidement s’enliser sur des questions de compétence.

Lorsque les Emirats ont signé la convention sur le génocide, ils ont émis une « réserve » à l’égard d’une clause-clef permettant aux pays de s’attaquer mutuellement devant la CIJ en cas de litige.

Les revendications du Soudan soulèvent des « questions importantes », a écrit Michael Becker, expert en droit international au Trinity College de Dublin, dans un article publié sur le site spécialisé Opinio Juris.

Mais « il est très peu probable que l’une ou l’autre de ces allégations factuelles ou revendications juridiques soit entendue ou tranchée par la CIJ », a-t-il ajouté.

« Etant donné que les Emirats arabes unis ont émis une réserve sur l’article IX lorsqu’ils ont adhéré à la convention sur le génocide en 2005, on peut s’attendre à ce que la CIJ conclue qu’elle n’est pas compétente pour juger ce différend », a poursuivi M. Becker.

Le Soudan a fait valoir dans sa requête que la réserve émise par les EAU était « incompatible » avec l’objectif de la convention sur le génocide, qui met l’accent sur la responsabilité collective mondiale de prévenir ce crime contre l’humanité.

Les décisions de la CIJ sont définitives et contraignantes, mais la Cour n’a aucun moyen de les faire respecter.

Les juges avaient notamment ordonné en 2022 à la Russie de mettre fin à son invasion de l’Ukraine, en vain.

Présidentielle 2025 au Gabon : le scrutin« des grandes premières »

Plus de 846 000 électeurs gabonais sont attendus ce samedi 12 avril 2025 pour choisir leur prochain président. Une élection qui rime avec plusieurs grandes premières. Depuis 1967, c’est pour la première fois qu’un scrutin présidentiel va se tenir sans un bulletin « Bongo ». Par ailleurs, militaires et magistrats ont désormais la possibilité de prétendre au fauteuil présidentiel à condition d’être mis en disponibilité.

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Ethiopie: l’ambassadeur d’Israël exclu d’une commémoration du génocide au Rwanda

L’ambassadeur d’Israël en Ethiopie a été exclu lundi d’une conférence organisée au siège de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba commémorant les 31 ans du génocide des Tutsi au Rwanda, ont déclaré mardi à l’AFP deux diplomates.

La présence d’Israël dans des évènements organisés par l’UA a plusieurs fois provoqué des remous ces dernières années au sein de l’organisation panafricaine, qui depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 a critiqué la riposte selon elle démesurée d’Israël à Gaza, évoqué un possible « génocide » et appelé à la fin des combats.

Avraham Neguise a « participé à la première partie de l’évènement, une marche de solidarité à l’intérieur du siège de l’UA », a affirmé un diplomate arabe, avant de poursuivre: « Après cela, le président de la Commission de l’UA, le Djiboutien Mahamoud Ali Youssouf, a refusé de lancer la manifestation dans la salle en présence de l’ambassadeur israélien et lui a demandé de sortir », a-t-il poursuivi.

« L’ambassadeur israélien était assis à une place très visible, proche des Américains, et tout été retardé jusqu’à ce qu’on lui demande de sortir », a affirmé une autre source diplomatique, précisant ne pas savoir si « des états membres de l’UA ont protesté au vu de la situation à Gaza ».

Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, cité dans The Times of Israël, « il est scandaleux que, lors d’un événement commémorant les victimes du génocide des Tutsi au Rwanda, auquel l’ambassadeur d’Israël à Addis Abeba était invité », le président de la Commission de l’UA « ait choisi d’introduire des éléments politiques anti-israéliens ».

Interrogé, le porte-parole du président de la Commission de l’UA n’a pas donné suite aux sollicitations de l’AFP.

Les autorités israéliennes, qui ont dénoncé un « comportement inacceptable », vont « entreprendre des démarches diplomatiques nécessaires auprès des parties concernées afin de clarifier la gravité de cet incident », toujours dans The Times of Israel.

Le 7 avril est la journée internationale de commémoration du génocide des Tutsi, qui a fait au moins 800.000 morts en 1994 au Rwanda.

En 2022, l’UA n’était pas parvenue à clore ses discussions sur l’accréditation controversée d’Israël en tant que pays observateur. L’Algérie et l’Afrique du Sud, deux poids lourds financiers de l’organisation panafricaine, avaient en particulier plaidé contre.

En 2023, une diplomate israélienne avait également été expulsée de l’assemblée de l’UA.

Mahamoud Ali Youssouf a pris ses fonctions de président de la Commission de l’UA en février, après avoir été près de 20 ans le ministre des Affaires étrangères de Djibouti. En mars 2024, le président de ce petit pays de la Corne de l’Afrique, Ismaïl Omar Guelleh, avait affirmé dans une interview au magazine Jeune Afrique qu’un « génocide (était) en cours à Gaza ».