Archives pour la catégorie Conflits & attaques armées

Gaza : Les États-Unis conditionnent l’entrée de l’aide humanitaire à un accord, cautionnant une méthode interdite par le droit international

Alors que la bande de Gaza est plongée dans une crise humanitaire sans précédent, le nouvel ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a provoqué l’indignation en liant l’entrée de l’aide humanitaire à la signature d’un accord par le Hamas. Une position largement critiquée, qui revient à faire pression sur les civils palestiniens affamés, au lieu de dénoncer les entraves imposées par Israël à l’acheminement de l’aide.

« Nous appelons le Hamas à signer un accord afin que l’aide humanitaire puisse entrer dans Gaza pour ceux qui en ont désespérément besoin », a déclaré Mike Huckabee dans une vidéo publiée sur le réseau X. Une déclaration qui soulève de vives critiques, alors que l’accès à la nourriture pour les civils en temps de guerre est protégé par la quatrième Convention de Genève de 1949. Le recours à la famine comme méthode de guerre est qualifié de crime de guerre par le droit international.

Une famine orchestrée et documentée

Des organisations comme Human Rights Watch ont dénoncé à plusieurs reprises les propos de responsables israéliens évoquant leur intention de priver les civils de Gaza de nourriture, d’eau et de carburant, dans le but de faire pression sur le Hamas. Des actes qualifiés de méthodes de guerre illégales par les ONG de défense des droits humains.

Depuis la suspension par Israël de l’entrée de l’aide humanitaire le 2 mars, la situation sur le terrain est devenue alarmante. Les 2,4 millions d’habitants de Gaza font face à une famine aiguë. Des témoignages récents font état de civils contraints de se nourrir de viande de tortue, d’aliments pour animaux, d’herbe, ou encore de boire des eaux usées, faute d’accès à de la nourriture et à de l’eau potable.

Une pression déplacée selon les défenseurs des droits

Plutôt que d’exiger la levée immédiate du blocus humanitaire, les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur, conditionnent l’aide à des considérations politiques. Une position perçue par de nombreux observateurs comme une caution implicite aux privations imposées aux civils, et une complicité dans un crime de guerre en cours.

Les voix se multiplient pour appeler Washington à revoir sa position et à respecter ses obligations en matière de droit humanitaire international, en exigeant l’accès immédiat, sans condition, de l’aide humanitaire à Gaza.

Yémen : 74 morts et plus de 100 blessés après une frappe américaine sur un port pétrolier, selon les Houthis

Un bilan dramatique. Les rebelles houthis du Yémen annoncent ce vendredi 74 morts et 171 blessés à la suite d’une frappe aérienne américaine ayant visé le port pétrolier stratégique de Ras Issa, situé dans la région de Hodeidah, à l’ouest du pays. L’armée américaine, de son côté, confirme avoir ciblé ce site dans le cadre de ses opérations contre les infrastructures utilisées par les Houthis pour mener des attaques en mer Rouge.

Un nouveau bilan en forte hausse

Un premier bilan faisait état de 38 morts et 102 blessés, mais les chiffres ont été revus à la hausse au fil des heures. Selon les autorités sanitaires de Hodeidah, citées par la chaîne Al-Massirah, proche des Houthis, la majorité des victimes sont des ouvriers et employés civils travaillant sur le site pétrolier. Des images diffusées par la chaîne montrent une énorme explosion suivie d’un incendie massif, avec des navires en feu et de d’épais nuages de fumée s’élevant du port.

« Les équipes de secours de la défense civile et les ambulanciers déploient tous leurs efforts pour rechercher et extraire les victimes et éteindre l’incendie », a déclaré Anees Alasbahi, porte-parole du ministère de la Santé des Houthis.

Une attaque revendiquée par l’armée américaine

L’armée américaine a affirmé jeudi avoir mené une série de frappes contre des cibles militaires houthis, précisant que le port de Ras Issa avait été détruit. Washington justifie cette attaque par la nécessité de protéger les voies de navigation internationales dans la mer Rouge, régulièrement visées par les Houthis depuis le début de la guerre à Gaza.

« Ces opérations visent à dégrader les capacités militaires des Houthis et à prévenir de nouvelles attaques contre le trafic maritime mondial », a indiqué le Commandement central américain (CENTCOM).

Réactions internationales : condamnations fermes

L’attaque a suscité de vives réactions dans le monde arabe et au-delà :

•Le Hamas a condamné une « agression flagrante » et un « crime de guerre », dénonçant une violation de la souveraineté yéménite.

•L’Iran, allié des Houthis, a fustigé des frappes « barbares », accusant les États-Unis de nourrir les conflits dans la région et de vouloir imposer l’hégémonie sioniste et américaine.

•Des manifestations anti-américaines ont été annoncées par les Houthis ce vendredi, en solidarité avec Gaza et contre les interventions étrangères au Yémen.

Un contexte de guerre régionalisée

Cette attaque intervient dans un climat de forte tension géopolitique au Moyen-Orient. Depuis des mois, les Houthis ont intensifié leurs actions en mer Rouge, affirmant vouloir soutenir la cause palestinienne et s’opposer à Israël et à ses alliés. En retour, les États-Unis multiplient les frappes préventives, craignant un impact sur le commerce mondial.

Le port de Ras Issa, cible de la frappe américaine, est crucial pour l’exportation de pétrole et l’approvisionnement énergétique du Yémen. Sa destruction risque d’aggraver encore la crise humanitaire dans ce pays déjà ravagé par dix ans de guerre.

Une situation explosive

Alors que les secours continuent de fouiller les décombres, le risque d’escalade est réel. Les Houthis ont promis de riposter à ce qu’ils qualifient d’agression américaine, tandis que Washington affirme maintenir la pression pour « préserver la stabilité régionale ».

Dans ce jeu dangereux entre puissances régionales et occidentales, ce sont une fois de plus les populations civiles qui paient le prix fort, avec un nouveau drame humain à ajouter à la longue liste des violences au Yémen.

Guerre à Gaza : le Hamas rejette la dernière proposition de trêve israélienne et refuse tout accord partiel

Jeudi 17 avril, le Hamas a catégoriquement rejeté la dernière proposition de trêve israélienne, qualifiée de « partielle », réaffirmant son refus de tout accord qui ne mettrait pas un terme complet au conflit dans la bande de Gaza. Lors d’une déclaration télévisée, le négociateur en chef du mouvement palestinien, Khalil al-Hayya, a accusé le gouvernement de Benyamin Nétanyahou d’utiliser ce type d’accord pour servir ses propres intérêts politiques.

« Les accords partiels sont utilisés par Nétanyahou et son gouvernement comme couverture pour son projet politique, et nous ne participerons pas à cette politique », a affirmé Khalil al-Hayya.

Le Hamas se dit toutefois disposé à conclure un accord global, comprenant l’arrêt total des hostilités, le retrait complet des forces israéliennes de Gaza, la libération de tous les prisonniers palestiniens en échange de la libération de tous les otages israéliens, ainsi que le lancement d’un plan de reconstruction du territoire.

Une réponse écrite transmise aux médiateurs

La réponse officielle du Hamas à la proposition israélienne a été transmise jeudi soir aux médiateurs égyptiens et qataris. Selon un responsable du Hamas, l’offre israélienne prévoyait :

•Une trêve d’au moins 45 jours,

•La libération de 10 otages israéliens vivants,

•La libération de 1 231 prisonniers palestiniens détenus en Israël,

•Et un accès élargi à l’aide humanitaire dans Gaza.

Israël aurait également conditionné une fin permanente du conflit au désarmement total du Hamas, une ligne rouge inacceptable pour le mouvement palestinien.

« La résistance et ses armes sont liées à la présence de l’occupation israélienne. Elles constituent un droit naturel pour notre peuple, comme pour tous les peuples vivant sous occupation », a réaffirmé Khalil al-Hayya.

L’armée israélienne poursuit son offensive

Depuis la reprise des combats le 18 mars, après deux mois de trêve, l’armée israélienne a intensifié ses opérations terrestres et aériennes dans plusieurs zones de Gaza. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, connu pour ses positions ultranationalistes, a appelé jeudi à « intensifier les combats » face au refus du Hamas.

Jusqu’à présent, le gouvernement israélien n’a pas officiellement réagi à la réponse du Hamas.

Guerre à Gaza : Macron presse Netanyahu a mettre fin au “calvaire” des civils et appelle Abbas à écarter le Hamas et à réformer l’Autorité palestinienne

Alors que la guerre à Gaza continue de faire des milliers de victimes civiles, le président français Emmanuel Macron multiplie les appels à la désescalade. Lors d’un entretien téléphonique ce mardi 15 avril avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le chef de l’État français a plaidé pour un cessez-le-feu immédiat, l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire, et la relance d’un processus politique menant à une solution à deux États. Mais il a aussi appelé le chef de l’autorité palestinienne (Fatah) à écarter le mouvement terroriste Hamas.

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Guerre à Gaza : ce que l’on sait de la nouvelle proposition de trêve d’Israël au Hamas

Après deux mois de trêve, Israël a repris, le 18 mars, ses opérations militaires dans la bande de Gaza. L’objectif déclaré est d’y éradiquer le Hamas et, particulièrement, comme première priorité, de récupérer les 59 derniers otages détenus par le mouvement terroriste Hamas et les autres mouvements terroristes islamistes qui opèrent avec lui et dont au moins 34 sont déclarés morts. Mais Israël vient de faire une nouvelle proposition de trêve au Hamas.

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Gaza : les ministres des Affaires étrangères du groupe de contact réclament un cessez-le-feu immédiat et une solution durable

Réunis ce vendredi 11 avril, à Antalya, en Turquie, les ministres des Affaires étrangères du groupe de contact sur Gaza ont lancé un appel fort en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et permanent dans la bande de Gaza, ravagée par des mois de bombardements israéliens. Alors que la crise humanitaire atteint un niveau alarmant, les diplomates présents insistent sur l’urgence d’agir, mais aussi sur la nécessité d’ouvrir la voie à une solution politique durable.

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Gaza : l’Indonésie pense à jouer un rôle plus actif et à accueillir temporairement les victimes de la guerre

Défenseur farouche des Palestiniens, Prabowo Subianto poursuit actuellement sa tournée au Moyen-Orient, qui le conduira respectivement aux Émirats arabes unis, en Turquie, en Égypte, au Qatar et en Jordanie. Dans chacune de ses étapes, le sort des Gazaouis et les termes d’une évacuation des victimes de la guerre entre Israël et le Hamas seront au cœur des échanges. Le numéro Un indonésien propose d’accueillir « temporairement» les Palestiniens sur son sol.

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Le Hezbollah prêt à discuter d’une stratégie de défense pour le Liban

Le Hezbollah s’est dit prêt, ce jeudi 11 avril , à débattre d’une stratégie de défense pour le Liban, alors que le président Joseph Aoun s’apprête, selon trois sources politiques à Beyrouth, à ouvrir des discussions sur l’arsenal de l’organisation chiite.(Source : AFP).

Le chef de l’Etat libanais, élu avec le soutien des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite, s’est engagé à établir un monopole d’Etat sur les armes dans le pays lors de sa prise de fonctions en janvier dernier.

« Nous avons exprimé notre volonté de dialoguer afin de trouver une stratégie de défense pour le Liban », a déclaré le député du Hezbollah Hassan Fadlallah lors d’un discours télévisé.

Cette stratégie, a-t-il dit, devrait avoir pour objectif de faire face aux « agressions » israéliennes et d’obtenir le retrait des troupes israéliennes du sud du pays.

« Nous sommes en contact permanent avec le président Aoun. Quand il appelle au dialogue (…), nous sommes prêts », a insisté Hassan Fadlallah.

Le Hezbollah, parti-milice soutenu par l’Iran, a été durablement affaibli par l’offensive militaire lancée contre lui par Israël l’automne dernier, qui s’est achevée par un cessez-le-feu en novembre, puis la perte de son allié syrien Bachar al Assad en décembre.

Des soldats israéliens occupent toujours des positions dans le sud du Liban. Israël se dit prêt à transférer leur contrôle à l’armée libanaise une fois que la sécurité de l’Etat hébreu sera garantie.

Avant son dernier conflit avec Israël, le Hezbollah possédait l’un des plus grands arsenaux au monde parmi les groupes armés non étatiques avec plus de 150.000 missiles et roquettes selon la CIA américaine.

L’organisation a toujours défendu la nécessité de conserver cet arsenal comme élément de dissuasion face à Israël, malgré les appels à son désarmement émanant d’une partie de la classe politique libanaise.

RDC : une rencontre directe entre Kinshasa et le M23 a eu lieu au Qatar,un retrait partiel du m23 obtenu,Plusieurs établissements de santé pillés à Walikale par des présumés rebelles du M23, l’UA propose le président togolais pour assurer la médiation etc…(Notre point du 7 avril)

Une dynamique diplomatique inédite s’est enclenchée autour du conflit à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Une rencontre directe s’est tenue à Doha, au Qatar, entre des représentants du gouvernement congolais et ceux du mouvement rebelle M23/AFC, marquant un tournant dans les efforts de médiation. Cette avancée diplomatique a débouché sur un retrait partiel des forces du M23 de Walikale, une localité stratégique de l’est du pays, tandis que sur le terrain, la situation humanitaire continue de se détériorer avec des pillages d’établissements de santé attribués aux rebelles.

Une réunion discrète mais prometteuse à Doha

Selon une source proche des pourparlers, la rencontre a été organisée en toute discrétion par les autorités qataries. Il s’agit de la première réunion directe entre Kinshasa et le M23 depuis le début de la résurgence du conflit. La discussion a été jugée « positive », avec un début de rétablissement de la confiance entre les parties.

À l’issue de la réunion, le M23 a procédé à un retrait de la ville de Walikale, récemment conquise. Ce geste est interprété comme une démonstration de bonne volonté et un soutien au processus de dialogue. De nouvelles sessions de pourparlers sont prévues à Doha dans les jours à venir, toujours sous l’égide du Qatar.

Walikale : un retrait militaire entaché de pillages

Malgré le retrait annoncé, la société civile rapporte que des éléments présumés du M23 ont pillé plusieurs établissements de santé dans le territoire de Walikale entre le 3 et le 4 avril. À Kibua, l’hôpital général de référence et le centre de santé de Mungazi ont été dépouillés de leur matériel biomédical, panneaux solaires, médicaments et documents administratifs.

Même constat au centre de santé de Kishanga, situé à une dizaine de kilomètres, également vidé de ses équipements. Ces destructions aggravent une situation déjà critique : 9 structures sanitaires sur 18 avaient été saccagées entre le 17 et le 23 mars, lors de l’avancée initiale des rebelles.

Selon un prestataire de santé sur place :
« Sans l’aide du gouvernement et de ses partenaires, notre structure aura du mal à se relever. »

D’après Médecins Sans Frontières, plus de 700 déplacés s’étaient réfugiés dans l’hôpital général de Walikale à la fin mars.

Appels à la justice et à la protection des civils

La société civile locale demande que les auteurs de ces exactions soient traduits en justice et appelle les autorités congolaises à renforcer la protection des populations civiles sur l’axe Walikale-Masisi, où le M23 aurait redéployé ses forces. Le groupe rebelle, tout en quittant Walikale, aurait poursuivi des actes de violence, notamment le pillage systématique des centres médicaux, emportant médicaments, équipements et matériels récemment offerts dans le cadre des projets gouvernementaux de développement.

Une nouvelle médiation africaine proposée par l’Union africaine

Alors que la médiation angolaise n’a pas porté ses fruits, le président angolais Joao Lourenço, qui préside actuellement l’Union africaine (UA), a proposé le président togolais Faure Gnassingbé comme nouveau médiateur dans le conflit congolais.

Cette proposition a été faite lors d’une réunion du Bureau de l’Assemblée de l’UA, en présence des présidents du Ghana, de la Mauritanie, du vice-président du Burundi et du ministre tanzanien des Affaires étrangères. Lourenço y a souligné la gravité de la crise humanitaire dans l’est de la RDC et ses conséquences sur la stabilité régionale.

Le retrait de l’Angola de son rôle de médiateur, annoncé le 24 mars, est motivé par « des responsabilités accrues à la tête de l’UA » et la nécessité de garantir la continuité du processus de paix.

Une fenêtre fragile vers l’apaisement

Le retrait partiel du M23 de Walikale et la reprise du dialogue offrent un espoir modeste de désescalade. Toutefois, la situation humanitaire demeure alarmante, et les exactions contre les civils ne peuvent rester sans réponse. La réussite de la médiation qatarie et la potentielle entrée en scène du Togo comme médiateur africain seront déterminantes pour sortir l’Est de la RDC de cette spirale de violences.

Emmanuel Macron en Egypte pour une visite consacrée à Gaza

La guerre à Gaza est au cœur de la visite de deux jours qu’à débuté ce lundi 7 avril ,le président français Emmanuel Macron en Égypte alors qu’Israël a repris les bombardements sur l’enclave palestinienne. Une problématique aux nombreux enjeux.

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