Pourquoi le Niger fait du haoussa une langue nationale ?

Le Niger a décidé de faire du hausa – langue la plus parlée dans le pays -, une langue nationale, reléguant le français au rang de « langue de travail ». À Niamey, capitale du pays, la décision ne fait pas l’unanimité.

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États-Unis : une escrimeuse disqualifiée pour avoir refusé d’affronter une adversaire transgenre

Un geste symbolique devenu une affaire nationale.

Le 30 mars dernier, une compétition universitaire d’escrime organisée dans l’État du Maryland a été marquée par un incident qui continue de susciter de vives réactions. Stéphanie Turner, une jeune escrimeuse, a été disqualifiée après avoir refusé de combattre contre une adversaire transgenre, Redmond Sullivan. Un refus qu’elle a exprimé en posant un genou à terre, un geste fort et volontaire, qu’elle a immédiatement expliqué à l’arbitre :« Désolée, je ne peux pas faire ça. Je ne combattrai pas cette adversaire », a-t-elle déclaré, selon ses propos rapportés à Fox News.

Une décision immédiate : carton noir

En vertu du règlement de la Fédération Internationale d’Escrime (FIE), le refus de combattre – quelle qu’en soit la raison – est sanctionné d’un carton noir, synonyme d’exclusion immédiate de la compétition. C’est ce qu’a reçu Stéphanie Turner sur le champ.

Une protestation assumée

Stéphanie Turner a clairement exprimé son désaccord avec la politique d’inclusion des personnes transgenres mise en place par USA Fencing en 2023.

« Je suis une femme, c’est un homme, et c’est un tournoi féminin », a-t-elle lancé.
« Je savais ce que je devais faire parce que USA Fencing n’a pas écouté les objections des femmes concernant cette politique », a-t-elle ajouté.

Selon elle, son refus était un acte de conscience, motivé par ses valeurs personnelles et sa foi religieuse. Elle affirme qu’elle n’aurait pas participé au tournoi si elle avait su qu’un athlète transgenre s’y était inscrit.

« Je me suis dit : ‘Je vais m’en remettre à Dieu. Si cette personne se présente face à moi, je m’agenouillerai et ce sera la volonté de Dieu.’ »

Un échange tendu mais respectueux

Redmond Sullivan, l’athlète transgenre concerné, aurait d’abord cru à une blessure. Il se serait approché d’elle pour lui demander si tout allait bien. Stéphanie Turner lui aurait alors expliqué calmement son refus, tout en lui témoignant du respect personnel. Redmond lui aurait répondu que la fédération la reconnaissait comme femme et qu’elle avait donc le droit de participer à la compétition. Turner aurait accepté la conséquence, répondant simplement :

« Je sais. »

La position officielle de la fédération

USA Fencing a rapidement publié un communiqué pour réaffirmer son engagement en faveur de l’inclusion :

« Tout le monde doit avoir la possibilité de participer à des sports. […] Cette politique a été conçue pour élargir l’accès à l’escrime et créer des espaces inclusifs et sûrs. »

Un porte-parole de la fédération a précisé que Stéphanie Turner n’a pas été sanctionnée pour ses convictions, mais uniquement pour avoir refusé un combat, ce que les règlements interdisent formellement.

Un débat qui divise

Depuis cet incident, Stéphanie Turner dit n’avoir reçu aucune nouvelle de l’organisation, et son geste continue de faire le tour des réseaux sociaux et des médias. Ce cas relance un débat sensible aux États-Unis, entre inclusion des athlètes transgenres et protection de la catégorie féminine dans le sport.

Starliner : la vérité glaçante sur la mission cauchemardesque des astronautes « bloqués » dans l’ISS

Froid polaire, pannes en série, perte de contrôle en orbite… Ce qui devait être un vol historique pour Boeing s’est transformé en mission de l’extrême pour les astronautes Sunni Williams et Butch Wilmore. Envoyés à bord de la capsule Starliner pour sa première mission habitée, ils ont vécu un véritable cauchemar dans l’espace, gardé sous silence pendant des mois par la NASA et Boeing.

Un retour sur Terre sous tension

De retour après 277 jours passés en orbite – dont 269 de plus que prévu – les deux astronautes se sont enfin exprimés lundi dernier, au Centre spatial Johnson à Houston. Lors d’un entretien avec le journaliste Éric Berger (Ars Technica), Butch Wilmore a livré un témoignage bouleversant sur les événements dramatiques qu’ils ont vécus à bord de Starliner, et sur les nombreuses pannes critiques qui ont mis leur vie en danger.

Un départ inquiétant

Tout commence après le lancement depuis Cap Canaveral. À bord de Starliner, il fait un froid glacial : à peine 10°C. Les astronautes sont obligés de remettre leurs combinaisons, alors même qu’ils devaient se reposer avant d’entamer les phases de manœuvres orbitales. Le malaise est palpable, et les inquiétudes sont fondées.

« Ma plus grande peur, c’était les propulseurs. Et ils sont tombés en panne, un par un », raconte Butch Wilmore.

La cascade de pannes

Dès l’approche de l’ISS, un premier propulseur tombe en panne. Puis un deuxième. L’astronaute prend alors le contrôle manuel du vaisseau. Mais la situation empire : trois puis quatre propulseurs cessent de fonctionner. La capsule perd alors totalement le contrôle de ses six degrés de liberté, c’est-à-dire son aptitude à se déplacer et s’orienter dans toutes les directions. À ce moment, un amarrage est risqué et un retour sur Terre n’est plus envisageable.

« On ne savait pas si on pouvait revenir. Et en fait, je pensais que ce ne serait pas possible », confie Butch Wilmore.

Les astronautes dérivent sous la station spatiale, et à cause des lois de la mécanique orbitale, ils commencent à s’éloigner. La situation devient critique.

Une tentative désespérée

Les ingénieurs du centre de contrôle prennent alors une décision radicale : couper toutes les commandes et tenter une réinitialisation complète de la capsule. Wilmore annonce :

« Mains libres ! »
Les écrans s’éteignent. La capsule est dans le noir. Mais contre toute attente, deux propulseurs repartent. Le cinquième ne lâche pas. C’est un miracle, selon les mots de l’astronaute.

« J’attribue à la providence du Seigneur le fait que ces deux jets soient revenus avant la panne du cinquième. »

L’amarrage… et la délivrance

Une fois deux propulseurs réactivés, Butch accepte de repasser en mode automatique. L’amarrage avec l’ISS est finalement possible.

« J’étais inquiet. Mais à ce moment-là, je me suis dit : on y est presque. »

Le reste de la mission se poursuivra tant bien que mal, mais sans certitude sur comment ou quand ils pourraient revenir. Il faudra attendre plusieurs mois avant qu’une capsule SpaceX, celle-là fiable, ne vienne les récupérer.

Un silence pesant

Pendant toute cette période, ni la NASA ni Boeing n’ont communiqué sur la gravité de la situation. Ce silence pose question. L’incident aurait pu tourner à la catastrophe, et l’échec de Starliner a été largement minimisé dans les médias, alors même que le président Donald Trump avait ordonné leur retour anticipé.

Des héros de l’ombre

Malgré tout, Wilmore ne cherche pas à accabler Boeing, préférant saluer les ingénieurs du centre de contrôle.

« Ces gens sont des héros. Des vrais. Ceux qui connaissent leurs systèmes sur le bout des doigts, et qui agissent vite quand tout est en jeu. »

Un symbole d’échec pour Boeing

Starliner devait être l’alternative américaine à SpaceX, un symbole de la capacité de Boeing à rivaliser dans le spatial habité. Mais cette mission restera dans l’histoire comme un naufrage technique, sauvé in extremis par le professionnalisme des astronautes et des ingénieurs au sol.

Guerre en Ukraine : Kiev prêt à « acheter » un « important lot » d’armes aux États-Unis

Depuis le déclenchement du conflit en 2022, Kiev a déjà acquis divers types d’armements auprès de Washington.(Avec : AFP).

L’Ukraine est prête à « acheter » un « important lot » d’armes aux États-Unis, notamment des systèmes de défense antiaérienne, pour continuer à se battre contre les forces russes, a déclaré mercredi le président Volodymyr Zelensky.

« Nous avons transmis à la partie américaine (le détail) d’un important lot que nous voulons acheter », a assuré Zelensky à un groupe de médias. L’administration de Donald Trump a opéré un rapprochement avec la Russie et n’a annoncé aucune nouvelle aide à Kiev.

Par ailleurs, le président ukrainien a accusé Moscou d’entraîner la Chine dans sa guerre avec l’Ukraine, après la capture de supposés ressortissants chinois combattant au sein de l’armée russe sur le territoire ukrainien.

Les Russes « entraînent d’autres pays dans la guerre. Je crois qu’ils entraînent maintenant la Chine dans cette guerre », a lancé Zelensky devant un groupe de médias. Kiev est prêt à « échanger » ses captifs chinois contre des soldats ukrainiens détenus par la Russie, a-t-il ajouté.

Suède : un couple danois à l’origine d’un hôtel écologique laisse derrière lui un désastre environnemental

Flemming Hansen et Mette Helbæk, anciens restaurateurs danois reconvertis en hôteliers écoresponsables, sont au cœur d’un scandale environnemental après avoir quitté précipitamment la Suède pour s’installer au Guatemala. Leur projet initial, une éco-retraite baptisée « Stedsans », située dans la région d’Halland au sud de la Suède, était salué comme un modèle d’hôtellerie durable. Mais leur départ précipité a révélé une réalité bien différente.

Un rêve écologique… qui vire au cauchemar

Présenté comme un havre de paix en pleine nature, Stedsans comprenait 16 cottages en bois, des potagers, des animaux et un cadre se voulant en harmonie avec l’environnement. Le couple affirmait avoir « ressenti l’appel de la nature » en fondant ce lieu, et se décrivait comme des « entrepreneurs guidés par l’âme ».

Mais après leur départ, les autorités suédoises et plusieurs journaux d’investigation ont découvert une quantité colossale de déchets abandonnés sur le site : 158 barils de déchets humains, ainsi que des rejets d’eaux usées directement dans la forêt. Des anciens employés ont également rapporté que de nombreux animaux, notamment des canards, étaient morts ou avaient été abandonnés, évoquant de possibles cas de maltraitance animale.

Un « crime environnemental » dénoncé par les autorités

Les autorités locales n’ont pas tardé à qualifier cette affaire de « crime environnemental ». Des images diffusées par les quotidiens Dagens Nyheter (Suède) et Politiken (Danemark) montrent l’étendue de la pollution laissée dans la forêt.

Contacté, Flemming Hansen a nié toute négligence envers les animaux, rejetant la faute sur les services fiscaux suédois, qu’il a qualifiés d’« entité narcissique ». Il affirme être condamné à « une vie de pauvreté », tout en accusant la bureaucratie suédoise de rendre « impossible » toute entreprise guidée par des idéaux.

Fuite fiscale et antécédents au Danemark

Le couple aurait quitté la Suède pour échapper aux autorités fiscales, et serait actuellement en train de lancer un nouveau projet hôtelier au Guatemala. Selon Dagens Nyheter, cette fuite n’est pas la première manœuvre financière controversée du couple : ils devaient déjà des millions de couronnes aux impôts danois avant de s’installer en Suède, à l’époque où ils tenaient un restaurant populaire à Copenhague.

Les autorités fiscales suédoises et danoises n’ont pour l’instant pas commenté l’affaire, tandis que la faillite du couple pourrait être officiellement prononcée dans les prochains jours.

Un discours écologiste en contradiction avec les actes

Sur leur site Internet, toujours actif, Flemming Hansen et Mette Helbæk affirment avoir tenté de « contribuer à une planète plus belle », mais dénoncent un système suédois hostile aux initiatives indépendantes.

« Être des entrepreneurs guidés par l’âme dans un pays où les impôts sont parmi les plus élevés au monde et où la bureaucratie est implacable, est une tâche impossible », écrivent-ils.

Cependant, l’image de l’éco-retraite louée par de nombreux influenceurs s’effondre à la lumière des faits : une exploitation présentée comme durable, mais qui laisse un sillage de pollution, de souffrance animale et de dettes.

L’affaire soulève des questions importantes sur la réalité derrière certains projets écologiques promus sur les réseaux sociaux, mais aussi sur la responsabilité des entrepreneurs dits « verts ». À mesure que les investigations se poursuivent, le contraste entre les valeurs affichées par le couple danois et leur conduite sur le terrain continue de choquer l’opinion publique.

Vers une reconnaissance de l’État de Palestine par la France – Israël parle, à juste titre, d’une « récompense pour le terrorisme ».

« En juin» prochain, la France pourrait reconnaître l’État de Palestine, a déclaré, ce mercredi 9 avril, Emmanuel Macron, sur « France 5 », une chaîne de télévision française. Une reconnaissance que salue, aujourd’hui, jeudi 10 avril, l’ancienne déléguée générale de Palestine, Leila Shahid mais qui serait « une récompense pour le terrorisme » et « irresponsable » ont estimé le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar et l’ambassadeur de l’état israélien à Paris, Joshua Zarka

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Les Kiribati discutent avec la Chine d’un accord sur l’exploration minière des fonds marins

Une nouvelle étape dans le rapprochement sino-kiribatien.

Les Kiribati, petit État insulaire du Pacifique peuplé de 130 000 habitants, ont annoncé le 17 mars 2025 qu’ils envisageaient une « potentielle collaboration » avec la Chine pour l’exploration de leurs fonds marins riches en minéraux. L’annonce fait suite à des discussions entre le gouvernement kiribatien et l’ambassadeur chinois Zhou Limin, après l’échec d’un accord précédent avec la société canadienne The Metals Company.

Dans un communiqué, le gouvernement a salué une « opportunité intéressante » en vue d’une exploration durable de ses ressources sous-marines, sans pour autant détailler les conditions de cette possible entente.

Des ressources précieuses… et contestées

Les fonds marins du Pacifique renferment des nodules polymétalliques, de petits agrégats contenant des métaux stratégiques comme le manganèse, le cobalt, le cuivre et le nickel – essentiels à la fabrication de batteries électriques et à la transition énergétique. Les Kiribati détiennent des droits d’exploration sur une zone de 75 000 km² en eaux profondes.

Mais cette industrie émergente reste très controversée : les experts environnementaux redoutent des dommages irréversibles sur les écosystèmes marins, souvent mal connus, en raison du manque de données scientifiques et des impacts potentiels de l’extraction sous-marine.

Pékin renforce son ancrage dans le Pacifique

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de la Chine, qui cherche à renforcer son influence diplomatique, économique et militaire dans le Pacifique, souvent au détriment des partenaires historiques de la région, comme les États-Unis, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande.

Déjà en février dernier, Pékin a conclu un accord de coopération minière avec les îles Cook, voisines des Kiribati, pour une durée de cinq ans. Ces rapprochements successifs s’inscrivent dans la continuité du revirement diplomatique des Kiribati en 2019, lorsqu’ils ont rompu leurs liens avec Taïwan pour se tourner vers la Chine.

Une opposition locale qui s’inquiète

La perspective d’un accord avec la Chine suscite de vives critiques dans l’opposition kiribatienne. Pour Tessie Lambourne, cheffe de l’opposition :

« La Chine semble chercher à accéder à notre espace maritime pour son propre intérêt. Je dis toujours que notre gouvernement se plie en quatre pour plaire à la Chine. »

Cette déclaration met en lumière les tensions croissantes entre souveraineté nationale, enjeux environnementaux et appétits géopolitiques, dans un contexte où les petits États insulaires du Pacifique deviennent des points stratégiques majeurs.

Une industrie aux risques encore mal connus

Malgré les promesses de retombées économiques, l’extraction minière en haute mer est encore expérimentale. De nombreuses organisations scientifiques et ONG réclament un moratoire mondial, tant que l’impact écologique de ces opérations n’est pas mieux compris. Pour les Kiribati, l’enjeu est de taille : comment bénéficier de leurs ressources naturelles sans compromettre leur biodiversité marine fragile ?

L’éventuel partenariat entre les Kiribati et la Chine pour exploiter les fonds marins pourrait bien redistribuer les cartes économiques et stratégiques dans le Pacifique. Mais il pose aussi la question cruciale de l’équilibre entre développement, souveraineté et protection de l’environnement, dans un contexte mondial de plus en plus polarisé.

Le Soudan accuse les Emirats arabes unis d’être « le moteur » d’un « génocide » devant la CIJ

Le Soudan a accusé jeudi les Emirats arabes unis devant la Cour internationale de justice d’être « le moteur » de ce que le pays africain qualifie de « génocide » au Darfour, à travers un soutien présumé aux combattants rebelles dans la guerre civile qui ravage le pays.(Source : AFP).

Khartoum a attaqué les Émirats devant la CIJ à La Haye, les accusant de complicité de génocide à l’encontre de la communauté masalit, en raison de leur soutien présumé aux Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR) qui combattent l’armée soudanaise depuis 2023.

Le « soutien apporté par les Émirats arabes unis, un soutien qui se poursuit aujourd’hui aux FSR et aux milices qui y sont alliées, reste le principal moteur du génocide perpétué par meurtres, viols, déplacements forcés, pillages », a déclaré à la Cour Muawia Osman, ministre intérimaire de la Justice du Soudan, à l’ouverture des audiences.

Le Soudan souhaite que les juges de la CIJ obligent les Emirats arabes unis (EAU) à cesser leur soutien présumé aux FSR, majoritairement arabes, qui combattent l’armée soudanaise depuis 2023.

Khartoum a également demandé aux juges d’ordonner aux EAU de procéder à des « réparations complètes », notamment en indemnisant les victimes de la guerre.

Cependant, Reem Ketait, haut fonctionnaire des Émirats arabes unis, a qualifié l’affaire de « détournement flagrant d’une institution internationale respectée » et de « totalement dépourvue de fondement juridique ou factuel ».

« Ce dont le Soudan a besoin aujourd’hui, ce n’est pas de théâtre politique, mais d’un cessez-le-feu immédiat et urgent et d’un engagement sérieux des deux parties belligérantes à négocier une solution pacifique », a déclaré Mme Ketait dans un communiqué.

Mercredi, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont appelé l’armée soudanaise et les paramilitaires à reprendre des négociations de paix pour mettre fin au conflit.

Possible incompétence de la CIJ

Selon des juristes, le cas du Soudan pourrait rapidement s’enliser sur des questions de compétence.

Lorsque les Emirats ont signé la convention sur le génocide, ils ont émis une « réserve » à l’égard d’une clause-clef permettant aux pays de s’attaquer mutuellement devant la CIJ en cas de litige.

Les revendications du Soudan soulèvent des « questions importantes », a écrit Michael Becker, expert en droit international au Trinity College de Dublin, dans un article publié sur le site spécialisé Opinio Juris.

Mais « il est très peu probable que l’une ou l’autre de ces allégations factuelles ou revendications juridiques soit entendue ou tranchée par la CIJ », a-t-il ajouté.

« Etant donné que les Emirats arabes unis ont émis une réserve sur l’article IX lorsqu’ils ont adhéré à la convention sur le génocide en 2005, on peut s’attendre à ce que la CIJ conclue qu’elle n’est pas compétente pour juger ce différend », a poursuivi M. Becker.

Le Soudan a fait valoir dans sa requête que la réserve émise par les EAU était « incompatible » avec l’objectif de la convention sur le génocide, qui met l’accent sur la responsabilité collective mondiale de prévenir ce crime contre l’humanité.

Les décisions de la CIJ sont définitives et contraignantes, mais la Cour n’a aucun moyen de les faire respecter.

Les juges avaient notamment ordonné en 2022 à la Russie de mettre fin à son invasion de l’Ukraine, en vain.

Droits de douane : après un revirement surprise de Trump, les Bourses mondiales s’envolent – La Maison Blanche tente de justifier

Un retournement spectaculaire qui électrise les marchés.

Le mercredi 9 avril, Donald Trump a une nouvelle fois surpris la scène internationale. Alors que les surtaxes douanières imposées par les États-Unis venaient d’entrer en vigueur, le président états-unien a annoncé une suspension de 90 jours pour la plupart des pays… à l’exception de la Chine. Ce revirement inattendu a déclenché une euphorie généralisée sur les marchés boursiers mondiaux.

Le jeudi 10 avril, les Bourses européennes ont bondi dès l’ouverture. À Paris, le CAC 40 s’envolait de 6,43 %, le DAX de Francfort de 7,81 %, le Footsie de Londres de 5,99 %, tandis que la Bourse de Milan et la Bourse suisse grimpaient chacune de 7,81 % et 7,47 %.

En Asie, la tendance haussière était tout aussi marquée. Le Nikkei de Tokyo a clôturé sur un gain de 9,12 %, le Kospi de Séoul a progressé de 6,6 %, Sydney de 4,5 %, et Taipei de 9,25 %. Les Bourses de Thaïlande, d’Indonésie et du Vietnam ont elles aussi connu des hausses dépassant les 4 %.

La veille, Wall Street avait donné le ton : le Nasdaq avait grimpé de 12,16 %, le Dow Jones de 7,87 %, et le S&P 500 de 9,52 %, portés par l’annonce surprise de la suspension partielle des taxes.

Un recul stratégique face à la pression des marchés

Ce retournement de Donald Trump est interprété comme une réponse directe aux turbulences économiques provoquées par sa politique commerciale agressive. Les marchés états-uniens avaient vivement réagi, avec une hausse marquée des taux d’intérêt sur les obligations et des chutes brutales en Bourse.

« Il s’agit d’un retour à la réalité », estime Denis Ferrand, directeur général de Rexecode. « Les tensions financières ont obligé la Maison Blanche à réévaluer sa stratégie. »

Trump a expliqué son choix par la volonté exprimée par plus de 75 pays de négocier, et par un souci de ne pas pénaliser les nations disposées à discuter. « Cela venait du cœur », a-t-il déclaré, affirmant que la flexibilité faisait partie de son plan initial.

La Chine reste lourdement ciblée

Si la majorité des pays bénéficient d’un allègement temporaire des surtaxes, la Chine reste particulièrement visée : ses exportations vers les États-Unis sont désormais taxées à hauteur de 125 %, contre 104 % la veille.

Pékin a réagi en appelant au dialogue, tout en affirmant sa fermeté :

« La porte est ouverte pour des négociations, mais elles doivent se faire dans le respect mutuel », a déclaré une porte-parole du ministère chinois du Commerce.

Elle a ajouté que la Chine se battrait jusqu’au bout, confirmant la ligne dure adoptée depuis le début de la guerre commerciale. Par ailleurs, les mesures sectorielles imposées par Trump restent en vigueur, notamment dans l’acier, l’aluminium, l’automobile, et prochainement le secteur pharmaceutique. Le Canada et le Mexique sont toujours sous le coup de sanctions en lien avec le trafic de fentanyl aux frontières.

Une confiance ébranlée

Malgré le rebond spectaculaire des marchés, les analystes s’accordent à dire que la confiance des investisseurs est profondément altérée.

« Peu importe ce qui arrivera ensuite, une prime de risque va désormais s’appliquer aux activités aux États-Unis », affirme Olivier Redoulès, économiste à Rexecode.
« Les États-Unis sont aujourd’hui perçus comme moins stables et moins fiables qu’auparavant. »

Cette incertitude croissante risque de fragiliser l’attractivité de l’économie états-unienne à moyen terme, ternissant l’image d’un pays jusque-là réputé pour la lisibilité et la fiabilité de son environnement économique.

Réactions européennes et perspectives

En Europe, les conséquences de cette guerre commerciale se font également sentir. Le ministre français de l’Économie, Éric Lombard, a annoncé mercredi une révision à la baisse de la croissance française pour 2025, désormais estimée à 0,7 %, contre 0,9 % précédemment, en raison des incertitudes liées aux tensions commerciales.

De son côté, Thierry Breton, ancien commissaire européen, a appelé à la vigilance :

« Il faut maintenant s’organiser pour négocier, notamment sur des secteurs clés comme l’automobile et la santé. On connaît la méthode Trump : à la fin, il dira qu’il a gagné. »

Ce nouveau coup de théâtre de Donald Trump illustre une fois de plus sa stratégie de négociation par la tension, alternant escalade et apaisement pour obtenir des concessions. Mais cette méthode commence à laisser des traces, affaiblissant la crédibilité économique des États-Unis sur la scène mondiale, malgré les soubresauts euphoriques des Bourses.

Une employée russe brièvement détenue en France, l’ambassadeur français à Moscou convoqué – Ce qui s’est passé

Le nouvel ambassadeur de France à Moscou, Nicolas de Rivière, a été convoqué au ministère russe des Affaires étrangères après la brève détention, dimanche, d’une employée de ce ministère à l’aéroport Charles-de-Gaulle, a annoncé mercredi la diplomatie russe. (Source: AFP).

Le Kremlin a fustigé, mercredi 9 avril, la brève détention dimanche en France d’une employée gouvernementale russe à l’aéroport Charles-de-Gaulle, affirmant qu’elle « aggrave encore plus » les relations déjà tendues entre la France et la Russie.

Selon Moscou, une employée du ministère russe des Affaires étrangères a été retenue dimanche une journée par les services frontaliers dans ce grand aéroport situé près de Paris, avant d’être autorisée à entrer en France.

Les relations entre Moscou et Paris sont glaciales depuis que le Kremlin a déclenché, il y a plus de trois ans, son offensive contre l’Ukraine.

« Nous condamnons de tels agissements de la France et les considérons comme inadmissibles (…). Cela aggrave encore davantage nos relations bilatérales déjà abîmées », a dénoncé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors d’un briefing auquel participait l’AFP.

Pour l’heure, les autorités françaises n’ont pas réagi à ces accusations.

« Ce qui s’est passé est inexplicable »

Plus tôt, la diplomatie russe avait annoncé mercredi avoir convoqué le nouvel ambassadeur de France à Moscou, Nicolas de Rivière, au siège du ministère russe des Affaires étrangères.

« Ce qui s’est passé le 6 avril à l’aéroport Charles-de-Gaulle est inexplicable », a tonné la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, lors de son briefing hebdomadaire. « Les services frontaliers français ont détenu sans explication une employée du ministère russe des Affaires étrangères, membre de la délégation officielle russe, et ont saisi son téléphone et son ordinateur », a-t-elle relaté.

Un « agent consulaire » russe a été rapidement dépêché sur place, avant de pouvoir échanger avec l’employée retenue.

« Après les démarches entreprises, notre collègue a finalement été autorisée à entrer dans le pays, mais elle a dû passer une journée dans la zone frontalière de l’aéroport », a dénoncé Maria Zakharova.

La porte-parole de la diplomatie russe a ajouté que Moscou avait notifié sa « vive protestation » auprès de l’ambassadeur de France à Moscou, lors de sa convocation au ministère des Affaires étrangères, à une date non précisée.

« Nous n’avons pas l’intention de laisser cette situation sans conséquences », a également averti Maria Zakharova, après ce nouvel incident diplomatique.

Des relations bilatérales dégradées

Ces derniers mois, la Russie a été accusée d’une série d’actes de déstabilisation et de désinformation sur le territoire français, tandis que la France se voit reprocher son soutien militaire et diplomatique à Kiev.

En février, le chef de l’État français Emmanuel Macron, très actif sur le front diplomatique aux côtés de l’Ukraine, avait qualifié la Russie de « menace existentielle pour les Européens ».

Dans les médias publics russes, le gouvernement français fait l’objet de nombreuses critiques, en particulier depuis le réchauffement, sous l’impulsion de Donald Trump, des relations entre Moscou et les États-Unis, qui avant cela étaient la cible principale des attaques.

Dans la foulée de l’assaut russe à grande échelle contre l’Ukraine, la France avait expulsé 41 diplomates russes qui se livraient, selon elle, à des activités d’espionnage sous couvert de l’ambassade à Paris.

Moscou avait répliqué en déclarant dans la foulée 34 diplomates français personæ non gratæ sur son territoire.

Dans ce contexte très tendu, un chercheur français, Laurent Vinatier, a été condamné en octobre 2024 par un tribunal moscovite à trois ans de prison ferme pour ne pas s’être enregistré en tant qu' »agent de l’étranger ».

Paris a dénoncé à de multiples reprises une condamnation « arbitraire » et appelé à sa « libération immédiate ».

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