Peine de mort : hausse record des exécutions en Iran et en Arabie Saoudite en 2025

L’année 2025 est marquée par une augmentation significative des exécutions capitales dans plusieurs pays, notamment en Iran et en Arabie saoudite. Des niveaux historiques sont atteints, révélant une intensification du recours à la peine de mort dans des contextes politiques, économiques et sociaux sous tension.

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Alors que la peine capitale recule dans une majorité d’États à travers le monde, certains pays en font à nouveau un instrument central de leur politique intérieure.

Des chiffres sans précédent

En Iran, plus de 1 500 condamnés à mort auraient été exécutés depuis le début de l’année 2025, selon des organisations de suivi indépendantes. Ce chiffre représente le niveau annuel le plus élevé enregistré depuis plus de trois décennies. La progression est continue : de quelques centaines d’exécutions au début des années 2020, le pays est passé à des seuils jamais atteints depuis la fin des années 1980.

L’Arabie saoudite enregistre également un record. Selon les données officielles compilées par plusieurs observateurs internationaux, 356 personnes ont été exécutées en 2025, dépassant le précédent record établi en 2024. Une large part de ces condamnations concerne des affaires liées au trafic de stupéfiants, après la levée d’un moratoire informel observé durant plusieurs années.

Ces deux pays figurent désormais parmi ceux qui appliquent le plus fréquemment la peine de mort au niveau mondial.

La peine capitale comme outil de gouvernance

Au-delà des chiffres, la recrudescence des exécutions s’inscrit dans des logiques politiques distinctes mais comparables.
En Iran, l’augmentation des condamnations à mort intervient dans un climat de contestation sociale persistante, alimentée par la dégradation de la situation économique, l’inflation et les conséquences durables des mouvements de protestation des années précédentes. La peine capitale apparaît alors comme un outil de dissuasion, destiné à prévenir l’élargissement de la contestation et à réaffirmer l’autorité de l’État.

En Arabie saoudite, le recours accru aux exécutions s’inscrit davantage dans une stratégie sécuritaire. La lutte contre le narcotrafic, présentée comme une priorité nationale, justifie un durcissement judiciaire spectaculaire. Cette politique coexiste cependant avec un discours officiel axé sur la modernisation, les réformes économiques et l’ouverture internationale, créant une tension entre image réformatrice et pratiques pénales rigoureuses.

Dans les deux cas, la peine de mort devient moins une réponse strictement judiciaire qu’un signal politique : elle manifeste la capacité de l’État à imposer l’ordre dans des contextes perçus comme instables ou menacés.

Une tendance à contre-courant de l’évolution mondiale

Cette intensification contraste avec l’évolution globale observée depuis plusieurs décennies. Une majorité de pays ont aboli la peine capitale en droit ou cessé de l’appliquer. Le nombre d’États procédant effectivement à des exécutions demeure limité, mais ceux qui y recourent concentrent désormais l’essentiel des mises à mort recensées.

Ce contraste souligne une fracture internationale : d’un côté, des systèmes judiciaires cherchant à limiter l’irréversibilité des sanctions pénales ; de l’autre, des régimes pour lesquels la peine de mort conserve une fonction stratégique dans la gestion de l’ordre intérieur.

La recrudescence des exécutions pose une question centrale : la peine capitale est-elle le signe d’un État fort et souverain, ou au contraire l’indicateur d’institutions confrontées à des fragilités économiques, sociales et politiques qu’elles peinent à contenir autrement ?

En 2025, l’Iran et l’Arabie saoudite illustrent un retour assumé de la peine de mort comme instrument de gouvernance. Derrière les records chiffrés, se dessine une même réalité : lorsque les tensions internes s’accumulent, certains États privilégient la démonstration de force judiciaire à la recherche de réponses structurelles. Une stratégie qui interroge, à long terme, sur son efficacité réelle face aux causes profondes de l’instabilité.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Libye : Haftar face à la pression égyptienne, à la recherche de nouveaux alliés

À la fin de l’année 2025, les relations entre l’Égypte et le maréchal libyen Khalifa Haftar, maître de l’est et du sud de la Libye, se sont fortement tendues. Le différend porte principalement sur l’implication du clan Haftar dans le conflit au Soudan. D’après Le Caire, Haftar, influencé par les Émirats arabes unis, apporte un soutien logistique aux Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire soudanais engagé dans des combats contre l’armée régulière.

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États-Unis : un jeune Américain de 18 ans arrêté pour un projet d’attentat au nom de l’État islamique la veille du Nouvel An

Un Américain de 18 ans, souffrant de troubles psychiatriques, a été arrêté le 31 décembre en Caroline du Nord alors qu’il projetait de commettre un attentat au couteau et au marteau au nom du groupe État islamique (EI), ont annoncé vendredi les autorités américaines.

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Guerre en Ukraine : Zelensky annonce le remplacement du ministre de la Défense

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé ce vendredi 2 janvier un remaniement important au sein de son gouvernement, en particulier au ministère de la Défense. Dans une adresse diffusée sur les réseaux sociaux, il a indiqué avoir proposé le poste de ministre de la Défense à Mykhaïlo Fedorov, actuel ministre de la Transformation numérique, âgé de seulement 34 ans.

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Somalie-Turquie : des forages pétroliers pour renforcer l’économie et la sécurité

La Somalie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le développement de son potentiel énergétique. Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, a annoncé que la Turquie dépêcherait l’un de ses navires de forage au large des côtes somaliennes dès le mois de février 2026.

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Dès son entrée en fonction, Zohran Mamdani abroge la définition de l’ antisémitisme de l’IHRA pour dépénaliser les attaques envers le droit à un Etat pour les juifs

Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, a entamé son mandat par une série de décisions marquant une rupture nette avec l’administration de son prédécesseur, Eric Adams. Jeudi, l’une de ses toutes premières mesures a consisté à révoquer l’adoption par la ville de la définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), une définition intégrant certaines critiques envers Israël. Rien d’étonnant pour celui qui a prêté serment sur le coran lors de son investiture entant que maire de New York.

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Togo : grâce présidentielle accordée à 1 511 détenus en fin d’année 2025

Au début de l’année 2026, l’actualité togolaise est marquée par une importante mesure de clémence présidentielle, accompagnée de la libération d’un ressortissant étranger dont le cas avait été largement médiatisé.

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Violences inédites aux Pays-Bas : une église historique d’Amsterdam ravagée par un incendie lors d’une nuit de Saint-Sylvestre chaotique

Les Pays-Bas ont connu une nuit de Saint-Sylvestre marquée par des violences d’une ampleur exceptionnelle, visant notamment la police et les services de secours, sur fond de feux d’artifice incontrôlés. Dans ce contexte extrêmement tendu, un violent incendie a ravagé jeudi matin une église emblématique d’Amsterdam datant du XIXe siècle, rapportent les autorités néerlandaises et l’AFP.

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Guerre EUA – Venezuela : Les États-Unis frappent le Venezuela par une vaste opération militaire, Donald Trump annonce la capture de Nicolás Maduro

Une opération militaire américaine d’ampleur a visé le Venezuela dans la matinée du samedi 3 janvier, provoquant de multiples explosions à Caracas et dans plusieurs régions environnantes. Quelques heures plus tard, le président américain Donald Trump a affirmé que le président vénézuélien Nicolás Maduro avait été « capturé et exfiltré » par les forces américaines, une annonce qui a plongé le pays et la région dans une situation de tension extrême.

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France : la naturalisation de George Clooney, révélateur d’une citoyenneté de plus en plus stratégique

La naturalisation récente de l’acteur états-unien George Clooney et de sa famille a suscité des réactions contrastées en France, jusque dans les rangs du ministère de l’Intérieur. Si la décision est juridiquement conforme au droit français, elle interroge néanmoins le sens contemporain de la citoyenneté, dans un contexte de durcissement des conditions d’accès à la nationalité.

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Une naturalisation légale dans un contexte sensible

Fin décembre 2025, George Clooney, son épouse Amal et leurs enfants ont obtenu la nationalité française par décret. L’information, révélée par plusieurs médias, n’a rien d’illégal : le Code civil prévoit explicitement la possibilité d’une naturalisation accordée pour « services rendus à la France » ou en raison d’un intérêt particulier pour l’État.

L’acteur, propriétaire d’une résidence dans le Var depuis plusieurs années, entretient un lien durable avec le territoire français. Le ministère de l’Intérieur a rappelé que la procédure suivie respectait strictement le cadre juridique en vigueur.

Pourtant, cette décision intervient dans un climat politique marqué par un resserrement des critères d’accès à la nationalité française : exigences linguistiques renforcées, tests civiques plus stricts, discours public insistant sur l’intégration et l’adhésion aux valeurs républicaines.

C’est ce décalage temporel et symbolique qui a nourri le malaise.

Une réaction politique révélatrice d’un trouble plus large

La ministre déléguée chargée de la citoyenneté a estimé que cette naturalisation n’envoyait « pas le bon message ». Une déclaration rare, venant d’une responsable gouvernementale, et qui n’attaque pas la légalité de la décision mais sa portée symbolique.

Ce malaise ne vise pas George Clooney en tant qu’individu. Il met en lumière une tension croissante entre :

  • le droit, qui autorise et encadre la naturalisation,
  • le symbole, qui façonne la perception de l’égalité républicaine,
  • et la réalité sociale, vécue par des milliers de candidats à la nationalité confrontés à des parcours longs, complexes et souvent incertains.

La controverse ne repose donc pas sur un soupçon de favoritisme illégal, mais sur une interrogation plus profonde : la citoyenneté est-elle perçue comme un droit égal ou comme une distinction différenciée selon les profils ?

Citoyenneté : d’un aboutissement à un instrument

Depuis plusieurs années, la nationalité tend à changer de statut dans de nombreux États occidentaux. Elle n’est plus seulement l’aboutissement d’un parcours d’intégration, mais devient parfois un outil stratégique :

  • attractivité culturelle,
  • rayonnement international,
  • valorisation symbolique.

La France n’est pas isolée. D’autres pays européens ont accordé la nationalité à des artistes, sportifs ou intellectuels de renommée mondiale, dans une logique assumée de prestige ou d’influence.

Ce glissement pose une question centrale :
la citoyenneté peut-elle simultanément être un lien civique universel et un levier d’attractivité sélective ?

Une égalité juridique, une inégalité perçue

Sur le plan strictement légal, il n’existe pas de « deux nationalités françaises ». Mais sur le plan symbolique, la perception d’une citoyenneté à plusieurs vitesses progresse, alimentée par la visibilité médiatique de certaines décisions.

Ce décalage entre droit et ressenti fragilise un élément clé du pacte républicain : la confiance dans l’impartialité des institutions. Lorsque la loi est perçue comme juste mais appliquée de manière différenciée selon les capitaux sociaux, économiques ou symboliques, le doute s’installe.

Repenser le sens de l’appartenance nationale

L’affaire Clooney ne constitue ni un scandale d’État ni une anomalie juridique. Elle agit plutôt comme un révélateur d’une transformation silencieuse : celle d’une citoyenneté de plus en plus exposée aux logiques de communication, d’image et de stratégie internationale.

À l’heure où les États réaffirment leurs exigences d’intégration, cette tension invite à une réflexion plus large :
qu’attend-on aujourd’hui de la nationalité ?
Un statut juridique, un symbole d’appartenance, un outil de rayonnement ou l’ensemble de ces dimensions, au risque de brouiller leur hiérarchie ?

C’est à cette question, bien plus qu’à une polémique ponctuelle, que renvoie la naturalisation de George Clooney.

Celine Dou, pour la boussole-infos

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