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Corée du Sud : une mère volé les sujets pour que sa fille reste première, révélant comment la course à la réussite fragilise le mérite et les institutions

Pendant trois années consécutives, une lycéenne sud-coréenne a occupé la première place de son établissement, non grâce à son seul travail, mais en bénéficiant d’un vol méthodique des sujets d’examens orchestré par sa mère, avec la complicité d’une enseignante et d’un agent administratif. Au-delà du scandale judiciaire, cette affaire révèle les tensions profondes entre pression sociale, performance académique et légitimité des institutions scolaires.

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En janvier 2026, la justice sud-coréenne a condamné la mère, sa fille et leurs complices, sanctionnant des actes qui ont durablement porté atteinte à l’équité scolaire. Cette décision met en lumière la fragilité des systèmes éducatifs soumis à une compétition extrême, où la réussite est parfois instrumentalisée au détriment du mérite et de la confiance institutionnelle.

Des faits établis par la justice

Le tribunal de Daegu a confirmé que la mère, âgée de 48 ans, s’était introduite à onze reprises dans le lycée fréquenté par sa fille pour photographier ou dérober les sujets d’examens avant leur diffusion officielle. Les documents étaient ensuite transmis à la jeune élève, qui les mémorisait afin de réussir les épreuves.

Deux complices ont été identifiés : une ancienne enseignante contractuelle et un agent administratif, tous deux ayant facilité les intrusions et tenté de dissimuler les preuves. Cette organisation a permis à la jeune fille d’occuper la première place du classement pendant trois années consécutives.

Les sanctions prononcées

Le tribunal a rendu des peines sévères, proportionnelles aux infractions :

  • La mère a été condamnée à quatre ans et six mois de prison pour vol aggravé et intrusion nocturne ;
  • L’ancienne enseignante à cinq ans de prison, avec restitution d’environ 31,5 millions de wons (18 500 €) ;
  • L’agent administratif à un an et demi de prison pour complicité.

La lycéenne, consciente de la fraude, a été exclue de l’établissement et condamnée à une peine de prison avec sursis, ses résultats annulés.

Une pression scolaire extrême comme contexte

Au-delà de la sanction pénale, l’affaire illustre un contexte éducatif où la compétition et la réussite scolaire deviennent des impératifs sociaux. En Corée du Sud, l’accès aux meilleures universités est perçu comme un facteur déterminant du statut social et professionnel. Cette pression intense transforme l’excellence académique en objectif stratégique, pouvant inciter à la fraude.

Les autorités judiciaires ont souligné que ces actes ont entamé la confiance du public dans le système éducatif, suscitant frustration et colère parmi élèves et familles, victimes indirectes de cette manipulation.

Mérite, institutions et instrumentalisation de l’élève

Cette affaire dépasse le cadre du simple délit. Elle révèle la vulnérabilité structurelle des institutions scolaires face à la pression sociale et aux stratégies individuelles. L’école repose sur le principe d’égalité des chances et d’impartialité dans l’évaluation. Lorsqu’il est violé, c’est le pacte éducatif lui-même qui se fissure.

Par ailleurs, l’instrumentalisation de la jeune fille illustre la complexité des responsabilités parentales. La mère a transformé l’excellence académique en outil de réussite sociale, au détriment de la formation intellectuelle et de la confiance institutionnelle. L’élève, à la fois actrice et bénéficiaire, se retrouve dans une position ambivalente, entre responsabilité et assignation.

Un phénomène universel

Si l’affaire se déroule en Corée du Sud, elle pose une question universelle : que devient le mérite dans les systèmes éducatifs soumis à une pression extrême ? La compétition précoce, l’obsession du classement et l’instrumentalisation de la réussite sont observables dans de nombreux pays. Cette affaire invite à réfléchir sur la manière de préserver l’intégrité académique tout en répondant aux attentes sociales, un enjeu majeur pour toutes les institutions scolaires.

Cette fraude organisée ne se limite pas à un scandale local : elle révèle les tensions profondes entre performance, pression sociale et légitimité des institutions. L’école, lorsqu’elle devient un instrument de compétition plutôt qu’un lieu de formation, risque de perdre sa fonction éducative et de fragiliser la confiance du public. L’affaire rappelle que la réussite scolaire ne peut être dissociée de l’intégrité des institutions et du sens du mérite.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Déni parental face aux difficultés de l’enfant : un mécanisme de protection plus qu’un refus volontaire

Le déni de certains parents face aux difficultés de leur enfant n’est pas un rejet volontaire. Il s’agit le plus souvent d’un mécanisme psychologique de protection, activé face à une réalité difficile à accepter. Comprendre ce phénomène est essentiel pour accompagner efficacement l’enfant et sa famille.

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Recevoir un diagnostic concernant le développement ou la santé mentale d’un enfant constitue un moment chargé d’émotions. Stress, peur et culpabilité peuvent déclencher chez les parents un déni temporaire, réaction naturelle mais souvent mal comprise. Identifier ses causes permet de dépasser les malentendus et de favoriser une prise en charge adaptée.

Les racines du déni parental

Selon la neuropsychologue Alexcia Raymand, auteure du compte Neuropsy Lifestyle, le déni se fonde sur plusieurs facteurs étroitement liés. Un choc émotionnel initial est fréquent : l’annonce d’un diagnostic peut bouleverser l’équilibre familial et générer un stress intense. Certains parents ont besoin de temps pour intégrer l’information avant de reconnaître les difficultés de leur enfant.

À ces facteurs s’ajoutent des représentations erronées des troubles. Des conditions comme le TDAH, le TSA ou le TDI restent encore mal comprises et sont parfois associées à des stéréotypes. Il n’est pas rare que certains parents interprètent les signes comme un simple retard transitoire, croyant que l’enfant “s’en sortira avec le temps”.

Un décalage culturel peut également jouer un rôle. Ce qui est considéré comme un signe d’alerte dans une approche occidentale du développement peut être perçu comme normal dans d’autres contextes culturels, renforçant la tendance à minimiser certaines difficultés.

Les dimensions émotionnelles et sociales

Au‑delà des facteurs cognitifs et culturels, le déni est souvent lié à des enjeux émotionnels et sociaux. La culpabilité parentale conduit certains à rejeter le diagnostic pour éviter de se sentir responsables des difficultés de leur enfant. De plus, la pression sociale et familiale peut accentuer cette réaction : la peur du jugement, le refus de “étiqueter” l’enfant ou la minimisation des difficultés par l’entourage sont autant de facteurs qui retardent l’acceptation.

Le rôle des professionnels et du réseau familial

Lorsque le déni persiste et freine la prise en charge de l’enfant, un accompagnement multi-professionnel s’avère déterminant. Enseignants, pédiatres, orthophonistes, psychomotriciens ou ergothérapeutes peuvent fournir des observations complémentaires, renforçant la crédibilité des besoins identifiés. Alexcia Raymand souligne : « Lorsque l’information vient de plusieurs sources, certains parents finissent par l’accepter plus facilement. »

Cette approche démontre que le déni n’est pas un blocage définitif, mais une étape d’un processus de reconnaissance progressive et d’adaptation familiale.

Une réaction humaine à la complexité du réel

Le déni parental illustre une dynamique complexe, mêlant émotion, culture et perception sociale. Il ne s’agit pas d’un refus de responsabilité, mais d’une réaction humaine face à une réalité difficile à intégrer, qui peut évoluer avec le soutien et l’accompagnement adaptés.

Adopter une lecture analytique du déni permet de transformer ce qui pourrait être perçu comme une inertie en opportunité de dialogue et d’action constructive, favorisant une prise en charge plus précoce et plus efficace de l’enfant.

À l’heure où la santé mentale et le développement de l’enfant deviennent des enjeux centraux des politiques éducatives et sociales, le déni parental rappelle que l’acceptation des difficultés est un processus, parfois long et fragile. Les dispositifs d’accompagnement doivent tenir compte de cette dimension psychologique pour garantir un soutien réellement efficace aux familles.

Celine Dou, pour la boussole-infos