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Afghanistan : la police de la vertu contrôle barbes et coupes de cheveux

À Kaboul et dans plusieurs provinces afghanes, la police de la vertu impose désormais des normes strictes sur l’apparence masculine. Les barbiers et les hommes doivent se conformer à des règles sur la longueur des barbes et des cheveux, sous peine de sanctions.

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Depuis le retour des Taliban au pouvoir, le Ministère pour la Propagation de la Vertu et la Prévention du Vice renforce le contrôle social, jusque dans les détails de l’apparence personnelle. Les nouvelles mesures touchent hommes et barbiers, et illustrent la manière dont le régime exerce son autorité sur la vie quotidienne des citoyens.

Les règles récemment appliquées par la police de la vertu imposent aux hommes de faire pousser leur barbe au‑delà d’une certaine longueur et d’éviter des coupes de cheveux jugées « non conformes ». Les barbiers qui pratiquent des tailles jugées inadéquates risquent détentions et sanctions, certains ayant été retenus plusieurs jours par les autorités.

Dans la province de Khost, des fonctionnaires civils ont également été interrogés ou licenciés pour ne pas respecter les normes capillaires établies par le régime. Cette politique ne se limite pas aux lieux publics : elle s’étend aux institutions et montre l’importance que les Taliban accordent à l’obéissance et à la conformité visible dans tous les aspects de la vie sociale.

Selon les rapports de l’ONU et de plusieurs médias internationaux, la surveillance capillaire s’inscrit dans un ensemble plus large de restrictions, comprenant l’obligation de respecter la prière, le port de vêtements conformes et des limitations strictes sur la liberté des femmes. Les interventions de la police de la vertu affectent directement la vie professionnelle et sociale des citoyens ordinaires, tout en s’inscrivant dans une stratégie de régulation étendue.

La fixation sur l’apparence, comme la longueur de la barbe ou la coupe des cheveux, dépasse la simple dimension esthétique. Elle constitue un outil de contrôle social et politique. En rendant visibles les signes d’obéissance aux normes du régime, le pouvoir affirme son autorité et impose une discipline collective.

Cette politique crée un climat de peur et de vigilance. Les citoyens et les barbiers doivent surveiller en permanence leur comportement pour éviter sanctions et détentions, ce qui limite leur liberté individuelle et leur autonomie professionnelle. Pour les jeunes hommes, en particulier, ce contrôle peut renforcer le sentiment d’insécurité et de vulnérabilité.

D’un point de vue international, ces mesures illustrent une tension entre souveraineté nationale et respect des droits fondamentaux. L’ingérence dans l’apparence personnelle et la régulation des comportements quotidiens soulignent le contrôle étendu exercé par le régime sur la population, avec des implications directes sur la liberté individuelle et la dignité humaine.

Au‑delà de l’Afghanistan, ce phénomène soulève des questions sur les limites de l’intervention de l’État dans la vie privée et sur la manière dont des régimes peuvent utiliser des normes culturelles ou religieuses pour renforcer leur contrôle social. L’exemple afghan montre comment des aspects apparemment mineurs, comme barbe ou coupe de cheveux, deviennent des instruments de discipline politique et de régulation de la société.

La situation invite également à réfléchir sur les conséquences à long terme pour les jeunes générations et la cohésion sociale. Dans un pays marqué par des décennies de conflit, la normalisation de la surveillance et du contrôle des comportements peut avoir des effets durables sur la culture, les relations interpersonnelles et la perception de l’autorité.

La mise en application de normes strictes sur la barbe et les cheveux en Afghanistan n’est pas un simple détail de la vie quotidienne. Elle révèle la manière dont la police de la vertu devient un instrument de contrôle social et politique, affectant la liberté individuelle, la vie professionnelle et les comportements quotidiens. Ce phénomène illustre les défis contemporains auxquels la société afghane est confrontée, entre obéissance aux normes religieuses, autorité étatique et protection des droits fondamentaux.

Celine Dou, pour la Boussole-infos