Erdogan menace la Grèce après un désaccord sur l’espace aérien: « Nous pouvons arriver subitement la nuit »!

Le président turc a mis en garde la Grèce suite à un différend sur la violation de l’espace aérien grec.

La Turquie avait accusé la Grèce d’avoir « verrouillé » ses avions (jets F-16) avec son système de défense aérienne S-300 alors qu’ils étaient en mission dans la mer Egée et en Méditerranée.

La Grèce paiera un « prix élevé » si elle continue de violer l’espace aérien turc et de « harceler » les avions turcs en mer Égée, a prévenu samedi le président truc Recep Tayyip Erdogan. Dimanche dernier, Ankara avait affirmé que des avions turcs en mission dans cette zone avaient été visés par le système de défense aérienne S-300 de la Grèce, et avait dénoncé une « action hostile ».

« Hé, la Grèce, regardez l’Histoire. Si vous continuez, vous paierez un prix élevé », a déclaré le président turc lors d’un meeting dans la région de la Mer Noire. « Nous avons un mot pour la Grèce : n’oubliez pas Izmir. » Cette phrase est une référence à la ville de la mer Égée que les Grecs appellent Smyrne. Cette ville a été attribuée à la Grèce par un traité de la fin de la Première guerre mondiale. La Turquie, qui n’a jamais reconnu ce traité, a alors repris Smyrne en 1922.

Des îles au centre des tensions entre les deux pays

« Votre occupation des îles (de la mer Égée proches de la Turquie, NDLR) ne nous lie en rien. Le moment venu, nous ferons le nécessaire. Nous pouvons arriver subitement la nuit », a également lancé le président turc, reprenant une formule souvent utilisée lorsqu’il parlait de lancer une opération en Syrie.

Athènes accuse les avions turcs de survoler des îles grecques proches de la frontière turque, et la dispute entre les deux voisins ennemis se traduit par de fréquentes patrouilles. Ankara, de son côté, dénonce une présence de troupes sur ces îles contraire, selon la Turquie, aux traités de paix signés après la Première et la Seconde guerres mondiales. En juin, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, avait déclaré que si Athènes continuait d’envoyer des troupes sur ces îles, Ankara en contesterait la souveraineté grecque.

Le conflit entre les deux pays est aussi lié à un désaccord autour de ventes d’armes. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a ainsi coupé le dialogue avec la Grèce après avoir accusé le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis d’avoir mené une campagne contre des ventes d’armes états-uniennes à la Turquie.

Washington a sanctionné Ankara pour avoir pris livraison d’un système de missiles de défense antiaérienne russe S-400 en 2019. Cet achat avait amené les États-Unis à exclure la Turquie du programme des avions de combat états-uniens F-35 dont Ankara était un important client. Mais l’administration du président Joe Biden a fait savoir qu’elle pourrait accepter de tourner la page après cette querelle et des pourparlers ont eu lieu concernant l’achat d’avions F-16.

Joseph Kouamé

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