Iran : Grosse colère après la mort de Mahsa Amini, symbole de l’oppression du régime

Le mort de Masha Amini, arrêtée par la police des mœurs et de la vertu trois jours plus tôt à Téhéran, a déclenché un mouvement d’indignation massif.

Masha Amini a été arrêté par la police dès meurs et de la vertu iranienne alors quelle visitait la capitale avec sa famille, elle a été interpellée près d’une station alors qu’elle ne portait pas le voile. Elle a donc été embarquée pour un rappel à la loi, à la moralité et aux règles vestimentaires appropriées. Le port du voile islamique étant obligatoire pour les femmes en Iran depuis la révolution islamique de 1979 .

Après cela, les choses sont devenues plus ambiguës : des témoins ont confirmé que Mahsa venait de monter dans le camion lorsqu’elle a été tabassée par les agents… La police, au contraire, a affirmé qu’elle avait fait une crise cardiaque à la préfecture de police. . Selon le média iranien Etemad, le frère de Mahsa a assuré que sa sœur avait été emmenée à l’hôpital deux heures seulement après être entrée dans le poste de police et qu’en attendant à l’extérieur, lui et d’autres avaient entendu des cris. Certaines femmes ont dit « qu’ils ont tué quelqu’un à l’intérieur ».

Après avoir passé trois jours dans le coma la jeune femme est morte à l’hôpital. Sa mort est un choc ,provoquant une immense colère dans le pays.

Samedi 17 septembre, le jour de ses obsèques dans sa ville natale de Saqqez, au Kurdistan, des femmes enlèvent leur voile et l’agitent en criant au-dessus des têtes. la foule scande « Mort au dictateur », en référence au Guide suprême, l’ayatollah Khamenei. Puis, des habitants jettent des pierres contre le siège du gouverneur, avant d’être dispersés par des tirs de gaz lacrymogène. D’autres manifestations similaires ont lieu à Sanandaj, toujours dans la province du Kurdistan.

Dimanche 18 septembre, presque tous les journaux iraniens ont publié des photos de Mahsad et dénoncé des actes de violence répétés de la police morale. En juillet, une femme en garde à vue dans une affaire similaire a été battue et hospitalisée pour hémorragie interne, avant de présenter ses excuses à la télévision publique.

Seul le quotidien gouvernemental Iran accuse les réformateurs « d’exploiter les émotions du peuple en utilisant un incident malheureux pour monter la nation contre le gouvernement et le président ».

De nombreuses personnalités politiques, artistiques, religieuses et sportives expriment également leur colère. Certains joueurs de l’équipe nationale de football ont écrit sur Instagram : « Les cheveux de nos filles sont recouverts d’un linceul ». Le cinéaste Asghar Farhadi, lauréat de deux Oscars dit quant à lui : « Mahsa est aujourd’hui plus vivante que nous, car nous sommes endormis, sans réaction face à cette cruauté sans fin, nous sommes complices de ce crime ».

Sur les réseaux sociaux, des femmes ordinaires se filment à visage découvert en train de brûler leur hijab ou de se couper les cheveux. Sur Twitter, le hashtag #Mahsa_Amini est devenu viral, avec près de 2,8 millions de tweets. Des rassemblements ont eu lieu samedi à Paris et Berlin. L’organisation Human Rights Watch dénonce les discriminations et les violences institutionnelles à l’égard des femmes dans le pays. Même la Maison Blanche juge sa mort « impardonnable ». « Nous continuerons à tenir responsables les dirigeants iraniens pour de telles violations des droits humains », écrit sur Twitter Jake Sullivan, conseiller au président états-unien sur la sécurité intérieure. Le nom de Mahsa Amini est en train de devenir le symbole de l’oppression du régime iranien.

Les partisans de la ligne dure réclament des sanctions sévères voire la bastonnade pour ceux qui désobéissent à la loi sur le hijab : selon eux, laisser les femmes porter leurs cheveux conduit à la décadence morale et à la désintégration des familles.. Ces dernières années, la justice a également exhorté les gens à dénoncer les femmes qui ne portent pas correctement le voile.

La télévision officielle montre des images de vidéo-surveillance où l’on voit une femme, présentée comme Mahsa, s’effondrer toute seule au commissariat sans qu’il y ait eu aucun contact physique avec la police. Des images qui ne suffisent pas à convaincre dans un pays où l’opinion est habituée aux manipulations de tous ordres. Selon l’organisation Netblocks, spécialiste en cybersécurité et en gouvernance d’Internet, “depuis l’annonce de la mort de Mme Amini, la connexion a été interrompue en plusieurs endroits du pays, dont la capitale Téhéran et Saqqez. De nombreuses personnes ont déclaré qu’elles n’avaient pas pu charger de vidéos sur Instagram ou envoyer du contenu via Whatsapp”. Or, on le sait, perturber les accès aux réseaux est un grand classique du pouvoir.

Pour calmer le pays, le président Ebrahim Raïssi, qui a eu une conversation téléphonique dimanche soir avec la famille Amini, a demandé l’ouverture d’une enquête « jusqu’à la clarification de la situation » – le chef du bureau du médecin légiste de Téhéran a déclaré samedi à la télévision d’État que les enquêtes sur la cause du décès de la jeune femme étaient en cours mais qu’elles prendraient trois semaines. Un parti politique réformateur, Etemad Melli, réclame quant à lui l’annulation de la loi sur le hijab obligatoire et la suppression de la police des mœurs. Ce que les Iraniennes, elles, réclament avec force depuis les grands mouvements de contestation de 2017., sans succès.

Joseph Kouamé

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