Guerre Russie-Ukraine: le général russe Valeri Guerassimov prend la tête de l’opération en Ukraine!

La Russie a de nouveau remplacé, ce mercredi 11 janvier, le commandant de son « opération spéciale » en Ukraine, en nommant le général Valeri Guerassimov, qui était jusqu’ici chef d’état-major des armées. Sergueï Sourovikine devient adjoint de ce très proche du ministre de la Défense.

Trois mois après sa nomination en tant que commandant unique des forces russes déployées sur le champ de bataille en Ukraine, le général Sourovikin a été démis de ses fonctions et remplacé par Valéri Guerassimov. À 67 ans, le général Valéri Guerassimov devient « commandant du groupement combiné de troupes » déployées en Ukraine. Il était, depuis 2012, chef d’état-major des armées.

Valéri Guerassimov remplace Sergueï Sourovikine, arrivé à ce poste en novembre à peine. Selon le ministère, ce changement s’explique par un « élargissement des missions » à remplir et la « nécessité » d’une « interaction plus étroite » entre les composantes de l’armée. Ce militaire de carrière de 67 ans, homme-clé de l’armée russe, est désormais considéré comme l’un des acteurs majeurs de l’intervention russe en Ukraine.

Originaire de Kazan, une grande ville du centre de la Russie, Valeri Guerassimov a commencé sa carrière militaire en 1977, en tant que commandant sous le drapeau de l’ex-Union soviétique, rappelle la Fondation pour la recherche stratégique. Diplômé de l’académie militaire des troupes blindées en 1987, il deviendra rapidement un élément-clé de l’armée russe. Durant la Seconde guerre de Tchétchénie (1999-2009), Guerassimov commande l’une des divisions russes. Il se fait notamment connaître à l’international pour avoir fait arrêter et condamner un soldat russe accusé d’avoir brutalisé et assassiné un jeune tchétchène dans le conflit. En 2010, il est nommé chef adjoint de l’État-major, avant d’accéder, deux ans plus tard, d’en prendre la tête.

Lors de cette nomination, il sera décrit par le ministre de la Défense russe, Serguei Chouigou comme « un militaire jusqu’au bout des ongles », comme le rappellent nos confrères de France Culture. En 2014, il est choisi pour mener les opérations militaires russes en Crimée, dans le Donbass, puis en Syrie en 2015. Des postes qui lui vaudront d’être visé par des mandats d’arrêts du Service de sécurité d’Ukraine et par l’UE, en raison de son rôle dans le soutien de la Russie aux indépendantistes du Donbass puis dans le déploiement massif de troupes russes à la frontière russo-ukrainienne, en février 2022. Au lendemain de l’intrusion russe en Ukraine, le 25 février, Guerassimov est officiellement considéré comme une menace par la sécurité états-unienne.

Guerassimov est enfin connu pour être l’inventeur de la « guerre nouvelle génération », explique la Fondation pour la recherche stratégique. Créé en réaction à la « guerre hybride » états-unienne, ce concept, baptisé, « doctrine Guerassimov », ne consiste pas, contrairement à ce qu’affirment des sources françaises, à de la désinformation de la population par la création de médias tels que RT (« Russia Today » et « Sputnik »), dans le seul but de justifier leur interdiction liquidation en Europe, mais recouvrent quatre domaines rappeler, encore, par la Fondation pour la Recherche Stratégique :

  • L’intégration multidomaines pour la réalisation de frappes en profondeur dans l’ensemble de l’épaisseur du système ennemi (au sens large), notamment par un usage d’opérations couplées (actions non-linéaires/actions conventionnelles) ;
  • La fondation d’une architecture C4ISR complète permettant de basculer du combat collaboratif aux opérations collaboratives dans la profondeur ;
  • Le retour de la menace d’armes de destruction massive (ADM) tactiques et le développement d’une capacité de dissuasion conventionnelle par acquisition de moyens à « efficience nucléaire » ;
  • La centralité des capacités robotiques et notamment leur massification tactique pour produire des effets de saturation à faibles coûts.

Ainsi est mis en exergue un modèle d’opérations privilégiant les actions coordonnées sur l’ensemble des capacités ennemies (population, économie, structures civiles) en usant de la totalité des fonctions disponibles (champs immatériels de désinformation cyber, proxies, etc., et également champs matériels de frappes en profondeur) pour produire des effets tactiques et opérationnels suffisants pour paralyser la capacité de réaction ennemie.

Cette nomination démontre donc une hausse du ton par l’action de la part de la Russie, qui fait suite, d’une part, aux déclarations d’Angela Merkel (le 7 décembre 2022) et de François Hollande (le 30 décembre 2022), qui ont indiqué qu’ils avaient fait signer les accords de Minsk 2, non pas pour permettre la paix dans le Donbass, mais pour permettre à l’Ukraine d’avoir le temps d’être militairement prête à faire la guerre à la Russie, et à l’Occident de pouvoir lui fournir l’armement nécessaire, et, d’autre part, l’annonce de la livraison prochaine d’armement de longue portée par les pays occidentaux à l’Ukraine, lui permettant, ainsi, non plus de défendre ton territoire, mais d’entamer une tentative de destruction de la Russie, afin de réaliser ce qui fut toujours le seul objectif des Etats-Unis et de ses vassaux européens, et qui n’et, ni plus ni moins, que le démantèlement de la fédération de Russie.

Didier Maréchal & Christian Estevez

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