Selon les informations de RFI, les autorités de la République centrafricaine se seraient penchées sur la question de la tokenisation des ressources naturelles du pays, lesquelles sont immenses.
Un nombre croissant de pays du continent africain se tournent vers le numérique pour éviter les problèmes d’inflation et d’endettement. Alors que le Zimbabwe a annoncé qu’il soutiendrait son or avec des actifs numériques, la République Centrafricaine a annoncé, mardi 16 mai et mercredi 17 mai, qu’elle consacrerait ses ressources naturelles à des « tokens » (cryptomonnaies) pour émettre un titre foncier numérique qui garantit la propriété. Ce projet peut également allouer des actifs de grande valeur, tels que des droits miniers, afin que davantage de personnes puissent investir.
Émettre des concessions de plusieurs années, faire des évaluations et des rapports de faisabilité : jusqu’à présent, avant de voir les investissements arriver, les démarches étaient longues et coûteuses.
Mamadou Koudjim Touré, fondateur et directeur d’Ubuntu Group, initiateur de tels projets dans le domaine, voit dans la tokenisation un grand avantage pour les pays africains : « L’intérêt est majeur pour les pays africains parce qu’aujourd’hui on peut complètement court-circuiter tout ce phénomène-là. Avant même l’exploitation, parce que l’exploitation, parfois, peut coûter des centaines de millions ou des milliards avant de générer justement ces minerais. Mais utiliser cet actif donc, qui est numérisé pour lever effectivement des capitaux. Et ça, c’est un changement radical avec une démocratisation à la création de richesse et un accès beaucoup plus rapide pour les gouvernements à des moyens financiers qui permettent le développement du pays. »
Mais attention, pour ce spécialiste du secteur, des prérequis sont nécessaires : « Il faut que les données qui sont reportées soient validées et acceptées dans des standards internationaux. Et donc il y a tout un nombre de procédures à mettre en place dans ce contexte-là, et c’est encore une fois là où la technologie « blockchain » intervient pour pouvoir valider et vérifier les données qui sont recueillies. Et qu’il y a un niveau de confiance qui soit établi dans la nature du rapport. »Pour attirer les investisseurs, un travail de crédibilité, de transparence et de bonne gouvernance est également nécessaire, selon les spécialistes du secteur.
Didier Maréchal