Samedi 4 mai, près de Sfax, au Centre de la Tunisie, plusieurs centaines de personnes ont protesté pour demander le « départ » et l’évacuation « immédiate » des milliers d’immigrants d’Afrique subsaharienne installés dans cette région. (Source : AFP).
Des manifestants ont défilé dans le centre de la localité d’El Amra, à environ 40 kilomètres au Nord de la métropole de Sfax (Tunisie), ce samedi 4 mai.
«La situation à El Amra n’est pas acceptable. Les autorités doivent trouver une solution», a déclaré sur place le député Tarek Mahdi, déplorant «une forte présence» d’immigrants originaires d’Afrique subsaharienne dans cette localité.
Mi-septembre dernier, des milliers d’immigrants ont érigé des abris dans des campements improvisés après avoir été déplacés du centre de Sfax, puis d’autres les ont rejoints dans des oliveraies, attendant de pouvoir s’embarquer clandestinement pour l’Italie à partir de plages situées à une quinzaine de kilomètres. La Tunisie, tout comme la Libye, est l’un des principaux points de départ de l’émigration clandestine vers l’Italie. Ces dernières semaines, la police a démoli des abris dans plusieurs campements en réponse aux plaintes des riverains.
Mais «enlever les tentes n’est pas la solution, il faut que l’Etat trouve une vraie solution. Ce n’était déjà pas une solution de les amener à El Amra», a dit à l’AFP Mohamed Bekri, un habitant de la région qui apportait de la nourriture aux ressortissants sub-africains.
Vendredi 3 mai, des centaines de ces ressortissants ont été évacués de force de campements, installés devant des agences onusiennes à Tunis, puis «déportés vers la frontière algérienne», selon le « Forum tunisien des droits économiques et sociaux » (FTDES).
Sans confirmer les évacuations, le ministère de l’Intérieur a diffusé, ce même vendredi, un communiqué mentionnant des «opérations de sécurité» destinées à «faire face à des atteintes à la sécurité publique, à la protection des biens publics et privés».
Joseph Kouamé