D’après les informations russes, les troupes ukrainiennes auraient progressé en Russie, jusqu’à quinze kilomètres au delà de la frontière et la petite ville frontalière de Sudja.
Alors que la guerre en Ukraine continue, un état d’urgence a été déclaré dans la région russe de Koursk, voisine de l’Ukraine. Moscou affirme que les forces ukrainiennes ont envahi cette région ce mardi 6 juillet avec jusqu’à un millier de soldats ainsi que de nombreux chars et blindés. La situation est jugée suffisamment grave pour que Vladimir Putin intervienne personnellement. De son côté, Kiev n’a pas encore réagi.
Bien que Moscou ait affirmé avoir repoussé l’incursion, on ne sait pas si l’assaut est terminé ou si toutes les troupes ukrainiennes se sont retirées de la zone frontalière.
Pour les observateurs occidentaux, cette manœuvre pourrait viser à détourner l’attention russe d’autres secteurs de la ligne de front et forcer Moscou à redéployer ses troupes du reste du champ de bataille vers le nouveau front de Koursk.
Depuis ce 7 août, un état d’urgence a été instauré dans la région russe de Koursk, comme l’a annoncé Alexei Smirnov, le gouverneur par intérim. Selon lui, les districts frontaliers de la région connaissent une situation opérationnelle difficile. Ce régime d’urgence a été instauré pour « gérer les conséquences de l’entrée des Forces armées ukrainiennes » sur le territoire.
ce Mercredi, le président russe, Vladimir Putin, a tenu une réunion avec le ministre de la Défense, Andreï Beloousov, le chef de l’état-major général, Valeri Guerassimov, le directeur du Service fédéral de sécurité, Alexandre Bortnikov, et le secrétaire du Conseil de sécurité, Sergueï Choïgou. M. Gerasimov a affirmé que l’avancée des forces ukrainiennes vers Koursk avait été arrêtée, précisant que les unités ukrainiennes ayant attaqué le 6 août dans le district de Soudja comptaient au moins 1000 personnes.
Vladimir Putin a qualifié cette situation de « provocation à grande échelle », évoquant des tirs indiscriminés par les forces ukrainiennes sur des bâtiments civils et des ambulances. Les journalistes de Radio Free Europe/Radio Liberty ont publié une image satellite montrant la destruction du poste frontière de Soudja le 6 août.
D’après « Meduza », plusieurs bataillons de la 22e brigade mécanisée ukrainienne, renforcés par des forces spéciales et des moyens de défense aérienne, ont franchi la frontière dans l’oblast de Koursk dans la nuit du 6 au 7 août et ont profondément pénétré les défenses russes. Confrontés à des forces de garde-frontières faiblement équipées, les Ukrainiens ont été attaqués par des frappes aériennes russes et des systèmes de défense antimissile Iskander.
Les vidéos géolocalisables montrent que, vers la soirée du 7 août, les forces ukrainiennes avaient pris le poste de contrôle de Soudja et la station de comptage de gaz associée au principal gazoduc vers l’Europe. Cependant, les FAU ne sont pas encore entrées dans la ville de Soudja elle-même, qui a subi de lourds bombardements, laissant de nombreux civils sur place.
Au soir du 7 août, aucune réserve russe n’était encore arrivée pour soutenir la défense, malgré les attentes. Kiev n’a pas encore fait de commentaire officiel sur l’opération. Le Département d’État états-unien a déclaré qu’il n’était pas au courant à l’avance du raid des FAU, mais qu’il était en contact avec Kiev. Peter Stano, porte-parole de la Commission européenne pour la politique étrangère, a affirmé que l’Ukraine avait le droit de se défendre, y compris par des frappes sur le territoire russe.
Alexei Smirnov a indiqué que la région avait « résisté héroïquement » pendant 24 heures, mais les blogueurs militaires russes rapportent que les affrontements se sont étendus jusqu’aux environs de Soudja. L’agence TASS a rapporté que le nombre de blessés suite aux attaques ukrainiennes s’élevait à 28, selon les autorités sanitaires.
Didier Maréchal