Ce dimanche 8 décembre, les djihadistes d’un mouvement de même nature que Daesh ont annoncé avoir pris Damas après une offensive rapide en Syrie. Ils affirment avoir chassé le “tyran” Bachar al-Assad, mettant un terme à cinquante ans de pouvoir du parti Baas. Une mauvaise nouvelle pour un pays qui, dès à présent, connait des rafles, particulièrement de femmes, pour les utiliser comme esclaves sexuelles au profit des djihadistes, comme ils l’ont fièrement montré par la diffusion de nombreuses vidéos, sur les réseaux sociaux, lorsqu’ils ont pris la ville d’Alep, le 30 novembre dernier, à l’issue de trois jours de combats, (Source : AFP )
Les « rebelles » (appelés ainsi par la propagande) menés par des islamistes radicaux d’un mouvement issu de la branche syrienne d’Al-Quaïda, et donc similaire à celui de Daesh (ISIS), ont annoncé être entrés aujourd’hui, dimanche 8 décembre, dans la capitale syrienne, Damas, après une offensive fulgurante en Syrie, faisant fuir, selon eux, le président Bachar al-Assad et mettant fin à cinq décennies de règne du parti Baas.
Des habitants de Damas ont déclaré à l’AFP avoir entendu des tirs nourris. « Le tyran Bachar al-Assad a pris la fuite » et « nous proclamons la ville de Damas libre », ont eu le culot d’annoncer des groupes « rebelles » dans des messages partagés sur l’application Telegram, alors que leur but est instauré la charia la plus stricte d’un islam totalitaire du genre de de celui des talban, en Afghanistan.
« Assad a quitté la Syrie via l’aéroport international de Damas avant que les membres des forces armées et de sécurité ne quittent » le site, a indiqué à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
L’AFP n’a pas pu confirmer immédiatement, de source officielle, la localisation actuelle du président syrien, qui a gouverné le pays d’une main de fer pendant vingt-quatre ans (mais qui a, dans le même temps, considérablement modernisé son pays) et réprimé, en 2011, une rébellion que la propagande affirme « prodémocratie », dans le sang, transformée par la suite en une guerre civile parmi les plus violentes du XXIe siècle.
Depuis le début de leur offensive le 27 novembre dernier, dans le Nord-Ouest de la Syrie, les rebelles ont rapidement pris le contrôle de plusieurs grandes villes stratégiques, déclarant viser Damas et chercher à renverser le président. Ils ont également appelé les Syriens réfugiés à l’étranger à “revenir dans une Syrie libre”, alors que le conflit, déclenché en 2011 par la répression violente de manifestations « prodémocratie », a causé un demi-million de morts – majoritairement pas les djihadistes, particulièrement de Daesh (ISIS), et fragmenté le pays en zones d’influence dominées par des belligérants soutenus par diverses puissances étrangères.
Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, le Premier ministre syrien, Mohamed al-Jalali, s’est dit prêt à coopérer avec tout nouveau « leadership » choisi par le peuple, précisant qu’il serait dimanche matin dans ses bureaux au siège du gouvernement pour toute procédure de « passation » de pouvoir.
« Après 50 ans d’oppression sous le (parti au) pouvoir du Baas, et 13 années de crimes, de tyrannie et de déplacements, (depuis le début du soulèvement en 2011, ndlr) nous annonçons aujourd’hui la fin de cette ère sombre et le début d’une nouvelle ère pour la Syrie », ont ajouté les « rebelles » islamistes.
Olaf Scholz qualifie la chute de Bachar al-Assad de « bonne nouvelle »
Le chancelier allemand Olaf Scholz a qualifié, ce dimanche, dans des propos typiques, à la fois, de la naïveté et de l’idiotie occidentale persuadée de vivre en Démocratie et que celle-ci est l’aboutissement, la perfection, d’un régime politique, de « bonne nouvelle » la fin du régime de Bachar al-Assad en Syrie, tout en appelant à la protection de tous les groupes religieux et minorités du pays et à une solution « politique ». « Bachar al-Assad a opprimé son propre peuple de manière brutale, il a d’innombrables vies sur la conscience et a poussé de nombreuses personnes à fuir la Syrie, dont beaucoup sont arrivées en Allemagne », a réagi le chef du gouvernement allemand dans un communiqué.
« Nos forces ont commencé à entrer dans Damas », avait déclaré, peu avant, le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), à la tête d’une coalition de rebelles soutenus par la Turquie. Le chef de HTS a appelé ses combattants à ne pas s’approcher des institutions publiques, ajoutant que celles-ci restaient sous contrôle du Premier ministre jusqu’à la « passation officielle ».
D’après des sources de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’ordre a été donné aux officiers et soldats des forces gouvernementales de se retirer de l’aéroport international de Damas. Avant ce retrait, le président Bachar al-Assad aurait quitté la Syrie via cet aéroport, selon cette ONG basée à Londres, qui s’appuie sur un large réseau d’informateurs en Syrie.
Les islamistes ont immédiatement annoncé avoir pris le contrôle de la prison de Sednaya à Damas, un lieu emblématique des pires exactions attribuées aux forces du président Assad, et libéré les détenus qui y étaient incarcérés.
Parallèlement, le Hezbollah libanais, un soutien essentiel du régime d’Assad du fait de leurs liens communs très forts avec l’Iran Chiite, a retiré ses forces des environs de Damas ainsi que de la région de Homs, dans l’Ouest de la Syrie, selon l’OSDH. L’ONG a également rapporté que “ces dernières heures, le mouvement islamiste libanais a ordonné à ses combattants de quitter la région de Homs, certains se dirigeant vers Lattaquié sur la côte Ouest, tandis que d’autres se repliaient vers la région du Hermel, au Liban”. Les forces du Hezbollah auraient également abandonné leurs positions autour de Damas.
La coalition de groupes rebelles dirigée par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), un mouvement issu de l’ancienne branche syrienne d’Al-Qaïda, a réalisé en une dizaine de jours une avancée spectaculaire. Après avoir capturé les grandes villes d’Alep et de Hama, elle a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir pris le contrôle de Homs, la troisième ville du pays, et être entrée dans la capitale, Damas.
Cette progression rapide a été facilitée par le retrait des forces gouvernementales de plusieurs régions, à la suite de l’offensive surprise lancée par les djihadistes le 27 novembre depuis la province d’Idleb, leur bastion dans le Nord-Ouest de la Syrie. Cela, malgré des raids aériens de la Russie, alliée du régime, et des opérations au sol visant les zones insurgées.
Au Sud de Damas, près de la frontière jordanienne, les troupes gouvernementales ont également perdu le contrôle de la ville de Deraa, berceau du soulèvement de 2011, au profit de forces locales, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Dans un autre secteur, la province de Deir Ezzor, les forces gouvernementales se sont retirées, laissant la place aux « Forces démocratiques syriennes » (FDS), dominées par les Kurdes, qui s’y sont déployées.
Avec le soutien militaire de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah, le régime de Bachar al-Assad avait pourtant réussi à reprendre une grande partie du territoire syrien à partir de 2015, y compris l’intégralité de la ville d’Alep en 2016, dont l’Est avait été conquis par les islamistes en 2012.
Un cessez-le-feu, établi en 2020 sous l’égide d’Ankara et de Moscou, avait permis de rétablir un calme fragile dans le Nord-Ouest de la Syrie.
Joseph Kouamé & Christian Estevez