Sous fonds de tensions accrues avec New Delhi, Islamabad a indiqué lundi 5 mai, que son armée a effectué un essai de lancement de missile. Il s’agit du second en deux jours.
Le Pakistan a mené aujourd’hui un lancement test réussi d’un missile Fattah, d’une portée de 120 kilomètres », a rapporté l’armée dans un communiqué. Un nouvel essai qui intervient alors que le chef de la diplomatie iranienne, qui se propose comme médiateur arrivait à Islamabad, avant de se rendre à New Delhi dans le courant de la semaine.
L’armée n’a pas donné plus de détails sur ce tir, se bornant à dire qu’il visait à « préparer» les troupes et à «valider» notamment « le système de navigation avancé du missile ainsi que sa précision». Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a salué un «test réussi » après cet essai, se satisfaisant de ce que la défense du pays est « entre de bonnes mains». Islamabad dit anticiper une frappe indienne imminente, depuis que le Premier ministre du gouvernement ultranationaliste hindou, Narendra Modi a donné son feu vert à la «riposte» militaire après l’attentat au Cachemire.
L’Iran en médiateur
Dans ce contexte, le premier ministre pakistanais a décidé de reporter une visite officielle en Malaisie, prévue vendredi 9 mai. M. Sharif s’est entretenu ce lundi avec le ministre des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Araghtchi, arrivé pour une visite officielle à Islamabad, dans le cadre de la médiation que propose son pays dans ce conflit. Le chef de la diplomatie iranienne est ensuite attendu jeudi 8 mai à New Delhi. Le ministre doit «visiter l’Inde ce jeudi après ses entretiens avec les responsables pakistanais à Islamabad», annoncé lundi l’ambassade iranienne à New Delhi sur «X». Depuis le début de cette escalade entre les deux pays, le gouvernement pakistanais s’est entretenu avec plus d’une vingtaine de chefs d’Etat, selon Ishaq Dar.
Disant suivre « avec beaucoup d’inquiétudes les tensions qui règnent actuellement à la frontière». Kremlin a appelé les deux voisins à « apaiser les tensions».
Le Secrétaire général de l’ONU, s’inquiétant des tensions au « plus haut depuis des années» entre l’Inde et le Pakistan, les a appelés à «s’éloigner du précipice ». «Il est essentiel, d’éviter une confrontation militaire qui pourrait facilement devenir incontrôlable », a déclaré Antonio Guteress à la presse.
L’Inde et le Pakistan revendiquent tous deux la souveraineté de l’ensemble du Cachemire, territoire à majorité musulmane, depuis la partition sanglante qui a suivi leur indépendance en 1947. Les deux puissances nucléaires rivales s’accusent mutuellement de soutenir des groupes armés de l’autre côté de leur frontière