La police turque a procédé ce vendredi 23 mai, à 44 nouvelles arrestations dans le cadre de l’affaire de l’ancien maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, chef de file de l’opposition à Erdogan, le président de la Turquie.
44 nouvelles arrestations ont eu lieu ce vendredi 23 mai, dans l’enquête pour corruption ayant conduit à l’incarcération fin mars du maire d’opposition d’Instabul Ekrem Imamoglu, a rapporté l’agence de presse Étatique « Anadolu ».
Parmi les personnes interpellées par la police turque, des figures importantes et proches de l’ancien maire en détention à la prison de Silivri, à l’ouest d’Instabul. Il s’agit entre autres de sa secrétaire particulière, Kadriye Kasapoglu et les présidents des conseils d’administration de deux sociétés rattachées à la municipalité d’Instabul.
Vingt autres employés de la municipalité dont le chef du service de communication de M. Imamagolu avaient déjà été arrêtés mardi dans le cadre de la même enquête. Selon la presse locale, treize d’entre elles ont été placées en détention.
Ekrem Imamoglu, principal rival du président Tayyip Erdogan, a été placé en détention provisoire en mars dans l’attente de son procès pour corruption, des accusations qu’il rejette. L’affaire a provoqué d’immenses manifestations et augmenté la popularité du maire opposant, selon les sondages.
Le conseil de l’Europe dont la Turquie est l’un des membres a exigé au début du mois la libération de l’opposant après qu’une délégation de l’organe, conduite par le Belge Marc Cools, président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux a pu rencontrer l’opposant en détention. Dans le communiqué barrant cette rencontre, l’organe a indiqué qu’il « est inacceptable, dans un État de droit, de priver Instabul de son maire élu en le détenant sans procès ni charges fondées ». « Nous réitérons notre appel en faveur de sa libération immédiate », a ajouté la délégation dans son communiqué.
L’arrestation d’Ekrem Imamoglu, investi candidat au principal parti d’opposition (CHP, social-démocrate) à la présidentielle de 2028, le jour même de son incarcération « pour corruption », a été le déclencheur d’une colère plus large, dans un pays dirigé depuis 2002 par le Parti de la justice et du développement(AKP) du président Erdogan.
Même si les grandes manifestations de la première semaine, quand des dizaines de milliers de personnes déferlaient chaque soir devant l’hôtel de ville d’Instabul, sont révolues, le CHP, le parti du maire en détention, s’efforce depuis d’entretenir la contestation.