Des présumés jihadistes ont mené une attaque samedi 24 mai, contre une entreprise chinoise spécialisée dans le BTP dans la région de Kayes. Une troisième agression en moins de trois semaines, signe de la recrudescence jihadiste dans l’ouest malien.
Une violente attaque a frappé Samedi matin les installations de l’entreprise chinoise COVEC dans la localité de Tirena-Marena, région de Kayes, au Mali. Des individus armés, soupçonnés d’appartenir à des groupes terroristes, ont incendié l’ensemble du parc matériel et des infrastructures de l’entreprise.
Le bilan matériel de cette attaque terroriste est lourd. Selon les sources locales, toutes les machines roulantes à l’instar des grumes, tracteurs et camion-citernes, ont été détruites. Les magasins et les entrepôts ont disparus sous les flammes, entraînant des pertes considérables. L’entreprise chinoise ciblée par cette attaque (COVEC) construit actuellement la route Kayes-Diéma, dans l’ouest du Mali.
Les assaillants qui ont pris la fuite après leur action n’étaient « pas nombreux » selon un employé malien de la société « . Visiblement, » ils avaient le plan des installations ce qui fait qu’ils ont rapidement atteint leur objectif, a-t-il ajouté.
D’autres sources renseignent que l’autre objectif des assaillants était de prendre en otage des responsables chinois de la société. Fort heureusement, ils n’étaient pas sur le site au moment de l’attaque.
Cet incident intervient dans un contexte tendu, marqué par la multiplication des actions terroristes dans la région de Kayes, où les groupes armés ciblent de plus en plus les intérêts économiques étrangers.
Le 4 mai, une première attaque a visé une société chinoise aurifaire à Laghamané, suivie d’une autre le 17 mai contre un convoi minier entre les localités de Diéma et Sandaré. À l’occasion, deux camions ont été endommagés ainsi qu’un excavateur, deux pickup emportés, deux soldats maliens tués, quatre véhicules et des armes lourdes saisies.
Ces trois actions jihadistes au coeur du cercle de Yelimané, montrent que la menace jihadiste a franchi une autre étape dans la région visant désormais et en particulier les chantiers d’infrastructures et les sites miniers.
Plusieurs observateurs de la région pointent l’affaiblissement de la présence militaire dans la zone. Une répartition déséquilibrée des forces armées maliennes plus mobilisées dans le centre et le nord, empêche la sécurisation de la région de Kayes, aggravant de fait la vulnérabilité des infrastructures civiles.