Les échanges entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu ont eu lieu ce jeudi au Palais de la nation. Une rencontre inédite depuis leur rupture politique en 2018. La cohésion nationale et la sortie de la crise que traverse actuellement le pays étaient au centre de ces deux heures de tête à tête.
Le Président de la République Démocratique du Congo, RDC Félix Tshisekedi a reçu, jeudi 5 juin, l’opposant Martin Fayulu Madidi. La rencontre constitue un tournant dans landerneau politique congolais, après des années de rupture entre les deux hommes.
À l’issue de la rencontre, Tina Salama, porte-parole du président Tshisekedi a indiqué sur « X » que tout s’est passé dans une atmosphère conviviale. De son côté l’opposant congolais a évoqué » la gravité de la situation actuelle » devant la presse après cette concertation.
Cette rencontre a été l’occasion de balayer un grand nombre de sujets, la crise sociale, la crise politique et surtout la crise sécuritaire que traverse le pays avec toutes ses conséquences. « Il n’y a pas 36 solutions, il faut que l’on se voit dans le cadre d’un dialogue. Et celui qui ne vient pas n’est donc pas un patriote », a expliqué l’opposant à sa sortie.
Le leader de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé) a appelé à un dialogue inclusif et a encouragé le Président Tshisekedi à rencontrer les responsables religieux de la CENCO et de l’ECC, porteurs d’un pacte social pour la paix. Le Chef de l’État congolais, toujours selon les propos rapportés par Fayulu, a promis de répondre rapidement à cette proposition.
Est-ce donc le début d’un rapprochement entre les deux hommes ? Du côté de Martin Fayulu, on dit que cette main tendue vise à débloquer la situation actuelle concernant l’initiative de dialogue nationale portée par les Églises catholique et protestante, constatant que Félix Tshisekedi refuse jusque-là de rencontrer les religieux. Le président a promis d’y répondre rapidement.
Martin Fayulu balaye aussi les rumeurs le donnant Premier ministre dans un gouvernement d’union nationale : « Pas sans dialogue préalable », a-t-il martelé.
Cette relance du dialogue politique au sommet survient deux semaines après la sortie du silence de l’ancien président Joseph Kabila. Le 23 mai, soit au lendemain de la levée de son immunité parlementaire par le Sénat, Kabila a dénoncé une « campagne odieuse » dirigée contre lui, accusant le pouvoir d’orchestrer une « dérive politique majeure ».
La République Démocratique du Congo est traversée par une crise à l’est du pays. Le conflit armé est marqué par des violences, des violations des droits humains et une implication d’acteurs régionaux et internationaux. L’armée régulière (FARDC) y est opposée au M23( Mouvement du 23 mars), un groupe armé actif dans la province du Nord-Kivu.
Née en 2012 suite à une mutinerie d’anciens rebelles tutsis du CNDP, ces rebelles reprochaient au gouvernement congolais d’alors de ne pas avoir appliqué les engagements de l’accord de paix signé en mars 2009. Depuis janvier 2025, les rebelles du M23 contrôlent la ville de Goma.