Arabie saoudite : les Houthis revendiquent des attaques contre la raffinerie de Ras Tanoura et le ministère de la Défense à Riyad

Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué, mardi 27 octobre 2026, une série d’attaques visant des installations stratégiques en Arabie saoudite, notamment la raffinerie pétrolière de Ras Tanoura et le ministère de la Défense à Riyad. Ces nouvelles frappes revendiquées interviennent dans un contexte de recrudescence des hostilités et de tensions diplomatiques au Moyen-Orient.

La confrontation entre les Houthis, soutenus par l’Iran, et l’Arabie saoudite connaît une nouvelle escalade. Mardi, le mouvement yéménite a affirmé avoir lancé des missiles balistiques contre plusieurs cibles saoudiennes, dont la raffinerie de Ras Tanoura, située dans la province orientale du royaume, ainsi que le ministère de la Défense dans la capitale, Riyad.

Dans un communiqué publié sur le réseau social X, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a affirmé que le tir contre la raffinerie avait atteint son objectif et provoqué d’importants incendies. Toutefois, ces déclarations n’ont pas été confirmées indépendamment dans leur intégralité.

Un incendie signalé près de la raffinerie de Ras Tanoura

L’attaque revendiquée contre Ras Tanoura suscite des inquiétudes en raison de l’importance stratégique de cette infrastructure pour l’économie saoudienne. Exploitée par le géant pétrolier Aramco, cette raffinerie figure parmi les plus importantes du Moyen-Orient, avec une capacité de traitement d’environ 550 000 barils de pétrole par jour.

La société britannique de sécurité maritime Vanguard Tech a confirmé qu’un incendie avait été signalé à proximité du complexe pétrolier. Selon les informations communiquées, le feu aurait été maîtrisé.

En revanche, l’ampleur exacte des dégâts ainsi que les éventuelles conséquences sur les activités de raffinage et les opérations de chargement du pétrole n’étaient pas encore établies au moment des premiers rapports.

Cette installation avait déjà été touchée lors des précédentes tensions régionales. Au début du conflit déclenché par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, fin février 2026, des attaques attribuées à l’Iran et à ses alliés avaient perturbé ses opérations.

Une nouvelle perturbation prolongée de cette infrastructure pourrait susciter des inquiétudes concernant les approvisionnements énergétiques et les marchés pétroliers internationaux. À ce stade, aucun impact précis sur les exportations saoudiennes n’était toutefois confirmé.

Riyad affirme avoir intercepté des missiles

La capitale saoudienne a également été concernée par les attaques revendiquées. Les Houthis ont affirmé avoir ciblé le ministère de la Défense à Riyad à l’aide d’un missile balistique.

Des journalistes de l’Agence France-Presse présents dans la ville ont entendu plusieurs explosions. Des alertes téléphoniques ont par ailleurs invité les habitants à se mettre à l’abri, tandis que les déflagrations faisaient vibrer les vitres dans le centre-ville.

Les autorités saoudiennes ont annoncé avoir intercepté et détruit deux missiles balistiques dirigés vers la capitale. Des débris sont néanmoins retombés dans plusieurs secteurs, endommageant un immeuble, un chantier de construction et un véhicule, selon les informations rapportées par l’AFP.

Les forces saoudiennes ont également signalé l’interception de trois missiles dirigés vers la province orientale, où se trouve le complexe pétrolier de Ras Tanoura.

Les Houthis ont aussi revendiqué des attaques contre des appareils militaires dans le sud du royaume et indiqué avoir lancé un drone contre l’aéroport d’Abha. Ces revendications s’inscrivent dans une série d’attaques qui visent régulièrement le territoire saoudien depuis le début du mois d’octobre.

Une escalade qui menace la stabilité régionale

La multiplication des attaques intervient alors que le conflit au Yémen s’est intensifié ces derniers mois. Après plusieurs années d’accalmie relative, les affrontements ont repris en juillet 2026, ouvrant un nouveau front dans une région déjà fragilisée par la confrontation entre l’Iran, Israël et les États-Unis.

En septembre, les Houthis ont étendu leur contrôle sur des portions du littoral yéménite de la mer Rouge, renforçant leur position à proximité du détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage maritime est stratégique pour le commerce international, puisqu’il relie la mer Rouge au golfe d’Aden et participe aux échanges entre l’Europe et l’Asie via le canal de Suez.

La reprise des affrontements fait également peser des risques sur la navigation commerciale et les infrastructures énergétiques de la région.

Sur le terrain, les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, poursuivent leurs opérations contre les Houthis. Les frappes saoudiennes contre des positions du mouvement ont également repris. Les deux camps ont fait état de combats meurtriers dans le sud-ouest du Yémen, notamment à proximité du détroit de Bab el-Mandeb.

L’Égypte envisage un soutien défensif à l’Arabie saoudite

Face à la multiplication des attaques, Riyad cherche à obtenir davantage de soutien de ses partenaires régionaux. Lundi 26 octobre, le Parlement égyptien a approuvé, à la demande du président Abdel Fattah al-Sissi, des mesures destinées à soutenir l’Arabie saoudite.

La nature exacte de cette assistance n’a pas été précisée. Le président égyptien a toutefois présenté ce soutien comme strictement défensif.

Cette décision a provoqué une réaction hostile des Houthis. Mohammed Ali al-Houthi, membre du bureau politique du mouvement, a accusé l’Égypte de prendre parti contre les autorités qu’ils défendent au Yémen. Il a notamment dénoncé une décision qu’il considère comme une déclaration de guerre.

Le responsable houthi a également affirmé que son mouvement ne craignait aucune alliance susceptible de se former contre lui.

L’Égypte, qui dispose de l’une des principales armées du monde arabe, entretient depuis longtemps des relations étroites avec Riyad. En 2015, lors de la précédente phase majeure du conflit yéménite, elle avait participé à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, notamment avec des moyens navals et aériens.

Des initiatives diplomatiques malgré les tensions

Cette nouvelle escalade survient au lendemain d’une visite du ministre saoudien de la Défense, Khaled ben Salmane, à Téhéran. Il s’agissait de son premier déplacement en Iran depuis la fin du mois de février, selon les informations rapportées par l’AFP.

La visite s’inscrit dans les efforts diplomatiques visant à favoriser une désescalade régionale. Une réunion tenue à Téhéran a également rassemblé des responsables iraniens et des représentants de l’Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie.

Ces démarches diplomatiques se déroulent alors que les tensions demeurent élevées et que les attaques contre les infrastructures saoudiennes se poursuivent.

L’Arabie saoudite redoute notamment un retour à une guerre de grande ampleur, alors que les menaces et les affrontements impliquant l’Iran et ses adversaires se multiplient.

La situation reste donc particulièrement préoccupante : les attaques revendiquées contre Ras Tanoura et le ministère de la Défense illustrent la vulnérabilité des infrastructures stratégiques saoudiennes et les difficultés des initiatives diplomatiques à enrayer l’escalade. Les prochains développements dépendront notamment de la capacité des acteurs régionaux à contenir les affrontements et à éviter une extension supplémentaire du conflit.

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