L’Ouganda a entamé le retrait de ses soldats déployés en Somalie, mettant progressivement fin à près de deux décennies de présence militaire dans ce pays de la Corne de l’Afrique. Cette opération concerne aussi bien les militaires engagés dans le cadre d’accords bilatéraux que ceux participant à la mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM).
Selon les informations rapportées par GhanaWeb, les premières unités ougandaises ont déjà commencé à regagner leur pays. Ce désengagement intervient après un engagement militaire entamé en mars 2007, lorsque Kampala avait envoyé ses premiers soldats dans le cadre de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).
Durant toutes ces années, les forces ougandaises ont joué un rôle important dans les opérations visant à soutenir le gouvernement somalien face à Al-Shabaab, un groupe armé affilié à Al-Qaïda. Elles ont notamment participé à la sécurisation de Mogadiscio et à plusieurs offensives destinées à reprendre des territoires contrôlés par les insurgés.
Un retrait dans un contexte sécuritaire fragile
Le départ des soldats ougandais intervient alors que la Somalie continue de faire face à une menace persistante d’Al-Shabaab. Malgré les opérations militaires menées avec le soutien de partenaires internationaux, le groupe conserve une capacité importante de nuisance et poursuit ses attaques contre les forces gouvernementales et les populations civiles.
Cette perspective suscite des inquiétudes quant à la capacité de l’armée somalienne à prendre seule le relais dans certaines zones stratégiques. Le retrait progressif des forces étrangères représente ainsi un défi majeur pour les autorités de Mogadiscio.
La fin d’une longue présence militaire africaine
Depuis 2007, l’intervention ougandaise s’est inscrite dans plusieurs dispositifs successifs de l’Union africaine, notamment l’AMISOM, puis la Mission de transition de l’Union africaine en Somalie (ATMIS), remplacée en janvier 2025 par l’AUSSOM.
Pour Kampala, ce désengagement marque une nouvelle étape dans son implication sécuritaire dans la région. Pour la Somalie, l’enjeu sera désormais de renforcer ses propres capacités militaires afin d’éviter que le retrait de ses partenaires ne crée un vide sécuritaire susceptible de profiter aux insurgés.
Après près de vingt ans de présence ougandaise, la transition vers une responsabilité sécuritaire davantage assumée par les forces nationales somaliennes s’annonce donc particulièrement délicate.