Tesla et Samsung s’opposent à l’éventuelle imposition de nouveaux droits de douane américains sur les produits vietnamiens, alors que l’administration de Donald Trump approche de la date limite de son enquête commerciale, fixée au 29 novembre 2026. Les deux groupes industriels mettent en garde contre les conséquences de telles mesures sur les chaînes d’approvisionnement et les coûts de production des entreprises américaines.
L’enquête, ouverte en mai par le représentant américain au Commerce (USTR), porte sur des violations présumées des droits de propriété intellectuelle au Vietnam. Washington reproche notamment au pays asiatique des insuffisances dans la lutte contre la contrefaçon, le piratage en ligne et l’utilisation de logiciels sans licence. Le Vietnam a, de son côté, demandé aux autorités américaines de mener leurs investigations de manière objective.
Dans une contribution transmise le 2 juillet, Tesla a demandé à Washington de prendre en considération les besoins des industriels américains en matière d’approvisionnement. Le constructeur automobile explique que certains composants avancés et équipements de fabrication de précision ne peuvent pas être obtenus sur le marché américain, malgré les investissements réalisés pour développer la production nationale.
Samsung a également exprimé son opposition à de nouvelles taxes. Le groupe sud-coréen souligne que le Vietnam fabrique une part importante des smartphones et des équipements de réseau destinés au marché américain. Premier investisseur étranger dans le pays asiatique, Samsung y a engagé environ 25 milliards de dollars.
Plusieurs organisations représentant les secteurs de la distribution, de l’habillement, de la chaussure et des biens de consommation se sont également prononcées contre de nouveaux droits de douane. Elles redoutent une augmentation des coûts et des perturbations dans leurs réseaux de production.
Des industriels américains réclament des sanctions
À l’inverse, plusieurs organisations professionnelles américaines réclament des mesures commerciales contre le Vietnam. Des représentants des secteurs de l’acier, des produits de la mer, du contreplaqué, des panneaux solaires et du bois accusent le pays asiatique de pratiques commerciales déloyales.
Les industries américaines du logiciel, du cinéma et de la musique demandent également à Washington d’obtenir des engagements concrets de Hanoï dans la lutte contre le piratage. La Business Software Alliance, qui compte notamment Microsoft, Oracle et IBM parmi ses membres, estime qu’environ 75 % des logiciels installés sur les ordinateurs personnels au Vietnam ne disposent pas de licences régulières, en s’appuyant sur une enquête datant de 2017.
La Motion Picture Association affirme, pour sa part, que des sites de piratage hébergés au Vietnam ont enregistré plus de 12,5 milliards de visites dans le monde l’année dernière.
Le Vietnam au cœur des échanges commerciaux américains
Les enjeux économiques sont considérables. Les exportations vietnamiennes vers les États-Unis ont progressé de 42 % au cours des huit premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025. Cette évolution a fait du Vietnam le partenaire commercial présentant le plus important excédent de biens avec les États-Unis, devant la Chine et le Mexique.
Les produits vietnamiens sont actuellement soumis à un droit de douane général de 12,5 %, instauré en juillet après une enquête distincte concernant les importations de marchandises potentiellement liées au travail forcé. Les précédents droits de douane de 20 % imposés sous l’administration Trump avaient été annulés par la Cour suprême américaine.
La décision attendue avant le 29 novembre pourrait ainsi ouvrir une nouvelle étape dans les relations commerciales entre Washington et Hanoï. L’administration américaine devra notamment déterminer si d’éventuelles sanctions doivent concerner l’ensemble des importations vietnamiennes ou seulement certains secteurs économiques.