Une violente agression collective s’est produite dans la soirée du samedi 31 octobre 2026, à proximité du centre commercial des Docks 76, à Rouen, en Seine-Maritime. Treize jeunes hommes âgés de 20 à 27 ans, qui se rendaient à la foire Saint-Romain après un dîner d’anniversaire, ont été pris à partie par un groupe de plusieurs dizaines d’individus. Les victimes dénoncent des violences accompagnées d’insultes visant leur couleur de peau et leur appartenance religieuse.
Selon les témoignages recueillis par Valeurs actuelles, les jeunes hommes, qui se connaissent pour la plupart depuis plusieurs années, avaient décidé de prolonger leur soirée à la fête foraine. En descendant des transports en commun à proximité des Docks 76, ils auraient entonné plusieurs chants, notamment religieux, dont un chant catholique connu sous le nom de « Resucitó ».
Aux alentours de 23 heures, alors qu’ils marchaient en direction des quais de Seine, une première interpellation aurait retenti : « Ah, il y a des fachos ! ». Le groupe aurait ensuite été encerclé par plusieurs individus. Des insultes telles que « sales Blancs » et « fachos », ainsi que des menaces de mort, auraient été proférées avant que les violences physiques ne commencent.
Les récits des victimes font état de coups de poing et de pied portés à plusieurs membres du groupe. Certains auraient été frappés alors qu’ils se trouvaient au sol. Selon les témoignages, les agresseurs auraient également procédé à une forme de distinction entre les personnes présentes, certains jeunes étant épargnés après avoir été considérés comme n’appartenant pas au groupe visé.
Les conséquences de l’agression sont importantes. Trois victimes ont été transportées à l’hôpital par les secours dans la soirée, tandis qu’une quatrième a également nécessité une prise en charge médicale. L’un des jeunes hommes souffre notamment d’une fracture du plancher de l’orbite gauche, confirmée par un scanner réalisé au CHU de Rouen. D’autres présentent des hématomes, des blessures au visage et des saignements.
Au moins trois plaintes contre X avaient été déposées les 1er et 2 novembre pour violences commises en réunion, avec des circonstances aggravantes liées à un éventuel mobile raciste ou religieux. Les plaignants ont notamment fait état d’insultes visant leur couleur de peau et leur appartenance religieuse. Les motivations exactes des agresseurs présumés restent toutefois à établir par l’enquête.
Le maire de Rouen saisit le procureur
L’affaire a également suscité une réaction politique. Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a annoncé le 3 novembre avoir saisi le procureur de la République afin que toute la lumière soit faite sur ces violences. Il a condamné sans réserve les faits et adressé son soutien aux victimes.
L’élu a notamment rappelé qu’aucune différence de croyance ou de conviction ne pouvait justifier de telles violences. Il a également demandé qu’une réponse judiciaire exemplaire soit apportée.
De son côté, l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (AGRIF) a annoncé son intention de se constituer partie civile aux côtés des victimes.
L’enquête devra désormais permettre d’identifier les auteurs présumés, de déterminer leur degré d’implication et d’établir les circonstances exactes de cette agression. Au-delà des violences physiques, cette affaire relance le débat sur les actes de haine et la liberté de pratiquer sa religion dans l’espace public en France.