Le Paraguay connaît un important bouleversement politique après la destitution du président Santiago Peña, vendredi 6 novembre 2026. Son vice-président, Pedro Alliana, a prêté serment dans la foulée pour lui succéder et assurer la fin du mandat présidentiel, prévue en août 2028.
Cette crise politique trouve son origine dans l’effondrement d’Ueno Bank, une importante banque paraguayenne placée sous administration de la Banque centrale le 3 novembre dernier en raison de son insolvabilité. La décision a entraîné le gel des dépôts de près de trois millions de clients, soit presque la moitié de la population du pays.
La situation a rapidement provoqué une vague de colère dans le pays. Des milliers de Paraguayens sont descendus dans les rues pour réclamer la restitution de leur épargne et dénoncer les responsabilités présumées des autorités.
Au cœur du scandale, Santiago Peña est accusé de conflits d’intérêts en raison de ses anciennes participations dans le Grupo Vázquez, la holding qui contrôlait Ueno Bank. Les parlementaires lui reprochent notamment d’avoir laissé des fonds publics être placés dans une banque liée à son ancien environnement économique.
Le Sénat a finalement voté sa destitution à l’unanimité, avec 44 voix favorables sur 45 membres. L’ancien chef de l’État, qui avait présenté sa démission deux jours auparavant, a été placé en résidence surveillée dans l’attente de son audition par la justice.
Il doit notamment répondre d’accusations présumées d’abus de confiance, de trafic d’influence et de gestion à des fins personnelles. Santiago Peña conteste les accusations portées contre lui.
De son côté, Pedro Alliana a promis que les épargnants touchés par la crise seraient intégralement indemnisés. Les premiers remboursements ont déjà commencé, notamment pour certains petits déposants.
Cette affaire constitue un séisme politique et financier pour le Paraguay. Elle met également en lumière les relations controversées entre les milieux politiques et les grandes institutions financières du pays, à moins de deux ans des prochaines élections présidentielles.