Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est rendu en Mauritanie vendredi 6 novembre 2026, dans le cadre d’une visite éclair qui intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible autour du Sahara occidental. Selon le média mauritanien cité par Yabiladi, le chef de la diplomatie marocaine a été reçu par le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à Nouakchott.
Aucun détail officiel n’a été communiqué sur le contenu des échanges entre les deux responsables. Ni les autorités mauritaniennes ni le gouvernement marocain n’ont publié de compte rendu de cette rencontre, qui s’est déroulée dans la discrétion. Nasser Bourita a quitté Nouakchott le soir même.
Ce déplacement intervient quelques jours après l’expiration du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), dont les activités doivent être progressivement arrêtées après 35 années de présence dans le territoire. Créée en 1991 à la suite d’un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, la mission avait notamment pour objectif de surveiller la trêve et d’organiser un référendum d’autodétermination qui n’a jamais eu lieu.
La fin du mandat résulte de l’absence d’accord au Conseil de sécurité de l’ONU sur son renouvellement. La Russie a opposé son veto à un projet de résolution soutenu par les États-Unis, tandis qu’une proposition concurrente russe n’a pas obtenu le soutien nécessaire.
Cette évolution a suscité des réactions divergentes. Rabat considère cette décision comme une étape importante dans la dynamique diplomatique favorable à son plan d’autonomie pour le Sahara occidental. À l’inverse, l’Algérie a exprimé ses regrets, dénonçant un déséquilibre dans la position américaine, tandis que le Front Polisario a fait part de ses inquiétudes.
La Mauritanie occupe une position particulière dans ce dossier en raison de sa proximité géographique avec le Sahara occidental et de sa volonté de préserver une certaine neutralité dans le conflit. Les autorités mauritaniennes ont d’ailleurs récemment appelé leurs ressortissants à éviter les zones proches de la frontière et les secteurs susceptibles de présenter des risques.
Dans ce contexte, la visite de Nasser Bourita à Nouakchott pourrait s’inscrire dans les consultations diplomatiques engagées autour des conséquences de la fin du mandat de la MINURSO. Toutefois, en l’absence de communication officielle, les objectifs précis de cette rencontre restent inconnus.