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Corée du Sud : le procès du président Lee Jae-myung suspendu en raison de son immunité présidentielle

La Cour centrale du district de Séoul a annoncé ce mardi 17 juin 2025 le report du procès de Lee Jae-myung, président nouvellement élu de la Corée du Sud, dans l’affaire de corruption liée aux projets immobiliers de Daejang-dong. Cette décision fait suite à un précédent jugement rendu la veille par la Haute Cour de Séoul, qui avait déjà suspendu une autre procédure judiciaire contre le chef de l’État, invoquant son immunité présidentielle.

Une suspension fondée sur la Constitution

Selon la Cour centrale, la prochaine audience dans cette affaire est reportée à une date indéterminée, en vertu de l’article 84 de la Constitution sud-coréenne. Cet article stipule qu’un président en exercice ne peut faire l’objet de poursuites pénales, sauf en cas d’insurrection ou de trahison. Cette disposition vise à préserver la stabilité de l’exécutif durant le mandat présidentiel.

La Haute Cour de Séoul avait elle aussi utilisé ce même fondement constitutionnel pour suspendre lundi un autre procès visant Lee Jae-myung, cette fois pour violation présumée de la loi électorale.

Des accusations de corruption lourdes

Lee Jae-myung fait l’objet d’une série d’accusations depuis 2023, avant son élection à la présidence. L’affaire de Daejang-dong, ainsi que celle de Wirye, concerne des projets de développement urbain à Seongnam, ville où Lee fut auparavant maire. Il est soupçonné de manquement au devoir, de conflit d’intérêts, de corruption impliquant des tiers, et de liens douteux avec la gestion d’un club de football local.

Ces dossiers, très médiatisés, ont empoisonné la vie politique sud-coréenne ces dernières années et cristallisé les tensions entre les camps conservateur et progressiste.

Une ascension présidentielle controversée

Lee Jae-myung a été élu président le 3 juin 2025, à la suite de la destitution de son prédécesseur, Yoon Suk Yeol. Ce dernier a été évincé par l’Assemblée nationale après avoir tenté d’imposer la loi martiale en décembre 2024, une décision perçue comme une dérive autoritaire majeure.

L’accession au pouvoir de Lee, dans un contexte d’instabilité institutionnelle, n’a pas apaisé les débats. Bien que ses soutiens saluent son engagement en faveur de la justice sociale et de la régulation économique, ses opposants dénoncent un passé judiciaire lourd et une instrumentalisation du pouvoir pour échapper à la justice.

Une pause judiciaire… temporaire ?

Tant que Lee Jae-myung demeure en fonction, les procédures pénales contre lui resteront gelées. Toutefois, cette immunité ne constitue pas une annulation des charges : les poursuites pourront reprendre une fois son mandat achevé. D’ici là, la justice sud-coréenne devra patienter — et la population, rester attentive aux suites de cette affaire qui pourrait ressurgir avec fracas à la fin de la présidence Lee.

En Corée du Sud, où plusieurs anciens chefs d’État ont été poursuivis, voire incarcérés après leur mandat, l’ombre de la justice plane toujours sur les plus hauts sommets du pouvoir.

Emmenés enfants en Syrie par leurs parents jihadistes, ces Français qui veulent être rapatriés

Iles avait 11 ans quand son père jihadiste l’a emmené de force de la France vers la Syrie. Détenu un temps avec sa mère, il a grandi, puis été enfermé sans elle dans un autre camp, et compte depuis les jours, implorant la France de le rapatrier.(Source : AFP).

Cela fait « cinq ans et cinq jours » précisément, confiait la semaine dernière le jeune homme à la silhouette menue, aujourd’hui âgé de 21 ans, à une délégation française composée notamment d’avocats venus lui rendre visite au centre Orkesh dans le nord-est syrien.

Lui a été incarcéré encore mineur avant d’être enfermé, sans nouvelles ou presque de sa mère et de sa fratrie. Eux sont toujours retenus à Roj, l’un des camps contrôlés comme d’autres centres et prisons par les forces kurdes.

Des dizaines de milliers de personnes, d’une cinquantaine de nationalités et soupçonnées de liens avec l’organisation jihadiste Etat islamique, y sont retenues.

Le rapatriement des quelque 120 enfants et de la cinquantaine de femmes françaises encore retenus reste sensible en France dix ans après la vague d’attentats sur son sol.

« En 2021 et 2023, Iles voit les services de renseignement français, il dit qu’à chaque fois il a cru qu’il allait rentrer, parce que c’est ce qu’on lui a dit », a expliqué lundi lors d’une conférence de presse à Paris l’avocate Amélie Morineau, présidente de la commission Libertés et droits de l’homme du Conseil national des barreaux (CNB).

Comme quatre autres jeunes majeurs, il réitère aujourd’hui sa volonté de revenir.

« Les soldats-enfants en droit international sont des victimes de guerre », a rappelé Me Marie Dosé, indiquant avoir déposé en France le 10 avril auprès du doyen des juges d’instruction à Paris une plainte pour détention arbitraire et traitement inhumain et dégradant.

Devenus majeurs dans les camps ou les prisons du nord-est syrien, « ils vont de peur en peur, de centre en centre puis en prison », enfermés 25 par chambre, 10 heures sur 24, décrit l’avocate.

A la presse, la délégation a montré des vidéos des jeunes hommes, leur visage s’illuminant en lisant des lettres de proches ou en écoutant des messages audio transmis par les avocats.

  • « Quelle responsabilité d’un enfant ? » –

En juillet 2023, une rapporteuse spéciale de l’ONU sur la promotion et la protection des droits de l’Homme dans la lutte antiterroriste alertait déjà sur le sort de ces adolescents. Fionnuala Ni Aolain dénonçait comment ils étaient et restent systématiquement séparés de leur mère dans les camps, les dommages irréparables et une « violation des lois internationales ».

Lundi, Matthieu Bagard, président du pôle expertise Syrie de l’ONG Avocats sans frontières France, a évoqué « les violences physiques » en détention, « les graves problèmes psychologiques » et la « quasi impossibilité d’avoir accès à des soins ».

« Quelle est la responsabilité d’un enfant de six ans ? », interroge l’avocat en présentant le cas d’un adolescent de 16 ans, emmené de force en Syrie quand il en avait six, puis arraché à sa mère à 14 ans. Cette dernière refuse d’être rapatriée. Mais elle a signé un consentement pour que son fils le soit.

Outre cinq jeunes majeurs, trois mères de famille demandent aussi « fermement leur rapatriement » et « réaffirment leur consentement » dans des vidéos enregistrées par la délégation lors de son déplacement, assure Me Morineau.

Au total, ces demandes de rapatriement concernent 23 personnes, dont des mineurs. Les jeunes majeurs et les femmes sont tous visés par un mandat d’arrêt international.

Ces mandats d’arrêt ne peuvent être exécutés que par un Etat. « Or le Kurdistan syrien, sous l’administration duquel se trouve le camp Roj, n’est pas un Etat autonome reconnu, en conséquence de quoi il n’a avec la France aucun accord », explique Me Morineau.

Selon Me Bagard, leur séjour en Syrie est la preuve que les conditions sécuritaires actuelles « n’empêchent pas » les « rapatriements effectués par un très grand nombre d’autres pays », dont l’Allemagne et la Russie. Et ce y compris depuis que les nouvelles autorités islamistes ont renversé le président Bachar al-Assad et pris le pouvoir en décembre.

Pour l’eurodéputé Mounir Satouri, en les laissant en détention, « on se venge » de ce que leurs pères ont pu faire, « et c’est pas tolérable ».

Aux origines de notre humanité : là où Sapiens et Néandertal se sont rencontrés pour la première fois

Pendant des décennies, les scientifiques ont su que Homo sapiens et Homo neanderthalensis ne s’étaient pas seulement croisés au fil des musées ou des généalogies scientifiques. Ils s’étaient véritablement rencontrés, au sens le plus concret du terme. Ce que l’on ignorait, en revanche, c’est où ces rencontres fondatrices avaient eu lieu. Une nouvelle étude vient enfin de lever le voile sur ce mystère : c’est dans les monts Zagros, au cœur du Moyen-Orient, que les deux espèces humaines se sont croisées, ont cohabité… et ont engendré une descendance dont l’empreinte demeure aujourd’hui dans notre ADN.

Un carrefour oublié entre Afrique, Europe et Asie

À cheval sur l’Iran, l’Irak et la Turquie, les monts Zagros forment une imposante chaîne montagneuse encore méconnue du grand public. Pourtant, à la fin du Pléistocène — entre 60 000 et 40 000 ans avant notre ère — cette région était un véritable corridor bioclimatique reliant les climats tempérés du nord aux zones plus chaudes du sud.

C’est dans ce contexte d’instabilité climatique et de migrations massives que les deux espèces humaines ont vu leurs trajectoires se croiser. Néandertal, habitué aux steppes froides d’Europe et d’Asie occidentale, descendait vers le sud-est. Sapiens, fraîchement sorti d’Afrique, remontait vers le nord. Et c’est dans les vallées escarpées des Zagros que l’histoire humaine a changé de cap.

Les fouilles archéologiques en attestent : de nombreux sites dans cette région contiennent des outils, des ossements et des vestiges culturels associés aux deux groupes. Mais surtout, les analyses génétiques confirment qu’un métissage a eu lieu. Non seulement ces populations se sont rencontrées, mais elles ont eu des enfants ensemble.

Un métissage fondateur… encore présent en nous

Depuis le séquençage complet du génome néandertalien en 2010, les preuves de ces unions se sont multipliées. Aujourd’hui, on sait que tous les humains non africains portent entre 1 et 4 % d’ADN néandertalien. Cet héritage va bien au-delà d’une simple statistique : il influence des aspects très concrets de notre physiologie et de notre psychologie.

Parmi les traits influencés par les gènes néandertaliens, on retrouve :
• la forme du nez,
• la sensibilité à la douleur,
• certaines réponses immunitaires,
• la gestion du stress,
• et même des susceptibilités modernes, comme la vulnérabilité à la COVID-19 ou aux troubles de l’humeur.

En d’autres termes, une part essentielle de ce que nous sommes — dans notre corps, notre santé et même nos émotions — découle directement de cette rencontre dans les montagnes des Zagros.

Un foyer central de l’hybridation humaine

Si le métissage entre Sapiens et Néandertal a pu se produire à plusieurs reprises et en divers endroits, les monts Zagros semblent jouer un rôle particulier : celui de foyer central, de point de convergence. Une sorte de “berceau du mélange”, où deux humanités se sont non seulement rencontrées, mais aussi durablement installées ensemble.

Cette découverte invite à revoir notre vision de l’évolution humaine. Loin d’un récit linéaire avec des espèces séparées, successives, où Sapiens aurait triomphé de ses rivaux, on entrevoit désormais une histoire plus complexe, plus entrelacée. Un récit de rencontres, d’échanges, de métissages — parfois d’extinction, souvent de transmission.

Les monts Zagros : berceau de l’humain moderne

Dans ce contexte, les monts Zagros ne sont pas qu’un simple décor géologique. Ils sont une scène centrale de notre histoire collective. Un lieu où s’est jouée une étape cruciale de l’évolution humaine. Là, dans ces montagnes du Moyen-Orient, s’est écrit un chapitre invisible mais fondamental de notre identité biologique.

Ce passé nous façonne encore. Il nous rappelle que l’humanité n’a jamais été une, pure, homogène. Elle est le fruit de croisements, de migrations, d’adaptations. Et si Sapiens a survécu, c’est peut-être justement parce qu’il a su fusionner, intégrer, s’ouvrir.

À travers les gènes néandertaliens qui parcourent encore notre ADN, c’est une part de cette histoire qui continue de vivre en nous. Une histoire faite de diversité, de mélange, et d’un profond lien avec ceux que nous pensions longtemps différents.

Togo : RFI et France 24 suspendus trois mois pour avoir relayé des «propos inexacts et tendancieux»

Ces deux médias français, déjà suspendus depuis plusieurs années au Mali, au Burkina Faso et au Niger, sont désormais interdits également au Togo en raison de déclarations jugées comme portant « atteinte à la stabilité des institutions républicaines et à l’image du pays ».(Source : AFP).

France 24 et Radio France internationale ont été lundi interdites d’antenne pour trois mois au Togo, accusées d’avoir relayé des «propos inexacts et tendancieux» après des manifestations qui ont secoué le pays au début du mois. Cette suspension vient réduire un peu plus l’espace de diffusion en Afrique de l’ouest de ces deux médias publics français, suspendus depuis plusieurs années au Mali, Burkina Faso et Niger, trois pays sahéliens dirigés par des militaires.

«Plusieurs émissions récentes ont relayé des propos inexacts, tendancieux, voire contraires aux faits établis, portant atteinte à la stabilité des institutions républicaines et à l’image du pays», a annoncé la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) du Togo, dans un communiqué. «Le pluralisme des opinions n’autorise pas la diffusion de contre-vérités ni la présentation partiale de l’actualité. La liberté de la presse ne saurait être synonyme de désinformation ou d’ingérence», poursuit l’institution qui pointe «des manquements répétés et signalés».

Les deux médias ont déclaré lundi soir dans un communiqué conjoint avoir «appris avec surprise» leur suspension «sans préavis», malgré un «contexte de dialogue pourtant soutenu et constructif» avec l’autorité de régulation togolaise. RFI et France 24 réaffirment par ailleurs «leur attachement indéfectible aux principes déontologiques du journalisme, comme leur soutien à leurs équipes qui délivrent chaque jour une information rigoureuse, indépendante, vérifiée, impartiale et équilibrée». L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a de son côté «condamné fermement la suspension arbitraire» des deux médias. Le directeur du bureau pour l’Afrique subsaharienne de RSF, Sadibou Marong, a «appelé les autorités à lever ces sanctions et à rétablir immédiatement la diffusion» de RFI et France 24.

Nouveaux appels à manifester

La nouvelle Constitution adoptée en avril 2024 a permis à Faure Gnassingbé de consolider son pouvoir désormais au sein d’un régime parlementaire dont il occupe la plus haute fonction, celle de président du Conseil. Elle cristallise les tensions au Togo: l’opposition et la société civile accusant Faure Gnassingbé de vouloir rester indéfiniment à la tête de l’État, les autorités répondant que la réforme constitutionnelle vise plutôt à «dépersonnaliser» le pouvoir et renforcer «l’unité nationale et la cohésion du pays». Le Togo est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, successeur de son père resté près de 38 ans à la tête du pays. Début juin, des manifestations lancées sur les réseaux sociaux par des jeunes et des militants de la société civile ont eu lieu à Lomé pour protester contre le pouvoir.

Les manifestants dénonçaient notamment les arrestations de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité et la réforme constitutionnelle. L’Alliance nationale pour le changement (ANC), l’un des principaux partis d’opposition a dénoncé la suspension des deux médias français comme une «décision autoritaire (qui) vise à museler des médias qui n’ont fait que leur travail : informer sur les dérives du régime et les manœuvres antidémocratiques liées à l’imposition d’une nouvelle Constitution taillée sur mesure pour maintenir Faure Gnassingbé au pouvoir à vie». Les récentes manifestations avaient notamment été initiées par le rappeur Aamron, critique du pouvoir, qui avait été arrêté fin mai avant de réapparaître dans une vidéo le 5 juin, depuis un hôpital psychiatrique où il présentait des excuses envers Faure Gnassingbé.

Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées puis libérées, selon le procureur qui précisait la semaine dernière que «quelques-unes» encore détenues allaient être rapidement présentées au parquet. Des journalistes qui couvraient les manifestations ont été brièvement interpellés et contraints par les forces de l’ordre d’effacer leurs images. De nouveaux appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux, pour les 26, 27 et 28 juin. Le Togo est au 121e rang sur 180 dans le classement 2025 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), en recul de 8 places par rapport à 2024.

Île de Ré : un participant décède lors de l’épreuve de natation du triathlon T24 Xtrem

Un drame est venu assombrir la 5e édition du triathlon T24 Xtrem sur l’Île de Ré. Ce samedi en fin d’après-midi, un participant roumain de 54 ans a perdu la vie après avoir été victime d’un malaise cardiaque lors de l’épreuve de natation, première phase de cette course d’endurance extrême.

Un malaise soudain en pleine mer

Le drame s’est produit peu après 18 heures, au large de la plage de la Loge, dans la commune des Portes-en-Ré. L’homme, un athlète expérimenté venu de Roumanie, participait à cette compétition qui rassemble chaque année des sportifs de haut niveau venus de toute l’Europe. Il a été pris d’un violent malaise cardiaque alors qu’il évoluait dans les eaux agitées de l’Atlantique.

Les secours présents sur le dispositif de sécurité ont été alertés immédiatement. Des gestes de réanimation ont permis de réanimer le participant une première fois, mais son état s’est rapidement dégradé. Quelques instants avant son évacuation, son cœur s’est arrêté de nouveau.

Une mobilisation massive des secours

Face à l’urgence de la situation, l’hélicoptère Dauphin de la Marine nationale a été dépêché sur les lieux pour assurer une évacuation rapide vers un centre hospitalier. Malgré la mobilisation des secours, des équipes médicales sur la plage et en mer, l’homme n’a pu être sauvé. Il a été déclaré décédé peu après l’intervention.

Un athlète aguerri parmi 1 800 concurrents

La victime, dont l’identité n’a pas été rendue publique, était un sportif habitué aux compétitions de longue distance. Selon les organisateurs du T24 Xtrem, il faisait partie des 1 800 triathlètes engagés cette année, issus de 18 nationalités. « Il était préparé, habitué à ce type d’épreuve. Ce drame nous bouleverse tous », a confié l’un des membres de l’organisation, encore sous le choc.

Un événement endeuillé mais pas suspendu

Le T24 Xtrem est reconnu comme l’un des triathlons les plus exigeants de France, combinant natation, vélo et course à pied sur 24 heures. Malgré l’émotion et la gravité des faits, l’épreuve a continué après un moment de silence observé en hommage au participant décédé.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du décès, même si les premières constatations évoquent une défaillance cardiaque brutale, survenue malgré la préparation physique du sportif et les dispositifs de sécurité en place.

Ce drame rappelle les risques inhérents à ce type de compétitions extrêmes, où la condition physique ne protège pas toujours contre les imprévus du corps et de l’environnement naturel.

Polémique à Strasbourg : la présence du FEMYSO au Parlement européen relance les accusations d’entrisme islamiste

La participation du FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organisations) à un événement officiel du Parlement européen suscite une vive controverse. L’organisation, soupçonnée de liens avec les Frères musulmans, a été conviée à participer à l’European Youth Event (EYE), un rassemblement annuel destiné à faire entendre la voix de la jeunesse européenne. Sa présence, dans un contexte politique déjà sensible, fait grincer des dents jusque dans les rangs des eurodéputés.

Une organisation sous surveillance

Le FEMYSO se présente comme « la voix de la jeunesse musulmane en Europe ». Actif depuis plusieurs années, il est partenaire de multiples projets soutenus par l’Union européenne. Mais un récent rapport du ministère français de l’Intérieur, publié en mai, alerte sur ses liens idéologiques avec la mouvance des Frères musulmans. Ce rapport, qui évoque un risque d’entrisme dans les institutions européennes, désigne le FEMYSO comme l’un des vecteurs les plus actifs de cette stratégie de pénétration.

C’est donc dans ce climat de suspicion que l’organisation a pris part, les 13 et 14 juin, à la rencontre EYE à Strasbourg. Débats, ateliers participatifs, performances artistiques : l’événement, qui réunit des milliers de jeunes venus de toute l’Europe, est censé refléter la diversité des opinions et des engagements citoyens.

Tempête politique et manifestations à droite

La participation du FEMYSO a immédiatement enflammé les réseaux sociaux. Alexandre Saradjian, co-président des Jeunes de l’UDR, a dénoncé cette invitation :

« C’est inadmissible ! Frères musulmans, hors d’Europe. »

Le Rassemblement national (RN) a réagi avec virulence. Plus de 400 militants des Jeunes RN (RNJ) se sont rassemblés vendredi devant le Parlement européen, déployant une banderole clamant : « FEMYSO – Frères musulmans : hors d’Europe ».
Vianney Vonderscher, collaborateur de l’eurodéputé Jean-Paul Garraud, a affirmé que « pas un pouce de terrain ne sera cédé aux apprentis islamistes du FEMYSO ».

Marion Maréchal, eurodéputée et figure du groupe Identité-Libertés, a elle aussi pris la parole :

« FEMYSO diffuse son idéologie islamiste et fait la promotion de la charia auprès des milliers de jeunes présents au Parlement européen. »
Elle déplore la « faiblesse des institutions de l’UE face à l’islamisme et ses relais ».

Une controverse sur fond de financement européen

L’un des points les plus contestés concerne le soutien financier accordé par l’UE au FEMYSO : plus de 210 000 euros de subventions auraient été perçus par l’organisation ces dernières années. Pour ses détracteurs, cela équivaut à un financement indirect de l’idéologie des Frères musulmans au cœur même des institutions européennes.

FEMYSO se défend

Face à ces accusations, le FEMYSO nie tout lien organique ou idéologique avec les Frères musulmans. L’organisation assure porter « des valeurs démocratiques, inclusives et laïques » et militer pour « l’intégration harmonieuse des jeunes musulmans en Europe ». Elle dénonce une campagne de diffamation « instrumentalisée par l’extrême droite européenne » pour stigmatiser les musulmans.

L’Union européenne dans l’embarras

L’affaire met en lumière les contradictions de l’Union européenne, entre volonté d’inclusion et prudence face aux risques d’idéologisation. Si le Parlement européen prône l’ouverture et la diversité, la participation d’organisations soupçonnées de liens avec des courants fondamentalistes alimente un malaise croissant.

Alors que les tensions identitaires et les fractures politiques s’aiguisent à travers le continent, la polémique autour du FEMYSO révèle les défis que l’UE doit encore relever pour défendre ses valeurs tout en assurant la sécurité et la cohésion de ses sociétés.

Guerre en Ukraine : Trump accuse le G7 ,tacle Macron et provoque un séisme diplomatique lors du sommet au Canada

Le sommet du G7, censé afficher l’unité des grandes puissances face aux crises mondiales, a été immédiatement secoué par une déclaration fracassante du président américain Donald Trump. À peine une heure après le lancement officiel des travaux à Kananaskis, dans les Rocheuses canadiennes, le président des États-Unis a publiquement accusé les membres du G7 d’être responsables de la guerre en Ukraine.

Un G7 accusé de tous les maux

Lors d’un échange avec des journalistes après un entretien avec le Premier ministre canadien Mark Carney, Trump a mis en cause les choix diplomatiques du passé :

« Le G7 était autrefois le G8. Barack Obama et un certain Trudeau ne voulaient pas de la Russie, et je dirais que c’était une erreur. Je pense qu’il n’y aurait pas de guerre aujourd’hui si la Russie était encore présente », a-t-il lancé, imperturbable.

Cette sortie a provoqué un silence glacé dans les rangs diplomatiques, alors que les dirigeants du G7 comptaient précisément discuter de nouvelles sanctions contre Moscou.

Un départ précipité et une ambiance tendue

La tension est montée d’un cran dans la soirée. Après le dîner officiel avec les chefs d’État, Donald Trump a quitté brusquement le sommet, invoquant des raisons logistiques. Sur son réseau Truth Social, il a tenu à démentir les rumeurs selon lesquelles son départ anticipé serait lié à des discussions secrètes sur un éventuel cessez-le-feu entre Israël et l’Iran. Il en a profité pour attaquer Emmanuel Macron, accusé d’être à l’origine de cette rumeur :

« Macron, volontairement ou pas, ne comprend jamais rien », a-t-il asséné.

Le Premier ministre canadien Mark Carney, pris au dépourvu, a dû écourter la séance de questions-réponses avec la presse, mettant en avant son rôle d’organisateur pour justifier l’interruption.

Un sommet à haut risque diplomatique

Le sommet du G7 prend ainsi une tournure particulièrement délicate. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, tous deux invités à participer mardi matin à un petit-déjeuner stratégique sur l’Ukraine, doivent désormais composer avec une position américaine radicalement différente.

Zelensky, venu à Kananaskis pour appeler à un durcissement des sanctions contre la Russie, espère malgré tout « une conversation directe » avec Donald Trump, qui milite pour un accord de paix rapide.

Macron tente de recoller les morceaux

Face à la crise, Emmanuel Macron a tenté de calmer le jeu. Le président français a rencontré Donald Trump en privé lundi soir. Les échanges ont porté sur les tensions commerciales, la situation au Proche-Orient, et bien entendu, sur le dossier ukrainien.

Macron, en déplacement la veille à Nuuk, au Groenland, avait tenu à rappeler que « les États-Unis sont toujours un allié », tout en rejetant fermement la proposition de Vladimir Poutine de servir de médiateur entre l’Iran et Israël.

« La Russie, engagée dans une guerre et ne respectant pas le droit international, ne peut en aucun cas être un médiateur crédible », a déclaré le chef de l’État français.

Une fracture ouverte au sein du G7

Alors que les tensions géopolitiques s’aggravent, notamment au Moyen-Orient, l’unité du G7 apparaît plus fragile que jamais. La déclaration choc de Donald Trump pourrait non seulement compromettre les discussions sur l’Ukraine, mais également affaiblir durablement la crédibilité du G7 face aux grands enjeux internationaux.

Un sommet qui, à peine commencé, semble déjà marqué par la discorde.

Crise au détroit d’Ormuz : l’Iran menace de fermer la voie maritime, les marchés mondiaux s’enflamment

Une escalade des tensions au Moyen-Orient ravive les pires craintes économiques : Téhéran agite la menace de fermer le détroit d’Ormuz, un point névralgique pour l’énergie mondiale. La planète retient son souffle.

Depuis la récente attaque d’Israël contre des installations militaires iraniennes, la région du Golfe est à nouveau sur le fil du rasoir. En réponse à ces frappes, l’Iran a lancé une série d’avertissements à la communauté internationale, en particulier aux puissances occidentales. Le plus retentissant : la menace de fermer le détroit d’Ormuz, étroit passage maritime stratégique au sud du golfe Persique.

Un point de passage vital pour l’économie mondiale

Large d’à peine 40 kilomètres, le détroit d’Ormuz est un goulot d’étranglement par lequel transitent chaque jour plus de 100 navires commerciaux. Il assure le passage de plus de 20 % du pétrole brut mondial et de 25 % du gaz naturel liquéfié (GNL). Une fermeture ou même la simple évocation d’un tel scénario suffit à ébranler les marchés.

C’est ce qui s’est produit dès les premières déclarations de Sardar Esmail Kowsari, député et haut gradé iranien, qui a confirmé que « la fermeture est à l’étude ». Il a ajouté, de manière sibylline mais inquiétante : « Nos mains sont grandes ouvertes lorsqu’il s’agit de punir l’ennemi. La réponse militaire n’est qu’une partie de notre réponse globale. »

En réaction, le baril de Brent a bondi de 65 à 75 dollars, celui du WTI atteignant 72 dollars. Une flambée symptomatique de la panique latente sur les marchés de l’énergie.

Un scénario catastrophe pour les économies mondiales

Pour l’économiste Elias Haddad, de la banque Brown Brothers Harriman, le risque est majeur : « Si le détroit d’Ormuz est fermé, cela pourrait avoir des effets assez désastreux sur les marchés mondiaux. » En effet, les alternatives sont limitées, et les réserves stratégiques de l’OPEP concentrées elles-mêmes dans la région ne suffiraient pas à répondre à une crise prolongée.

L’Europe en première ligne

L’impact serait particulièrement brutal pour l’Europe, fortement dépendante des exportations énergétiques en provenance du Golfe. Pétrole saoudien, gaz qatari, brut émirati : tout transite par Ormuz. Une fermeture du détroit entraînerait une hausse vertigineuse des prix de l’énergie, avec des répercussions sur l’ensemble de l’économie : transports, agriculture, industrie lourde.

Une inflation déjà sous tension, depuis la guerre en Ukraine et la pandémie, pourrait s’aggraver. Une pénurie énergétique n’est plus un simple exercice théorique mais une menace tangible.

Diplomatie en alerte, routes détournées

Face à la gravité de la situation, les diplomates occidentaux tentent de désamorcer la crise. En parallèle, les compagnies pétrolières explorent des itinéraires alternatifs, plus longs et donc plus coûteux. Les assureurs, quant à eux, ont commencé à rehausser les primes pour tout navire empruntant la zone.

Une épée de Damoclès géopolitique

Le détroit d’Ormuz a toujours été un levier de dissuasion pour Téhéran. Mais aujourd’hui, dans un contexte de tension militaire accrue, sa fermeture effective n’est plus impensable. Et avec elle, un nouveau choc énergétique mondial. La communauté internationale joue une partie serrée, entre diplomatie et prévention d’un cataclysme économique.

Accord historique entre l’UE et le Royaume-Uni sur Gibraltar : vers une frontière sans barrière physique avec l’Espagne

Après des années de négociations parfois tendues, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont annoncé avoir conclu un accord politique historique sur Gibraltar, visant à supprimer toutes les barrières physiques entre le territoire britannique d’outre-mer et l’Espagne. L’objectif : garantir la libre circulation des personnes et des biens, tout en respectant la souveraineté des deux parties.

Une entente qualifiée d’« étape véritablement historique »

L’accord a été présenté comme une avancée majeure par Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique, qui s’est exprimé depuis Bruxelles aux côtés du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares. L’accord a été conclu après une réunion avec David Lammy, chef de la diplomatie britannique, et Fabian Picardo, ministre en chef de Gibraltar.

« Il s’agit d’une étape véritablement historique pour l’UE, y compris l’Espagne, ainsi que pour le Royaume-Uni et Gibraltar », a déclaré Šefčovič.

Du côté britannique, David Lammy a salué sur X (anciennement Twitter) une « solution pratique », qui, selon lui, « préserve la souveraineté, l’emploi et la croissance ». Il a ajouté que les intérêts de Gibraltar avaient été « placés au cœur de l’accord ».

Vers la disparition de la dernière barrière physique en Europe

L’accord met fin à l’un des derniers contentieux post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’UE : le statut de la frontière terrestre entre Gibraltar et l’Espagne. Jusqu’à présent, ce point de passage restait l’un des derniers murs en Europe.

Selon les termes de l’accord :
•Toutes les barrières physiques, vérifications et contrôles aux points de passage terrestres entre l’Espagne et Gibraltar seront supprimés.
•Des contrôles conjoints seront effectués uniquement à l’aéroport et au port de Gibraltar, par des agents locaux et espagnols.
•Les principes régissant une future union douanière entre l’UE et Gibraltar ont été définis, notamment en matière de fiscalité indirecte, incluant le commerce du tabac.

« Avec cet accord, la clôture, le dernier mur de l’Europe continentale, disparaîtra », a déclaré José Manuel Albares, évoquant la création d’une « zone de prospérité partagée » entre Gibraltar et le Campo de Gibraltar, la région frontalière espagnole.

Maintien de l’espace Schengen et de l’union douanière

L’accord permettra à Gibraltar de rester dans l’espace Schengen, tout en respectant les règles du marché unique européen et de l’union douanière. Il garantit ainsi une continuité des échanges et une stabilité juridique renforcée, favorable aux entreprises locales.

Maroš Šefčovič a souligné que la clarté juridique et la sécurité qu’apportera cet accord amélioreront significativement l’environnement économique et commercial de la région.

Coopération renforcée et développement économique

Au-delà des aspects techniques et douaniers, l’accord prévoit :
•Un nouveau cadre de coopération pour l’échange d’informations entre le Royaume-Uni et l’Espagne ;
•Un mécanisme de consultation obligatoire pour gérer les différends ou adapter l’accord ;
•Un mécanisme financier bilatéral pour soutenir le développement économique, la création d’emplois et la cohésion sociale dans la région.

Avec plus de 15 000 travailleurs traversant la frontière chaque jour, soit plus de la moitié de la main-d’œuvre de Gibraltar, l’accord devrait préserver la stabilité socio-économique d’une zone hautement intégrée.

Une ratification attendue mais pas encore formelle

Si l’accord a été politiquement scellé, la version juridique finale reste à être rédigée par les équipes de négociation. Elle devra ensuite être ratifiée par les procédures internes des différentes parties (UE, Royaume-Uni, Espagne, Gibraltar).

Maroš Šefčovič s’est toutefois montré confiant :

« Je suis absolument convaincu que l’accord sera ratifié, car nous avons vraiment examiné chaque aspect, chaque petit détail. Je pense que nous avons trouvé la meilleure réponse possible à chaque défi mis sur la table au cours des deux dernières années. »

Une nouvelle ère pour Gibraltar et l’Europe

Cédé au Royaume-Uni en 1713 mais toujours revendiqué par l’Espagne, Gibraltar est depuis longtemps un point de friction diplomatique. Cet accord marque une rupture avec des décennies de tensions, au profit d’une coopération pragmatique, dans l’intérêt direct des citoyens et des économies locales.

S’il est ratifié, il représentera l’un des rares succès diplomatiques post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, et pourrait servir de modèle pour d’autres différends territoriaux.

Viol antisémite à Courbevoie : Neuf et sept ans de prison ferme pour deux mineurs

Deux adolescents ont été condamnés vendredi par le tribunal pour enfants de Nanterre à des peines de neuf et sept ans de prison pour le viol d’une jeune fille juive de 12 ans, survenu à Courbevoie.(Source : AFP ).

Victime en raison de sa religion… Le tribunal pour enfants de Nanterre a condamné, vendredi, deux adolescents à neuf et sept ans de prison ferme pour le viol à caractère antisémite d’une fillette de 12 ans, survenu à Courbevoie, en 2024. Un troisième garçon, âgé de 12 ans et 10 mois au moment des faits, a fait l’objet d’une mesure éducative de cinq ans, incluant une obligation de soins et un placement en foyer, la loi interdisant une peine de prison à son âge.

Les deux adolescents condamnés, âgés de 13 ans au moment des faits, étaient détenus avant leur comparution. Ils risquaient jusqu’à dix ans de prison lors de ce procès qui s’est déroulé à huis clos.

Le président du tribunal a justifié la lourdeur de la sanction à leur encontre « au regard de leur personnalité toujours inquiétante et du trouble social immense à la société et (à la victime) et en raison de ce qu’elle était : une jeune fille de confession juive ».

La préadolescente avait relaté aux policiers avoir subi un viol en réunion le 15 juin 2024 à Courbevoie (Hauts-de-Seine), à l’ouest de Paris. Elle avait déclaré avoir été traitée de « sale juive », insultée et frappée par ses agresseurs. Ces derniers lui avaient également posé des questions sur Israël. La fille avait ensuite subi plusieurs viols par deux des agresseurs. Selon le président du tribunal, elle a dit « s’être vue mourir » pendant cette scène, qui a duré environ une heure.

L’un des mineurs avait filmé les viols, qui ont eu lieu dans une crèche désaffectée au pied du quartier d’affaires de la Défense et non loin du domicile de la préadolescente. Un des mis en cause l’avait ensuite menacée de mort si elle parlait à la police.

« Une haine profonde »

Ces deux adolescents ont comparu pour viol en réunion sur mineur de moins de 15 ans à raison de la religion. Le troisième, ex-petit ami de la victime, a lui été jugé pour complicité de ce crime.

« Ses consignes et sa simple présence ont aidé à la commission de ces viols », a estimé le tribunal, qui a évoqué le « dessein vengeur » de celui qui n’aurait pas supporté que la victime lui mente sur sa religion, prétendant être musulmane avant qu’il ne découvre qu’elle était juive. Il « nourrissait à l’égard de la confession juive une haine profonde, notamment au travers du conflit israélo-palestinien », a affirmé le président du tribunal.

Présente avec ses parents et sa psychologue lors du procès, la jeune victime a fondu en larmes lors du délibéré.

« Il a fallu coûte que coûte retenir la circonstance aggravante relative à la religion de la victime », a regretté Me Melody Blanc, l’avocate de l’accusé condamné à neuf ans de prison. « On n’a tenu compte d’aucun élément qui permettait d’expliquer ce passage à l’acte », a-t-elle ajouté, disant envisager « très sérieusement » de faire appel.

« Mon client avait reconnu la quasi-intégralité des infractions », a réagi Me Blandine Weck de Terris, qui défendait le mineur condamné à sept ans. « Il était dans une démarche de participation à l’enquête, de reconnaissance, de remise en question, d’humilité et de demande de pardon », a-t-elle ajouté, bien qu’il ait « toujours contesté le caractère antisémite des faits qui lui étaient reprochés ».

La montée de l’antisémitisme pris en compte

L’affaire avait vivement choqué la communauté juive et entraîné une condamnation unanime de la classe politique, plusieurs rassemblements de soutien se tenant, notamment à Paris et à Courbevoie. « Il y a eu une véritable prise en compte [par le tribunal] de la montée exponentielle de l’antisémitisme », a réagi Muriel Ouaknine-Melki, l’une des avocates de la victime.

« Il y a une prise en compte du fait qu’en 2024, en France, on puisse aller chercher une jeune fille parce que juive, parce qu’elle avait caché sa religion et qu’elle avait peur de représailles ou d’agression si elle disait qu’elle était juive », a-t-elle poursuivi.

En 2024, 1.570 actes antisémites ont été recensés en France, selon le ministère de l’Intérieur.