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France : Profil de l’assaillant, victimes, réactions… Le point sur l’attaque au couteau dans un lycée privé à Nantes

Le jeudi 24 avril, un tragique incident a secoué le lycée privé Notre-Dame de Toutes-Aides à Nantes, lorsqu’un élève a poignardé quatre de ses camarades vers 12h30. Une lycéenne est décédée, et trois autres élèves ont été blessés. Le suspect a été arrêté, mais son état de santé a conduit à son hospitalisation après avoir été placé en garde à vue.

Que s’est-il passé ?

L’attaque a eu lieu en plein après-midi, lorsque l’élève a poignardé quatre de ses camarades dans plusieurs classes. L’intervention rapide du personnel éducatif a permis de maîtriser le suspect avant l’arrivée des forces de l’ordre. Le lycée a immédiatement été bouclé, et un dispositif policier a été mis en place. Plusieurs élèves ont été confinés dans le self, tandis que d’autres se sont regroupés dans le gymnase ou dans une salle polyvalente. Certains témoins ont évoqué des scènes de panique, avec des cris et des enseignants ordonnant aux élèves de fuir. L’enquête, dirigée par la police judiciaire, est en cours. Le Parquet national antiterroriste a annoncé être en évaluation pour une possible saisine.

Le profil de l’assaillant

Le suspect, un lycéen scolarisé dans l’établissement, a été décrit par ses camarades comme instable et isolé. Plusieurs témoignages recueillis par l’AFP font état de propos violents et de fascination pour l’idéologie néonazie. « Il disait qu’il adorait Hitler », a révélé une collégienne. Peu avant l’attaque, le suspect a envoyé par mail un manifeste de 13 pages à plusieurs élèves, dans lequel il dénonce un « écocide globalisé » et appelle à une « révolte biologique » contre le monde moderne. Le document, qui témoigne d’un discours radicalisé, mêle idéologie extrémiste et détresse psychologique.

L’état des victimes

Une lycéenne a perdu la vie des suites de ses blessures. Trois autres élèves ont été blessés, dont au moins un dans un état critique. Le procureur de Nantes a précisé ce vendredi matin que l’état de santé du jeune le plus gravement blessé s’était amélioré. La ministre de l’Éducation, Elisabeth Borne, a évoqué l’incertitude concernant la gravité de l’état des autres victimes.

Les réactions

L’émotion est vive dans la communauté éducative et parmi les familles. De nombreux parents se sont rendus sur place pour retrouver leurs enfants dans la stupeur. Le président Emmanuel Macron a exprimé son soutien aux familles des victimes et salué le courage des enseignants. Il a déclaré sur X : « Par leur intervention, des professeurs ont sans doute empêché d’autres drames. Leur courage force le respect. »

Le Premier ministre François Bayrou a dénoncé une « violence endémique » et a appelé à un « sursaut collectif ». Il a proposé des mesures telles que l’intensification des contrôles aux abords des établissements scolaires, voire l’installation de portiques de sécurité à l’entrée des établissements. Bayrou a aussi demandé des propositions concrètes sur la prévention, la réglementation et la répression des violences commises par des mineurs armés de couteaux.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a exprimé son soutien aux proches des victimes, soulignant que « perdre un enfant est la pire des douleurs ». Il a également précisé que cette tragédie ne devait pas être reléguée à un simple fait divers, mais qu’il s’agissait d’un « fait de société ». Il a ajouté : « Ce n’est pas un fait divers, c’est un fait de société. Nous sommes dans une société qui a encouragé le laxisme, qui a voulu déconstruire les interdits, l’autorité, l’ordre, les hiérarchies et qui a accouché de cette violence ».

La maire PS de Nantes, Johanna Rolland, a également exprimé son émotion face à ce « drame atroce ». Le syndicat étudiant Uni a appelé à une prise de conscience sur la sécurité dans les écoles, tandis que la CFDT Éducation a rappelé les difficultés à contrôler efficacement ces situations.

Ce drame a plongé la ville de Nantes dans la stupeur et suscite de nombreuses interrogations sur la sécurité dans les établissements scolaires. Les autorités, tout comme la communauté éducative, appellent à un sursaut collectif pour éviter que de tels actes de violence ne se reproduisent.

Guerre Russie-Ukraine: « L’Ukraine devra céder sur certains points » selon le président polonais Andrzej Duda

Dans une interview exclusive à Euronews, Andrzej Duda souligne que les États-Unis sont les seuls à pouvoir contenir la Russie. Il ajoute que pour atteindre la paix, des concessions devront être faites tant par Moscou que par Kiev .(Source : Euronews)).

« Aujourd’hui, ma conclusion est absolument sans équivoque il n’y a personne en dehors des États-Unis qui peut arrêter Vladimir Poutine. C’est pourquoi je crois que le président Donald Trump, avec sa détermination, peut mettre fin à cette guerre (…) C’est seulement cette pression américaine qui peut vraiment mettre fin à cette guerre et aider à forger une paix qui ne sera confortable pour aucune des deux parties. Mais c’est peut-être ce qui la rendra durable », a déclaré le président polonais Andrzej Duda dans une interview accordée à Euronews.

Andrzej Duda a également abordé la question de la guerre en Ukraine, estimant que la paix qui sera conclue devra être durable. Il a toutefois reconnu que l’Ukraine devra céder sur certains points : « il doit s’agir d’un compromis. Je veux dire que de facto, cette paix devrait, à mon avis personnel, se résumer au fait qu’aucune des deux parties ne pourra dire qu’elle a gagné cette guerre, parce que chacune d’entre elles devra, d’une certaine manière, faire un pas en avant. L’Ukraine devra également se retirer dans une certaine mesure, car c’est probablement ce qui se produira. Dans quelle mesure ? Il m’est difficile de répondre à ce stade. »

« La guerre épuise la Russie, Vladimir Poutine joue un jeu risqué. Cette guerre exploite l’Ukraine de manière terrible. Ces pays veulent mettre fin à la guerre. Chacun d’entre eux veut gagner cette guerre, c’est naturel » a admis le président.

La dernière idée américaine était que les États-Unis reconnaissent l’annexion de la Crimée par la Russie. Le président américain Donald Trump s’en est pris à Volodymyr Zelensky, déclarant que le dirigeant ukrainien aggravait un  » immense champ de bataille » après s’être opposé à la cession de la Crimée à la Russie dans le cadre d’un éventuel plan de paix.

Mardi, Volodymyr Zelensky a exclu l’idée que Kyiv cède un territoire à Moscou dans le cadre d’un accord, avant des discussions à Londres entre des représentants américains, européens et ukrainiens. « Il n’y a rien à dire, c’est notre terre, la terre du peuple ukrainien », a déclaré M. Zelensky.

Le président Duda a également commenté la politique de Washington : « je m’attendais à ce que Donald Trump agisse de cette manière, une politique très dure de nivellement de ce qu’il considère comme des disparités dans les relations commerciales et de police des intérêts de l’Amérique. Pour moi, c’était compréhensible dans la mesure où il est le président des États-Unis et que, par conséquent, ces intérêts doivent être sa première considération. »
« Il a possédé des casinos, c’est donc un homme à qui l’on a enseigné un jeu d’affaires spécifique et qui a ses propres méthodes d’affaires, développées depuis des décennies. Il les applique à la politique et joue très dur. Mais c’est ainsi que je vois les choses : il s’agit simplement d’un certain jeu commercial que le président Donald Trump a introduit dans la politique à l’heure actuelle et qu’il joue à fond au cours de son second mandat. Il faut négocier durement avec lui » a ajouté Andrzej Duda.

Le président polonais a également souligné le rôle de la coopération entre les États-Unis et l’Europe : « les intérêts des États-Unis sont stratégiques et les États-Unis tirent des bénéfices tangibles de leur relation avec l’Europe, c’est la raison d’être de cet équilibre qui dure sans interruption depuis la Seconde Guerre mondiale. (…) Les troupes américaines sont restées sur le sol polonais, nous avons une présence américaine tournante. Il y a environ 10 000 soldats sur notre territoire, cette coopération est compacte et permanente. Je persuaderai le président Trump de faire venir davantage d’unités américaines. »

Discussions entre les États-Unis et l’Ukraine

Des pourparlers entre responsables américains, ukrainiens et européens, initialement prévus à Londres mercredi pour évoquer une issue à l’invasion russe, ont été réduits après l’annulation de la participation du secrétaire d’État américain, Marco Rubio.

En lieu et place, Washington a dépêché en Ukraine le général à la retraite Keith Kellogg, envoyé spécial, qui n’a pas pris part à plusieurs moments clés des négociations depuis l’arrivée de la nouvelle administration américaine.

Côté ukrainien, la délégation présente à Londres comprenait Andriy Yermak, chef du bureau présidentiel, ainsi que le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense, Rustem Umerov. Ces derniers ont rencontré des conseillers européens en matière de sécurité nationale ainsi que des responsables américains.

La vice-première ministre ukrainienne, Yulia Svyrydenko, a écrit sur le site de réseau social X mercredi : « lors de la réunion d’aujourd’hui entre la délégation ukrainienne et ses partenaires à Londres, nous avons réaffirmé notre position de principe : l’Ukraine est prête à négocier, mais pas à capituler. Il n’y aura pas d’accord qui donnerait à la Russie une base plus solide pour se regrouper et revenir avec plus de violence. »

Le président russe Vladimir Poutine s’est dit prêt, pour la première fois depuis plusieurs années, à engager des discussions bilatérales directes avec l’Ukraine. Cette initiative pourrait constituer un tournant diplomatique majeur, en particulier dans un contexte de pressions croissantes exercées par les États-Unis. Sa déclaration récente sur la possibilité de tels pourparlers laisse entrevoir un possible changement d’approche dans la stratégie diplomatique de Moscou.

« Aucune attaque contre les pays de l’OTAN ne restera impunie »

Le président Duda a également souligné la stabilité de l’Alliance de l’Atlantique Nord : « je suppose qu’en cas d’attaque contre un pays de l’OTAN, l’article 5 s’appliquera et que tout le monde se lèvera collectivement pour soutenir et défendre ». Le président Andrzej Duda a également déclaré qu’il appréciait l’initiative trilatérale, qui vise à renforcer la sécurité des États membres.

Selon le président polonais, l’initiative trilatérale représente une opportunité pour les pays impliqués de renforcer leur réactivité et leur coopération en matière de sécurité partagée, notamment dans le secteur gazier.

Cette initiative a été lancée en 2015 par les présidents polonais Andrzej Duda et croate Kolinda Grabar-Kitarović, à l’occasion d’une rencontre des dirigeants de la région en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a ensuite mis en lumière l’importance stratégique de cette coopération, soulignant à quel point les investissements réalisés dans ce cadre étaient essentiels.

Guerre en RDC : Kinshasa et l’AFC/M23 annoncent une déclaration conjointe pour travailler à une trêve

Une avancée significative dans le processus de négociation entre le gouvernement congolais et le mouvement armé AFC/M23. Pour la première fois, les deux parties ont publié une déclaration conjointe à l’issue des pourparlers tenus à Doha, annonçant leur volonté de « travailler à la conclusion d’une trêve », en vue d’un cessez-le-feu effectif dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Bien qu’il ne s’agisse ni d’un accord de cessez-le-feu ni d’une trêve formelle, ce communiqué marque une étape importante : une déclaration d’intention dans laquelle Kinshasa et l’AFC/M23 s’engagent à œuvrer ensemble pour une désescalade des hostilités.

Selon les informations de RFI, le texte de cette déclaration était finalisé depuis le 17 avril, soit quatre jours après la fin des discussions directes entre les délégués congolais et ceux de l’AFC/M23. Il ne manquait plus que l’approbation du président Félix Tshisekedi. Celle-ci a été donnée hier soir, ouvrant la voie à la publication officielle du document.

Vers un dialogue de fond

La déclaration conjointe fixe une nouvelle dynamique dans les négociations : les deux camps s’engagent à respecter les principes de non-intimidation et à instaurer un climat propice aux échanges. Il s’agit désormais de passer de l’intention à l’action, en préparant un dialogue en profondeur.

Ce futur dialogue devra aborder les causes structurelles du conflit, notamment les enjeux liés à la sécurité, à la représentation politique, à la gestion des ressources et à la situation humanitaire dans les territoires de l’Est.

Un contexte diplomatique favorable

Cette annonce intervient également dans un contexte diplomatique en mouvement. Elle a été faite au lendemain d’une rencontre à Doha entre Mohammed Al-Khulaifi, ministre d’État qatari en charge du dossier, et Massad Boulos, nouveau conseiller principal pour l’Afrique à la Maison Blanche.

Cette entrevue s’inscrit dans les efforts conjoints du Qatar et des États-Unis pour encourager une désescalade durable dans la région des Grands Lacs. Le rôle croissant de Doha comme médiateur, combiné à l’implication renouvelée de Washington, semble offrir un cadre propice à la poursuite des négociations.

Une lueur d’espoir ?

Si la route vers la paix reste incertaine, cette déclaration conjointe constitue un signal fort. Elle témoigne d’une volonté partagée de sortir de l’impasse militaire et d’ouvrir un espace politique de dialogue. La communauté internationale, engagée dans l’accompagnement de ce processus, reste attentive aux prochaines étapes. Le défi principal résidera dans la capacité des deux parties à transformer cette volonté en actes concrets, au service d’une paix durable dans l’Est congolais.

France – Présidentielle 2027 : Lucie Castets appelle à «une primaire des gauches la plus large possible»

Lucie Castets, éphémère candidate à Matignon après les législatives de 2024, invite les chefs des partis de gauche à se rassembler le 2 juillet pour discuter d’une candidature commune à la présidentielle.(Source : AFP).

Pour gagner à la prochaine présidentielle, «nous avons besoin de nous mettre autour de la table et de travailler. Donnons-nous rendez-vous le 2 juillet prochain», après le congrès du PS prévu mi-juin, «pour poser la première pierre de la victoire», écrit-elle.

Dans une tribune publiée ce mercredi dans Libération, intitulée «Organisons une primaire des gauches la plus large possible», celle qui avait été désignée par les partis du Nouveau Front populaire pour être leur candidate au poste de première ministre, les appelle à dépasser «leurs querelles partisanes», car «la situation actuelle doit susciter un sursaut unitaire».

Pour gagner à la prochaine présidentielle, «nous avons besoin de nous mettre autour de la table et de travailler. Donnons-nous rendez-vous le 2 juillet prochain», après le congrès du PS prévu mi-juin, «pour poser la première pierre de la victoire», écrit-elle. Défendant «une candidature commune aux partis de gauche et aux écologistes, fédérée autour d’une équipe», elle appelle à élaborer, de manière collective, «une procédure démocratique et transparente de désignation de la candidate ou du candidat qui nous représentera à l’échéance présidentielle».

Elle évoque «plusieurs options», comme l’organisation, «juste après les municipales de 2026», d’une «primaire des gauches la plus large qu’on ait jamais proposée» pour «permettre au peuple de gauche de donner son opinion éclairée après une campagne respectueuse». Autre option, elle juge «possible que les représentants des partis se réunissent pour une concertation de quelques jours» pour décider de la candidature la plus pertinente. «Ou encore, il est envisageable d’organiser une convention citoyenne avec des représentants des partis, de la société civile organisée, mais aussi d’électrices et électeurs de la gauche tirés au sort», suggère-t-elle.
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Tunisie : l’avocat Ahmed Souab arrêté après avoir dénoncé une « injustice inédite » dans l’affaire du complot contre l’État

En Tunisie, l’arrestation de l’avocat et ancien juge Ahmed Souab a provoqué une onde de choc dans les milieux juridiques et politiques. Connu pour son franc-parler, il a été interpellé lundi 21 avril à l’aube, après avoir publiquement dénoncé des pressions du pouvoir sur la justice dans le cadre du procès dit du « complot contre la sûreté de l’État », une affaire hautement controversée visant plusieurs opposants au président Kaïs Saïed.

L’avocat a été arrêté à son domicile par une dizaine d’agents de sécurité, selon son fils, et conduit au pôle judiciaire antiterroriste. Il a ensuite été placé en garde à vue, soupçonné de « menace de crimes terroristes » après ses propos virulents contre le verdict rendu samedi dernier. Lors de l’audience, Ahmed Souab avait déclaré : « L’injustice et l’humiliation que j’ai vues dans ce dossier sont sans précédent. L’épée de la justice n’est pas sous la gorge des accusés, mais sous celle du juge. »

Des propos qui, selon le pouvoir, franchissent la ligne rouge. Pour Samir Dilou, avocat et collègue de Souab, cette arrestation constitue une dérive grave : « Il va rester cinq jours en détention provisoire et ne pourra pas contacter ses avocats durant les deux premiers jours. »

Cette interpellation intervient alors que les condamnations prononcées samedi à l’encontre de plus de quarante figures politiques, avocats, journalistes et anciens ministres ont suscité une vive indignation. Les peines vont de 4 à 66 ans de prison, pour des accusations de « complot contre la sûreté de l’État » et « d’appartenance à un groupe terroriste ». Les avocats de la défense, dont Ahmed Souab, dénoncent un procès politique « fabriqué de toutes pièces ».

Lundi soir, une manifestation a rassemblé des protestataires sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis pour dénoncer l’arrestation de l’ancien juge. Brandissant des pancartes, les manifestants ont appelé à la fin de l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques et à la libération immédiate des détenus.

Cette affaire s’inscrit dans un climat politique de plus en plus tendu en Tunisie, où le président Kaïs Saïed est accusé par ses opposants de dérive autoritaire depuis qu’il a suspendu le Parlement en 2021 et concentré tous les pouvoirs exécutifs entre ses mains. L’arrestation d’Ahmed Souab risque d’exacerber davantage les tensions, alors que la société civile tunisienne s’inquiète d’un recul progressif des libertés fondamentales.

Pourquoi le nom du nouveau pape sera annoncé par un cardinal français

C’est un moment solennel et historique que le monde catholique attend avec émotion : l’annonce du nouveau pape, traditionnellement proclamée depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre au Vatican. Cette année, cet honneur reviendra à un Français, le cardinal Dominique Mamberti.

Suite au décès du pape François survenu le 21 avril, un nouveau conclave va être convoqué pour élire son successeur. À l’issue de ce scrutin très secret, c’est le cardinal Mamberti qui aura la responsabilité de prononcer la célèbre formule latine : « Habemus papam » – « Nous avons un pape ». Il révélera ainsi publiquement le nom du nouveau souverain pontife à des milliers de fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre et à des millions de téléspectateurs à travers le monde.

Âgé de 71 ans et originaire de Vico, en Corse, Dominique Mamberti est actuellement préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, la plus haute juridiction du Saint-Siège. En juillet dernier, il a été élevé au rang de protodiacre lors d’un consistoire ordinaire au Vatican, ce qui lui confère le privilège d’annoncer l’élection du nouveau pape si celle-ci survient pendant son mandat.

Consacré évêque en 2002 à la basilique Saint-Pierre, il avait reçu à cette occasion le titre d’archevêque de Sagone, un ancien siège épiscopal corse symboliquement restauré.

Il s’agit de la deuxième fois qu’un Français est chargé de proclamer l’« Habemus papam ». En 2013, c’est le cardinal Jean-Louis Tauran, originaire de Bordeaux, qui avait annoncé au monde l’élection du pape François. Il était alors l’un des rares cardinaux francophones à occuper un poste aussi élevé dans la hiérarchie vaticane. Il est décédé en 2018 des suites de la maladie de Parkinson.

La désignation du cardinal Mamberti pour ce rôle emblématique est à la fois un hommage à sa carrière diplomatique et religieuse au sein du Vatican, et un clin d’œil à la place qu’occupe encore aujourd’hui la France dans l’histoire de l’Église catholique.

Au Cachemire indien, une attaque contre des touristes fait au moins 26 morts

Mardi, des hommes armés ont attaqué un groupe de voyageurs à Pahalgam, une célèbre destination touristique du Cachemire indien, tuant au moins 26 personnes. La région est régulièrement secouée par une insurrection armée réclamant son indépendance de New Delhi.(Source : AFP).

Au moins 26 personnes ont été tuées, mardi 22 avril, au Cachemire indien, lorsque des hommes armés ont ouvert le feu sur un groupe de touristes dans cette région où sévit une insurrection, ont annoncé à l’AFP des responsables des services de sécurité locaux.

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, qui a écourté le voyage qu’il effectuait en Arabie saoudite pour rentrer dans son pays, a dénoncé un « acte odieux », promettant que ses auteurs seraient « traduits en justice ». « Leur dessein maléfique n’aboutira jamais. Notre détermination à lutter contre le terrorisme est inébranlable et elle ne fera que se renforcer », a-t-il martelé dans un communiqué.

Les États-Unis sont « fermement aux côtés de l’Inde face au terrorisme », a quant à lui réagi Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Le patron de l’ONU, Antonio Guterres, « condamne fermement » l’attaque, a fait savoir son porte-parole dans un communiqué. « Le secrétaire général souligne que les attaques contre des civils sont inacceptables dans n’importe quelles circonstances », a-t-il ajouté, présentant ses condoléances aux familles des victimes.

Les hommes visés

L’attaque est à cet égard survenue au lendemain d’une rencontre à New Delhi entre le vice-président américain, J. D. Vance, en visite officielle de quatre jours sur le sol indien, et Narendra Modi.

L’attaque a eu lieu à Pahalgam, une destination touristique populaire à environ 90 kilomètres de l’importante ville de Srinagar.

« Les combattants (…) sont sortis de la forêt près d’une petite prairie ouverte et ont commencé à tirer », a raconté à un journaliste de l’AFP un témoin sous couvert d’anonymat. « Ils épargnaient clairement les femmes et continuaient à tirer sur les hommes, parfois un seul coup et parfois plusieurs balles, c’était comme une tempête », a-t-il déclaré.

Une région militarisée

Le ministre indien de l’Intérieur, Amit Shah, a annoncé se rendre par avion sur les lieux de l’attaque.

« Ceux qui sont impliqués dans cet acte de terreur lâche ne seront pas épargnés, et nous imposerons aux auteurs les conséquences les plus sévères », a déclaré Amit Shah dans un communiqué.

Le chef du gouvernement local, Omar Abdullah, a déclaré que le bilan des victimes était « encore en cours de vérification », mais a affirmé que « l’attaque est bien plus importante que tout ce que nous avons vu visant des civils ces dernières années ».

« Cette attaque contre des personnes qui nous rendent visite est une abomination », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Rahul Gandhi, leader du principal parti d’opposition en Inde, le Congrès, a qualifié ces attaques de « dévastatrices ». « Le pays tout entier est uni contre le terrorisme », a-t-il déclaré dans un communiqué, appelant le gouvernement fédéral à « assumer ses responsabilités ».

L’Inde compte environ 500 000 soldats déployés en permanence dans le territoire, bien que les combats ont diminué depuis que le gouvernement de Narendra Modi a révoqué l’autonomie limitée du Cachemire en 2019.

Depuis cette date, les autorités indiennes ont fortement promu cette région montagneuse comme destination touristique, tant pour le ski durant les mois d’hiver que pour échapper à la chaleur étouffante de l’été dans le reste de l’Inde.

Environ 3,5 millions de touristes ont visité le Cachemire en 2024, dont une majorité de touristes indiens, selon les chiffres officiels.

Une insurrection depuis 1989

En 2023, l’Inde a accueilli une réunion du G20 sur le tourisme à Srinagar placée sous haute sécurité pour montrer que le calme était de retour, après la répression massive qui avait suivi l’annulation de l’autonomie limitée de la région par New Delhi en 2019.

De nombreux complexes touristiques sont en cours de développement, y compris certains situés près de la frontière fortement militarisée qui divise le Cachemire entre l’Inde et le Pakistan.

Des rebelles de la région à majorité musulmane mènent une insurrection depuis 1989. Ils réclament l’indépendance ou une fusion avec le Pakistan, qui contrôle une partie plus petite de la région du Cachemire et, comme l’Inde, revendique la région dans son intégralité.

L’Inde accuse régulièrement le Pakistan de soutenir les combattants. Islamabad nie cette accusation, affirmant seulement son soutien à l’autodétermination du Cachemire.

L’attaque la plus marquante de ces dernières années a eu lieu à Pulwama en février 2019, lorsque des insurgés ont percuté un convoi de police avec une voiture remplie d’explosifs, tuant 40 personnes et en blessant au moins 35 autres.

L’attaque contre des civils la plus meurtrière remonte à mars 2000, lorsqu’une trentaine de civils indiens avaient été tués.

Tensions commerciales : Trump annonce une baisse des droits de douane envers la Chine, Pékin appelle l’Europe à défendre le commerce mondial

Le président états-unien Donald Trump a annoncé mardi 22 avril une réduction « substantielle » des droits de douane imposés à la Chine, dans un geste d’apaisement qui pourrait marquer un tournant dans les relations commerciales sino-états-uniennes. Dans le même temps, Pékin appelle le Royaume-Uni et l’Union européenne à jouer un rôle actif dans la défense du commerce multilatéral, face à ce qu’il qualifie d’« intimidation unilatérale » de Washington.

Une désescalade tarifaire annoncée

Lors d’une cérémonie à la Maison Blanche, Donald Trump a surpris en indiquant vouloir revoir à la baisse les surtaxes imposées à la Chine, qui atteignent actuellement 145 %. Bien qu’il ait affirmé qu’il ne ramènerait pas les tarifs « à zéro », il a laissé entendre qu’un accord avec Pékin pourrait être proche : « Nous allons être très gentils, ils vont être très gentils, et nous verrons bien ce qui se passe », a-t-il déclaré, ajoutant que « c’est nous qui fixerons les termes de l’accord ».

Ce revirement a immédiatement rassuré les marchés : les Bourses asiatiques, de Tokyo à Hong Kong, ont rebondi le 23 avril, tandis que le dollar regagnait du terrain.

Maintien de Jerome Powell à la tête de la Fed

En parallèle, Donald Trump a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de limoger le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. Cette clarification intervient après plusieurs semaines de critiques virulentes de Trump envers la Fed, qui avaient déstabilisé les marchés financiers. Le maintien de Powell est perçu comme un autre signal d’apaisement destiné aux investisseurs.

Un contexte tendu : surtaxes croisées et inquiétude sur les échanges

Début avril, l’administration Trump avait imposé une vague de tarifs douaniers punitifs sur les produits importés, touchant à la fois l’Europe, l’Asie et plus particulièrement la Chine. Les surtaxes ont été ramenées à 10 % pour tous les partenaires sauf Pékin, pour qui elles sont restées à 145 %. En réponse, la Chine a imposé des droits de 125 % sur les produits états-uniens.

Le secrétaire au Trésor états-unien, Scott Bessent, a reconnu lors d’un échange privé à Washington que cette situation était intenable, qualifiant les surtaxes d’« embargo commercial » nuisant aux deux économies.

Pékin sollicite Londres et Bruxelles

Face à cette guerre commerciale ouverte, la Chine intensifie ses efforts diplomatiques. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a exhorté le Royaume-Uni et l’Union européenne à « protéger l’ordre commercial multilatéral ». Lors d’un appel téléphonique avec son homologue britannique, David Lammy, il a confirmé que des discussions économiques sont « en cours de préparation ». Un message similaire a été adressé à l’Autriche et, plus largement, à Bruxelles.

Wang Yi a insisté sur la nécessité, pour la Chine et l’Europe, de « défendre d’un commun accord » un commerce international fondé sur des règles, en opposition aux pratiques « unilatérales » des États-Unis.

Syrie : deux hauts responsables du Jihad islamique palestinien arrêtés à Damas

Les nouvelles autorités syriennes ont procédé à l’arrestation de deux figures clés du Jihad islamique palestinien, organisation soutenue par l’Iran et impliquée aux côtés du Hamas dans les attaques du 7 octobre 2023 contre Israël. Cette arrestation marque un tournant stratégique majeur pour la Syrie post-Assad, qui cherche à se rapprocher des puissances occidentales.

Une arrestation inattendue

Dans un communiqué publié le 22 avril, les brigades Al-Qods, branche armée du Jihad islamique, ont annoncé que Khaled Khaled, responsable des opérations du mouvement en Syrie, et Yasser al-Zafari, coordinateur du comité d’organisation, ont été arrêtés il y a cinq jours à Damas. Le groupe a dénoncé une interpellation « sans explication » et « d’une manière que nous n’aurions pas escomptée de la part de nos frères ».

Un responsable du ministère syrien de l’Intérieur a confirmé leur détention sans toutefois fournir de détails sur les raisons de leur arrestation.

Rupture stratégique avec Téhéran

Sous l’ancien président Bachar el-Assad, la Syrie entretenait des liens étroits avec l’Iran et servait de base arrière aux groupes armés comme le Jihad islamique. Mais depuis la chute du régime en décembre dernier et l’arrivée au pouvoir du président Ahmed al-Charaa, Damas a profondément revu sa politique étrangère.

En quête de reconstruction après 14 années de guerre civile, le nouveau pouvoir syrien s’efforce désormais de rompre avec l’axe iranien et de répondre aux exigences occidentales, en particulier celles des États-Unis. Selon plusieurs sources citées par Reuters, Washington a posé des conditions strictes à une levée partielle des sanctions, notamment l’expulsion des groupes armés palestiniens soutenus par l’Iran.

Damas se rapproche de l’Occident

L’arrestation de ces deux figures du Jihad islamique s’inscrit clairement dans cette stratégie de normalisation avec l’Occident. Elle constitue un signal fort envoyé aux États-Unis et à leurs alliés, en particulier Israël, qui considère le Jihad islamique comme une organisation terroriste.

En s’éloignant de ses anciens alliés iraniens et en réprimant les activités de groupes considérés comme terroristes par l’Occident, la Syrie d’Ahmed al-Charaa cherche à rompre avec l’héritage Assad et à redevenir un acteur fréquentable sur la scène internationale.

Cette nouvelle orientation pourrait redessiner les équilibres régionaux, affaiblissant l’influence de Téhéran en Syrie et modifiant en profondeur la dynamique du soutien aux groupes armés palestiniens.

Guerre en Ukraine : les discussions prévues à Londres reportées, tandis que Poutine aurait proposé un cessez-le-feu le long de la ligne de front

Alors que les efforts diplomatiques se multiplient pour mettre fin à plus de trois années de guerre en Ukraine, une nouvelle étape devait se jouer ce mercredi à Londres. L’Ukraine, les États-Unis et plusieurs pays européens devaient s’y retrouver pour un nouveau cycle de pourparlers. Mais le rendez-vous a été reporté à la dernière minute, a annoncé le ministère britannique des Affaires étrangères, invoquant une reprogrammation sans fournir de nouvelle date.

Malgré cela, les discussions se poursuivent en coulisses. « Les discussions entre conseillers se poursuivent mais sont fermées aux médias », a précisé le Foreign Office. Ce round de négociations faisait suite à des échanges similaires tenus à Paris la semaine précédente.

Une délégation ukrainienne tout de même présente

Kiev était censée être représentée à Londres par plusieurs hauts responsables : le chef de l’administration présidentielle Andriï Iermak, le ministre de la Défense Roustem Oumerov, et le vice-ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga. Le Royaume-Uni devait accueillir également le général Keith Kellogg, émissaire spécial des États-Unis pour l’Ukraine, et Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, au nom de la France.

Bien que la rencontre ministérielle ait été ajournée, Andriï Iermak a confirmé sa présence à Londres ce mercredi avec deux ministres ukrainiens. Il a réaffirmé sur Telegram la volonté de Kiev de continuer à œuvrer pour la paix, précisant que les discussions porteraient notamment sur « les moyens de parvenir à un cessez-le-feu complet et inconditionnel ».

Un cessez-le-feu proposé par Moscou ?

Selon le Financial Times, le président russe Vladimir Poutine aurait récemment proposé un gel des combats sur la ligne de front actuelle, à condition que certaines de ses exigences soient acceptées. Parmi elles : la reconnaissance internationale de l’annexion de la Crimée par la Russie (datant de 2014) et la garantie que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN.

L’émissaire états-unien Steve Witkoff aurait été informé de cette proposition lors d’une rencontre avec les Russes début avril. Il est d’ailleurs attendu cette semaine à Moscou, même si aucune date précise n’a été dévoilée par la Maison Blanche ou le Kremlin.

De leur côté, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, semblent vouloir accélérer les discussions. Trump a déclaré dimanche espérer un accord « dans la semaine », sans en révéler les détails. Selon des médias états-uniens, le plan envisagé inclurait une reconnaissance informelle du contrôle russe sur la Crimée, mais maintiendrait la souveraineté ukrainienne sur les territoires occupés depuis 2022, malgré leur occupation militaire russe.

Des désaccords majeurs entre alliés

Mais cette approche divise. Kiev et ses alliés européens, notamment la Pologne et les pays baltes, exigent un retour aux frontières d’avant 2014, ce qui inclut la Crimée. Une position qualifiée d’« irréaliste » par le ministre états-unien de la Défense Pete Hegseth en février dernier.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a de son côté critiqué mardi l’approche des États-Unis, affirmant que Washington n’a pas encore utilisé tous les outils diplomatiques et économiques à sa disposition pour faire pression sur Moscou.

Vers des négociations directes ?

Face à cette situation complexe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué mardi que l’Ukraine était prête à engager des discussions directes avec la Russie, mais uniquement après l’instauration d’un cessez-le-feu. Cette ouverture fait suite à des signaux de Moscou laissant entendre que Vladimir Poutine serait favorable à la reprise de négociations bilatérales.

Par ailleurs, Zelensky a révélé vouloir s’entretenir avec Donald Trump ce samedi au Vatican, où tous deux assisteront aux obsèques du pape François. Cette rencontre pourrait être décisive pour l’évolution des négociations.

Une fenêtre diplomatique fragile

Pour l’instant, les pourparlers progressent avec prudence. À l’issue de la réunion de Paris, le secrétaire d’État états-unien a rappelé que Washington pourrait se retirer des discussions si elles apparaissaient vouées à l’échec. « Il n’y a pas de calendrier strict, mais nous voulons régler cela rapidement », a déclaré Trump vendredi dernier.

Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts et que la Russie a repris ses frappes aériennes, les espoirs d’un cessez-le-feu durable restent minces, mais le climat diplomatique semble évoluer. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si la paix est encore envisageable ou si le conflit risque de s’enliser davantage.