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Présidentielle en Côte d’Ivoire : Tidjane Thiam élu candidat du principal parti d’opposition

L’ancien ministre et banquier international Tidjane Thiam a été élu jeudi candidat du principal parti d’opposition pour la présidentielle du 25 octobre en Côte d’Ivoire, lors d’une convention à laquelle il était le seul à se présenter.(Source: AFP).

Mais tout n’est pas gagné pour autant: actuellement hors du pays, M. Thiam, 62 ans, est bousculé par une polémique sur sa nationalité qui pourrait le fragiliser dans sa course à la présidence.

Dans le même temps, à six mois du scrutin dans le pays le plus riche de l’Afrique de l’ouest francophone, des tensions secouent le paysage politique, notamment liées à l’inéligibilité de trois opposants, dont l’ancien président Laurent Gbagbo.

De son côté, le président Alassane Ouattara, 83 ans, n’a pas indiqué s’il comptait ou non briguer un quatrième mandat mais s’est dit en janvier « désireux de continuer à servir son pays ».

Tidjane Thiam a obtenu 99,50% des voix exprimées, soit 5.321, avec un taux de participation de 93,17%, selon les résultats globaux provisoires. A l’annonce des résultats, la centaine de militants a scandé « Titi président », le surnom de leur champion, avant d’entonner l’hymne du parti.

« Nous sommes aux anges, très heureux, très fiers du résultat. C’est la confirmation que notre chef a toujours été le choix de la base », a indiqué à l’AFP Eugénie Kouadio, conseillère régionale.

Grâce à ses années passées à l’étranger, « il n’a pas de passé conflictuel, contrairement aux autres candidats », a renchéri André N’Guessan, 48 ans, qui travaille dans une institution internationale.

Plusieurs milliers de militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) – seulement des membres d’organes décisionnaires ou des responsables de sections étaient appelés mercredi à glisser leur bulletin dans près de 400 bureaux installés dans le pays et à l’étranger.

Pas « bien connu »

Pour le politologue Geoffroy Kouao, M. Thiam n’est pas « bien connu des Ivoiriens » et « le PDCI doit redoubler d’efforts en termes de communication politique et de rencontres ».

Le chef du PDCI a en effet été absent du pays pendant plus de 20 ans pour une carrière à l’étranger à la tête de grandes entreprises financières telles Aviva, Prudential ou Credit Suisse.

Dans son entourage, on assure que son expérience internationale est un atout et que sa popularité reste intacte à travers tout le pays.

La campagne de Tidjane Thiam est d’autre part parasitée depuis plusieurs semaines par une polémique concernant sa nationalité.

Né en Côte d’Ivoire, il a acquis la nationalité française en 1987 et y a renoncé en mars dernier, afin de se présenter à la présidentielle, scrutin pour lequel un candidat ne peut être binational.

Mais selon ses détracteurs, l’acquisition d’une autre nationalité l’a automatiquement déchu de sa nationalité ivoirienne, en vertu de l’article 48 du code de la nationalité, datant des années 1960.

Le PDCI a dénoncé des « manœuvres » du pouvoir afin d’empêcher M. Thiam d’être candidat. « Ce sont des manipulations du parti au pouvoir pour empêcher un candidat qui fait peur d’aller aux élections », a renchéri Claude M’Bahia, ingénieur de 59 ans, présent lors de la proclamation des résultats.

Jeudi soir, Tidjane Thiam s’est réjouit de sa victoire et a remercié ses militants qui l’ont « honoré » en dépit de « tout le venin qui a été distillé » concernant sa « nationalité » et « sa personnalité ».

« Octobre 2025 est encore loin, je sais que je ne serai pas épargné », a-t-il ajouté dans une interview diffusée sur les réseaux sociaux.

La commission électorale a par ailleurs rejeté jeudi les requêtes contestant l’inscription de M.Thiam sur les listes électorales, une procédure judiciaire est toutefois toujours en cours.

Des opposants inéligibles

Mais à mesure que l’échéance approche, les tensions montent dans l’opposition, qui multiplie les meetings. Trois figures politiques ont affirmé leur intention d’être candidates à la présidentielle, même si elles sont inéligibles en raison de condamnations judiciaires.

Il s’agit de l’ancien président Laurent Gbagbo (2000-2011), investi par le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), de son ancien bras droit Charles Blé Goudé, et de l’ancien Premier ministre et ex-chef rebelle Guillaume Soro, en exil.

Le nom des trois hommes n’apparaît pas sur la liste électorale provisoire, dont la version définitive sera publiée en juin.

En outre, le PDCI de Thiam et le PPA-CI de Gbagbo ont annoncé suspendre leur participation à la Commission électorale, en dénonçant le manque d’indépendance de cet organe chargé d’organiser les élections.

Le parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a répondu qu’il « n’entend pas se laisser distraire par tout ce vacarme orchestré par une opposition qui, en réalité, a peur des élections ».

Belize:Un pirate de l’air états-unien abattu après avoir tenté de détourner un avion

Un citoyen états-unien armé d’un couteau a tenté jeudi de détourner un petit avion au Belize mais a été abattu par un passager, ont indiqué les autorités locales.(Source : AFP).

L’avion Cessna Grand Caravan de la compagnie aérienne bélizienne Tropic Air avait décollé dans la matinée avec 16 occupants depuis Corozal (nord) en direction de l’île de San Pedro, lorsque le pirate de l’air a ordonné au pilote, sous la menace d’un couteau, de se détourner de sa route.

«Peu après le décollage, l’avion a été détourné par un passager à bord, citoyen américain. Il semblerait qu’il soit vétéran de guerre», a déclaré le commissaire de police Chester Williams à Channel 5.

«Un évènement extraordinaire et rare»
«D’après nos informations, ce pirate de l’air exigeait à sortir du pays», a indiqué un responsable de l’aéroport, Philip Goldson.

L’appareil a survolé pendant deux heures l’aéroport international de Belize, avant de se poser, sur le point de manquer de carburant.
Pour des raisons qui doivent être encore élucidées, le pirate de l’air aurait poignardé deux passagers et l’un d’eux lui a tiré mortellement dessus, selon des médias locaux.

Le pilote et ces deux passagers, dont l’auteur du tir qui selon les autorités possédait une licence de port d’arme, ont été blessés dans l’incident.

Le pirate de l’air a été identifié comme étant Akinyela Sawa Taylor, 49 ans. Le gouvernement du Belize a déclaré avoir ouvert une enquête et renforcé les mesures de sécurité dans tous ses aéroports. «Il s’agit d’un évènement extraordinaire et rare», a-t-il souligné dans un communiqué.

Les opérations temporairement suspendues à l’aéroport Philip Goldson

L’ambassade États-unienne au Belize a exprimé ses regrets, soulignant n’avoir eu aucun contact avec Akinyela Sawa Taylor pendant le détournement, ni connaissance de sa présence au Belize.

«Nous souhaitons que le Belize et la région restent sûrs, non seulement pour les Beliziens, mais aussi pour les nombreux Américains qui voyagent ou résident ici», a déclaré Luke Martin, un responsable de l’ambassade américaine.

Les opérations ont été temporairement suspendues à l’aéroport Philip Goldson avant de reprendre en fin de journée. Le Cessna Grand Caravan est un avion pouvant transporter de 10 à 14 personnes.

La BCE abaisse une nouvelle fois ses taux pour soutenir une économie fragilisée par la guerre commerciale

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé ce jeudi une nouvelle baisse de ses taux d’intérêt directeurs, une mesure visant à soutenir la croissance économique de la zone euro, mise à mal par l’intensification des tensions commerciales avec les États-Unis. Il s’agit de la septième baisse consécutive depuis juin 2024, confirmant un tournant majeur de la politique monétaire européenne.

Le taux de dépôt, référence pour les banques commerciales, a été abaissé de 25 points de base pour atteindre 2,25 %. Ce niveau, selon l’institution présidée par Christine Lagarde, n’est désormais « plus jugé pénalisant » pour l’activité économique.

Trump impose ses règles, la BCE réagit

Cette décision survient dans un climat économique tendu, dominé par la guerre commerciale ouverte par Donald Trump. Depuis début avril, le président américain a imposé des surtaxes douanières généralisées de 10 %, et jusqu’à 145 % sur les produits chinois, affectant fortement les chaînes de valeur mondiales. L’Union européenne, bien que temporairement épargnée par les hausses les plus drastiques, n’est pas en reste. Le secteur automobile est taxé à 25 %, et des enquêtes ciblent les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques européens.

Cette politique agressive de Washington provoque de fortes inquiétudes du côté de Francfort. La BCE souligne que « les perspectives de croissance se sont détériorées du fait de l’intensification des tensions commerciales », tandis que la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a mis en garde mercredi contre des conséquences « sévères et imprévisibles » pour l’économie mondiale.

La BCE reste vigilante sur l’inflation

Malgré la baisse des taux, la BCE n’oublie pas sa mission principale : la stabilité des prix. L’inflation en zone euro s’établissait à 2,2 % en mars, un chiffre proche de la cible de 2 %, permettant une certaine flexibilité monétaire. Dans son communiqué, la banque se félicite que la désinflation soit en bonne voie, tout en surveillant les éventuelles pressions inflationnistes qui pourraient revenir à cause des droits de douane.

Les craintes portent aussi sur les tensions financières globales : le dollar recule, les marchés sont chahutés, et les rendements des bons du Trésor américain augmentent, augmentant le risque d’un ralentissement de l’investissement et de la consommation.

« La BCE surveille la situation de près et reste prête à intervenir si nécessaire », a affirmé Christine Lagarde depuis Varsovie, en marge d’une réunion des ministres des Finances européens.

Vers de nouvelles baisses ?

La BCE n’a pas donné d’indications claires sur ses prochaines décisions, mais plusieurs économistes n’excluent pas de nouvelles baisses à venir, certains anticipant un taux de dépôt à 1,75 % dans les prochains mois. L’évolution dépendra largement des prochaines données économiques et des réactions de Washington et Pékin sur le front commercial.

Retour sur un changement de cap monétaire

Depuis l’été 2024, la BCE a changé de cap, après deux années de resserrement monétaire initié pour contenir l’inflation causée par la guerre en Ukraine et la crise énergétique. L’environnement mondial plus instable, combiné à la prudence allemande sur le budget et à la hausse des dépenses militaires en Europe, a rebattu les cartes. Initialement, les responsables européens évoquaient une pause dans les baisses de taux, mais le choc externe provoqué par la guerre commerciale les a poussés à agir plus vite.

Guerre à Gaza : le Hamas rejette la dernière proposition de trêve israélienne et refuse tout accord partiel

Jeudi 17 avril, le Hamas a catégoriquement rejeté la dernière proposition de trêve israélienne, qualifiée de « partielle », réaffirmant son refus de tout accord qui ne mettrait pas un terme complet au conflit dans la bande de Gaza. Lors d’une déclaration télévisée, le négociateur en chef du mouvement palestinien, Khalil al-Hayya, a accusé le gouvernement de Benyamin Nétanyahou d’utiliser ce type d’accord pour servir ses propres intérêts politiques.

« Les accords partiels sont utilisés par Nétanyahou et son gouvernement comme couverture pour son projet politique, et nous ne participerons pas à cette politique », a affirmé Khalil al-Hayya.

Le Hamas se dit toutefois disposé à conclure un accord global, comprenant l’arrêt total des hostilités, le retrait complet des forces israéliennes de Gaza, la libération de tous les prisonniers palestiniens en échange de la libération de tous les otages israéliens, ainsi que le lancement d’un plan de reconstruction du territoire.

Une réponse écrite transmise aux médiateurs

La réponse officielle du Hamas à la proposition israélienne a été transmise jeudi soir aux médiateurs égyptiens et qataris. Selon un responsable du Hamas, l’offre israélienne prévoyait :

•Une trêve d’au moins 45 jours,

•La libération de 10 otages israéliens vivants,

•La libération de 1 231 prisonniers palestiniens détenus en Israël,

•Et un accès élargi à l’aide humanitaire dans Gaza.

Israël aurait également conditionné une fin permanente du conflit au désarmement total du Hamas, une ligne rouge inacceptable pour le mouvement palestinien.

« La résistance et ses armes sont liées à la présence de l’occupation israélienne. Elles constituent un droit naturel pour notre peuple, comme pour tous les peuples vivant sous occupation », a réaffirmé Khalil al-Hayya.

L’armée israélienne poursuit son offensive

Depuis la reprise des combats le 18 mars, après deux mois de trêve, l’armée israélienne a intensifié ses opérations terrestres et aériennes dans plusieurs zones de Gaza. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, connu pour ses positions ultranationalistes, a appelé jeudi à « intensifier les combats » face au refus du Hamas.

Jusqu’à présent, le gouvernement israélien n’a pas officiellement réagi à la réponse du Hamas.

France : Rima Hassan (LFI) entendue par la police judiciaire pour des accusations d’apologie du terrorisme et de menaces

L’eurodéputée Rima Hassan, élue en 2024 sur la liste de La France Insoumise (LFI), a été auditionnée ce mercredi 16 avril par les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), à Paris. Cette audition s’est déroulée dans le cadre d’une procédure en audition libre, c’est-à-dire sans garde à vue.

Selon des informations relayées par Europe 1, plusieurs plaintes ont été déposées contre elle, notamment pour des faits présumés de “menaces de mort” et “apologie du terrorisme”. Le parquet de Paris a confirmé que les investigations étaient toujours en cours.

Déjà en avril 2024, Rima Hassan avait été convoquée avec Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, par la Direction nationale de la police judiciaire pour des faits similaires. L’eurodéputée est notamment connue pour son engagement en faveur de la cause palestinienne, ce qui alimente une forte controverse autour de ses déclarations publiques et de ses prises de position sur les réseaux sociaux.

Les faits reprochés portaient sur une “apologie publique d’un acte de terrorisme commis au moyen d’un service de communication en ligne”, selon les termes juridiques évoqués par les enquêteurs.

Mathilde Panot, pour sa part, avait été entendue dans le cadre d’un communiqué publié par LFI le 7 octobre 2023, au moment de l’attaque du Hamas contre Israël. Ce texte qualifiait l’assaut du Hamas d’“offensive armée de forces palestiniennes”, et le mettait en parallèle avec “l’intensification de la politique d’occupation israélienne”. Cette prise de position avait suscité une vive polémique politique.

Fin janvier, Mathilde Panot avait annoncé le classement sans suite de cette procédure à son encontre. En revanche, concernant Rima Hassan, les démarches judiciaires se poursuivent.

Tensions commerciales : Trump prêt à baisser les droits de douane contre la Chine et confiant pour un accord avec l’UE

Alors que la guerre commerciale entre Washington et Pékin s’intensifie, le président américain Donald Trump a laissé entendre jeudi 17 avril qu’il pourrait mettre fin à la spirale de hausses de droits de douane engagée contre la Chine. Il a également exprimé sa confiance dans la perspective d’un accord avec l’Union européenne, malgré des tensions persistantes.

Vers une désescalade entre Washington et Pékin ?

Actuellement, les États-Unis imposent des surtaxes pouvant atteindre 145 % sur certains produits chinois. En riposte, la Chine a décidé d’augmenter ses propres droits de douane sur les importations américaines, les faisant passer de 84 % à 125 %. Face à l’inquiétude croissante des marchés, Trump a tempéré son discours.

“Je ne veux pas qu’ils augmentent davantage, car à un certain point, les gens n’achètent plus”, a-t-il déclaré. “Je voudrais peut-être les baisser, car on sait qu’on veut que les gens achètent.”

Trump a également révélé que la Chine avait repris contact avec Washington depuis l’entrée en vigueur des nouvelles surtaxes. Bien que les détails des discussions restent flous, il s’est montré optimiste quant à la conclusion prochaine d’un “très bon accord avec la Chine”.

De son côté, Pékin a annoncé qu’il ne souhaitait pas “jouer au jeu des chiffres”, affirmant qu’il ne relèverait pas davantage ses propres surtaxes pour le moment, un signal qui pourrait indiquer une volonté d’apaisement.

TikTok : un accord reporté dans l’attente de Pékin

Par ailleurs, Trump s’est exprimé sur le sort de TikTok, la populaire application chinoise menacée d’interdiction aux États-Unis. Un accord est en préparation pour forcer sa maison-mère, ByteDance, à vendre ses activités américaines.

“Nous avons un accord sur TikTok, mais il est soumis à la Chine. Nous devons repousser l’accord jusqu’à ce que les choses se résolvent d’une façon ou d’une autre”, a déclaré Trump.

Ce dossier reste donc en suspens, dans l’attente de signaux plus clairs venant de Pékin.

L’Union européenne dans le viseur, mais Trump se montre confiant

En parallèle, Donald Trump a rappelé avoir imposé une taxe de 20 % sur tous les produits venant de l’Union européenne au début du mois d’avril. Ces mesures ont cependant été suspendues pour une durée de 90 jours, afin de laisser place à la négociation.

“Je suis sûr à 100 % qu’on trouvera un accord avec l’Union européenne”, a-t-il affirmé, quelques minutes après s’être entretenu avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni, en visite à Washington.

Celle-ci a salué Trump comme un “partenaire fiable”, tout en reconnaissant qu’elle ne pouvait parler au nom de toute l’Union européenne. Elle a proposé d’organiser une rencontre officielle entre Trump et les dirigeants européens, et a invité le président américain à visiter l’Italie.

Meloni, interlocutrice privilégiée de Trump en Europe ?

Les relations personnelles entre Trump et Meloni sont qualifiées de “très spéciales” par les observateurs. La Première ministre italienne, cheffe d’une coalition ultraconservatrice, a été la seule dirigeante européenne invitée à l’investiture de Trump en janvier.

“C’est une dirigeante fantastique”, a lancé Trump.

Des responsables américains estiment qu’elle pourrait jouer un rôle de médiatrice entre l’UE et les États-Unis. “Nous espérons que la Première ministre et le président seront en mesure de faire avancer les choses”, a déclaré un proche de l’administration.

Une BCE vigilante face aux incertitudes économiques

Sur fond de tensions commerciales, la Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé une baisse de 0,25 point de ses taux directeurs, afin de stimuler l’économie de la zone euro. Sa présidente, Christine Lagarde, a insisté sur la nécessité de rester “agile” face à l’imprévisible, en référence aux risques que font peser les politiques douanières américaines sur l’économie mondiale.

Malgré une guerre commerciale en apparence relancée, Donald Trump semble vouloir ouvrir la voie à une désescalade, tant avec la Chine qu’avec l’Union européenne. Reste à savoir si ses annonces seront suivies d’actes concrets et si Pékin et Bruxelles répondront favorablement à ses appels. Les prochaines semaines pourraient être décisives pour l’équilibre économique mondial.

Guerre en Ukraine : Ce qu’il faut retenir de la première réunion à Paris entre Américains, Européens et Ukrainiens

Les échanges sur la situation en Ukraine, tenus jeudi à Paris avec la participation de hauts responsables américains, ont été jugés “excellents” par l’Élysée. La présidence française a mis en avant l’importance d’avoir lancé un “processus positif incluant les Européens”. Une nouvelle rencontre est prévue la semaine prochaine à Londres.(Avec : AFP et Reuters).

La France a salué un « excellent échange » sur l’Ukraine jeudi 17 avril à Paris, dans un format « inédit » entre Américains, Ukrainiens, Français, Britanniques et Allemands. Une réunion qui a « permis de converger » sur l’objectif d’une « paix solide » entre Kiev et Moscou.

« Nous avons déclenché aujourd’hui à Paris un processus qui est positif et auquel les Européens sont associés », s’est félicitée la présidence française à l’issue d’une série de réunions notamment autour d’Emmanuel Macron, du secrétaire d’État américain Marco Rubio et de Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump.

Une nouvelle réunion des émissaires de ces cinq pays est prévue la semaine prochaine à Londres, en présence notamment de Steve Witkoff, alors que les Européens craignent depuis des semaines d’être mis à l’écart des négociations entre les États-Unis et la Russie.

Selon un conseiller d’Emmanuel Macron, les responsables ukrainiens et européens ont souligné leur « soutien commun » à « l’objectif du président Donald Trump de mettre fin rapidement à la guerre en Ukraine » et à « la nécessité d’un cessez-le-feu complet le plus rapidement possible ».

Ce cessez-le-feu devrait « se baser sur la ligne de contact (ligne de front) telle qu’elle est », en tenant compte des territoires ukrainiens « occupés par la Russie », a estimé l’Élysée.

Selon un communiqué du département d’État, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a appelé dans la soirée son homologue russe Sergueï Lavrov pour lui faire part des discussions à Paris, soulignant que « la paix est possible » si chacune des parties s’engagent à un accord.

« L’accueil encourageant réservé à Paris au cadre américain montre que la paix est possible si toutes les parties s’engagent à parvenir à un accord », a-t-on ajouté de même source.

« Les Américains sont prêts à discuter la question des garanties de sécurité »

Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a réengagé de manière spectaculaire le dialogue avec la Russie de Vladimir Poutine, laissant craindre à Kiev et aux Européens une négociation à laquelle ils ne seraient pas associés. L’Ukraine et les États-Unis sont finalement tombés d’accord sur le principe d’un cessez-le-feu complet, mais la Russie n’y a pas encore répondu favorablement.

De leur côté, une « coalition de volontaires », essentiellement européens, travaille sous la houlette de la France et du Royaume-Uni à des « garanties de sécurité » à apporter à Kiev dans le cadre d’un futur accord de paix, y compris une possible « force de réassurance » à déployer en Ukraine. Mais plusieurs de ces pays exigent un filet de sécurité américain pour y participer.

« Les Américains sont prêts à discuter la question des garanties de sécurité », s’est borné à dire jeudi à l’issue des rencontres parisiennes la présidence française, assurant que Washington « apprécie » le travail franco-britannique en ce sens.

« Il y a une volonté de travailler très étroitement avec nos partenaires ukrainiens, avec nos partenaires américains, de telle façon que la paix qui devra être négociée entre l’Ukraine et la Russie soit au bénéfice évidemment de l’Ukraine et aussi de la sécurité de tous en Europe », a encore dit l’entourage d’Emmanuel Macron.

Il a estimé que la présence de Marco Rubio et Steve Witkoff démontrait « l’importance qu’ils accordent » au « rôle des Européens ».

Football – Drame en Chine : la police révèle les causes du décès du joueur gabonais Aaron Boupendza

Le monde du football gabonais est en deuil. Aaron Boupendza, attaquant international de 28 ans, est décédé tragiquement ce mercredi 16 avril 2025 en Chine, après une chute mortelle du 11e étage d’un immeuble situé dans la province du Zhejiang. La police locale a confirmé que la thèse criminelle était écartée.

L’annonce a provoqué un choc au sein de la communauté sportive gabonaise. Auteur de 8 buts en 34 sélections avec les Panthères, Boupendza était l’un des visages marquants du football national. Formé au CF Mounana au Gabon, il s’était révélé au grand public durant son passage en Turquie avec Hatayspor, où il avait inscrit 22 buts en Süper Lig. Passé également par les Girondins de Bordeaux entre 2016 et 2020 (où il n’aura évolué qu’avec l’équipe réserve), il avait été prêté à Pau, Gazélec Ajaccio et Tours, avant de poursuivre sa carrière en Roumanie, en MLS avec le FC Cincinnati, et dernièrement au Zhejiang Professional Football Club en Chine.

Dans un communiqué, la police chinoise a apporté des précisions sur les circonstances du drame :

« À environ 13h14 le 16 avril 2025, notre bureau a reçu un appel du public qui déclarait que quelqu’un était tombé d’un bâtiment dans une communauté résidentielle sous sa juridiction. […] Il a été vérifié que le défunt Aaron Boupendza, homme de 28 ans, citoyen de la République du Gabon, est un joueur étranger du Zhejiang Professional Football Club. »

L’enquête policière a permis d’écarter toute implication criminelle :

« Après une enquête sur place, un traçage vidéo et d’autres travaux par les organes de sécurité publique, il a été constaté qu’il avait fait une chute mortelle du balcon de la résidence louée. L’affaire pénale a été exclue. »

Les premiers éléments laissent ainsi penser à un suicide, bien que les autorités ne se soient pas exprimées explicitement sur les motivations possibles du joueur.

La disparition soudaine d’Aaron Boupendza laisse un grand vide dans le football africain. Son talent, son énergie et son parcours atypique avaient fait de lui une figure respectée sur et en dehors des terrains. Les hommages affluent de toutes parts, tandis que ses anciens clubs et coéquipiers expriment leur immense tristesse.

Tchad: le président Déby radie plusieurs hauts-gradés pour faute grave

Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a radié pour faute grave une dizaine d’officiers des forces de sécurité et défense, la plupart Zaghawa, le clan au pouvoir, sur fond de dissensions sur le conflit soudanais.(Source : AFP).

Neuf militaires haut gradés ont été rétrogradés dimanche et « radiés du contrôle des effectifs des Forces de Défense et de Sécurité pour faute grave » et trois policiers révoqués pour le même motif, indiquent plusieurs décrets publiés lundi et signés par le président Déby, sans plus de précisions sur les circonstances.

Jeudi dernier,le général d’armée Abdelrahim Bahar Mahamat Itno, cousin du président Déby, avait lui aussi été rétrogradé et radié pour « faute grave », selon un autre décret.

Cet ancien chef de la sécurité présidentielle, ex-chef d’état-major des armées et membre influent de la famille présidentielle, a récemment fait des déclarations virulentes contre le régime du président Déby dans des groupes communautaires en langue Zaghawa.

Les relations demeurent particulièrement tendues au sein de la famille Déby et plus généralement au sein du clan Zaghawa dont elle est issue. Cette ethnie minoritaire présente dans le nord et l’est du Tchad règne sans partage sur le pays depuis 1990.

La guerre au Soudan voisin entre l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des FSR menés par son ancien allié, le général Mohamed Hamdane Daglo, nourrit les tensions au sein du clan.

Le président Déby a été plusieurs fois accusé de livrer des armes aux FSR pour le compte des Emirats arabes Unis, ce qu’il a toujours démenti. En même temps, certains Zaghawa du Tchad se sont engagés dans le camp adverse, avec les Zaghawa du Soudan qui prêtent main forte au général al-Burhane.

La présence à El Facher, au sud-ouest du Soudan, d’une rébellion zaghawa dirigée par Ousman Dillo, le frère cadet de l’opposant tchadien Yaya Dillo Djérou tué par l’armée tchadienne en 2024, est le principal sujet d’inquiétude de N’Djamena.

En février 2008, une rébellion de Zaghawa basés au Soudan avait lancé une offensive éclair au Tchad avec d’autres groupes, contraignant l’ancien président Idriss Déby Itno, le père de l’actuel président, à se réfugier dans son palais présidentiel avant de réussir à repousser les rebelles avec le soutien décisif de l’armée française.

A sa mort en 2021, son fils a été proclamé par l’armée président de transition à la tête d’une junte de 15 généraux en 2021, puis légitimé par les urnes en 2024.

La guerre en cours depuis deux ans jour pour jour au Soudan voisin a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 11 millions de personnes, et créé des risques de famine généralisée, dans ce que l’ONU considère comme la pire crise humanitaire récente.

Soudan du Sud : HRW dénonce l’utilisation d’armes incendiaires – la communauté internationale réclame un cessez-le-feu et promet 800 millions d’euros d’aide

L’organisation Human Rights Watch (HRW) tire la sonnette d’alarme sur la situation dans l’État du Haut-Nil, au Soudan du Sud, où elle accuse le gouvernement du président Salva Kiir d’avoir utilisé des armes incendiaires contre des zones civiles. Selon HRW, ces attaques, qui se seraient intensifiées à partir du 16 mars, ont fait au moins 58 morts et provoqué de graves brûlures sur plusieurs autres personnes.

Les frappes ont visé notamment les localités de Mathiang, Longechuk et Nasir, des bastions réputés proches de Riek Machar, vice-président actuellement placé en résidence surveillée. Ces bombardements ont été menés par voie aérienne, avec des armes conçues pour provoquer des incendies, affirme l’ONG.

Des armes interdites dans les zones civiles

Nyagoah Tut Pur, chercheuse à HRW, dénonce une violation flagrante du droit international :

« Il existe une convention, la Convention sur certaines armes classiques, qui interdit clairement l’usage d’armes larguées par voie aérienne conçues pour incendier ou brûler, surtout dans des zones où se trouvent des civils. C’est précisément ce qui s’est produit dans les régions affectées. »

Le Soudan du Sud n’est pas signataire de ce protocole spécifique, mais pour HRW, cela ne justifie en rien l’usage de telles armes :

« Leur utilisation contre des populations civiles montre l’urgence de renforcer l’application de cette convention et de garantir le respect du droit international humanitaire. »

Une guerre aux ramifications régionales

Ces attaques surviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les forces loyales au président Salva Kiir et celles soutenant Riek Machar. L’armée sud-soudanaise accuse régulièrement les partisans de Machar de fomenter des troubles dans le nord-est du pays, mais ces nouvelles frappes aériennes marquent une dangereuse escalade.

Par ailleurs, l’armée ougandaise, également mentionnée dans certains rapports, a nié toute implication, rejetant fermement les accusations selon lesquelles elle aurait ciblé des civils ou utilisé des armes chimiques et des barils d’explosifs dans la région.

Human Rights Watch appelle à une enquête indépendante et à une mobilisation internationale pour mettre fin à l’impunité, alors que les civils restent les premières victimes d’un conflit qui perdure depuis plus d’une décennie.

La communauté internationale réclame un cessez-le-feu et promet 800 millions d’euros d’aide

La communauté internationale, réunie à Londres mardi, a appelé de ses voeux un « cessez-le-feu immédiat et permanent » au Soudan et s’est engagée à mobiliser plus de 800 millions d’euros supplémentaires pour ce pays en guerre, enfoncé dans une crise humanitaire catastrophique.

Les participants à cette conférence co-organisée par le Royaume-Uni, l’Union européenne, l’Allemagne, la France et l’Union africaine (UA), ont également souligné dans un communiqué final « la nécessité d’empêcher toute partition du Soudan », déchiré par un conflit entre deux généraux rivaux.

« Beaucoup ont abandonné le Soudan (…) C’est une erreur morale lorsqu’il y a autant de civils décapités, des nourrissons d’à peine un an victimes de violences sexuelles, et plus de personnes menacées de famine que partout ailleurs dans le monde », s’est ému mardi le chef de la diplomatique britannique David Lammy.

Il a dénoncé « le manque de volonté politique » pour mettre fin au conflit et aux souffrances de la population, et a appelé à ne « pas regarder ailleurs ».

La guerre qui a éclaté le 15 avril 2023 oppose le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée de ce pays d’Afrique du Nord-Est, et son ancien adjoint, Mohamed Hamdane Daglo, chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Elle a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 13 millions de déplacés et réfugiés, plongeant le pays de 50 millions d’habitants dans une crise humanitaire majeure, selon l’ONU.

L’armée contrôle désormais le nord et l’est du Soudan, tandis que les FSR dominent une partie du sud et la quasi-totalité de la vaste région du Darfour, dans l’ouest. Les deux camps sont accusés d’exactions et d’atrocités.

Lors de cette conférence qui réunissait une quinzaine de pays dont l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, et des représentants des Nations unies et de la Ligue arabe, les participants ont promis de donner un total de plus de 800 millions d’euros de nouveaux financements pour l’aide humanitaire.

Ceux-ci s’ajoutent aux plus de deux milliards d’euros d’engagements obtenus l’an dernier lors d’un précédent sommet à Paris.

L’Union européenne va débloquer 522 millions d’euros supplémentaires cette année et la commissaire à la Coopération internationale Hadja Lahbib a appelé à montrer un « front uni » pour exiger des belligérants « le respect du droit humanitaire international » et « la protection des civils ».

Éviter toute « ingérence »

Avant elle, David Lammy a annoncé une nouvelle aide de 120 millions de livres (139,5 millions d’euros) qui permettra de fournir des approvisionnements alimentaires vitaux, notamment aux enfants, et de soutenir les victimes de violences sexuelles.

L’Allemagne va débloquer 125 millions d’euros supplémentaires pour le Soudan et les pays voisins qui accueillent de nombreux réfugiés, et la France, elle, mobilisera 50 millions d’euros.

Le gouvernement soudanais n’a pas été invité à Londres, et a protesté auprès du Royaume-Uni, l’accusant de mettre sur un pied d’égalité l’Etat soudanais « souverain et membre des Nations Unies depuis 1956 » et les FSR, « milice terroriste qui commet des génocides et des crimes contre l’humanité ».

Dans leur communiqué final, les participants au sommet ont insisté sur le fait que « la non-ingérence des acteurs extérieurs reste primordiale ».

Ils ont également dit rejeter « tout projet, dont celui de gouvernements parallèles, qui mettraient en péril l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Soudan ».

Plus tôt mardi, le commissaire à la Paix et la Sécurité de l’UA, Bankole Adeoye, avait assuré que l’organisation « n’accepterait pas (…) une désintégration » de ce pays, et appelé « les acteurs extérieurs à s’abstenir de toute ingérence », alors que le Soudan accuse les Emirats arabes unis de soutenir les FSR.

Les Emirats réfutent ces accusations et ont appelé mardi dans un communiqué les belligérants à un « cessez-le-feu » immédiat.

« Ceux qui cherchent à gagner du pouvoir ou de l’influence au Soudan par le biais d’un soutien militaire ou financier soufflent sur les braises du conflit », avait aussi dénoncé la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.

La veille, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’était dit « très inquiet du fait que des armes et des combattants continuent d’arriver au Soudan », sans toutefois préciser leur provenance.