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Corée du Nord : Pyongyang informe l’ONU de nouveaux travaux dans la zone démilitarisée

La Corée du Nord a officiellement informé le Commandement des Nations unies (UNC), dirigé par les États-Unis, de son intention de reprendre des travaux de fortification à l’intérieur de la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées. Une annonce inhabituelle qui suscite autant d’inquiétudes que de spéculations sur les intentions réelles de Pyongyang.

C’est le quotidien sud-coréen Dong-A Ilbo qui a révélé en premier cette communication rare de l’armée nord-coréenne à l’UNC, datant de mercredi dernier. Le régime de Kim Jong-un a indiqué qu’il s’apprêtait à ériger de nouvelles barrières et à réinstaller des grillages barbelés le long de la Ligne de démarcation militaire (MDL), dans la portion nord de la DMZ. Ces constructions reprendraient les installations entamées l’année dernière, qui avaient été temporairement interrompues durant l’hiver.

Un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense a confirmé cette information ce lundi. De son côté, un responsable de l’UNC a refusé tout commentaire sur les échanges avec l’armée nord-coréenne.

Une reprise des fortifications militaires

Pyongyang avait déjà entamé des travaux similaires en avril 2023, mobilisant plusieurs milliers de soldats pour renforcer les grillages, ériger des murailles antitanks et densifier la militarisation de la ligne de front. Après une pause hivernale, les activités avaient repris au printemps, et viennent de redémarrer à la fin de la semaine dernière.

L’armée sud-coréenne a observé la présence d’environ 1 000 personnes réparties sur cinq à six sites, un chiffre inférieur aux 5 000 mobilisés l’an passé sur une dizaine d’emplacements. Ces mouvements font l’objet d’une surveillance renforcée par Séoul.

« Notre armée surveille de près les activités militaires nord-coréennes et répondra conformément aux principes en cas de violation de la MDL », a averti le colonel Lee Sung-jun, porte-parole du Comité des chefs d’état-major interarmées sud-coréen (JCS).

Une notification inédite, aux allures de message politique

Le fait que la Corée du Nord ait cette fois notifié l’UNC constitue une première, alors que des épisodes précédents de franchissements accidentels de la MDL avaient déjà provoqué des tirs de semonce sud-coréens. Pyongyang n’avait, jusqu’ici, jamais pris la peine de prévenir de ses actions sur cette ligne de tension, à l’exception notable d’octobre dernier lorsqu’il avait détruit certaines infrastructures routières et ferroviaires reliant les deux pays.

Cette démarche soulève des interrogations : s’agit-il d’une simple manœuvre tactique ou d’un signal politique ? Depuis fin 2023, Kim Jong-un a clairement affirmé vouloir traiter la Corée du Sud comme un “État hostile”, rompant avec la doctrine du rapprochement intercoréen. Pourtant, cette notification formelle pourrait aussi être interprétée comme un geste d’ouverture, notamment en direction du nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung, arrivé au pouvoir début juin avec une volonté affichée de détente et de dialogue.

Vers un apaisement ou une nouvelle escalade ?

Du côté sud-coréen, la prudence reste de mise. Le ministère de la Défense a reconnu qu’il était difficile d’interpréter clairement les intentions nord-coréennes, mais a aussi souligné que ce message pouvait constituer un signal significatif en faveur d’un éventuel réchauffement des relations.

L’UNC a rappelé, pour sa part, que la notification préalable de telles activités dans la DMZ permet généralement de réduire les risques de malentendus et de désescalade accidentelle.

Dans un contexte où la péninsule coréenne reste l’un des foyers de tension les plus explosifs de la planète, ce geste nord-coréen, bien que modeste, pourrait marquer un point d’inflexion dans la dynamique intercoréenne — à condition qu’il soit suivi d’initiatives concrètes.

Crise dans l’Est de la RDC : victoire historique contre le Rwanda devant la Cour africaine, l’ONU contrainte de suspendre son enquête pour faute de financement

Kinshasa remporte une première victoire diplomatique et judiciaire face à Kigali devant la Cour africaine des droits de l’homme. Mais dans le même temps, les Nations unies annoncent une interruption de leur mission d’enquête sur les crimes commis dans l’est de la RDC, faute de moyens financiers.

Une décision inédite de la Cour africaine : la RDC autorisée à poursuivre le Rwanda

Dans un arrêt rendu le 26 juin 2025, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), basée à Arusha (Tanzanie), s’est déclarée compétente pour examiner la plainte de la République démocratique du Congo (RDC) contre le Rwanda. Il s’agit de la première fois que cette juridiction accepte de se prononcer sur un litige entre deux États membres de l’Union africaine.

Déposée en 2023 par Kinshasa, la plainte accuse Kigali de violations graves et systématiques des droits humains dans l’est de la RDC, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces exactions sont liées à la présence et aux actions du groupe armé M23, que les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir militairement et logistiquement.

Les faits dénoncés incluent :
• la traite des êtres humains,
• des exécutions sommaires,
• des tortures et traitements inhumains,
• la destruction d’infrastructures civiles,
• et le déplacement massif de populations.

La Cour balaie les objections de Kigali

Lors de la deuxième audience du 13 février 2025, la défense rwandaise avait tenté de faire invalider la procédure, contestant la compétence de la Cour et la qualité des preuves présentées. Elle affirmait notamment que :
• les recours internes n’avaient pas été épuisés,
• certaines sources s’appuyaient sur des articles de presse non vérifiés.

Mais ces arguments ont été rejetés en bloc. Selon le juge doyen Rafaa Ben Achour :

« La Cour rejette l’exception d’incompétence soulevée par la partie défenderesse et se déclare compétente pour connaître de cette affaire. »

Cette décision constitue une victoire diplomatique majeure pour Kinshasa. Bien que la date de l’audience sur le fond n’ait pas encore été fixée, l’État congolais, représenté par Me Samuel Mbemba (aujourd’hui ministre de la Justice par intérim), s’est dit confiant quant à une future condamnation du Rwanda.

Une victoire judiciaire… mais une paralysie onusienne

Dans un contraste saisissant, la même semaine, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a annoncé la suspension d’une mission d’enquête cruciale sur les crimes commis dans l’est de la RDC.

Lancée en février 2025, cette mission avait été établie à la suite d’une résolution urgente du Conseil des droits de l’homme. Elle visait à :
• « recueillir, rassembler et analyser » les preuves d’exactions commises depuis janvier 2022,
• et établir les responsabilités des acteurs impliqués.

La mission avait déjà recueilli des témoignages significatifs en RDC, au Rwanda, au Burundi, et auprès de réfugiés dans d’autres pays. Mais faute de moyens, l’enquête est désormais à l’arrêt.

Une crise budgétaire sans précédent pour l’ONU

Dans un courrier interne consulté par l’agence Reuters, le Haut-Commissaire Volker Türk annonce que la mission ne pourra pas être mise en place “jusqu’à ce que – et à moins que – les fonds soient disponibles”.

La raison ? Une baisse drastique des contributions volontaires, qui se chiffre à 60 millions de dollars en moins par rapport à 2024. Cette chute brutale est notamment due à l’arrêt complet du financement américain, effectif depuis le 31 mai 2025. L’an dernier, les États-Unis avaient pourtant versé 36 millions de dollars, faisant d’eux le principal bailleur du HCDH.

« Les baisses de financement de notre bureau ne font que renforcer les régimes autoritaires », a averti Volker Türk, déplorant un climat international de plus en plus hostile aux droits humains.

Un employé de l’ONU en RDC, cité anonymement, parle d’une situation « très inquiétante ». Le Haut-Commissariat, dans un message adressé à RFI, a exprimé ses regrets et assuré que les travaux reprendront dès que le financement sera rétabli.

Entre avancée diplomatique et recul opérationnel

Pour la RDC, ces deux annonces envoyées à quelques jours d’intervalle illustrent la complexité de la situation :
• D’un côté, la reconnaissance par la CADHP de la recevabilité de sa plainte contre Kigali est un précédent historique, porteur d’espoir pour les victimes.
• De l’autre, l’arrêt brutal de l’enquête de l’ONU ralentit le recueil des preuves, au moment même où des mécanismes judiciaires pourraient s’en emparer.

Les autorités congolaises ont réitéré leur appel à la solidarité internationale, espérant que la reconnaissance par une cour continentale de la gravité du conflit à l’Est incitera les États membres à relancer le financement des mécanismes de justice internationale.

La décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ouvre un nouveau chapitre dans le long combat de la RDC contre l’impunité des crimes dans sa partie orientale. Mais le gel de la mission d’enquête de l’ONU rappelle que sans moyens financiers, aucune justice internationale n’est véritablement possible.

Alors que la guerre continue de ravager les régions du Kivu, la justice reste suspendue entre victoire symbolique et paralysie matérielle. Pour les millions de civils affectés, l’espoir d’une vérité reconnue et d’une réparation effective demeure, mais le chemin reste semé d’embûches.

Iran – Israël : en Cisjordanie des colons attaquent des soldats israéliens, Paris, Berlin et Londres unis contre les menaces iraniennes contre Rafael Grossi (AIEA), etc… ( point du 30 juin)

Le conflit entre Israël et l’Iran continue de secouer le Moyen-Orient, avec des répercussions directes tant sur la scène internationale qu’au sein même de la société israélienne. Alors que les tensions militaires persistent, un épisode inédit s’est produit en Cisjordanie occupée, où des colons israéliens ont attaqué des soldats de leur propre armée. En parallèle, Paris, Berlin et Londres condamnent fermement les menaces visant le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et le bilan humain des frappes iraniennes sur Israël continue de s’alourdir avec 28 morts recensés. Voici le point complet.

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Incendie d’une agence Orpi à Marseille après l’incitation à la haine de la part de Rima Hassan, des élus en colère

L’affaire Rima Hassan, eurodéputée du parti fasciste d’extrême-gauche, « La France insoumise » (LFI), prend une tournure dramatique. Après une agression verbale visant l’élue devant une agence Orpi à Paris, c’est à Marseille qu’un nouveau rebondissement a eu lieu : dans la nuit du 27 au 28 juin, une agence du réseau immobilier Orpi a été la cible d’un incendie. Une escalade des tensions qui fait réagir jusque dans les rangs politiques locaux, alors que la députée est accusée d’alimenter – à juste titre – un climat de haine.

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L’Assemblée de Corse reconnaît symboliquement l’existence de l’État palestinien et appelle Paris à agir

Dans un geste à forte portée symbolique et politique, l’Assemblée de Corse a adopté une résolution reconnaissant l’existence de l’État de Palestine, rejoignant un mouvement grandissant de collectivités locales en France et à l’étranger appelant à une reconnaissance officielle du peuple palestinien.

Une initiative portée par la présidente de l’Assemblée

La résolution a été présentée par la présidente de l’Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, membre de la majorité autonomiste. Celle-ci a salué un vote « humaniste et urgent », évoquant une « urgence humanitaire », un « devoir moral », et un soutien à l’autodétermination et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

« Il s’agit d’un acte de conscience, de solidarité et de responsabilité face à une tragédie humaine qui dure depuis trop longtemps », a déclaré Mme Maupertuis.

Le texte adopté reconnaît « l’existence de l’État de Palestine, conformément aux dispositions antérieures de l’ONU », et appelle le gouvernement français à en faire autant. Il demande également la suspension des livraisons d’armes à Israël, une exigence de plus en plus exprimée dans certains milieux politiques et associatifs.

Un geste local dans un contexte international tendu

Cette reconnaissance intervient alors que la France n’a toujours pas officiellement reconnu l’État palestinien. Début avril, le président Emmanuel Macron avait évoqué une possible reconnaissance « en juin », dans le cadre d’une conférence conjointe avec l’Arabie saoudite à l’ONU. Toutefois, cette conférence prévue pour le 18 juin à New York a été reportée en raison des frappes israéliennes sur l’Iran, repoussant une éventuelle décision française.

Un mouvement croissant en France et dans le monde

La veille, le 26 juin, le conseil municipal de Morlaix (Finistère) avait également adopté un vœu en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien par la France. Ces gestes s’inscrivent dans un mouvement international plus large, alors que 148 des 193 États membres des Nations unies reconnaissent actuellement la Palestine comme État souverain, soit près des trois quarts.

Une portée symbolique forte

Bien que symbolique et non contraignante, la décision corse reflète une volonté politique locale de se positionner sur une question internationale majeure. Pour les élus autonomistes, cette reconnaissance est également une manière d’exprimer leur attachement au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un thème particulièrement sensible dans l’histoire politique corse.

En votant cette résolution, l’Assemblée de Corse ajoute sa voix à celles qui, en France et ailleurs, appellent à une reconnaissance pleine et entière de l’État palestinien. Alors que la situation au Proche-Orient reste explosive et que la diplomatie française temporise, ce vote vient rappeler que la solidarité internationale peut aussi s’exprimer depuis les territoires, au nom de principes universels de justice et de paix.

Arménie : tensions croissantes entre le pouvoir et l’Église après l’arrestation d’un archevêque et une altercation avec la police

Les tensions entre l’Église apostolique arménienne et les autorités civiles se sont intensifiées vendredi 27 juin, après une altercation entre des forces de police et des ecclésiastiques, survenue deux jours après l’arrestation de l’archevêque Bagrat Galstanian, accusé de tentative de coup d’État. Ces événements marquent une nouvelle escalade dans la confrontation politique et religieuse qui secoue l’Arménie depuis plusieurs mois.

Tentative d’arrestation et résistance ecclésiastique

Vendredi, des agents de police masqués ont tenté de pénétrer dans la résidence de Garéguine II, chef de l’Église apostolique arménienne, dans le but d’interpeller un autre ecclésiastique de haut rang, Mikael Adjapahian. Ce dernier est visé depuis jeudi par une enquête pour “appels à renverser l’ordre constitutionnel par la violence”, selon les autorités.

Face à la tentative d’arrestation, l’archevêque a exprimé son opposition tout en déclarant qu’il était prêt à se rendre :

« Ceci est un acte illégal flagrant contre moi. Je n’ai jamais posé une menace envers mon pays. La menace réelle vient du gouvernement. Je ne me cacherai pas, je vais aller leur dire. »

Cependant, des habitants et des prêtres ont fermé les portes de la résidence pour empêcher la police de procéder à l’arrestation. Les autorités ont depuis annoncé un renforcement des effectifs policiers pour interpeller l’archevêque.

Arrestation d’un autre archevêque et accusations de complot

La tentative d’arrestation de Mikael Adjapahian intervient deux jours après celle de l’archevêque Bagrat Galstanian, figure montante de l’opposition au Premier ministre Nikol Pachinian. Selon le Comité d’enquête arménien, Galstanian aurait acquis « les moyens et outils nécessaires pour mener des actes terroristes et prendre le pouvoir ». Quinze personnes ont été placées en détention dans cette affaire.

L’entourage de l’archevêque, ainsi que plusieurs juristes, dénoncent une affaire à caractère politique, arguant que les accusations relèvent davantage de la répression d’opposants que d’un véritable complot.

Un climat de défiance entre Église et État

L’Église apostolique arménienne, institution religieuse historique et influente dans le pays, est engagée dans un bras de fer croissant avec le gouvernement. Ce conflit latent a éclaté au grand jour depuis que le Premier ministre Nikol Pachinian a été accusé d’avoir cédé des territoires à l’Azerbaïdjan, notamment dans le contexte du conflit du Haut-Karabakh.

En 2024, l’archevêque Galstanian avait conduit des manifestations massives contre le gouvernement, appelant à la démission de Pachinian, accusé de trahison nationale.

Début juin, les tensions se sont aggravées lorsque le Premier ministre a publiquement appelé les fidèles à renverser le chef spirituel de l’Église, Garéguine II, l’accusant d’ingérence politique. Ce dernier avait, à plusieurs reprises, critiqué la gestion de la crise du Karabakh par le pouvoir exécutif.

Contexte politique sensible

Nikol Pachinian, ancien journaliste devenu figure politique lors de la révolution de 2018, gouverne un pays profondément divisé par les séquelles du conflit avec l’Azerbaïdjan et par une crise de confiance institutionnelle. Le bras de fer avec l’Église apostolique s’ajoute à une situation sociale et politique déjà tendue.

L’opposition, dont fait partie une frange du clergé, accuse le gouvernement d’instrumentaliser la justice pour faire taire les voix dissidentes. À l’inverse, les autorités affirment vouloir prévenir tout risque d’insurrection ou de déstabilisation du pouvoir démocratiquement élu.

L’altercation de ce vendredi entre la police et des ecclésiastiques, sur fond d’accusations de coup d’État contre plusieurs membres du clergé, marque un nouveau point critique dans la confrontation entre l’Église et l’État arméniens. Alors que le gouvernement renforce la pression sécuritaire, le pays semble plongé dans une crise politico-religieuse inédite depuis son indépendance. L’issue de ce bras de fer pourrait redéfinir l’équilibre fragile entre les institutions civiles et spirituelles dans une Arménie en quête de stabilité.

Pakistan: 16 soldats tués dans un attentat-suicide revendiqué par les Talibans

Au moins seize soldats ont été tués dans un attentat-suicide mené samedi par des talibans pakistanais dans le nord-ouest du pays, frontalier de l’Afghanistan. C’est ce qu’ont rapporté à l’AFP des responsables de l’administration locale et des services de sécurité.

« Un kamikaze a jeté son véhicule rempli d’explosifs sur un convoi de soldats » dans la province du Khyber Pakhtunkhwa, « 16 soldats ont été tués », a rapporté un responsable de l’aministration locale sous le couvert de l’anonymat. Il avait précédemment fait état de 13 soldats tués et de quatre autres dans un état critique.
Il a également fait état de 19 civils blessés dans l’attaque. Un officier de la police locale a précisé à l’AFP, lui aussi sous le couvert de l’anonymat, que l’explosion avait fait « s’écrouler les toits de deux maisons, blessant six enfants ».

Attaque revendiquée

Un groupe local lié aux talibans pakistanais a revendiqué l’attaque, assurant qu’elle avait été menée par sa brigade de kamikazes. Les violences se sont multipliées dans l’ouest du Pakistan, frontalier de l’Afghanistan, depuis le retour au pouvoir des talibans à Kaboul à l’été 2021.

Islamabad accuse son voisin de ne pas déloger les rebelles qui utilisent son sol pour attaquer le Pakistan, ce que l’Afghanistan dément. L’année 2024 a été la plus meurtrière en près d’une décennie au Pakistan, avec plus de 1.600 morts, pour près de la moitié des soldats et policiers, selon le Centre pour la recherche et les études sur la sécurité d’Islamabad.
Au total, depuis le 1er janvier, selon un décompte de l’AFP, près de 290 personnes, en majorité membres des forces de sécurité, ont été tuées dans des violences menées par des groupes armés en lutte contre l’Etat, au Baloutchistan comme dans la province voisine du Khyber-Pakhtunkhwa.

Frappes sur l’Iran : le Sénat américain rejette une résolution visant à encadrer les pouvoirs militaires de Donald Trump

Alors que les tensions avec l’Iran atteignent un nouveau pic après des frappes américaines d’envergure, le Sénat des États-Unis a bloqué vendredi une résolution démocrate visant à restreindre les pouvoirs militaires du président Donald Trump. Cette initiative, portée par le sénateur démocrate Tim Kaine, visait à rappeler que le Congrès détient le pouvoir de déclarer la guerre, conformément à la Constitution.

Une décision unilatérale contestée

Depuis les frappes américaines du 22 juin ayant visé trois sites nucléaires iraniens — Fordo, Natanz et Ispahan — Donald Trump n’a cessé de revendiquer le succès de l’opération, affirmant que ces installations avaient été « complètement détruites » et que le programme nucléaire iranien avait été « retardé de plusieurs décennies ».

Mais pour les démocrates, cette décision, prise sans consultation préalable du Congrès, représente un abus de pouvoir présidentiel. Ils accusent le président de violer les principes constitutionnels en agissant unilatéralement sur des questions de guerre et de paix.

Une résolution rejetée par le Sénat

Malgré ces critiques, la résolution introduite par Tim Kaine, qui aurait contraint le président à obtenir l’autorisation du Congrès avant toute nouvelle action militaire contre l’Iran, a été rejetée par 53 voix contre 47, dans un Sénat à majorité républicaine.

« La guerre est trop importante pour être confiée aux décisions d’une seule personne », a plaidé le sénateur Kaine, appelant à une application rigoureuse de la War Powers Resolution de 1973.

Cette loi, votée dans le contexte de la guerre du Vietnam, visait à délimiter les pouvoirs respectifs du président et du Congrès dans les affaires militaires. Elle impose notamment au président d’informer le Congrès dans les 48 heures suivant un engagement armé, et limite la durée de l’intervention sans approbation parlementaire à 60 jours.

Des lignes partisanes nettes

Le vote a reflété les profondes divisions partisanes autour de la politique étrangère du président Trump :
• Seul un sénateur républicain, Rand Paul, a soutenu la résolution, estimant que ces frappes, bien que peut-être efficaces à court terme, risquaient de s’avérer contre-productives stratégiquement.
• Côté démocrate, la surprise est venue de John Fetterman, élu pro-israélien, qui a voté contre la résolution, exprimant son soutien à l’opération militaire.

Une opposition également exprimée à la Chambre

À la Chambre des représentants, les élus démocrates ont également exprimé leur méfiance après avoir reçu des briefings confidentiels du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, du directeur de la CIA John Ratcliffe et du secrétaire d’État Marco Rubio. Les explications sur la nécessité immédiate de ces frappes et l’imminence de la menace iranienne n’ont pas convaincu.

Trump assume pleinement et avertit

En dépit des critiques, Donald Trump revendique hautement la légitimité de l’opération, qu’il considère comme un succès stratégique et dissuasif. Il a clairement indiqué que de nouvelles frappes ne sont pas exclues :

« Si c’est nécessaire, nous frapperons à nouveau. »

Une interprétation contestée de la Constitution

Depuis des décennies, les présidents américains démocrates et républicains confondus ont contesté la validité contraignante de la War Powers Resolution, estimant que le commandant en chef doit avoir une latitude suffisante pour réagir rapidement aux menaces contre la sécurité nationale. Cette lecture élargie des prérogatives présidentielles continue d’alimenter les débats sur l’équilibre des pouvoirs à Washington.

Le rejet de la résolution Kaine par le Sénat illustre la difficulté persistante du Congrès à encadrer les décisions militaires du président, surtout dans un contexte d’escalade avec un adversaire stratégique comme l’Iran. Alors que Donald Trump affiche sa détermination à agir sans entrave, le débat sur les pouvoirs de guerre aux États-Unis reste entier, entre impératif de sécurité et respect de la séparation des pouvoirs.

France : l’interdiction de fumer à la plage, au parc ou sous un abri de bus entre en vigueur ce dimanche

À partir de ce dimanche 29 juin 2025, il sera officiellement interdit de fumer dans plusieurs espaces publics à ciel ouvert en France, notamment sur les plages, dans les parcs et jardins publics, sous les abris de bus, mais aussi aux abords des écoles, des piscines, des bibliothèques ou encore des équipements sportifs.

Cette mesure, annoncée en mai dernier par Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, a été confirmée par un décret publié ce samedi 28 juin au Journal officiel. Initialement prévue pour le 1er juillet, l’entrée en vigueur a été avancée.

Un objectif clair : protéger les enfants du tabagisme passif

La nouvelle réglementation vise à réduire l’exposition des enfants au tabac, en particulier dans les espaces publics qu’ils fréquentent régulièrement. « Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître », avait déclaré Catherine Vautrin lors de l’annonce de la mesure en exclusivité à Ouest-France, fin mai.

La ministre a défendu cette politique de prévention en précisant que « la liberté de fumer s’arrête là où commence le droit des enfants à respirer un air pur », soulignant l’impact documenté du tabagisme passif sur la santé des plus jeunes. Elle insiste sur la dimension sanitaire : « Je ne peux accepter des maladies évitables : c’est prouvé que la prévention réduit les risques. »

Des lieux ciblés, des précisions à venir

Le décret élargit donc l’interdiction de fumer à des lieux publics en plein air, qui étaient jusqu’ici rarement concernés par les réglementations antitabac :
• Plages
• Parcs et jardins publics
• Abris de bus
• Abords immédiats des écoles, bibliothèques, piscines et équipements sportifs

Un arrêté complémentaire du ministère de la Santé est toutefois attendu pour définir plus précisément les périmètres d’application autour de certains établissements, comme les écoles ou les installations sportives.

Ce qui reste autorisé

L’interdiction ne s’applique pas aux terrasses de cafés et de restaurants, où il restera possible de fumer. De même, les cigarettes électroniques (vapotage) ne sont pas explicitement visées par ce décret.

Une mesure qui divise

Si de nombreux acteurs de la santé publique saluent cette décision, certains fumeurs expriment des réserves, estimant que cette mesure limite encore davantage leur liberté individuelle. Mais pour les autorités, la priorité reste la santé publique et la prévention, notamment auprès des enfants et des adolescents.

Contexte : vers une société sans tabac ?

Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large engagée par les pouvoirs publics visant à réduire drastiquement le tabagisme en France, notamment en limitant la banalisation de la cigarette dans les espaces publics. Elle s’ajoute à d’autres mesures adoptées au fil des années : interdiction de fumer dans les lieux clos, campagnes de sensibilisation, paquet neutre, hausse des prix…

En conclusion

L’interdiction de fumer dans plusieurs lieux publics à ciel ouvert entre en vigueur ce dimanche 29 juin 2025. Axée sur la protection des plus jeunes et la prévention sanitaire, cette mesure marque une étape importante dans la politique antitabac de la France. Si des ajustements réglementaires sont encore attendus, le message des autorités est clair : le tabac n’a plus sa place là où les enfants vivent et jouent.

RDC–Rwanda : un accord de paix historique signé à Washington sous l’égide des États-Unis

Un tournant majeur dans l’histoire récente des Grands Lacs africains. Ce vendredi, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont signé un accord de paix à Washington, visant à mettre un terme à des décennies de violences et à stabiliser la région orientale de la RDC. L’accord a été conclu sous la médiation directe des États-Unis, avec le Qatar en soutien diplomatique.

Un accord attendu, dans un contexte de conflit prolongé

Depuis la reprise des combats en 2021 dans l’est de la RDC, le groupe armé M23, accusé par l’ONU et Washington d’être soutenu militairement par le Rwanda, a conquis plusieurs grandes villes, notamment Goma en janvier 2025 et Bukavu en février. Ces offensives ont causé des milliers de morts et le déplacement de centaines de milliers de civils, aggravant une crise humanitaire déjà chronique.

Malgré de multiples tentatives de cessez-le-feu ces dernières années, les hostilités n’avaient jamais totalement cessé. L’accord signé ce 27 juin marque donc la première avancée diplomatique majeure depuis des décennies.

Les grandes lignes de l’accord de paix

Signé à Washington, en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio, de la ministre congolaise des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, et de son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe, l’accord repose sur :
• Le respect de l’intégrité territoriale des États.
• L’arrêt des hostilités dans l’est de la RDC.
• La fin du soutien étatique aux groupes armés tels que les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et autres milices.
• Le désengagement, le désarmement et l’intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques.
• La création d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire entre la RDC et le Rwanda.

Bien que le texte ne mentionne pas directement le M23, les autorités américaines ont précisé que des discussions parallèles entre le gouvernement congolais et le M23 ont été menées par le Qatar.

Le rôle clé des États-Unis et du Qatar

Le président américain Donald Trump, qui s’est félicité de cette avancée, a déclaré :

« Ils se sont battus pendant des années. Et il y avait des machettes. C’était violent. Et aujourd’hui, nous signons un traité de paix. Pour la première fois depuis de nombreuses années, ils vont connaître la paix. C’est une grande affaire. »

Le conseiller du président Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, a souligné que le Rwanda s’était engagé à lever ses mesures défensives, sans qu’il ne soit besoin de mentionner explicitement le M23 dans le document final.

Du côté qatari, Doha a joué un rôle central en accueillant en mars dernier les présidents Paul Kagame (Rwanda) et Félix Tshisekedi (RDC) dans le cadre de discussions discrètes. Une source diplomatique a précisé que si les États-Unis ont négocié avec les gouvernements, le Qatar s’est chargé de faciliter le dialogue entre le gouvernement congolais et le M23.

Réactions internationales et implications régionales

Les réactions diplomatiques n’ont pas tardé :
• Emmanuel Macron, président français, a salué sur X « un pas en avant historique » et adressé « un message d’espoir aux Congolais et aux Rwandais ».
• Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a jugé que l’accord représentait « une étape importante vers la désescalade, la paix et la stabilité dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs », appelant au respect total des engagements pris.

Des enjeux géopolitiques et économiques majeurs

L’est de la RDC, riche en minerais stratégiques comme le cobalt et le coltan, est au cœur de nombreux intérêts économiques. La RDC détient environ 60 % des réserves mondiales de coltan, indispensable à l’industrie électronique. Le pays est aussi le premier producteur mondial de cobalt, ce qui attire une attention croissante des puissances étrangères, notamment les États-Unis.

Peu de détails ont filtré sur le volet économique de l’accord, mais en avril dernier, le président Félix Tshisekedi avait évoqué un projet d’accord minier avec Massad Boulos, lors de sa visite à Kinshasa. Cette dimension économique reste étroitement liée aux questions sécuritaires dans la région.

Une paix encore fragile, mais un espoir réel

Malgré la portée symbolique forte, plusieurs responsables ont rappelé que cet accord n’est qu’un début. La ministre congolaise des Affaires étrangères a ainsi déclaré que « ce n’est que le début, pas la fin », en insistant sur la nécessité d’un suivi strict et d’une mise en œuvre rigoureuse.

La suite dépendra de la capacité des parties à honorer leurs engagements, à neutraliser les groupes armés et à répondre aux besoins humanitaires pressants.

Les présidents Kagame et Tshisekedi pourraient être reçus ensemble à la Maison Blanche en juillet, pour consolider la dynamique diplomatique enclenchée.

L’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé à Washington avec la médiation des États-Unis et le soutien du Qatar, marque une étape majeure dans la quête de stabilité dans la région des Grands Lacs. Si les défis à venir sont considérables, l’engagement mutuel à la désescalade et au dialogue représente une opportunité inédite pour tourner la page de plusieurs décennies de conflit. Le monde attend désormais de voir si cette paix, souvent promise, sera enfin durable.