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Portugal : le gouvernement veut abroger la loi sur la naturalisation des Juifs séfarades

Le gouvernement portugais a annoncé, ce lundi, son intention d’abroger la loi de 2015 permettant aux descendants des Juifs séfarades expulsés au XVe siècle d’obtenir la nationalité portugaise. Présentée à l’origine comme une mesure de « réparation historique », cette disposition est désormais jugée « exceptionnelle » et « révolue » par l’exécutif issu des récentes élections législatives.

Une mesure de réparation historique remise en question

La loi en question visait à réparer l’injustice historique commise à la fin du XVe siècle, lorsque des milliers de Juifs séfarades furent persécutés, convertis de force ou expulsés de la péninsule Ibérique, notamment après l’instauration de l’Inquisition. En leur offrant une voie d’accès à la nationalité, le Portugal souhaitait reconnaître et corriger les torts du passé.

Mais pour le ministre porte-parole du gouvernement, Antonio Leitao Amaro, cette législation « avait un caractère temporaire » et ne se justifie plus dans le contexte actuel. Lors d’une conférence de presse donnée à l’issue d’un conseil des ministres, il a confirmé que ce régime « cessera d’être en vigueur ».

Durcissement des critères après des scandales

En 2022, la loi avait déjà été partiellement durcie à la suite d’un scandale portant sur des irrégularités dans la délivrance de certificats d’ascendance juive. Parmi les cas les plus médiatisés figure celui de l’oligarque russe Roman Abramovitch, qui avait obtenu la nationalité portugaise dans le cadre de cette loi.

L’affaire avait entraîné des enquêtes judiciaires et la mise en examen de membres de la communauté juive portugaise, accusés d’avoir délivré de faux certificats. Ces dérives ont accéléré la remise en cause politique du dispositif.

Vers une politique migratoire plus stricte

L’abrogation de la loi s’inscrit dans un plan plus large de durcissement de la politique d’immigration au Portugal. Le gouvernement de droite prévoit de soumettre plusieurs réformes au Parlement, parmi lesquelles :
• L’allongement du délai minimal de résidence nécessaire pour obtenir la nationalité : il passerait de 5 à 7 ans pour les ressortissants de pays lusophones, et à 10 ans pour les autres.
• Un durcissement des critères pour le regroupement familial.
• Le renforcement du contrôle aux frontières, avec la création d’une unité spécialisée au sein de la police nationale.

Un gouvernement sans majorité absolue

Toutefois, l’exécutif portugais ne disposant pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, ces propositions devront faire l’objet de négociations avec d’autres partis pour pouvoir être adoptées. Le débat s’annonce sensible, entre enjeux migratoires, respect de la mémoire historique et pression de l’opinion publique sur les questions de sécurité et d’identité.

Affaire du baiser forcé : la cour d’appel espagnole confirme la condamnation de Luis Rubiales

La justice espagnole a confirmé mercredi en appel la condamnation de Luis Rubiales à une amende. L’ancien président de la Fédération espagnole de football avait embrassé de force la joueuse Jennifer Hermoso en août 2023, après la victoire de l’équipe en Coupe du monde.(Source : AFP).

La cour d’appel de l’Audience nationale espagnole confirme mercredi 25 juin en appel qu’il n’y a pas eu de consentement dans le baiser imposé par l’ancien président de la fédération espagnole de football, Luis Rubiales, à la joueuse de l’équipe nationale Jennifer Hermoso.

Elle a jugé « correcte » la qualification des faits en « agression sexuelle » lors du jugement de première instance.

Luis Rubiales avait été condamné le 14 février à 10 800 euros d’amende pour agression sexuelle, mais relaxé du délit de coercition.

La cour d’appel a aussi confirmé mercredi l’interdiction pour Luis Rubiales de s’approcher de Jennifer Hermoso dans un rayon de 200 mètres, ainsi que celle de communiquer avec elle pendant un an.

Le tribunal a également rejeté les autres appels déposés par le parquet, qui avait dénoncé la « partialité » du juge et réclamait un nouveau procès, et par Jennifer Hermoso.

« Un petit bisou consenti »

La procureure avait requis en première instance deux ans et demi de prison contre Luis Rubiales pour agression sexuelle et pour les pressions exercées par la suite sur la joueuse pour atténuer le scandale.

Luis Rubiales, 47 ans, ancien président de la Fédération espagnole de football (RFEF) avait vu sa carrière prendre fin brutalement dans la foulée de la victoire de l’Espagne en finale du Mondial féminin à Sydney en Australie, le 20 août 2023.

Ce soir-là, devant les caméras du monde entier, il avait pris à deux mains la tête de l’attaquante de la « Roja » Jennifer Hermoso, avant de l’embrasser par surprise sur la bouche.

Face à l’indignation suscitée par ce geste, l’ex-homme fort du football espagnol avait tout d’abord refusé de démissionner pour « un petit bisou consenti », dénonçant un supposé « faux féminisme » et assurant qu’il avait obtenu l’autorisation de la joueuse avant de l’embrasser.

Il avait fini par démissionner en septembre 2023, deux semaines après les faits.

Lors de son procès, il avait campé sur ses positions, se disant « absolument sûr » que Jenni Hermoso avait consenti à ce baiser.

En face, Jennifer Hermoso, érigée en symbole de la lutte contre le sexisme dans le sport, avait décrit les « innombrables » pressions subies après ce geste pour étouffer le scandale.

Depuis une réforme du Code pénal espagnol, un baiser non consenti peut être considéré comme une agression sexuelle, catégorie pénale regroupant tous les types de violence sexuelle.

Affaire Renault-Nissan : Rachida Dati de plus en plus proche d’un procès pour corruption

La menace judiciaire s’intensifie pour Rachida Dati. La Cour d’appel de Paris a rejeté son recours contre le réquisitoire du Parquet national financier (PNF), ouvrant la voie à un possible procès pour corruption et trafic d’influence passifs dans le cadre de l’affaire Renault-Nissan, aux côtés de Carlos Ghosn.

Un contrat controversé avec Renault-Nissan

L’enquête, ouverte en 2019, porte sur un contrat signé en octobre 2009 entre Rachida Dati, alors avocate et eurodéputée, et RNBV, la filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan. Selon le PNF, Mme Dati aurait perçu près de 900 000 euros entre 2010 et 2012, pour des prestations de conseil dont la réalité reste fortement mise en doute.

Le parquet considère ce contrat comme « l’habillage juridique d’un pacte corruptif patent ». Le réquisitoire souligne qu’aucune preuve tangible — documents, courriels, notes ou témoignages — ne permet d’attester de prestations juridiques effectives fournies par Mme Dati.

Des soupçons de lobbying illégal au Parlement européen

Les magistrats enquêtent également sur la possibilité que ce contrat ait servi à dissimuler une activité de lobbying au Parlement européen, une pratique interdite pour les élus. Rachida Dati est accusée d’avoir utilisé son influence supposée ou réelle pour intervenir en faveur de Renault, sans jamais avoir informé le Parlement européen de ses relations professionnelles avec la marque automobile.

Le PNF demande aussi un procès contre Carlos Ghosn, ex-PDG du groupe Renault-Nissan, pour corruption et trafic d’influence actifs.

Un recours rejeté, la décision entre les mains des juges

Les avocats de Rachida Dati avaient introduit une requête en nullité contre le réquisitoire, arguant que celui-ci s’appuyait sur des éléments annulés par la justice en 2022. Ce recours ayant été rejeté, la balle est désormais dans le camp des juges d’instruction, qui devront décider s’ils renvoient ou non les deux protagonistes devant un tribunal correctionnel.

Autres accusations : GDF Suez et bijoux non déclarés

Rachida Dati, potentielle candidate de la droite à la mairie de Paris en 2026, fait également face à de nouvelles accusations. Début juin, l’émission Complément d’enquête sur France 2 a révélé qu’elle aurait perçu 299 000 euros de GDF Suez alors qu’elle était eurodéputée, sans en avoir déclaré la provenance au Parlement européen. L’intéressée dénonce des accusations « diffamatoires ».

Dans la foulée, Rémi Féraud, candidat socialiste à la mairie de Paris, a saisi à deux reprises le procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Il a signalé, d’une part, les relations financières supposées entre Dati et GDF Suez, et d’autre part, les révélations du journal Libération concernant la possession de bijoux de luxe non déclarés.

Visé par un mandat d’arrêt de la CPI, Poutine sera absent du sommet des Brics au Brésil

Visé par la justice internationale pour des soupçons de déportation illégale d’enfants ukrainiens, Vladimir Poutine ne participera pas au sommet des BRICS prévu début juillet au Brésil, a annoncé le Kremlin mercredi. En tant que membre de la Cour pénale internationale (CPI), le Brésil aurait été légalement tenu d’arrêter le président russe s’il avait fait le déplacement.(Source : AFP).

Vladimir Poutine fait l’impasse sur un rendez-vous diplomatique majeur. Visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), le président russe ne se rendra pas au sommet des Brics organisé début juillet au Brésil, a annoncé mercredi 25 juin le Kremlin, précisant que son chef de la diplomatie, lui, y serait.

« Le président participera par vidéoconférence, mais le ministre des Affaires étrangères [Sergueï Lavrov, NDLR] sera présent au Brésil », a déclaré le conseiller diplomatique du président russe, Iouri Ouchakov, ajoutant : « Cela est dû à certaines difficultés dans le contexte des demandes de la CPI. »

Le président brésilien Lula avait affirmé que son homologue russe Vladimir Poutine serait « invité » en tant que membre fondateur, bien qu’il soit visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des suspicions de déportation illégale d’enfants ukrainiens vers la Russie – ce que Moscou nie.

Vladimir Poutine salue régulièrement les Brics, un groupe formé de dix pays émergents, en le présentant comme un contrepoids à l’hégémonie des Occidentaux sur la scène internationale.

Reçu en grande pompe en Mongolie

Le prochain sommet, qui rassemblera Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Indonésie, Iran et Émirats arabes unis, se tiendra les 6 et 7 juillet à Rio de Janeiro.

Visé par un mandat d’arrêt de la CPI, Vladimir Poutine est limité dans ses déplacements à l’étranger.

Membre de la Cour pénale internationale, le Brésil se serait retrouvé, en cas de venue du président russe, dans l’obligation de l’arrêter.

Vladimir Poutine n’avait cependant pas été arrêté début septembre en Mongolie, un État membre de la Cour pénale internationale, où il avait été reçu en grande pompe. Oulan-Bator avait ainsi été critiqué par la Cour et l’Union européenne, notamment.

En octobre dernier, le sommet des Brics s’était déroulé en Russie, à Kazan. En revanche, le président russe avait renoncé à participer à celui tenu en Afrique du Sud en août 2023.

Iran-Israël : Téhéran met fin à sa coopération nucléaire avec l’AIEA, Moscou s’y oppose ; Khamenei déclare que les États-Unis ont reçu une « gifle cinglante » et que l’État hébreu a été « proche de l’effondrement » ; l’armée israélienne confirme l’intervention de « commandos terrestres » en Iran etc…(Point du 26 juin).

Khamenei affirme que les États-Unis ont reçu une «gifle cinglante» et que l’État hébreu a «failli s’effondrer»

«Je tiens à féliciter la grande nation iranienne» a déclaré Ali Khamenei dans un communiqué dévoilé ce jeudi 26 juin. Dans une prise de parole devenue rare, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué jeudi 26 juin la «victoire» de son pays sur Israël. Il s’agit de sa première déclaration depuis l’entrée en vigueur mardi d’un cessez-le-feu ayant mis fin à douze jours de guerre. «Je tiens à féliciter la grande nation iranienne : tout d’abord pour sa victoire sur le régime sioniste», a déclaré Ali Khamenei, dans un communiqué écrit publié par l’agence de presse officielle Irna. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a également déclaré que les États-Unis «n’avaient rien gagné» de la guerre de douze jours entre l’Iran et Israël et même reçu une «gifle cinglante». Dans un communiqué publié par les médias d’État, il affirme que les États-Unis «sont intervenus directement dans la guerre, convaincus que leur refus de s’engager conduirait à la destruction totale du régime sioniste». «Ils n’ont rien gagné de cette guerre», a jugé Ali Khamenei à propos de Washington, ajoutant dans sa première déclaration publique depuis le cessez-le-feu entré en vigueur mardi, que «la République islamique l’a emporté, et en représailles, a infligé une gifle cinglante au visage de l’Amérique».

Un coût «assurément élevé» en cas d’attaque

Le guide suprême iranien a également menacé de frapper des bases américaines au Moyen-Orient si l’Iran était de nouveau attaqué par les États-Unis. «La République islamique a accès à d’importantes bases américaines dans la région et peut agir contre elles dès qu’elle le juge nécessaire», a-t-il déclaré. «Cela peut se reproduire à l’avenir : si une attaque survient, le coût pour l’ennemi et l’agresseur sera assurément élevé.»

Il a par ailleurs affirmé que son pays ne se rendrait «jamais» aux États-Unis : «le président américain a indiqué dans l’une de ses déclarations que l’Iran devait se rendre. Se rendre ! Il ne s’agit plus d’enrichissement ou d’industrie nucléaire, mais bien de la reddition de l’Iran», a déclaré l’ayatollah Khamenei dans un discours télévisé.

Téhéran suspend sa coopération nucléaire avec l’AIEA, Moscou s’y oppose

L’Iran a annoncé la suspension immédiate de sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à la suite des récentes frappes américaines et israéliennes contre ses installations nucléaires. Cette décision marque une rupture majeure dans les relations entre Téhéran et l’organisme de surveillance onusien, et suscite de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale.

Une réaction à une résolution de l’AIEA

La décision iranienne intervient dans un contexte de tensions accrues autour de son programme nucléaire. En cause : une résolution adoptée à Vienne par le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, critiquant une nouvelle fois le manque de transparence de l’Iran. Pour Téhéran, cette résolution est jugée « purement politique et non constructive », selon les propos du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Nasser Kanaani.

Dans la foulée, l’Iran a fermé ses installations nucléaires aux inspecteurs internationaux. Les caméras de surveillance ne seront plus alimentées, et les rapports d’activités interrompus. Cette mesure, entérinée par un vote du Parlement iranien, plonge le programme atomique du pays dans une opacité totale.

Une escalade inquiétante

Ce tournant est interprété comme un acte de défi majeur, alors que le pays avait déjà réduit progressivement ses engagements depuis l’abandon du Plan d’action global commun (JCPOA) par les États-Unis en 2018. Malgré les assurances répétées de l’Iran affirmant ne pas vouloir acquérir l’arme nucléaire, les doutes persistent. En témoignent les préoccupations du directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, qui a exprimé sa « profonde inquiétude » : « Sans accès aux sites et sans informations fiables, notre capacité de vérification est gravement compromise. »

Par ailleurs, la disparition inexpliquée de 400 kg d’uranium hautement enrichi, possiblement déplacés durant le récent conflit, ne fait qu’alimenter les soupçons.

La Russie prend ses distances

Fait notable, la Russie — alliée de longue date de l’Iran — a exprimé son opposition à cette suspension de la coopération. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré : « Nous souhaitons que la coopération entre l’Iran et l’AIEA se poursuive […] L’Iran a affirmé à plusieurs reprises ne pas vouloir développer l’arme nucléaire, et nous nous en tenons à cette déclaration. »

La centrale nucléaire de Bouchehr, située dans le sud-ouest de l’Iran, est notamment exploitée en collaboration avec l’agence russe Rosatom, qui y emploie plusieurs centaines de spécialistes.

Un contexte explosif

Cette décision de Téhéran intervient au terme d’une guerre de douze jours avec Israël, durant laquelle plusieurs infrastructures nucléaires iraniennes ont été la cible de frappes américaines et israéliennes. Les autorités iraniennes ont critiqué l’AIEA pour son silence face à ces attaques, estimant que l’organisme international n’a pas condamné ces actes.

Le texte voté par le Parlement iranien doit encore être validé par le Conseil des Gardiens, qui détient le pouvoir d’approuver ou non les lois adoptées. Mais l’intention est claire : l’Iran entend reprendre le contrôle total de son programme nucléaire, sans observateurs internationaux.

Conséquences incertaines

Cette rupture avec l’AIEA pourrait exposer l’Iran à de nouvelles sanctions internationales, alors même que son économie demeure fragile. Washington et ses alliés envisagent déjà des mesures de rétorsion, tandis que les perspectives de reprise des négociations sur le nucléaire s’amenuisent.

Dans ce climat d’instabilité, l’arrêt de la coopération entre l’Iran et l’AIEA représente une étape critique dans une crise nucléaire de plus en plus imprévisible.

En Iran au moins 26 personnes arrêtées pour collaboration avec Israël

Au moins 26 personnes accusées d’avoir collaboré avec Israël ont été arrêtées au Khouzestan, dans le sud-ouest de l’Iran, deux jours après un cessez-le feu entre les deux pays qui a mis fin à 12 jours de guerre, ont annoncé mercredi soir les médias iraniens.

Selon l’agence semi-officielle Fars, ces individus «identifiés comme des agents et des participants involontaires dans la guerre récente imposée par le régime sioniste» ont été arrêtés par les services du renseignement des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.

«La plupart d’entre eux ont confessé leurs actes, dont des activités contre la sécurité, la propagation de l’inquiétude dans le public et des actes de sabotage», a précisé l’agence, citant un communiqué des services du renseignement des Gardiens.

Ces arrestations interviennent après que le chef d’état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, a affirmé que des «commandos terrestres» avaient agi en Iran durant la guerre. «Nos forces ont opéré en secret au cœur du territoire ennemi», a-t-il ajouté.

Le directeur de la CIA assure de l’efficacité des frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes

Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a confirmé dans un communiqué que, selon «des informations crédibles», le programme nucléaire de Téhéran avait été «gravement endommagé par les frappes ciblées récentes». «Cela inclut de nouvelles informations venant d’une source/méthode historiquement fiable et exacte selon lesquelles plusieurs infrastructures nucléaire clés de l’Iran ont été détruites et leur reconstruction devrait prendre plusieurs années», a ajouté l’agence américaine du renseignement.

L’Iran n’a pas déplacé d’uranium hautement enrichi avant les frappes, selon Washington

L’administration de Donald Trump a réfuté mercredi l’hypothèse que l’Iran ait déplacé son uranium hautement enrichi avant les frappes américaines, sur fond de questions autour de l’impact de cette opération militaire sur le programme nucléaire de Téhéran.

«Je peux vous dire que les Etats-Unis n’ont eu aucune indication que de l’uranium hautement enrichi ait été déplacé avant les frappes, comme je l’ai vu aussi raconté à tort», a déclaré à Fox News la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt. «Quant à ce qu’il y a sur le terrain en ce moment, c’est enseveli sous des kilomètres et des kilomètres de gravats en raison du succès des frappes de samedi soir», a-t-elle ajouté.

L’Agence internationale de l’énergie nucléaire (AIEA), avec qui l’Iran veut suspendre sa coopération, «a perdu la visibilité sur ce matériel à partir du moment où les hostilités ont commencé» a de son côté déclaré son directeur général, Rafael Grossi, à la télévision française. «Je ne voudrais pas donner l’impression que c’est perdu ou que c’est caché», a-t-il ajouté.

Trump déclare que le procès de Netanyahou pour corruption devrait être «annulé immédiatement»

Donald Trump a réclamé mercredi l’annulation «immédiate» du procès pour corruption du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qu’il a qualifié de «chasse aux sorcières».

«Une telle chasse aux sorcières, pour un homme qui a tant donné, est impensable pour moi. Il mérite bien mieux que cela, et l’État d’Israël aussi. Le procès de Netanyahu devrait être ANNULÉ IMMÉDIATEMENT», a écrit le président américain dans un long message publié sur sa plateforme Truth Social.

Donald Trump annonce que les États-Unis vont continuer de restreindre les ventes de pétrole iranien

Donald Trump a déclaré mercredi que les États-Unis n’avaient pas renoncé à leur pression maximale sur l’Iran, notamment en restreignant les ventes de pétrole iranien, mais a évoqué un possible assouplissement de ces mesures pour aider le pays à se reconstruire.

«Ils auront besoin d’argent pour remettre le pays sur pied. Nous voulons que cela se produise», a déclaré le président américain lors d’une conférence de presse au sommet de l’OTAN, interrogé sur un éventuel assouplissement des sanctions pétrolières contre l’Iran.

L’Iran annonce la réouverture partielle de son espace aérien

L’Iran a annoncé la réouverture de son espace aérien dans l’est du pays, au deuxième jour d’un cessez-le-feu avec Israël qui a mis fin à 12 jours de guerre.

«L’espace aérien au-dessus de l’est de l’Iran a été rouvert aux survols internationaux ainsi qu’aux vols intérieurs et internationaux, uniquement au départ ou à destination d’aéroports situés dans l’est du pays», a déclaré le porte-parole du ministère des Transports, Majid Akhavan, cité par l’agence officielle IRNA. Il a ajouté que l’aéroport de Machhad, qu’Israël avait affirmé avoir frappé pendant la guerre, faisait partie des aéroports rouverts.

Le chef d’état-major affirme que des «commandos terrestres» ont agi en Iran

Le chef d’état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, a affirmé mercredi soir que des «commandos terrestres» ont agi en Iran durant la guerre de 12 jours entre les deux pays.

Saluant les succès de ses troupes, Eyal Zamir a déclaré qu’ils avaient été obtenus par «nos forces aériennes et commandos terrestres», ajoutant que «ces forces ont opéré en secret au coeur du territoire ennemi et nous ont permis une liberté opérationnelle complète».

L’Iran confirme la mort d’un haut gradé à la suite de frappes israéliennes

L’armée iranienne a confirmé mercredi la mort d’un important commandant militaire, Ali Shadmani, qui avait été grièvement blessé dans une frappe israélienne le 17 juin.

«Le général Ali Shadmani, commandant du quartier général central de Khatam al-Anbiya (affilié aux Gardiens de la révolution), a rejoint les rangs des martyrs et est décédé des suites de graves blessures subies lors du bombardement mené par le régime sioniste agresseur», a indiqué un communiqué de ce commandement cité par l’agence officielle Irna.

Sa mort avait été annoncée le 17 juin par l’armée israélienne, qui l’avait présenté comme le commandant militaire le plus haut gradé et la personnalité la plus proche du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Elle avait précisé qu’il était décédé dans une frappe nocturne sur «un centre de commandement au coeur de Téhéran».

Rugby – Coupe du monde 2025 : Pauline Bourdon Sansus suspendue pour le premier match des Bleues après ses critiques sur l’arbitrage

Coup dur pour le XV de France féminin : la demi de mêlée Pauline Bourdon Sansus ne participera pas au premier match des Bleues lors de la Coupe du monde de rugby 2025, qui se déroulera du 22 août au 27 septembre en Angleterre. Sanctionnée pour ses critiques publiques sur l’arbitrage après la finale du Championnat de France, l’internationale tricolore manquera également un match de préparation capital contre l’Angleterre.

Une suspension de deux semaines pour des propos jugés déplacés

Selon Sud Ouest, la joueuse du Stade Toulousain, forte de 66 sélections, a écopé de deux semaines de suspension. Cette sanction fait suite à ses déclarations tenues en conférence de presse le 31 mai dernier, à l’issue de la finale d’Élite 1 perdue par son club face au Stade Bordelais (24-32).

Visiblement frustrée par certaines décisions arbitrales, Pauline Bourdon Sansus avait réclamé « un arbitrage juste et cohérent », ajoutant que « ce n’est pas encore le cas » dans le Championnat français. Des propos qui ont été jugés comme une atteinte à l’intégrité de l’arbitrage par les instances disciplinaires.

Des conséquences directes pour les Bleues

Cette suspension prive le XV de France féminin de l’une de ses cadres les plus expérimentées au moment d’entamer la compétition mondiale. Bourdon Sansus manquera :
•Le match de préparation contre l’Angleterre, le 9 août à Mont-de-Marsan ;
•Le premier match de la Coupe du monde, prévu le 23 août à Exeter face à l’Italie.

Elle sera éligible pour faire son retour dès le deuxième match de poules, contre le Brésil, une semaine plus tard.

La réaction du staff : “On ne veut pas être dépendantes”

Face à cette absence notable, Gaëlle Mignot, co-sélectionneuse du XV de France féminin, a tenu à relativiser :

« Ça fait partie des aléas. Chaque fille a une importance capitale dans notre équipe, mais on ne veut pas être dépendante d’une joueuse. »

Cette déclaration traduit la volonté du staff de maintenir une dynamique collective forte, malgré la perte momentanée d’un élément clé.

La hiérarchie au poste de demi de mêlée reconfigurée

Pour pallier cette absence, la sélection pourra compter sur Alexandra Chambon, 29 sélections, comme remplaçante attitrée au poste de numéro 9. Elle devance Océane Bordes, qui ne compte pour l’instant qu’une seule sélection en équipe de France. Chambon devrait donc débuter face à l’Italie, tandis que Bordes pourrait intégrer la rotation si nécessaire.

Un coup dur, mais pas un frein pour les ambitions françaises

Malgré cette suspension, l’équipe de France féminine aborde cette Coupe du monde 2025 avec de grandes ambitions. Le groupe reste solide, structuré autour de joueuses expérimentées, et espère bien franchir un cap en Angleterre, pays hôte de la compétition et adversaire majeur.

L’affaire rappelle cependant que les prises de parole publiques des joueuses sont scrutées de près, et que le dialogue autour de l’arbitrage reste un sujet sensible dans le rugby féminin comme masculin.

Corée : L’Union des familles de kidnappés envisage de suspendre les envois de tracts vers le Nord

L’Union des familles de kidnappés par la Corée du Nord a annoncé ce mardi qu’elle envisageait de suspendre ses envois de tracts anti-régime au-delà de la frontière intercoréenne. Cette possible suspension, évoquée par Choi Seong-ryong, président de l’organisation, intervient dans un contexte de dialogue renouvelé avec les autorités sud-coréennes.

Un signal d’apaisement sous conditions

Choi Seong-ryong a déclaré avoir reçu, lundi, un appel téléphonique encourageant d’un haut responsable du gouvernement sud-coréen, qui l’a conduit à envisager un moratoire sur les largages de tracts. La décision finale sera prise après consultation avec les autres familles membres de l’union.

Ce geste de bonne volonté s’inscrit dans la continuité de propos tenus par Choi il y a une semaine, lorsqu’il avait affirmé que son groupe serait prêt à cesser ces actions de communication, à condition que le président Lee Jae Myung intervienne personnellement pour confirmer le sort des otages toujours portés disparus — notamment ceux ayant dépassé les 90 ans.

Un échange avec le vice-ministre de l’Unification

Le ministère sud-coréen de l’Unification, chargé des relations avec la Corée du Nord, a confirmé que son vice-ministre Kim Nam-jung s’est entretenu avec Choi lundi après-midi. Selon un représentant du ministère, Kim a transmis une demande officielle du gouvernement appelant à la fin de l’envoi de tracts et a promis de prêter une oreille attentive aux doléances des familles.

Bien que Choi semble avoir accueilli favorablement cette proposition, il n’a pas encore pris d’engagement ferme. Il reste également incertain si le gouvernement Lee programmera la rencontre directe avec le président, que le groupe réclame depuis plusieurs mois.

Une campagne de tracts menée par ballons et drones

Depuis le début de l’année, l’organisation de Choi a mené trois campagnes de distribution de tracts anti-nord-coréens à l’aide de ballons et drones :
• Le 27 avril depuis le pavillon d’Imjingak à Paju,
• Le 8 mai à Cheorwon, dans la province du Gangwon,
• Et le 2 juin dans une autre zone frontalière de Paju.

Ces initiatives ont souvent irrité Pyongyang et fait l’objet de tensions bilatérales. Le gouvernement sud-coréen a donc indiqué vouloir réviser la législation actuelle pour empêcher à l’avenir les distributions de tracts depuis les zones frontalières, au nom de la sécurité et de la stabilité régionale.

L’espoir d’un dialogue intercoréen sur les enlèvements

Choi a exprimé l’espoir que le gouvernement de Lee Jae Myung, jugé plus compréhensif sur le sujet des enlèvements, puisse ouvrir la voie à un dialogue intercoréen permettant de confirmer la vie ou le décès des victimes. « Des officiels du gouvernement actuel comprennent mieux la question des enlèvements et ils nous ont beaucoup aidés dans le passé. J’espère que ce gouvernement créera enfin des opportunités concrètes », a-t-il déclaré à la presse.

Ces mots ont été prononcés après un moment de recueillement devant le mémorial des anciens combattants belges et luxembourgeois de la guerre de Corée, situé à Dongducheon, au nord de Séoul. L’événement marquait le 75e anniversaire du déclenchement de la guerre de Corée (1950-1953).

Une histoire personnelle douloureuse

Pour Choi Seong-ryong, la cause des familles de kidnappés est aussi profondément personnelle. Son propre père a été enlevé en 1967 alors qu’il pêchait près de l’île de Yeonpyeong, en mer Jaune. Il a ensuite été exécuté en 1972 par les autorités nord-coréennes, accusé de collaboration passée avec l’armée américaine pendant la guerre de Corée.

Un geste possible vers l’apaisement intercoréen

L’éventuelle suspension des envois de tracts anti-nord-coréens pourrait marquer un geste de détente dans les relations intercoréennes. Si elle se concrétise, cette initiative donnerait une chance à un dialogue plusC’est humain et centré sur les victimes, dans un dossier longtemps éclipsé par les enjeux géopolitiques majeurs de la péninsule.

Le risque de génocide au Soudan est « très élevé » prévient l’ONU

Le risque de génocide pendant la guerre au Soudan reste « très élevé », a averti lundi une haute responsable de l’ONU, inquiète face aux attaques fondées sur l’appartenance ethnique menées par les Forces de soutien rapide (FSR).(Source :AFP).

La guerre civile soudanaise, qui a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 13 millions de personnes, plongé une partie du pays dans la famine et favorisé une épidémie de choléra, est considérée par l’ONU comme la pire crise humanitaire actuelle.

Le pays est déchiré depuis avril 2023 par ce conflit sanglant qui oppose l’armée régulière soudanaise (SAF) aux FSR paramilitaires.

« Les deux parties ont commis de graves violations des droits humains », a déclaré Virginia Gamba, conseillère spéciale par intérim du chef de l’ONU, Antonio Guterres, pour la prévention du génocide.

« Les attaques continues et ciblées contre certains groupes ethniques, en particulier dans les régions du Darfour et du Kordofan, sont particulièrement préoccupantes », a-t-elle déclaré au Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève.

La secrétaire générale adjointe de l’ONU a souligné que « les FSR et les milices arabes armées alliées continuent de mener des attaques fondées sur l’appartenance ethnique contre les groupes Zaghawa, Masalit et Fours », avant d’ajouter que « le risque de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité au Soudan reste très élevé ».

Le mois dernier, la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute juridiction de l’ONU, a rejeté la plainte du Soudan accusant les Emirats arabes unis de complicité de génocide à l’encontre de la communauté Masalit, en raison de leur soutien présumé aux FSR. Des accusations démenties par les Émirats.

La CIJ s’est déclarée « manifestement incompétente » pour statuer sur cette affaire.

Guerre en Ukraine : pourquoi Volodymyr Zelensky fera escale en Alsace ce mercredi, après sa rencontre avec Donald Trump au sommet de l’OTAN

Ce mercredi 25 juin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky entame une journée cruciale sur la scène internationale. Attendu au sommet de l’OTAN à La Haye pour une rencontre bilatérale avec le président américain Donald Trump, il se rendra ensuite à Strasbourg, en Alsace, pour activer la création d’un tribunal spécial chargé de juger l’agression russe contre l’Ukraine. Ce double déplacement illustre l’intensification de l’offensive diplomatique de Kyiv, à la recherche d’un soutien renforcé et de justice.

Rencontre Trump-Zelensky : un échange attendu à La Haye

Une source proche de la présidence ukrainienne a confirmé à l’AFP la tenue d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump en marge du sommet de l’OTAN. Elle aura lieu aux alentours de 14h30 (heure belge) ce mercredi. Les deux chefs d’État devraient faire de courtes déclarations avant leur entretien, qui portera essentiellement sur la poursuite du soutien militaire américain, les perspectives de paix et la stratégie de défense commune face à la Russie.

Donald Trump avait déclaré dans l’avion le menant aux Pays-Bas qu’il rencontrerait « probablement » Zelensky. Cette confirmation donne un poids symbolique fort à l’événement, dans un contexte où le soutien américain à l’Ukraine est à nouveau scruté, notamment depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche en janvier dernier.

Strasbourg : un tournant judiciaire contre l’impunité russe

Après cette étape diplomatique majeure, Volodymyr Zelensky est attendu à Strasbourg, au Conseil de l’Europe, pour activer officiellement la création d’un tribunal international spécial chargé de juger le “crime d’agression” commis par la Russie depuis février 2022. Une compétence que la Cour pénale internationale (CPI) ne peut pas exercer dans ce cas précis.

D’après Le Dauphiné Libéré, le président ukrainien est attendu à 15h pour signer la création de ce tribunal, qui visera spécifiquement les dirigeants politiques et militaires russes ayant pris part à l’agression. Ce tribunal, bien qu’abrité institutionnellement à Strasbourg sous l’égide du Conseil de l’Europe, aura ses bureaux opérationnels à La Haye, ville qui accueille déjà de nombreuses instances internationales, dont la CPI.

Une justice ciblée mais limitée par le droit international

Ce tribunal ne pourra toutefois pas poursuivre immédiatement le président russe Vladimir Poutine, son Premier ministre ou son ministre des Affaires étrangères, en raison des protections liées à leur statut en fonction. Mais il établira une base juridique claire pour de futures poursuites, une fois ces protections levées.

Alain Berset, secrétaire général du Conseil de l’Europe, a affirmé dans un communiqué :

« L’agression ne doit pas rester impunie. Ce tribunal spécial vise à garantir la responsabilité, et à faire en sorte que celles et ceux qui portent la plus grande part de responsabilité répondent de leurs actes. »

Plus de 34 000 demandes d’indemnisation enregistrées

En parallèle à ce projet de tribunal, le Conseil de l’Europe a aussi mis en place un registre des dommages causés par la guerre. Cet outil vise à recueillir les plaintes et demandes d’indemnisation de victimes ukrainiennes.
À ce jour, plus de 34 000 demandes ont été enregistrées, preuve tangible de l’ampleur des souffrances infligées par le conflit.

Zelensky s’adressera à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

Toujours à Strasbourg, Volodymyr Zelensky prononcera un discours devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, composée d’élus des 46 États membres de l’organisation. Il répondra également aux questions des parlementaires, consolidant encore le soutien politique européen à l’Ukraine.

Il est utile de rappeler que l’Ukraine est membre du Conseil de l’Europe, tandis que la Russie en a été exclue en mars 2022, peu après le début de la guerre, pour violation grave des droits de l’homme et des principes fondamentaux de l’organisation.

Un double message de Kyiv : diplomatie et justice

La journée du 25 juin s’inscrit dans une stratégie claire de Volodymyr Zelensky : conjuguer pression diplomatique et action juridique. À La Haye, il vise à renforcer la coordination militaire avec les alliés de l’OTAN, en particulier les États-Unis. À Strasbourg, il acte une nouvelle phase dans la lutte contre l’impunité russe.

Alors que la guerre se prolonge, l’Ukraine entend prouver que le droit international reste un outil puissant contre l’agression, et que la justice peut encore l’emporter, même au cœur des conflits les plus brutaux.

Israël – Iran : Trump annonce un dialogue imminent et affirme avoir freiné le programme nucléaire iranien ; trois espions israéliens pendus à Téhéran, où un complot viserait à écarter l’ayatollah Khamenei (Point du 25 juin)

Alors que le cessez-le-feu entre l’Iran et Israël entame son deuxième jour, les tensions restent palpables au Moyen-Orient. Frappes aériennes, pendaisons, révélations diplomatiques et luttes de pouvoir internes secouent la région. Le président américain Donald Trump affirme que le programme nucléaire iranien a été durablement affaibli et annonce des discussions imminentes avec Téhéran. Pendant ce temps, l’Iran exécute trois espions présumés au service d’Israël et prépare des funérailles nationales pour ses élites militaires et scientifiques. En coulisse, un plan secret se tramerait à Téhéran pour écarter le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Le programme nucléaire iranien « retardé de plusieurs décennies », selon Trump

Lors d’une conférence de presse à La Haye, où se tient le sommet de l’OTAN, Donald Trump a revendiqué un succès stratégique majeur :

« Les frappes américaines ont totalement détruit les trois principaux sites nucléaires iraniens. Le programme a été retardé de plusieurs décennies. L’Iran ne fabriquera pas de bombe avant longtemps. »

Israël, bien que plus prudent, se félicite également :

« C’est une victoire historique », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, affirmant que les frappes avaient « anéanti » le projet nucléaire iranien. Il a répété : « L’Iran n’aura jamais l’arme atomique. »

Le porte-parole de l’armée israélienne, le général Effie Defrin, a néanmoins rappelé que « l’heure est encore à l’évaluation » :

« Nous avons porté un coup dur, mais il est encore tôt pour mesurer l’ampleur réelle des dégâts. »

Téhéran reconnaît les dégâts mais maintient son cap

De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a reconnu que ses installations nucléaires avaient été « considérablement endommagées », tout en réaffirmant son droit légitime à poursuivre un programme nucléaire à usage civil.

Dans un double discours, Téhéran a également crié « victoire » sur la scène intérieure et a exprimé son ouverture à de futures négociations.

« L’Iran est prêt à dialoguer avec Washington », a déclaré un porte-parole du ministère.

Trump annonce une rencontre avec l’Iran

Sur le plan diplomatique, le président américain a annoncé une potentielle avancée :

« Nous allons discuter avec eux la semaine prochaine. Peut-être signerons-nous un accord, je ne sais pas. »

L’annonce intervient dans un contexte où Washington souhaite rétablir une forme de stabilité régionale après douze jours de guerre intense.

Pendaison de trois espions israéliens présumés

En parallèle, Téhéran a envoyé un signal fort : trois hommes accusés d’espionnage pour le compte d’Israël ont été pendus mercredi à Ourmia, près de la frontière turque. Le pouvoir judiciaire les identifie comme Idris Ali, Azad Shojai et Rasoul Ahmad.

« Ils avaient tenté d’introduire de l’équipement pour commettre des assassinats sur le sol iranien », indique un communiqué officiel.

Ces pendaisons s’inscrivent dans une série d’exécutions expéditives. Depuis le début du cessez-le-feu, l’Iran a accéléré les procès liés à la sécurité nationale. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, avait promis dimanche :

« Les affaires de trahison, d’espionnage ou de soutien au régime sioniste seront jugées rapidement. »

Un plan secret pour remplacer l’ayatollah Khamenei ?

Selon des sources diplomatiques et militaires, la mort du général Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, aurait fragilisé le cercle rapproché du guide suprême Ali Khamenei. Plusieurs analystes évoquent un plan clandestin au sein même du pouvoir iranien visant à pousser l’ayatollah vers la sortie, dans un contexte de divisions internes aggravées par les pertes militaires et scientifiques.

Deuil national en Iran : funérailles pour les élites tuées

L’agence iranienne IRNA a annoncé pour samedi une journée de deuil national. Une cérémonie sera organisée à Téhéran en l’honneur des hauts responsables militaires et scientifiques tués dans les frappes israéliennes. Parmi eux, le général Hossein Salami, figure-clé du régime.

Le ministère de la Santé iranien fait état de 610 morts civils et plus de 4 700 blessés. En Israël, les tirs de représailles iraniens ont causé 28 décès, selon les autorités.

Plus d’un millier de Français rapatriés d’Iran et d’Israël

La France continue de rapatrier ses ressortissants depuis les deux pays en guerre. Le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a déclaré sur TF1 :

« Nous avons dépassé le cap des 1 000 rapatriements. »

Des vols militaires et civils continuent d’affluer depuis Amman, Tel-Aviv et Chypre. Cependant, la situation des Français emprisonnés, dont Cécile Kohler et Jacques Paris détenus à Evin, reste inchangée. Paris en réclame toujours la libération.

Un calme précaire et un avenir incertain

Malgré le cessez-le-feu en cours, les actes de vengeance, les pendaisons, les discours contradictoires et les tensions internes en Iran laissent penser que la crise est loin d’être terminée. L’annonce d’un dialogue à venir entre les États-Unis et l’Iran ouvre une porte, mais sur fond de défiance, de deuil et de bouleversements politiques.