Le conflit entre Israël et l’Iran continue de secouer le Moyen-Orient, avec des répercussions directes tant sur la scène internationale qu’au sein même de la société israélienne. Alors que les tensions militaires persistent, un épisode inédit s’est produit en Cisjordanie occupée, où des colons israéliens ont attaqué des soldats de leur propre armée. En parallèle, Paris, Berlin et Londres condamnent fermement les menaces visant le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et le bilan humain des frappes iraniennes sur Israël continue de s’alourdir avec 28 morts recensés. Voici le point complet.
Lire la suite Iran – Israël : en Cisjordanie des colons attaquent des soldats israéliens, Paris, Berlin et Londres unis contre les menaces iraniennes contre Rafael Grossi (AIEA), etc… ( point du 30 juin)Archives pour la catégorie Non classé
Incendie d’une agence Orpi à Marseille après l’incitation à la haine de la part de Rima Hassan, des élus en colère
L’affaire Rima Hassan, eurodéputée du parti fasciste d’extrême-gauche, « La France insoumise » (LFI), prend une tournure dramatique. Après une agression verbale visant l’élue devant une agence Orpi à Paris, c’est à Marseille qu’un nouveau rebondissement a eu lieu : dans la nuit du 27 au 28 juin, une agence du réseau immobilier Orpi a été la cible d’un incendie. Une escalade des tensions qui fait réagir jusque dans les rangs politiques locaux, alors que la députée est accusée d’alimenter – à juste titre – un climat de haine.
Lire la suite Incendie d’une agence Orpi à Marseille après l’incitation à la haine de la part de Rima Hassan, des élus en colèreL’Assemblée de Corse reconnaît symboliquement l’existence de l’État palestinien et appelle Paris à agir
Dans un geste à forte portée symbolique et politique, l’Assemblée de Corse a adopté une résolution reconnaissant l’existence de l’État de Palestine, rejoignant un mouvement grandissant de collectivités locales en France et à l’étranger appelant à une reconnaissance officielle du peuple palestinien.
Une initiative portée par la présidente de l’Assemblée
La résolution a été présentée par la présidente de l’Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, membre de la majorité autonomiste. Celle-ci a salué un vote « humaniste et urgent », évoquant une « urgence humanitaire », un « devoir moral », et un soutien à l’autodétermination et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
« Il s’agit d’un acte de conscience, de solidarité et de responsabilité face à une tragédie humaine qui dure depuis trop longtemps », a déclaré Mme Maupertuis.
Le texte adopté reconnaît « l’existence de l’État de Palestine, conformément aux dispositions antérieures de l’ONU », et appelle le gouvernement français à en faire autant. Il demande également la suspension des livraisons d’armes à Israël, une exigence de plus en plus exprimée dans certains milieux politiques et associatifs.
Un geste local dans un contexte international tendu
Cette reconnaissance intervient alors que la France n’a toujours pas officiellement reconnu l’État palestinien. Début avril, le président Emmanuel Macron avait évoqué une possible reconnaissance « en juin », dans le cadre d’une conférence conjointe avec l’Arabie saoudite à l’ONU. Toutefois, cette conférence prévue pour le 18 juin à New York a été reportée en raison des frappes israéliennes sur l’Iran, repoussant une éventuelle décision française.
Un mouvement croissant en France et dans le monde
La veille, le 26 juin, le conseil municipal de Morlaix (Finistère) avait également adopté un vœu en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien par la France. Ces gestes s’inscrivent dans un mouvement international plus large, alors que 148 des 193 États membres des Nations unies reconnaissent actuellement la Palestine comme État souverain, soit près des trois quarts.
Une portée symbolique forte
Bien que symbolique et non contraignante, la décision corse reflète une volonté politique locale de se positionner sur une question internationale majeure. Pour les élus autonomistes, cette reconnaissance est également une manière d’exprimer leur attachement au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un thème particulièrement sensible dans l’histoire politique corse.
En votant cette résolution, l’Assemblée de Corse ajoute sa voix à celles qui, en France et ailleurs, appellent à une reconnaissance pleine et entière de l’État palestinien. Alors que la situation au Proche-Orient reste explosive et que la diplomatie française temporise, ce vote vient rappeler que la solidarité internationale peut aussi s’exprimer depuis les territoires, au nom de principes universels de justice et de paix.
Arménie : tensions croissantes entre le pouvoir et l’Église après l’arrestation d’un archevêque et une altercation avec la police
Les tensions entre l’Église apostolique arménienne et les autorités civiles se sont intensifiées vendredi 27 juin, après une altercation entre des forces de police et des ecclésiastiques, survenue deux jours après l’arrestation de l’archevêque Bagrat Galstanian, accusé de tentative de coup d’État. Ces événements marquent une nouvelle escalade dans la confrontation politique et religieuse qui secoue l’Arménie depuis plusieurs mois.
Tentative d’arrestation et résistance ecclésiastique
Vendredi, des agents de police masqués ont tenté de pénétrer dans la résidence de Garéguine II, chef de l’Église apostolique arménienne, dans le but d’interpeller un autre ecclésiastique de haut rang, Mikael Adjapahian. Ce dernier est visé depuis jeudi par une enquête pour “appels à renverser l’ordre constitutionnel par la violence”, selon les autorités.
Face à la tentative d’arrestation, l’archevêque a exprimé son opposition tout en déclarant qu’il était prêt à se rendre :
« Ceci est un acte illégal flagrant contre moi. Je n’ai jamais posé une menace envers mon pays. La menace réelle vient du gouvernement. Je ne me cacherai pas, je vais aller leur dire. »
Cependant, des habitants et des prêtres ont fermé les portes de la résidence pour empêcher la police de procéder à l’arrestation. Les autorités ont depuis annoncé un renforcement des effectifs policiers pour interpeller l’archevêque.
Arrestation d’un autre archevêque et accusations de complot
La tentative d’arrestation de Mikael Adjapahian intervient deux jours après celle de l’archevêque Bagrat Galstanian, figure montante de l’opposition au Premier ministre Nikol Pachinian. Selon le Comité d’enquête arménien, Galstanian aurait acquis « les moyens et outils nécessaires pour mener des actes terroristes et prendre le pouvoir ». Quinze personnes ont été placées en détention dans cette affaire.
L’entourage de l’archevêque, ainsi que plusieurs juristes, dénoncent une affaire à caractère politique, arguant que les accusations relèvent davantage de la répression d’opposants que d’un véritable complot.
Un climat de défiance entre Église et État
L’Église apostolique arménienne, institution religieuse historique et influente dans le pays, est engagée dans un bras de fer croissant avec le gouvernement. Ce conflit latent a éclaté au grand jour depuis que le Premier ministre Nikol Pachinian a été accusé d’avoir cédé des territoires à l’Azerbaïdjan, notamment dans le contexte du conflit du Haut-Karabakh.
En 2024, l’archevêque Galstanian avait conduit des manifestations massives contre le gouvernement, appelant à la démission de Pachinian, accusé de trahison nationale.
Début juin, les tensions se sont aggravées lorsque le Premier ministre a publiquement appelé les fidèles à renverser le chef spirituel de l’Église, Garéguine II, l’accusant d’ingérence politique. Ce dernier avait, à plusieurs reprises, critiqué la gestion de la crise du Karabakh par le pouvoir exécutif.
Contexte politique sensible
Nikol Pachinian, ancien journaliste devenu figure politique lors de la révolution de 2018, gouverne un pays profondément divisé par les séquelles du conflit avec l’Azerbaïdjan et par une crise de confiance institutionnelle. Le bras de fer avec l’Église apostolique s’ajoute à une situation sociale et politique déjà tendue.
L’opposition, dont fait partie une frange du clergé, accuse le gouvernement d’instrumentaliser la justice pour faire taire les voix dissidentes. À l’inverse, les autorités affirment vouloir prévenir tout risque d’insurrection ou de déstabilisation du pouvoir démocratiquement élu.
L’altercation de ce vendredi entre la police et des ecclésiastiques, sur fond d’accusations de coup d’État contre plusieurs membres du clergé, marque un nouveau point critique dans la confrontation entre l’Église et l’État arméniens. Alors que le gouvernement renforce la pression sécuritaire, le pays semble plongé dans une crise politico-religieuse inédite depuis son indépendance. L’issue de ce bras de fer pourrait redéfinir l’équilibre fragile entre les institutions civiles et spirituelles dans une Arménie en quête de stabilité.
Pakistan: 16 soldats tués dans un attentat-suicide revendiqué par les Talibans
Au moins seize soldats ont été tués dans un attentat-suicide mené samedi par des talibans pakistanais dans le nord-ouest du pays, frontalier de l’Afghanistan. C’est ce qu’ont rapporté à l’AFP des responsables de l’administration locale et des services de sécurité.
« Un kamikaze a jeté son véhicule rempli d’explosifs sur un convoi de soldats » dans la province du Khyber Pakhtunkhwa, « 16 soldats ont été tués », a rapporté un responsable de l’aministration locale sous le couvert de l’anonymat. Il avait précédemment fait état de 13 soldats tués et de quatre autres dans un état critique.
Il a également fait état de 19 civils blessés dans l’attaque. Un officier de la police locale a précisé à l’AFP, lui aussi sous le couvert de l’anonymat, que l’explosion avait fait « s’écrouler les toits de deux maisons, blessant six enfants ».
Attaque revendiquée
Un groupe local lié aux talibans pakistanais a revendiqué l’attaque, assurant qu’elle avait été menée par sa brigade de kamikazes. Les violences se sont multipliées dans l’ouest du Pakistan, frontalier de l’Afghanistan, depuis le retour au pouvoir des talibans à Kaboul à l’été 2021.
Islamabad accuse son voisin de ne pas déloger les rebelles qui utilisent son sol pour attaquer le Pakistan, ce que l’Afghanistan dément. L’année 2024 a été la plus meurtrière en près d’une décennie au Pakistan, avec plus de 1.600 morts, pour près de la moitié des soldats et policiers, selon le Centre pour la recherche et les études sur la sécurité d’Islamabad.
Au total, depuis le 1er janvier, selon un décompte de l’AFP, près de 290 personnes, en majorité membres des forces de sécurité, ont été tuées dans des violences menées par des groupes armés en lutte contre l’Etat, au Baloutchistan comme dans la province voisine du Khyber-Pakhtunkhwa.
Frappes sur l’Iran : le Sénat américain rejette une résolution visant à encadrer les pouvoirs militaires de Donald Trump
Alors que les tensions avec l’Iran atteignent un nouveau pic après des frappes américaines d’envergure, le Sénat des États-Unis a bloqué vendredi une résolution démocrate visant à restreindre les pouvoirs militaires du président Donald Trump. Cette initiative, portée par le sénateur démocrate Tim Kaine, visait à rappeler que le Congrès détient le pouvoir de déclarer la guerre, conformément à la Constitution.
Une décision unilatérale contestée
Depuis les frappes américaines du 22 juin ayant visé trois sites nucléaires iraniens — Fordo, Natanz et Ispahan — Donald Trump n’a cessé de revendiquer le succès de l’opération, affirmant que ces installations avaient été « complètement détruites » et que le programme nucléaire iranien avait été « retardé de plusieurs décennies ».
Mais pour les démocrates, cette décision, prise sans consultation préalable du Congrès, représente un abus de pouvoir présidentiel. Ils accusent le président de violer les principes constitutionnels en agissant unilatéralement sur des questions de guerre et de paix.
Une résolution rejetée par le Sénat
Malgré ces critiques, la résolution introduite par Tim Kaine, qui aurait contraint le président à obtenir l’autorisation du Congrès avant toute nouvelle action militaire contre l’Iran, a été rejetée par 53 voix contre 47, dans un Sénat à majorité républicaine.
« La guerre est trop importante pour être confiée aux décisions d’une seule personne », a plaidé le sénateur Kaine, appelant à une application rigoureuse de la War Powers Resolution de 1973.
Cette loi, votée dans le contexte de la guerre du Vietnam, visait à délimiter les pouvoirs respectifs du président et du Congrès dans les affaires militaires. Elle impose notamment au président d’informer le Congrès dans les 48 heures suivant un engagement armé, et limite la durée de l’intervention sans approbation parlementaire à 60 jours.
Des lignes partisanes nettes
Le vote a reflété les profondes divisions partisanes autour de la politique étrangère du président Trump :
• Seul un sénateur républicain, Rand Paul, a soutenu la résolution, estimant que ces frappes, bien que peut-être efficaces à court terme, risquaient de s’avérer contre-productives stratégiquement.
• Côté démocrate, la surprise est venue de John Fetterman, élu pro-israélien, qui a voté contre la résolution, exprimant son soutien à l’opération militaire.
Une opposition également exprimée à la Chambre
À la Chambre des représentants, les élus démocrates ont également exprimé leur méfiance après avoir reçu des briefings confidentiels du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, du directeur de la CIA John Ratcliffe et du secrétaire d’État Marco Rubio. Les explications sur la nécessité immédiate de ces frappes et l’imminence de la menace iranienne n’ont pas convaincu.
Trump assume pleinement et avertit
En dépit des critiques, Donald Trump revendique hautement la légitimité de l’opération, qu’il considère comme un succès stratégique et dissuasif. Il a clairement indiqué que de nouvelles frappes ne sont pas exclues :
« Si c’est nécessaire, nous frapperons à nouveau. »
Une interprétation contestée de la Constitution
Depuis des décennies, les présidents américains démocrates et républicains confondus ont contesté la validité contraignante de la War Powers Resolution, estimant que le commandant en chef doit avoir une latitude suffisante pour réagir rapidement aux menaces contre la sécurité nationale. Cette lecture élargie des prérogatives présidentielles continue d’alimenter les débats sur l’équilibre des pouvoirs à Washington.
Le rejet de la résolution Kaine par le Sénat illustre la difficulté persistante du Congrès à encadrer les décisions militaires du président, surtout dans un contexte d’escalade avec un adversaire stratégique comme l’Iran. Alors que Donald Trump affiche sa détermination à agir sans entrave, le débat sur les pouvoirs de guerre aux États-Unis reste entier, entre impératif de sécurité et respect de la séparation des pouvoirs.
France : l’interdiction de fumer à la plage, au parc ou sous un abri de bus entre en vigueur ce dimanche
À partir de ce dimanche 29 juin 2025, il sera officiellement interdit de fumer dans plusieurs espaces publics à ciel ouvert en France, notamment sur les plages, dans les parcs et jardins publics, sous les abris de bus, mais aussi aux abords des écoles, des piscines, des bibliothèques ou encore des équipements sportifs.
Cette mesure, annoncée en mai dernier par Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, a été confirmée par un décret publié ce samedi 28 juin au Journal officiel. Initialement prévue pour le 1er juillet, l’entrée en vigueur a été avancée.
Un objectif clair : protéger les enfants du tabagisme passif
La nouvelle réglementation vise à réduire l’exposition des enfants au tabac, en particulier dans les espaces publics qu’ils fréquentent régulièrement. « Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître », avait déclaré Catherine Vautrin lors de l’annonce de la mesure en exclusivité à Ouest-France, fin mai.
La ministre a défendu cette politique de prévention en précisant que « la liberté de fumer s’arrête là où commence le droit des enfants à respirer un air pur », soulignant l’impact documenté du tabagisme passif sur la santé des plus jeunes. Elle insiste sur la dimension sanitaire : « Je ne peux accepter des maladies évitables : c’est prouvé que la prévention réduit les risques. »
Des lieux ciblés, des précisions à venir
Le décret élargit donc l’interdiction de fumer à des lieux publics en plein air, qui étaient jusqu’ici rarement concernés par les réglementations antitabac :
• Plages
• Parcs et jardins publics
• Abris de bus
• Abords immédiats des écoles, bibliothèques, piscines et équipements sportifs
Un arrêté complémentaire du ministère de la Santé est toutefois attendu pour définir plus précisément les périmètres d’application autour de certains établissements, comme les écoles ou les installations sportives.
Ce qui reste autorisé
L’interdiction ne s’applique pas aux terrasses de cafés et de restaurants, où il restera possible de fumer. De même, les cigarettes électroniques (vapotage) ne sont pas explicitement visées par ce décret.
Une mesure qui divise
Si de nombreux acteurs de la santé publique saluent cette décision, certains fumeurs expriment des réserves, estimant que cette mesure limite encore davantage leur liberté individuelle. Mais pour les autorités, la priorité reste la santé publique et la prévention, notamment auprès des enfants et des adolescents.
Contexte : vers une société sans tabac ?
Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large engagée par les pouvoirs publics visant à réduire drastiquement le tabagisme en France, notamment en limitant la banalisation de la cigarette dans les espaces publics. Elle s’ajoute à d’autres mesures adoptées au fil des années : interdiction de fumer dans les lieux clos, campagnes de sensibilisation, paquet neutre, hausse des prix…
En conclusion
L’interdiction de fumer dans plusieurs lieux publics à ciel ouvert entre en vigueur ce dimanche 29 juin 2025. Axée sur la protection des plus jeunes et la prévention sanitaire, cette mesure marque une étape importante dans la politique antitabac de la France. Si des ajustements réglementaires sont encore attendus, le message des autorités est clair : le tabac n’a plus sa place là où les enfants vivent et jouent.
RDC–Rwanda : un accord de paix historique signé à Washington sous l’égide des États-Unis
Un tournant majeur dans l’histoire récente des Grands Lacs africains. Ce vendredi, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont signé un accord de paix à Washington, visant à mettre un terme à des décennies de violences et à stabiliser la région orientale de la RDC. L’accord a été conclu sous la médiation directe des États-Unis, avec le Qatar en soutien diplomatique.
Un accord attendu, dans un contexte de conflit prolongé
Depuis la reprise des combats en 2021 dans l’est de la RDC, le groupe armé M23, accusé par l’ONU et Washington d’être soutenu militairement par le Rwanda, a conquis plusieurs grandes villes, notamment Goma en janvier 2025 et Bukavu en février. Ces offensives ont causé des milliers de morts et le déplacement de centaines de milliers de civils, aggravant une crise humanitaire déjà chronique.
Malgré de multiples tentatives de cessez-le-feu ces dernières années, les hostilités n’avaient jamais totalement cessé. L’accord signé ce 27 juin marque donc la première avancée diplomatique majeure depuis des décennies.
Les grandes lignes de l’accord de paix
Signé à Washington, en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio, de la ministre congolaise des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, et de son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe, l’accord repose sur :
• Le respect de l’intégrité territoriale des États.
• L’arrêt des hostilités dans l’est de la RDC.
• La fin du soutien étatique aux groupes armés tels que les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et autres milices.
• Le désengagement, le désarmement et l’intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques.
• La création d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire entre la RDC et le Rwanda.
Bien que le texte ne mentionne pas directement le M23, les autorités américaines ont précisé que des discussions parallèles entre le gouvernement congolais et le M23 ont été menées par le Qatar.
Le rôle clé des États-Unis et du Qatar
Le président américain Donald Trump, qui s’est félicité de cette avancée, a déclaré :
« Ils se sont battus pendant des années. Et il y avait des machettes. C’était violent. Et aujourd’hui, nous signons un traité de paix. Pour la première fois depuis de nombreuses années, ils vont connaître la paix. C’est une grande affaire. »
Le conseiller du président Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, a souligné que le Rwanda s’était engagé à lever ses mesures défensives, sans qu’il ne soit besoin de mentionner explicitement le M23 dans le document final.
Du côté qatari, Doha a joué un rôle central en accueillant en mars dernier les présidents Paul Kagame (Rwanda) et Félix Tshisekedi (RDC) dans le cadre de discussions discrètes. Une source diplomatique a précisé que si les États-Unis ont négocié avec les gouvernements, le Qatar s’est chargé de faciliter le dialogue entre le gouvernement congolais et le M23.
Réactions internationales et implications régionales
Les réactions diplomatiques n’ont pas tardé :
• Emmanuel Macron, président français, a salué sur X « un pas en avant historique » et adressé « un message d’espoir aux Congolais et aux Rwandais ».
• Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a jugé que l’accord représentait « une étape importante vers la désescalade, la paix et la stabilité dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs », appelant au respect total des engagements pris.
Des enjeux géopolitiques et économiques majeurs
L’est de la RDC, riche en minerais stratégiques comme le cobalt et le coltan, est au cœur de nombreux intérêts économiques. La RDC détient environ 60 % des réserves mondiales de coltan, indispensable à l’industrie électronique. Le pays est aussi le premier producteur mondial de cobalt, ce qui attire une attention croissante des puissances étrangères, notamment les États-Unis.
Peu de détails ont filtré sur le volet économique de l’accord, mais en avril dernier, le président Félix Tshisekedi avait évoqué un projet d’accord minier avec Massad Boulos, lors de sa visite à Kinshasa. Cette dimension économique reste étroitement liée aux questions sécuritaires dans la région.
Une paix encore fragile, mais un espoir réel
Malgré la portée symbolique forte, plusieurs responsables ont rappelé que cet accord n’est qu’un début. La ministre congolaise des Affaires étrangères a ainsi déclaré que « ce n’est que le début, pas la fin », en insistant sur la nécessité d’un suivi strict et d’une mise en œuvre rigoureuse.
La suite dépendra de la capacité des parties à honorer leurs engagements, à neutraliser les groupes armés et à répondre aux besoins humanitaires pressants.
Les présidents Kagame et Tshisekedi pourraient être reçus ensemble à la Maison Blanche en juillet, pour consolider la dynamique diplomatique enclenchée.
L’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé à Washington avec la médiation des États-Unis et le soutien du Qatar, marque une étape majeure dans la quête de stabilité dans la région des Grands Lacs. Si les défis à venir sont considérables, l’engagement mutuel à la désescalade et au dialogue représente une opportunité inédite pour tourner la page de plusieurs décennies de conflit. Le monde attend désormais de voir si cette paix, souvent promise, sera enfin durable.
Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine se dit prêt à négocier malgré des divergences profondes
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré vendredi que Moscou était disposé à entamer un nouveau cycle de négociations directes avec l’Ukraine, bien que les positions des deux pays restent profondément opposées. Selon lui, les propositions russes et ukrainiennes contenues dans leurs mémorandums respectifs sont « diamétralement opposées ». Néanmoins, il a confirmé l’existence de contacts « permanents » entre les équipes de négociateurs, en vue de préparer un éventuel troisième round de pourparlers.
S’exprimant depuis Minsk, le chef du Kremlin a précisé que les responsables russes et ukrainiens discutaient actuellement de la date d’une possible rencontre. Poutine a aussi indiqué que les conditions d’un cessez-le-feu jusqu’ici rejeté par Moscou devraient faire partie des sujets abordés.
Malgré ces déclarations, la situation sur le terrain ne montre aucun signe de désescalade. La guerre, qui entre dans sa quatrième année, est marquée par des échanges continus de frappes de drones à longue portée. Les deux précédents cycles de négociations entre Moscou et Kyiv, organisés à Istanbul, ont été brefs et sans issue concrète.
Le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Oumerov, a affirmé que l’Ukraine souhaitait que la prochaine étape des négociations soit une rencontre entre les présidents Zelensky et Poutine. Cependant, cette éventualité semble peu probable à court terme. Le président russe a souligné qu’un sommet ne serait envisageable que si les principales dispositions d’un accord de paix avaient d’abord été entérinées, ce qui, selon lui, pourrait prendre des mois, voire des années.
Par ailleurs, M. Poutine a réitéré sa position selon laquelle Volodymyr Zelensky aurait perdu sa légitimité présidentielle après l’expiration de son mandat en 2024 une affirmation que Kyiv et ses alliés occidentaux rejettent catégoriquement.
Intensification des attaques de drones
Sur le plan militaire, la nuit de jeudi à vendredi a été marquée par une intensification des attaques de drones. L’armée de l’air ukrainienne a déclaré que la Russie avait lancé 363 drones de type Shahed et huit missiles contre plusieurs régions d’Ukraine. Selon cette même source, la défense aérienne ukrainienne aurait intercepté tous les drones sauf quatre, et abattu six missiles de croisière.
De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir abattu 39 drones ukrainiens dans différentes régions, dont 19 dans celle de Rostov et 13 dans celle de Volgograd, à l’est de l’Ukraine. Ces frappes illustrent la centralité des drones dans le conflit, où chaque camp rivalise de technologies pour gagner un avantage stratégique.
Début juin, une opération ukrainienne secrète utilisant des drones bon marché aurait permis de détruire ou d’endommager une partie significative de la flotte de bombardiers stratégiques russes, selon des sources ukrainiennes.
Situation à Sumy : l’Ukraine affirme avoir contenu les forces russes
Sur le front nord-est, le général Oleksandr Syrsky, commandant en chef des forces armées ukrainiennes, a annoncé jeudi que l’armée ukrainienne avait stoppé l’avancée russe dans la région de Sumy, près de la frontière russe. Il a indiqué que cette manœuvre avait empêché Moscou de redéployer environ 50 000 soldats, dont des unités aéroportées et maritimes, vers d’autres axes offensifs.
Selon Kyiv, face à l’augmentation des attaques combinées de missiles et de drones, l’armée ukrainienne aurait adopté de nouvelles contre-mesures, notamment l’emploi de drones intercepteurs développés localement pour neutraliser les engins russes. Moscou n’a pas commenté ces affirmations.
Les combats dans la région de Sumy avaient auparavant causé des pertes civiles et des destructions importantes. Les forces ukrainiennes, en infériorité numérique, affirment utiliser des drones pour freiner la progression ennemie.
Négociations au point mort
Malgré les efforts internationaux, notamment ceux des États-Unis, les tentatives de médiation n’ont jusqu’ici abouti à aucun accord de cessez-le-feu. Les négociations se poursuivent, mais leurs avancées restent limitées, à l’exception de quelques échanges de prisonniers de guerre entre les deux camps.
Dans ce contexte tendu, la perspective de nouvelles négociations directes suscite à la fois espoir et scepticisme, alors que les combats se poursuivent sur l’ensemble de la ligne de front.
La Chine reçoit les ministres iranien et russe de la Défense sur fond de « bouleversements »
La Chine a accueilli jeudi plusieurs ministres de la Défense, dont celui de l’Iran et de la Russie, quelques jours après l’arrêt des combats entre Téhéran et l’armée israélienne et en pleine instabilité au Moyen-Orient.(Source : AFP).
Cette réunion ministérielle de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule à Qingdao (est de la Chine), intervient également au lendemain d’un sommet de l’Otan, dont les membres ont décidé d’augmenter leurs dépenses militaires.
L’OCS regroupe 10 pays dont la Chine, la Russie, l’Iran, l’Inde et le Pakistan. Elle entend faire contrepoids aux organisations occidentales et renforcer la coopération en matière de politique, de sécurité ou encore de commerce.
La Chine, dont les liens avec la Russie sont scrutés de près, se présente comme partie neutre dans la guerre en Ukraine. Elle n’a jamais condamné la Russie, son proche partenaire.
Plusieurs gouvernements alliés de Kiev estiment par ailleurs que le géant asiatique apporte à Moscou un soutien économique et diplomatique qui lui permet de poursuivre son opération militaire.
S’adressant à ses homologues réunis à Qingdao, le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, a dressé jeudi le tableau sombre d’un monde confronté à « l’aggravation des tensions géopolitiques » et à une « augmentation menaçante du potentiel conflictuel ».
« La situation militaire et politique actuelle dans le monde reste difficile et a une tendance à se détériorer », a-t-il souligné, selon un communiqué de son ministère.
La réunion, associant les ministres assis autour d’une grande table ronde, dont le représentant iranien Aziz Nasirzadeh, a duré environ deux heures.
Chaos
En tenue militaire, le ministre chinois de la Défense, Dong Jun, a présenté jeudi la réunion de Qingdao comme un contrepoids face à un monde « marqué par des bouleversements et des changements ».
Dans ce contexte, « il est d’autant plus nécessaire que l’Organisation de coopération de Shanghai joue pleinement son rôle d’ancre de stabilité », a-t-il déclaré en ouverture de la session, selon son ministère.
« Les actes hégémoniques, dominateurs et d’intimidation portent gravement atteinte à l’ordre international », avait-il affirmé la veille en accueillant certains des ministres étrangers, selon l’agence de presse Chine nouvelle. Il avait par ailleurs appelé ses homologues à « agir avec plus de vigueur afin de sauvegarder collectivement l’environnement propice au développement pacifique ».
Aucun ordre du jour n’a été publié, mais les récents affrontements entre d’un côté l’Iran, et de l’autre côté Israël associé aux États-Unis, figuraient probablement à l’ordre du jour.
Soutien à l’Iran
La Chine s’est gardée de soutenir l’Iran, un pays partenaire, autrement que par la voie diplomatique. Une position qui illustre sa marge de manœuvre limitée au Moyen-Orient et sa volonté de ne pas détériorer ses relations avec Washington.
« Le soutien public de la Chine à l’Iran se manifestera par des paroles plutôt que par des actes », explique à l’AFP James Char, spécialiste de l’armée chinoise à l’Université technologique de Nanyang, à Singapour.
« Hormis une condamnation des frappes américaines contre l’Iran, Pékin devrait continuer à avancer prudemment sur les questions de sécurité au Moyen-Orient, et n’a aucun intérêt à être entraîné dans les défis sécuritaires de la région », ajoute-t-il.
Le ministre iranien de la Défense pourrait « évoquer avec la Chine la fourniture d’armes, mais je doute que Pékin accepte », estime également Andrea Ghiselli, expert de la politique étrangère chinoise et professeur à l’Université d’Exeter (Royaume-Uni).
« Un tel geste serait perçu comme une provocation par Israël (…) et surtout par les États-Unis, avec lesquels la Chine tente actuellement de stabiliser ses relations », souligne-t-il.
Le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, également présent à Qingdao, a déclaré que les membres de l’OCS devraient « aspirer collectivement à réaliser les souhaits et les attentes des populations, et s’attaquer aux défis d’aujourd’hui ».
« Le monde dans lequel nous vivons subit une transformation drastique. La mondialisation, qui nous a autrefois rapprochés, perd de son élan », a-t-il affirmé via son cabinet sur le réseau social X.