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Soudan : Le Soudan vit « la pire catastrophe humanitaire au monde » ,au moins 1000 cas de choléra par jour, MSF sonne l’alarme

Alors que la guerre civile continue de ravager le Soudan depuis plus d’un an, le pays est désormais confronté à une crise sanitaire majeure. Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé une alerte urgente face à l’épidémie de choléra, qui ne cesse de se propager. Khartoum, la capitale, est l’épientre de la flambée, avec plus de 1 000 cas signalés chaque jour, selon les autorités sanitaires.

Une situation aggravée par la guerre

Depuis le début du conflit en avril 2023, le système de santé soudanais est en ruine. Plus de 80 % des hôpitaux sont hors service, selon MSF. Le choléra, une maladie pourtant évitable, a trouvé un terrain fertile dans un pays où l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et aux soins est gravement compromis.

“La promiscuité, le manque d’eau, le manque d’hygiène, le manque d’accès aux soins… tout cela a contribué à augmenter l’ampleur du choléra et à compliquer la riposte contre la maladie,” déclare Nicolas Jean, chef de mission de MSF au Soudan.

L’eau, une ressource devenue toxique

À Khartoum, les habitants n’ont d’autre choix que de puiser l’eau dans des rivières ou d’attendre les camions-citernes, souvent improvisés et sans moyens de traitement. Khalil Gad Allah, résident de la capitale, témoigne :

“Depuis que nous sommes revenus ici, pour trouver de l’eau potable, il n’y avait pas d’autre moyen que d’aller chercher de l’eau dans la rivière. Nous la stockons dans des barils, la laissons reposer, puis nous la buvons.”

Cette consommation d’eau non traitée est à l’origine directe de la transmission du choléra, qui se propage à grande vitesse dans les zones densément peuplées, notamment celles accueillant des déplacés internes.

Un pays au bord du gouffre humanitaire

La guerre civile entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) a plongé le pays dans une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent.
•Au moins 24 000 morts, selon des estimations, un chiffre probablement sous-évalué.
•Plus de 14 millions de déplacés, dont 4 millions ont fui vers les pays voisins.
•Une famine a été déclarée dans au moins cinq régions, avec un épientre au Darfour, théâtre de violences parmi les plus brutales du conflit.

Une urgence ignorée ?

Malgré l’appel pressant de MSF, la réponse internationale reste insuffisante face à une épidémie qui pourrait encore s’aggraver dans les prochaines semaines. La défaillance des services publics, le manque d’accès humanitaire et l’instabilité sécuritaire rendent toute intervention extrêmement difficile, voire dangereuse.

Alors que le monde tourne le regard vers d’autres conflits, le Soudan s’enfonce silencieusement dans une triple crise : militaire, sanitaire et alimentaire, menaçant la survie de millions de civils pris au piège.

Le Soudan vit « la pire catastrophe humanitaire au monde »

Le chef de la diplomatie britannique, David Lammy, a déclaré lundi que le Soudan traversait « la pire catastrophe humanitaire au monde », lors d’un forum consacré à l’Afrique organisé à Marrakech, dans le centre du Maroc.

Le Soudan est le théâtre depuis avril 2023 d’une guerre pour le pouvoir entre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigés par le général Mohamed Hamdane Dagalo, et l’armée menée par le général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays.

« La crise au Soudan (…) est actuellement la pire catastrophe humanitaire au monde et elle est extrêmement préoccupante », a alerté le ministre britannique en réponse à une question sur la situation de Mo Ibrahim, homme d’affaires anglo-soudanais et fondateur de la Fondation Mo Ibrahim, organisatrice du forum qui s’est ouvert dimanche à Marrakech.

« Il y a une ambivalence, une ambiguïté et certainement un manque de visibilité de cette crise à l’échelle mondiale, et dans une grande partie du monde occidental », a déploré M. Lammy, affirmant avoir « décidé très tôt » après son entrée en fonction de faire tout son possible « pour attirer l’attention » sur la situation.

La guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé 13 millions de personnes. Elle a conduit à l’effondrement du système de santé, ravagé de nombreuses infrastructures, et la famine a été officiellement déclarée dans cinq zones du pays: trois camps de déplacés au Darfour et plusieurs parties de la région montagneuse de Nuba.

Mahmoud Abbas se dit favorable à la démilitarisation du Hamas, sans rôle dans la gouvernance de Gaza (lettre à Macron)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’est dit favorable à ce que le Hamas « dépose ses armes » et « ne dirige plus Gaza » dans le cadre d’un futur Etat palestinien, dans une série d’engagements écrits avant une conférence de l’ONU, a annoncé mardi l’Elysée.(Source : AFP).

Dans une lettre adressée lundi au président français Emmanuel Macron et au prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, qui coprésideront cette conférence sur la solution dite à deux Etats du 17 au 21 juin à New York, Mahmoud Abbas se dit aussi « prêt à inviter des forces arabes et internationales à se déployer dans le cadre d’une mission de stabilisation/protection avec un mandat du Conseil de sécurité ».

Un futur Etat palestinien « n’a aucune intention d’être un Etat militarisé et est prêt à travailler à des arrangements de sécurité au bénéfice de toutes les parties », « dès lors qu’il bénéficie d’une protection internationale », ajoute-t-il.

« Ce qu’a fait le Hamas le 7 octobre » 2023, « en tuant et en prenant des civils en otage, est inacceptable et condamnable », écrit par ailleurs le président de l’Autorité palestinienne, appelant le mouvement islamiste palestinien à « libérer immédiatement tous les otages et personnes retenues ».

L’Elysée salue dans un communiqué des « engagements concrets et inédits, témoignant d’une volonté réelle d’avancer vers la mise en oeuvre de la solution à deux Etats ».

La France veut faire de la conférence internationale prévue à l’ONU un moment-clé pour relancer cette solution, dont le gouvernement d’Israël ne veut toutefois pas. Emmanuel Macron, qui sera à New York le 18 juin, se dit « déterminé » à reconnaître un Etat palestinien, potentiellement à cette occasion, mais a aussi émis plusieurs conditions, dont la « démilitarisation » du Hamas et sa « non-participation » à la gouvernance de cet Etat.

Dans sa lettre, Mahmoud Abbas s’engage aussi à nouveau à continuer de réformer l’Autorité palestinienne, et confirme vouloir organiser des « élections présidentielle et législatives d’ici un an », sous « supervision » internationale.

« Nous sommes prêts à prendre toute notre part pour promouvoir un chemin crédible et irréversible vers la fin de l’occupation, et aller vers la concrétisation d’un Etat indépendant et souverain de Palestine et la mise en oeuvre de la solution à deux Etats, dans le cadre d’un calendrier clair et avec des garanties internationales fortes », insiste-t-il.

La Pologne en alerte maximale après une attaque russe “intense” dans l’ouest de l’Ukraine : Moscou lance une offensive inédite sur la région de Dnipropetrovsk – Nouveau revers pour l’Ukraine

Ce Lundi 9 juin, la Pologne a activé son niveau d’alerte le plus élevé et fait décoller des avions de chasse, après une attaque aérienne massive menée par la Russie contre l’ouest de l’Ukraine. Des frappes d’une intensité rare ont touché la région de Rivne, frontalière de la Pologne, pays membre de l’OTAN. Dans le même temps, Moscou a annoncé une avancée militaire inédite dans la région de Dnipropetrovsk, marquant un tournant stratégique dans un conflit qui entre dans sa quatrième année.

Une attaque d’envergure dans l’ouest ukrainien

Dans la nuit du 8 au 9 juin, des dizaines de drones et de missiles russes ont visé la région de Rivne, selon le maire de la ville Oleksandr Tretyak. Le gouverneur régional, Oleksandr Koval, a évoqué une “nuit très difficile”, marquée par une “frappe aérienne ennemie massive” qui a fait au moins un blessé civil. La capitale ukrainienne, Kiev, a également été touchée : un immeuble résidentiel a été endommagé, selon les autorités locales.

Réaction rapide de la Pologne : avions en vol, défenses activées

Face à cette escalade militaire près de ses frontières, la Pologne a réagi sans tarder. L’état-major polonais a déclaré sur X (anciennement Twitter) que :

“En raison de l’attaque aérienne intense de la Fédération de Russie sur le territoire de l’Ukraine, des avions polonais et alliés ont commencé à opérer dans l’espace aérien polonais dans la matinée.”

Des avions de chasse ont été déployés par paires, tandis que les systèmes de défense aérienne et de radar au sol ont été mis en alerte maximale. Les autorités précisent qu’il s’agissait d’une mesure préventive, couramment employée lorsque des attaques russes visent l’ouest de l’Ukraine, région frontalière de l’UE.

Plus tard dans la journée, l’état-major a confirmé que “les opérations ont été interrompues” et que “les forces déployées sont revenues à leur fonctionnement normal”. Aucune violation de l’espace aérien polonais n’a été détectée.

Moscou ouvre un nouveau front : offensive dans la région de Dnipropetrovsk revers pour l’Ukraine

En parallèle, l’armée russe a annoncé une avancée militaire majeure : une offensive en direction de Dnipropetrovsk, une région stratégique jusqu’ici relativement épargnée par les combats terrestres depuis le début de la guerre en février 2022.

“Les unités de la 90e division blindée (…) ont atteint la frontière ouest de la République populaire de Donetsk et poursuivent leur offensive sur le territoire de Dnipropetrovsk”, a communiqué l’armée russe.

Il s’agit d’une première depuis plus de trois ans de conflit, signalant un possible changement d’échelle dans les ambitions militaires russes. Moscou a également revendiqué la prise du village de Zarya, dans la région voisine de Donetsk.

Cette percée constitue un nouveau revers pour les forces ukrainiennes, en manque d’hommes et d’armements, alors que les lignes de front semblent de plus en plus difficiles à défendre.

Bombardements meurtriers et pression humanitaire

Dans le district de Synelnykivskyi, à l’est de Dnipropetrovsk, un bombardement russe a tué au moins une personne, selon le chef du conseil régional Mykola Loukachouk. Il évoque également des attaques combinées (drones, artillerie, lance-roquettes multiples) sur la zone de Nikopol, endommageant des lignes électriques et plusieurs habitations.

Ces nouvelles attaques renforcent l’impression d’un resserrement de l’étau russe autour de Dnipro, capitale régionale de près d’un million d’habitants.

Échange de prisonniers menacé, tension diplomatique croissante

Ces événements surviennent dans un contexte diplomatique sensible. Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de saboter un échange de prisonniers prévu ce week-end. Ce dernier devait constituer le seul résultat concret des pourparlers directs récemment entamés entre les deux parties.

Pendant ce temps, les États-Unis et leurs alliés européens multiplient les discussions pour relancer des négociations plus larges, dans un climat rendu instable par l’intensification des combats.

Une guerre qui déborde aux frontières de l’OTAN ?

Le décollage d’avions polonais souligne l’extrême fragilité sécuritaire du flanc est de l’OTAN. Si aucune violation de l’espace aérien n’a été constatée, la proximité croissante des frappes russes avec le territoire polonais ravive les inquiétudes sur une éventuelle escalade accidentelle du conflit au sein de l’Alliance atlantique.

Avec cette nouvelle offensive à l’est et les frappes intenses à l’ouest, la Russie semble vouloir étendre simultanément la pression militaire et politique, alors que l’Ukraine, épuisée par trois ans de guerre, peine à contenir les assauts.

Fusillade meurtrière dans une école en Autriche : au moins 10 morts à Graz, l’assaillant est décédé

Mardi 10 juin, une tragédie a frappé la ville de Graz, dans le sud-est de l’Autriche. Une fusillade survenue dans un établissement scolaire a fait au moins 10 morts, selon le ministère autrichien de l’Intérieur, cité par les médias locaux. Plusieurs blessés graves sont également à déplorer.

D’après les premières informations communiquées par les autorités, l’attaque aurait été perpétrée par un ancien élève de 22 ans, qui aurait agi seul avant de se donner la mort. Le mobile reste inconnu à ce stade. La police locale évoque un possible cas de folie meurtrière.

Une attaque d’une rare violence dans un pays paisible

Parmi les victimes, se trouvent des élèves et au moins un adulte. L’auteur présumé des faits a été retrouvé mort sur les lieux. L’identification des victimes est toujours en cours, et la situation a été déclarée « sécurisée » par les forces de l’ordre.

La maire de Graz, Elke Kahr, a confirmé qu’il s’agissait vraisemblablement d’un ancien élève de l’établissement. Une conférence de presse est prévue dans l’après-midi, en présence du chancelier Christian Stocker et du ministre de l’Intérieur.

Cette tragédie secoue profondément un pays rarement confronté à ce type de violences. L’Autriche, membre de l’Union européenne et comptant 9,2 millions d’habitants, figure régulièrement parmi les États les plus sûrs au monde, selon le Global Peace Index.

Réactions internationales

Les réactions n’ont pas tardé sur la scène européenne. La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, s’est dite « profondément choquée », affirmant que « chaque enfant devrait se sentir en sécurité à l’école ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé son émotion : « Les nouvelles de Graz me touchent au cœur. Il est difficile de supporter que des écoles deviennent des lieux de mort et de violence. »

En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni a également exprimé sa solidarité avec l’Autriche après avoir appris « avec douleur la tragique nouvelle ».

Football : Daniel Congré grièvement blessé par un coup de couteau

Lundi 9 juin, l’ancien footballeur professionnel Daniel Congré a été retrouvé inconscient à son domicile à Pérols, près de Montpellier, victime d’une grave blessure par arme blanche au niveau du cœur. L’information, révélée par Midi Libre et actu.fr, a suscité une vive émotion dans le monde du football français.

Ancien défenseur central du Toulouse FC puis du Montpellier HSC (de 2012 à 2021), Congré, aujourd’hui coordinateur sportif de l’Olympique Lyonnais, a été transporté en urgence absolue au CHU de Montpellier après l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, du Samu et de la police. À son arrivée, son état était critique : il se vidait de son sang, la plaie étant située à proximité immédiate du cœur.

Selon les dernières informations, l’état de santé du quadragénaire se serait depuis stabilisé, bien que la prudence reste de mise.

Une enquête judiciaire a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de cet événement dramatique. Les policiers de la police judiciaire de Montpellier sont en charge des investigations. À ce stade, les circonstances de l’agression restent inconnues.

Daniel Congré, figure respectée du football français, est âgé de 40 ans. Sa récente nomination en octobre 2024 au poste de coordinateur sportif à l’OL marquait un tournant dans sa carrière après une décennie passée sur les terrains de Ligue 1.

Guerre en Ukraine : un émissaire de Trump juge l’élargissement de l’OTAN “légitimement préoccupant” pour Moscou, tandis que l’Alliance installe un QG permanent en Arctique

Alors que le conflit en Ukraine entre dans sa quatrième année, les discussions diplomatiques s’intensifient, et les positions occidentales commencent à se nuancer. Le général Keith Kellogg, envoyé spécial de Donald Trump en Ukraine, a récemment déclaré que l’élargissement de l’OTAN vers l’Est constituait une “préoccupation légitime” pour la Russie. Dans le même temps, l’Alliance atlantique annonce l’installation d’un QG permanent dans l’Arctique, illustrant la montée en puissance stratégique dans cette région disputée.

Une position américaine plus nuancée sur l’OTAN

Depuis plusieurs mois, le général Keith Kellogg joue un rôle central dans les efforts de médiation entre Kiev et Moscou. Interrogé le 29 mai par la chaîne ABC, l’émissaire de Trump a surpris en déclarant que les États-Unis ne souhaitent pas voir l’Ukraine rejoindre l’OTAN, reprenant ainsi un argument régulièrement avancé par le Kremlin. « C’est une préoccupation légitime. Nous l’avons dit à plusieurs reprises. Nous avons dit que, pour nous, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’était pas envisageable », a-t-il affirmé.

Ces déclarations ont rapidement trouvé un écho à Moscou. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a rappelé que Vladimir Poutine avait “constamment” dénoncé l’expansion de l’OTAN vers l’Est comme une menace existentielle pour la Russie.

Une nouvelle rencontre entre les délégations ukrainienne et russe est prévue ce lundi 2 juin à Istanbul. Selon des sources diplomatiques, la Russie devrait y exiger noir sur blanc la non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, ainsi que des garanties similaires concernant la Géorgie et la Moldavie. « C’est un sujet qu’il faut traiter globalement », a insisté Kellogg.

Des réactions européennes plus prudentes

Du côté européen, cette position américaine ne fait pas l’unanimité. Le président tchèque Petr Pavel, ancien général de l’OTAN, a estimé qu’il n’était « pas réaliste, à court terme » que l’Ukraine rejoigne l’alliance. Cependant, il a averti qu’il ne fallait pas abandonner cette perspective, considérant que l’adhésion de Kiev renforcerait l’équilibre stratégique de l’organisation. Les autorités ukrainiennes, de leur côté, n’ont pas encore réagi officiellement aux propos du général américain.

Un nouveau QG de l’OTAN dans l’Arctique

Parallèlement à ces développements en Ukraine, l’OTAN a annoncé l’ouverture prochaine d’un Centre de commandement et de contrôle des opérations aériennes (CAOC) permanent à Bodø, une ville située au nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire.

Cette décision intervient dans un contexte de montée des tensions dans l’Arctique, où la Russie multiplie les initiatives militaires, modernisant ses bases et renforçant sa présence stratégique. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a justifié ce choix par des raisons “géopolitiques” : « Nous souhaitons que l’OTAN ait un ancrage solide dans le Nord », a-t-il déclaré.

Ce centre viendra compléter les deux autres CAOC déjà existants en Europe, situés en Allemagne et en Espagne. Il aura pour mission la coordination de la surveillance aérienne ainsi que la planification des opérations militaires dans la région arctique, un théâtre désormais central dans les équilibres stratégiques mondiaux.

100 000 Afghans en France : un rapport pointe les limites de l’intégration

Une note de la Fondapol alerte sur l’ampleur de la présence afghane en France et les défis posés en matière d’accueil et d’intégration.

En 2025, la France accueille désormais environ 100 000 ressortissants afghans, contre seulement 1 600 en 2007. Cette augmentation spectaculaire de la population afghane sur le sol français fait l’objet d’une note d’alerte publiée par la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique) et signée par Didier Leschi, directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).

Dans ce rapport, Leschi met en évidence les limites du modèle français d’intégration, confronté à une vague migratoire massive et rapide, marquée par des écarts culturels et linguistiques importants.

Une vague migratoire sous-estimée

Le phénomène migratoire afghan a commencé bien avant la chute de Kaboul en 2021. Il remonte à la crise migratoire européenne de 2015, au cours de laquelle des milliers d’Afghans ont quitté leur pays, non seulement pour des raisons politiques, mais aussi économiques.

« Nous avons accueilli des personnes qui n’étaient pas nécessairement hostiles aux talibans, mais qui ont fui la misère économique », observe Leschi. Cette immigration est par ailleurs largement masculine (85 %) et faiblement diplômée, ce qui complique davantage son insertion dans la société française.

Une intégration difficile et des tensions sociétales

Le rapport souligne que plus de la moitié des Afghans présents en France sont sans emploi, en raison de freins linguistiques, éducatifs, mais aussi de différences culturelles marquées, notamment en matière de rapports hommes/femmes.

Didier Leschi pointe également un déficit de volonté d’adaptation chez une partie des migrants afghans, et note que cette communauté est surreprésentée dans la délinquance, notamment sexuelle. En Allemagne, les statistiques montrent que les Afghans sont 20 fois plus impliqués que les Allemands dans les affaires d’abus sexuels sur mineurs. Si aucune donnée équivalente n’est citée pour la France, cette tendance alimente les inquiétudes.

Un modèle d’accueil plus généreux que chez nos voisins

Autre point mis en avant : la générosité de la politique d’asile française. Près de 80 % des demandes d’asile afghanes sont acceptées, alors que d’autres pays européens comme la Suède ou le Danemark ont drastiquement durci leur politique migratoire ces dernières années, allant jusqu’à fermer presque totalement leurs portes aux demandeurs d’asile afghans.

Pour Leschi, ce contraste pose la question de la cohérence des politiques européennes face à des flux migratoires croissants, et de la capacité réelle d’intégration dans un pays déjà confronté à de multiples défis sociaux.

Pérou : l’État détruit 86 mines d’or illégales au cœur de l’Amazonie

Dans la réserve naturelle de Tambopata, les autorités péruviennes lancent une vaste opération contre l’orpaillage illégal, responsable d’un désastre écologique majeur.

Cette semaine, l’armée et la police péruvienne ont démantelé 86 sites d’extraction d’or illégaux installés au sein de la Réserve nationale Tambopata, un espace protégé de plus d’un million d’hectares situé en Amazonie. Objectif : enrayer une activité destructrice pour l’environnement et la biodiversité.

Depuis trois ans, près de 50 000 hectares de forêts ont été ravagés dans cette seule région par l’orpaillage clandestin, entraînant la déforestation, la pollution des cours d’eau et la disparition d’espèces menacées.

« L’une des pires menaces pour la planète, c’est la destruction de l’environnement. Et l’exploitation minière illégale est l’une des activités les plus nuisibles, en raison de l’utilisation de mercure et d’autres produits chimiques toxiques », déplore le colonel Cesar Sierra, qui a dirigé l’opération.

Une lutte écologique… aux conséquences sociales lourdes

Mais derrière cette lutte pour la préservation de l’Amazonie, se cache une réalité sociale brutale. L’intervention des forces de l’ordre a provoqué la fuite de centaines de mineurs, abandonnant sur place outils, machines et abris de fortune. Pour ces hommes et femmes, l’orpaillage est souvent le dernier recours économique dans une région marquée par la pauvreté et l’absence de perspectives.

« Le gouvernement ne nous donne pas de travail. Alors, on prend des risques, témoigne Lizbeth Quispe, une mineuse clandestine. Le risque d’être tuée, violée ou brûlée. Il n’y a pas de justice ici. On doit se battre pour survivre. »

Cette exploitation illégale a représenté jusqu’à 10 % de la production nationale d’or du Pérou, un pays parmi les principaux producteurs mondiaux. Sa tolérance passée vis-à-vis de ces pratiques a alimenté une économie parallèle difficile à démanteler, mêlant pauvreté, crime organisé et dévastation écologique.

Un combat qui s’annonce long

La réserve de Tambopata, classée zone protégée, est un joyau écologique reconnu pour sa biodiversité exceptionnelle. Mais la pression exercée par l’or illégal, couplée à l’inefficacité de certaines politiques publiques, continue de menacer cet équilibre fragile.

Si l’opération des autorités est saluée par les défenseurs de l’environnement, elle soulève aussi la question du manque d’alternatives économiques pour les populations locales. Sans programmes de reconversion, ces actions risquent d’alimenter un cycle de réinstallation clandestine et de conflits sociaux.

Italie : la libération de Giovanni Brusca, “l’égorgeur”,assassin du juge juge Giovanni Falcone ravive les blessures d’un pays marqué par la mafia

L’ancien parrain mafieux, condamné pour l’assassinat du juge Giovanni Falcone, a recouvré la liberté depuis un an, mais l’information n’émerge que maintenant. Sa libération définitive suscite une onde de choc en Italie.

En 2024, Giovanni Brusca a discrètement retrouvé la liberté. L’ex-parrain de la mafia sicilienne, surnommé « l’égorgeur », vit désormais sous une nouvelle identité après avoir purgé 25 années de prison, suivies de trois années de résidence surveillée. Mais ce n’est que maintenant que l’opinion publique italienne découvre cette réalité, provoquant une vague d’indignation et de débats passionnés dans tout le pays.

Brusca est l’un des criminels les plus tristement célèbres de l’histoire contemporaine italienne. Le 23 mai 1992, c’est lui qui appuya sur le détonateur de l’attentat à la bombe qui tua le juge anti-mafia Giovanni Falcone, son épouse Francesca Morvillo et trois agents de sa garde rapprochée, à Capaci, près de Palerme. Quelques semaines plus tard, il fut également l’un des commanditaires de l’assassinat du magistrat Paolo Borsellino, autre figure emblématique de la lutte contre Cosa Nostra.

Une vie de crimes… puis de collaboration

Ancien bras droit de Toto Riina et chef du clan des Corleone pendant un temps, Brusca a été condamné pour une centaine de meurtres. Parmi les plus atroces, figure celui d’un enfant de 11 ans, fils d’un repenti, enlevé, séquestré puis assassiné pour dissuader d’autres membres de la mafia de collaborer avec la justice.

Mais en 1996, peu après son arrestation, Brusca choisit lui aussi de devenir pentito, repenti. C’est une ironie cruelle : il a pu bénéficier de la loi sur les collaborateurs de justice voulue par Falcone lui-même, et qui permet des réductions de peine en échange d’une coopération effective avec l’État.

Selon les magistrats, Brusca a fourni des informations cruciales qui ont conduit à de nombreuses arrestations et permis d’éclairer les connexions entre la mafia et certaines sphères politiques italiennes. En 2016, dans une rare interview depuis sa prison, il déclarait :
« Le moment est venu de saisir cette opportunité et de demander pardon à tous les proches des victimes que j’ai tant fait souffrir. Je considère Cosa Nostra comme une chaîne de morts. »

Une libération qui fracture l’Italie

Malgré ses déclarations de contrition, la libération de Brusca reste un choc pour nombre d’Italiens. « Que va-t-on raconter aux enfants dans les écoles ? », s’indigne la veuve d’un des gardes du corps de Falcone. Le juge Caselli, qui avait arrêté Brusca en 1996, reconnaît la douleur causée par cette nouvelle, mais rappelle qu’« un État crédible tient ses engagements, même lorsqu’ils sont douloureux ». Il insiste sur l’importance de la loi sur les repentis comme outil indispensable dans la lutte contre la mafia.

Pourtant, l’annonce de la liberté pleine et entière de celui qui a incarné l’horreur de la violence mafieuse est difficile à accepter. « C’est un coup au cœur de tout le pays », écrit un journaliste italien spécialiste du crime organisé.

Giovanni Brusca, qui fut l’un des visages les plus effroyables de la terreur mafieuse dans les années 1990, reste une figure clivante. Repenti utile ou symbole de l’impunité ? Sa libération rouvre de profondes blessures dans une Italie qui, plus de 30 ans après Capaci, continue de se débattre avec les fantômes de Cosa Nostra.

Mali : le groupe Wagner se retire, remplacé par Africa Corps, nouveau bras armé du Kremlin en Afrique

Après plus de trois ans de présence controversée sur le sol malien, le groupe paramilitaire russe Wagner quitte officiellement le pays. Son départ marque la fin d’un chapitre opaque de la coopération sécuritaire entre la Russie et le Mali, et l’ouverture d’un nouveau avec l’arrivée d’Africa Corps, une autre force paramilitaire russe, cette fois placée sous un contrôle plus direct du ministère russe de la Défense.

Une transition discrète, mais stratégique

Du côté des autorités maliennes, aucune confirmation ni démenti officiel n’a été fourni concernant ce retrait. Fidèle à sa ligne depuis 2021, la junte au pouvoir continue de parler “d’instructeurs russes”, tout en refusant de reconnaître ouvertement la présence de mercenaires sur son territoire.

Pourtant, Wagner a bien confirmé son départ. L’organisation tire sa révérence après avoir opéré plus de trois ans au Mali, notamment dans les régions du nord en proie à des conflits avec des groupes rebelles et djihadistes.

Africa Corps, une relève plus institutionnalisée

Le relais sera pris par Africa Corps, nouvelle entité paramilitaire russe, composée d’anciens membres de Wagner et de nouvelles recrues. Contrairement à son prédécesseur, Africa Corps est clairement identifié comme un instrument de projection du pouvoir russe à l’étranger, notamment en Afrique, sous la supervision étroite du ministère russe de la Défense.

Cette réorganisation illustre un changement de stratégie post-Prigojine. Depuis la mort du chef de Wagner en juillet 2023 dans un crash d’avion, le Kremlin semble vouloir centraliser davantage le contrôle de ses forces armées non conventionnelles opérant à l’international.

Un bilan contrasté pour Wagner

Dans son communiqué de départ, Wagner dresse un bilan qu’il qualifie d’“élogieux”, mettant en avant sa participation à la reprise de territoires, notamment la ville stratégique de Kidal, autrefois tenue par les rebelles touaregs.

Mais cette lecture est loin de faire l’unanimité. Si certaines victoires tactiques ont été enregistrées, la situation sécuritaire globale du Mali reste très préoccupante. De vastes zones du pays échappent encore au contrôle des autorités, et les violences contre les civils, parfois attribuées à des mercenaires étrangers, ont été dénoncées par plusieurs ONG internationales.

Un partenariat militaire toujours plus opaque

Le remplacement de Wagner par Africa Corps maintient l’ambiguïté qui entoure la coopération militaire entre le Mali et la Russie. L’absence de communication transparente sur le rôle, les effectifs, et les missions de ces groupes rend difficile toute évaluation objective de leur impact réel sur la sécurité du pays.

Ce changement de façade ne devrait donc pas fondamentalement modifier la nature du partenariat russo-malien, mais il révèle une volonté de Moscou de reprendre la main sur ses opérations extérieures, après les turbulences provoquées par la trajectoire autonome de Wagner.