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Guerre en Ukraine : Moscou annonce qu’elle « va examiner » la proposition de Zelensky et se dit disposée à un dialogue direct avec Kiev, tout en saluant la position des États-Unis concernant l’Ukraine et l’OTAN

Moscou montre des signes d’ouverture diplomatique. Le président russe Vladimir Poutine a déclaré ce lundi que la Russie allait « analyser » la proposition de Volodymyr Zelensky, qui appelle à prolonger de 30 jours la trêve sur les frappes contre les infrastructures civiles. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions toujours vives sur le terrain, mais également de signaux de détente politique, notamment autour des positions récentes des États-Unis.

Un cessez-le-feu temporaire, déjà rompu

Après une trêve pascale de 30 heures, censée marquer un bref apaisement dans le conflit qui dure depuis plus de trois ans, les combats ont repris de part et d’autre. L’armée russe a annoncé lundi avoir mené des frappes aériennes, de drones et d’artillerie sur 74 positions en Ukraine. Des attaques ont été confirmées dans les régions de Dnipropetrovsk, Mykolaïv et Tcherkassy, bien qu’aucune victime n’ait été signalée.

De son côté, le président ukrainien a affirmé que les forces russes avaient violé le cessez-le-feu « plus de 2 000 fois » en une journée, tout en précisant qu’aucun raid aérien n’avait été enregistré pendant la trêve. Zelensky continue de dénoncer les frappes visant des zones civiles, tandis que Poutine accuse l’Ukraine de dissimuler des cibles militaires au sein d’infrastructures civiles.

Poutine n’exclut pas un dialogue direct avec Kiev

Dans un développement inattendu, Vladimir Poutine a laissé entendre que la Russie pourrait envisager des pourparlers bilatéraux avec l’Ukraine. « Tout cela mérite d’être étudié attentivement. Peut-être de façon bilatérale, à la suite de dialogues. Nous n’excluons pas cela », a-t-il affirmé. Il s’agit de la première prise de position officielle du Kremlin en faveur de négociations directes depuis les premières semaines du conflit.

Cette déclaration intervient alors que l’Ukraine demande l’arrêt immédiat des attaques contre les civils et propose une nouvelle période de trêve. La communauté internationale suit ces échanges avec prudence, mais un certain espoir renaît, notamment du côté des États-Unis.

Trump espère un accord “dans la semaine”

Le président américain Donald Trump a déclaré espérer un accord entre Moscou et Kiev « dans la semaine ». Cela fait désormais deux mois que des tractations diplomatiques sont en cours, soutenues par Washington, mais sans résultats concrets jusqu’à présent. La déclaration de Trump, bien que jugée optimiste, semble avoir insufflé un certain élan aux discussions.

À Kiev, les habitants se disent à la fois soulagés par le calme temporaire et sceptiques quant à la possibilité d’un accord durable. « C’était positif pour se reposer ne serait-ce qu’une journée », a confié Viktor Danyltchouk, un militaire ukrainien interrogé par l’AFP. Mais selon lui, « un accord rapide avec la Russie est impossible car l’ennemi ne cesse d’attaquer ».

Moscou salue la position américaine sur l’Ukraine et l’OTAN

Autre élément notable : le Kremlin a salué la récente position des États-Unis sur l’Ukraine et l’OTAN. L’administration Trump semble désormais freiner l’idée d’une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Alliance atlantique, un point de tension majeur avec la Russie depuis des années.

Pour Moscou, cette prise de position américaine vient confirmer ses inquiétudes géopolitiques et son argument selon lequel l’élargissement de l’OTAN à l’Est est l’une des causes fondamentales du conflit. En réponse, le Kremlin adopte un ton mesuré, suggérant une ouverture à la diplomatie à condition qu’elle se déroule à huis clos, sans pressions publiques et sans concessions immédiates.

Une fenêtre étroite pour la paix ?

Malgré les déclarations encourageantes, la situation sur le terrain reste tendue et marquée par des violences continues. Toutefois, la proposition d’un dialogue direct entre Moscou et Kiev, combinée à la pression diplomatique américaine, pourrait ouvrir une brèche dans une guerre qui semble autrement sans fin.

Les yeux sont désormais tournés vers les prochaines rencontres internationales, notamment à Londres, où des avancées pourraient voir le jour. Mais pour l’heure, les appels à la prudence restent de mise : entre espoir et scepticisme, la paix demeure une option fragile, mais pas impossible.

Yémen : 74 morts et plus de 100 blessés après une frappe américaine sur un port pétrolier, selon les Houthis

Un bilan dramatique. Les rebelles houthis du Yémen annoncent ce vendredi 74 morts et 171 blessés à la suite d’une frappe aérienne américaine ayant visé le port pétrolier stratégique de Ras Issa, situé dans la région de Hodeidah, à l’ouest du pays. L’armée américaine, de son côté, confirme avoir ciblé ce site dans le cadre de ses opérations contre les infrastructures utilisées par les Houthis pour mener des attaques en mer Rouge.

Un nouveau bilan en forte hausse

Un premier bilan faisait état de 38 morts et 102 blessés, mais les chiffres ont été revus à la hausse au fil des heures. Selon les autorités sanitaires de Hodeidah, citées par la chaîne Al-Massirah, proche des Houthis, la majorité des victimes sont des ouvriers et employés civils travaillant sur le site pétrolier. Des images diffusées par la chaîne montrent une énorme explosion suivie d’un incendie massif, avec des navires en feu et de d’épais nuages de fumée s’élevant du port.

« Les équipes de secours de la défense civile et les ambulanciers déploient tous leurs efforts pour rechercher et extraire les victimes et éteindre l’incendie », a déclaré Anees Alasbahi, porte-parole du ministère de la Santé des Houthis.

Une attaque revendiquée par l’armée américaine

L’armée américaine a affirmé jeudi avoir mené une série de frappes contre des cibles militaires houthis, précisant que le port de Ras Issa avait été détruit. Washington justifie cette attaque par la nécessité de protéger les voies de navigation internationales dans la mer Rouge, régulièrement visées par les Houthis depuis le début de la guerre à Gaza.

« Ces opérations visent à dégrader les capacités militaires des Houthis et à prévenir de nouvelles attaques contre le trafic maritime mondial », a indiqué le Commandement central américain (CENTCOM).

Réactions internationales : condamnations fermes

L’attaque a suscité de vives réactions dans le monde arabe et au-delà :

•Le Hamas a condamné une « agression flagrante » et un « crime de guerre », dénonçant une violation de la souveraineté yéménite.

•L’Iran, allié des Houthis, a fustigé des frappes « barbares », accusant les États-Unis de nourrir les conflits dans la région et de vouloir imposer l’hégémonie sioniste et américaine.

•Des manifestations anti-américaines ont été annoncées par les Houthis ce vendredi, en solidarité avec Gaza et contre les interventions étrangères au Yémen.

Un contexte de guerre régionalisée

Cette attaque intervient dans un climat de forte tension géopolitique au Moyen-Orient. Depuis des mois, les Houthis ont intensifié leurs actions en mer Rouge, affirmant vouloir soutenir la cause palestinienne et s’opposer à Israël et à ses alliés. En retour, les États-Unis multiplient les frappes préventives, craignant un impact sur le commerce mondial.

Le port de Ras Issa, cible de la frappe américaine, est crucial pour l’exportation de pétrole et l’approvisionnement énergétique du Yémen. Sa destruction risque d’aggraver encore la crise humanitaire dans ce pays déjà ravagé par dix ans de guerre.

Une situation explosive

Alors que les secours continuent de fouiller les décombres, le risque d’escalade est réel. Les Houthis ont promis de riposter à ce qu’ils qualifient d’agression américaine, tandis que Washington affirme maintenir la pression pour « préserver la stabilité régionale ».

Dans ce jeu dangereux entre puissances régionales et occidentales, ce sont une fois de plus les populations civiles qui paient le prix fort, avec un nouveau drame humain à ajouter à la longue liste des violences au Yémen.

Turquie : sept journalistes jugés pour avoir couvert des manifestations de soutien à Imamoğlu

En Turquie, sept journalistes comparaissent ce vendredi devant la justice, accusés d’avoir participé à des rassemblements illégaux. Ces poursuites interviennent dans un contexte de vives tensions politiques, près d’un mois après l’arrestation d’Ekrem Imamoğlu, maire d’Istanbul et principal opposant au président Recep Tayyip Erdogan.

Des journalistes assimilés à des manifestants

Parmi les 189 personnes jugées à Istanbul dans deux audiences distinctes, figurent sept journalistes, dont un photographe de l’Agence France-Presse (AFP). Tous étaient présents pour couvrir les manifestations de soutien à Ekrem Imamoğlu, incarcéré fin mars dans des circonstances qui ont suscité une vive émotion nationale et internationale.

Le parquet turc les accuse de participation à un rassemblement interdit et de ne pas avoir obéi aux ordres de dispersion donnés par les forces de l’ordre. L’acte d’accusation souligne que rien ne prouverait leur présence « dans un but journalistique », malgré leur accréditation et leur expérience reconnue dans le métier.

Jusqu’à trois ans de prison requis

Les journalistes, dont cinq photographes, risquent jusqu’à trois ans de prison. Bien qu’ils aient été libérés après trois jours de détention, le 27 mars, leur procès inquiète fortement les défenseurs des libertés.

Un précédent inquiétant pour la liberté de la presse

Les organisations de défense des journalistes dénoncent un recul majeur pour la liberté d’informer en Turquie. C’est la première fois que des reporters identifiés comme tels sont poursuivis sur la base de la loi sur les rassemblements, une disposition habituellement utilisée contre les manifestants.

« C’est un signal d’intimidation envoyé à toute la presse indépendante », alerte un représentant de Reporters sans frontières. Les avocats des journalistes, eux, s’engagent à démontrer que leurs clients exerçaient simplement leur métier, dans le respect des principes du journalisme.

Un climat politique de plus en plus tendu

Depuis l’arrestation de Imamoğlu, les manifestations hebdomadaires se poursuivent à Istanbul et dans d’autres grandes villes du pays. Le maire d’opposition, populaire et charismatique, est considéré par beaucoup comme le principal rival d’Erdogan en vue des prochaines élections. Sa détention a ravivé les critiques contre un autoritarisme croissant du pouvoir en place.

Le procès des sept journalistes sera suivi de près par la communauté internationale, alors que la Turquie est déjà régulièrement pointée du doigt pour ses atteintes à la liberté de la presse.

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Tidjane Thiam élu candidat du principal parti d’opposition

L’ancien ministre et banquier international Tidjane Thiam a été élu jeudi candidat du principal parti d’opposition pour la présidentielle du 25 octobre en Côte d’Ivoire, lors d’une convention à laquelle il était le seul à se présenter.(Source: AFP).

Mais tout n’est pas gagné pour autant: actuellement hors du pays, M. Thiam, 62 ans, est bousculé par une polémique sur sa nationalité qui pourrait le fragiliser dans sa course à la présidence.

Dans le même temps, à six mois du scrutin dans le pays le plus riche de l’Afrique de l’ouest francophone, des tensions secouent le paysage politique, notamment liées à l’inéligibilité de trois opposants, dont l’ancien président Laurent Gbagbo.

De son côté, le président Alassane Ouattara, 83 ans, n’a pas indiqué s’il comptait ou non briguer un quatrième mandat mais s’est dit en janvier « désireux de continuer à servir son pays ».

Tidjane Thiam a obtenu 99,50% des voix exprimées, soit 5.321, avec un taux de participation de 93,17%, selon les résultats globaux provisoires. A l’annonce des résultats, la centaine de militants a scandé « Titi président », le surnom de leur champion, avant d’entonner l’hymne du parti.

« Nous sommes aux anges, très heureux, très fiers du résultat. C’est la confirmation que notre chef a toujours été le choix de la base », a indiqué à l’AFP Eugénie Kouadio, conseillère régionale.

Grâce à ses années passées à l’étranger, « il n’a pas de passé conflictuel, contrairement aux autres candidats », a renchéri André N’Guessan, 48 ans, qui travaille dans une institution internationale.

Plusieurs milliers de militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) – seulement des membres d’organes décisionnaires ou des responsables de sections étaient appelés mercredi à glisser leur bulletin dans près de 400 bureaux installés dans le pays et à l’étranger.

Pas « bien connu »

Pour le politologue Geoffroy Kouao, M. Thiam n’est pas « bien connu des Ivoiriens » et « le PDCI doit redoubler d’efforts en termes de communication politique et de rencontres ».

Le chef du PDCI a en effet été absent du pays pendant plus de 20 ans pour une carrière à l’étranger à la tête de grandes entreprises financières telles Aviva, Prudential ou Credit Suisse.

Dans son entourage, on assure que son expérience internationale est un atout et que sa popularité reste intacte à travers tout le pays.

La campagne de Tidjane Thiam est d’autre part parasitée depuis plusieurs semaines par une polémique concernant sa nationalité.

Né en Côte d’Ivoire, il a acquis la nationalité française en 1987 et y a renoncé en mars dernier, afin de se présenter à la présidentielle, scrutin pour lequel un candidat ne peut être binational.

Mais selon ses détracteurs, l’acquisition d’une autre nationalité l’a automatiquement déchu de sa nationalité ivoirienne, en vertu de l’article 48 du code de la nationalité, datant des années 1960.

Le PDCI a dénoncé des « manœuvres » du pouvoir afin d’empêcher M. Thiam d’être candidat. « Ce sont des manipulations du parti au pouvoir pour empêcher un candidat qui fait peur d’aller aux élections », a renchéri Claude M’Bahia, ingénieur de 59 ans, présent lors de la proclamation des résultats.

Jeudi soir, Tidjane Thiam s’est réjouit de sa victoire et a remercié ses militants qui l’ont « honoré » en dépit de « tout le venin qui a été distillé » concernant sa « nationalité » et « sa personnalité ».

« Octobre 2025 est encore loin, je sais que je ne serai pas épargné », a-t-il ajouté dans une interview diffusée sur les réseaux sociaux.

La commission électorale a par ailleurs rejeté jeudi les requêtes contestant l’inscription de M.Thiam sur les listes électorales, une procédure judiciaire est toutefois toujours en cours.

Des opposants inéligibles

Mais à mesure que l’échéance approche, les tensions montent dans l’opposition, qui multiplie les meetings. Trois figures politiques ont affirmé leur intention d’être candidates à la présidentielle, même si elles sont inéligibles en raison de condamnations judiciaires.

Il s’agit de l’ancien président Laurent Gbagbo (2000-2011), investi par le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), de son ancien bras droit Charles Blé Goudé, et de l’ancien Premier ministre et ex-chef rebelle Guillaume Soro, en exil.

Le nom des trois hommes n’apparaît pas sur la liste électorale provisoire, dont la version définitive sera publiée en juin.

En outre, le PDCI de Thiam et le PPA-CI de Gbagbo ont annoncé suspendre leur participation à la Commission électorale, en dénonçant le manque d’indépendance de cet organe chargé d’organiser les élections.

Le parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a répondu qu’il « n’entend pas se laisser distraire par tout ce vacarme orchestré par une opposition qui, en réalité, a peur des élections ».

Belize:Un pirate de l’air états-unien abattu après avoir tenté de détourner un avion

Un citoyen états-unien armé d’un couteau a tenté jeudi de détourner un petit avion au Belize mais a été abattu par un passager, ont indiqué les autorités locales.(Source : AFP).

L’avion Cessna Grand Caravan de la compagnie aérienne bélizienne Tropic Air avait décollé dans la matinée avec 16 occupants depuis Corozal (nord) en direction de l’île de San Pedro, lorsque le pirate de l’air a ordonné au pilote, sous la menace d’un couteau, de se détourner de sa route.

«Peu après le décollage, l’avion a été détourné par un passager à bord, citoyen américain. Il semblerait qu’il soit vétéran de guerre», a déclaré le commissaire de police Chester Williams à Channel 5.

«Un évènement extraordinaire et rare»
«D’après nos informations, ce pirate de l’air exigeait à sortir du pays», a indiqué un responsable de l’aéroport, Philip Goldson.

L’appareil a survolé pendant deux heures l’aéroport international de Belize, avant de se poser, sur le point de manquer de carburant.
Pour des raisons qui doivent être encore élucidées, le pirate de l’air aurait poignardé deux passagers et l’un d’eux lui a tiré mortellement dessus, selon des médias locaux.

Le pilote et ces deux passagers, dont l’auteur du tir qui selon les autorités possédait une licence de port d’arme, ont été blessés dans l’incident.

Le pirate de l’air a été identifié comme étant Akinyela Sawa Taylor, 49 ans. Le gouvernement du Belize a déclaré avoir ouvert une enquête et renforcé les mesures de sécurité dans tous ses aéroports. «Il s’agit d’un évènement extraordinaire et rare», a-t-il souligné dans un communiqué.

Les opérations temporairement suspendues à l’aéroport Philip Goldson

L’ambassade États-unienne au Belize a exprimé ses regrets, soulignant n’avoir eu aucun contact avec Akinyela Sawa Taylor pendant le détournement, ni connaissance de sa présence au Belize.

«Nous souhaitons que le Belize et la région restent sûrs, non seulement pour les Beliziens, mais aussi pour les nombreux Américains qui voyagent ou résident ici», a déclaré Luke Martin, un responsable de l’ambassade américaine.

Les opérations ont été temporairement suspendues à l’aéroport Philip Goldson avant de reprendre en fin de journée. Le Cessna Grand Caravan est un avion pouvant transporter de 10 à 14 personnes.

La BCE abaisse une nouvelle fois ses taux pour soutenir une économie fragilisée par la guerre commerciale

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé ce jeudi une nouvelle baisse de ses taux d’intérêt directeurs, une mesure visant à soutenir la croissance économique de la zone euro, mise à mal par l’intensification des tensions commerciales avec les États-Unis. Il s’agit de la septième baisse consécutive depuis juin 2024, confirmant un tournant majeur de la politique monétaire européenne.

Le taux de dépôt, référence pour les banques commerciales, a été abaissé de 25 points de base pour atteindre 2,25 %. Ce niveau, selon l’institution présidée par Christine Lagarde, n’est désormais « plus jugé pénalisant » pour l’activité économique.

Trump impose ses règles, la BCE réagit

Cette décision survient dans un climat économique tendu, dominé par la guerre commerciale ouverte par Donald Trump. Depuis début avril, le président américain a imposé des surtaxes douanières généralisées de 10 %, et jusqu’à 145 % sur les produits chinois, affectant fortement les chaînes de valeur mondiales. L’Union européenne, bien que temporairement épargnée par les hausses les plus drastiques, n’est pas en reste. Le secteur automobile est taxé à 25 %, et des enquêtes ciblent les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques européens.

Cette politique agressive de Washington provoque de fortes inquiétudes du côté de Francfort. La BCE souligne que « les perspectives de croissance se sont détériorées du fait de l’intensification des tensions commerciales », tandis que la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a mis en garde mercredi contre des conséquences « sévères et imprévisibles » pour l’économie mondiale.

La BCE reste vigilante sur l’inflation

Malgré la baisse des taux, la BCE n’oublie pas sa mission principale : la stabilité des prix. L’inflation en zone euro s’établissait à 2,2 % en mars, un chiffre proche de la cible de 2 %, permettant une certaine flexibilité monétaire. Dans son communiqué, la banque se félicite que la désinflation soit en bonne voie, tout en surveillant les éventuelles pressions inflationnistes qui pourraient revenir à cause des droits de douane.

Les craintes portent aussi sur les tensions financières globales : le dollar recule, les marchés sont chahutés, et les rendements des bons du Trésor américain augmentent, augmentant le risque d’un ralentissement de l’investissement et de la consommation.

« La BCE surveille la situation de près et reste prête à intervenir si nécessaire », a affirmé Christine Lagarde depuis Varsovie, en marge d’une réunion des ministres des Finances européens.

Vers de nouvelles baisses ?

La BCE n’a pas donné d’indications claires sur ses prochaines décisions, mais plusieurs économistes n’excluent pas de nouvelles baisses à venir, certains anticipant un taux de dépôt à 1,75 % dans les prochains mois. L’évolution dépendra largement des prochaines données économiques et des réactions de Washington et Pékin sur le front commercial.

Retour sur un changement de cap monétaire

Depuis l’été 2024, la BCE a changé de cap, après deux années de resserrement monétaire initié pour contenir l’inflation causée par la guerre en Ukraine et la crise énergétique. L’environnement mondial plus instable, combiné à la prudence allemande sur le budget et à la hausse des dépenses militaires en Europe, a rebattu les cartes. Initialement, les responsables européens évoquaient une pause dans les baisses de taux, mais le choc externe provoqué par la guerre commerciale les a poussés à agir plus vite.

Guerre à Gaza : le Hamas rejette la dernière proposition de trêve israélienne et refuse tout accord partiel

Jeudi 17 avril, le Hamas a catégoriquement rejeté la dernière proposition de trêve israélienne, qualifiée de « partielle », réaffirmant son refus de tout accord qui ne mettrait pas un terme complet au conflit dans la bande de Gaza. Lors d’une déclaration télévisée, le négociateur en chef du mouvement palestinien, Khalil al-Hayya, a accusé le gouvernement de Benyamin Nétanyahou d’utiliser ce type d’accord pour servir ses propres intérêts politiques.

« Les accords partiels sont utilisés par Nétanyahou et son gouvernement comme couverture pour son projet politique, et nous ne participerons pas à cette politique », a affirmé Khalil al-Hayya.

Le Hamas se dit toutefois disposé à conclure un accord global, comprenant l’arrêt total des hostilités, le retrait complet des forces israéliennes de Gaza, la libération de tous les prisonniers palestiniens en échange de la libération de tous les otages israéliens, ainsi que le lancement d’un plan de reconstruction du territoire.

Une réponse écrite transmise aux médiateurs

La réponse officielle du Hamas à la proposition israélienne a été transmise jeudi soir aux médiateurs égyptiens et qataris. Selon un responsable du Hamas, l’offre israélienne prévoyait :

•Une trêve d’au moins 45 jours,

•La libération de 10 otages israéliens vivants,

•La libération de 1 231 prisonniers palestiniens détenus en Israël,

•Et un accès élargi à l’aide humanitaire dans Gaza.

Israël aurait également conditionné une fin permanente du conflit au désarmement total du Hamas, une ligne rouge inacceptable pour le mouvement palestinien.

« La résistance et ses armes sont liées à la présence de l’occupation israélienne. Elles constituent un droit naturel pour notre peuple, comme pour tous les peuples vivant sous occupation », a réaffirmé Khalil al-Hayya.

L’armée israélienne poursuit son offensive

Depuis la reprise des combats le 18 mars, après deux mois de trêve, l’armée israélienne a intensifié ses opérations terrestres et aériennes dans plusieurs zones de Gaza. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, connu pour ses positions ultranationalistes, a appelé jeudi à « intensifier les combats » face au refus du Hamas.

Jusqu’à présent, le gouvernement israélien n’a pas officiellement réagi à la réponse du Hamas.

France : Rima Hassan (LFI) entendue par la police judiciaire pour des accusations d’apologie du terrorisme et de menaces

L’eurodéputée Rima Hassan, élue en 2024 sur la liste de La France Insoumise (LFI), a été auditionnée ce mercredi 16 avril par les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), à Paris. Cette audition s’est déroulée dans le cadre d’une procédure en audition libre, c’est-à-dire sans garde à vue.

Selon des informations relayées par Europe 1, plusieurs plaintes ont été déposées contre elle, notamment pour des faits présumés de “menaces de mort” et “apologie du terrorisme”. Le parquet de Paris a confirmé que les investigations étaient toujours en cours.

Déjà en avril 2024, Rima Hassan avait été convoquée avec Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, par la Direction nationale de la police judiciaire pour des faits similaires. L’eurodéputée est notamment connue pour son engagement en faveur de la cause palestinienne, ce qui alimente une forte controverse autour de ses déclarations publiques et de ses prises de position sur les réseaux sociaux.

Les faits reprochés portaient sur une “apologie publique d’un acte de terrorisme commis au moyen d’un service de communication en ligne”, selon les termes juridiques évoqués par les enquêteurs.

Mathilde Panot, pour sa part, avait été entendue dans le cadre d’un communiqué publié par LFI le 7 octobre 2023, au moment de l’attaque du Hamas contre Israël. Ce texte qualifiait l’assaut du Hamas d’“offensive armée de forces palestiniennes”, et le mettait en parallèle avec “l’intensification de la politique d’occupation israélienne”. Cette prise de position avait suscité une vive polémique politique.

Fin janvier, Mathilde Panot avait annoncé le classement sans suite de cette procédure à son encontre. En revanche, concernant Rima Hassan, les démarches judiciaires se poursuivent.

Tensions commerciales : Trump prêt à baisser les droits de douane contre la Chine et confiant pour un accord avec l’UE

Alors que la guerre commerciale entre Washington et Pékin s’intensifie, le président américain Donald Trump a laissé entendre jeudi 17 avril qu’il pourrait mettre fin à la spirale de hausses de droits de douane engagée contre la Chine. Il a également exprimé sa confiance dans la perspective d’un accord avec l’Union européenne, malgré des tensions persistantes.

Vers une désescalade entre Washington et Pékin ?

Actuellement, les États-Unis imposent des surtaxes pouvant atteindre 145 % sur certains produits chinois. En riposte, la Chine a décidé d’augmenter ses propres droits de douane sur les importations américaines, les faisant passer de 84 % à 125 %. Face à l’inquiétude croissante des marchés, Trump a tempéré son discours.

“Je ne veux pas qu’ils augmentent davantage, car à un certain point, les gens n’achètent plus”, a-t-il déclaré. “Je voudrais peut-être les baisser, car on sait qu’on veut que les gens achètent.”

Trump a également révélé que la Chine avait repris contact avec Washington depuis l’entrée en vigueur des nouvelles surtaxes. Bien que les détails des discussions restent flous, il s’est montré optimiste quant à la conclusion prochaine d’un “très bon accord avec la Chine”.

De son côté, Pékin a annoncé qu’il ne souhaitait pas “jouer au jeu des chiffres”, affirmant qu’il ne relèverait pas davantage ses propres surtaxes pour le moment, un signal qui pourrait indiquer une volonté d’apaisement.

TikTok : un accord reporté dans l’attente de Pékin

Par ailleurs, Trump s’est exprimé sur le sort de TikTok, la populaire application chinoise menacée d’interdiction aux États-Unis. Un accord est en préparation pour forcer sa maison-mère, ByteDance, à vendre ses activités américaines.

“Nous avons un accord sur TikTok, mais il est soumis à la Chine. Nous devons repousser l’accord jusqu’à ce que les choses se résolvent d’une façon ou d’une autre”, a déclaré Trump.

Ce dossier reste donc en suspens, dans l’attente de signaux plus clairs venant de Pékin.

L’Union européenne dans le viseur, mais Trump se montre confiant

En parallèle, Donald Trump a rappelé avoir imposé une taxe de 20 % sur tous les produits venant de l’Union européenne au début du mois d’avril. Ces mesures ont cependant été suspendues pour une durée de 90 jours, afin de laisser place à la négociation.

“Je suis sûr à 100 % qu’on trouvera un accord avec l’Union européenne”, a-t-il affirmé, quelques minutes après s’être entretenu avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni, en visite à Washington.

Celle-ci a salué Trump comme un “partenaire fiable”, tout en reconnaissant qu’elle ne pouvait parler au nom de toute l’Union européenne. Elle a proposé d’organiser une rencontre officielle entre Trump et les dirigeants européens, et a invité le président américain à visiter l’Italie.

Meloni, interlocutrice privilégiée de Trump en Europe ?

Les relations personnelles entre Trump et Meloni sont qualifiées de “très spéciales” par les observateurs. La Première ministre italienne, cheffe d’une coalition ultraconservatrice, a été la seule dirigeante européenne invitée à l’investiture de Trump en janvier.

“C’est une dirigeante fantastique”, a lancé Trump.

Des responsables américains estiment qu’elle pourrait jouer un rôle de médiatrice entre l’UE et les États-Unis. “Nous espérons que la Première ministre et le président seront en mesure de faire avancer les choses”, a déclaré un proche de l’administration.

Une BCE vigilante face aux incertitudes économiques

Sur fond de tensions commerciales, la Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé une baisse de 0,25 point de ses taux directeurs, afin de stimuler l’économie de la zone euro. Sa présidente, Christine Lagarde, a insisté sur la nécessité de rester “agile” face à l’imprévisible, en référence aux risques que font peser les politiques douanières américaines sur l’économie mondiale.

Malgré une guerre commerciale en apparence relancée, Donald Trump semble vouloir ouvrir la voie à une désescalade, tant avec la Chine qu’avec l’Union européenne. Reste à savoir si ses annonces seront suivies d’actes concrets et si Pékin et Bruxelles répondront favorablement à ses appels. Les prochaines semaines pourraient être décisives pour l’équilibre économique mondial.

Guerre en Ukraine : Ce qu’il faut retenir de la première réunion à Paris entre Américains, Européens et Ukrainiens

Les échanges sur la situation en Ukraine, tenus jeudi à Paris avec la participation de hauts responsables américains, ont été jugés “excellents” par l’Élysée. La présidence française a mis en avant l’importance d’avoir lancé un “processus positif incluant les Européens”. Une nouvelle rencontre est prévue la semaine prochaine à Londres.(Avec : AFP et Reuters).

La France a salué un « excellent échange » sur l’Ukraine jeudi 17 avril à Paris, dans un format « inédit » entre Américains, Ukrainiens, Français, Britanniques et Allemands. Une réunion qui a « permis de converger » sur l’objectif d’une « paix solide » entre Kiev et Moscou.

« Nous avons déclenché aujourd’hui à Paris un processus qui est positif et auquel les Européens sont associés », s’est félicitée la présidence française à l’issue d’une série de réunions notamment autour d’Emmanuel Macron, du secrétaire d’État américain Marco Rubio et de Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump.

Une nouvelle réunion des émissaires de ces cinq pays est prévue la semaine prochaine à Londres, en présence notamment de Steve Witkoff, alors que les Européens craignent depuis des semaines d’être mis à l’écart des négociations entre les États-Unis et la Russie.

Selon un conseiller d’Emmanuel Macron, les responsables ukrainiens et européens ont souligné leur « soutien commun » à « l’objectif du président Donald Trump de mettre fin rapidement à la guerre en Ukraine » et à « la nécessité d’un cessez-le-feu complet le plus rapidement possible ».

Ce cessez-le-feu devrait « se baser sur la ligne de contact (ligne de front) telle qu’elle est », en tenant compte des territoires ukrainiens « occupés par la Russie », a estimé l’Élysée.

Selon un communiqué du département d’État, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a appelé dans la soirée son homologue russe Sergueï Lavrov pour lui faire part des discussions à Paris, soulignant que « la paix est possible » si chacune des parties s’engagent à un accord.

« L’accueil encourageant réservé à Paris au cadre américain montre que la paix est possible si toutes les parties s’engagent à parvenir à un accord », a-t-on ajouté de même source.

« Les Américains sont prêts à discuter la question des garanties de sécurité »

Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a réengagé de manière spectaculaire le dialogue avec la Russie de Vladimir Poutine, laissant craindre à Kiev et aux Européens une négociation à laquelle ils ne seraient pas associés. L’Ukraine et les États-Unis sont finalement tombés d’accord sur le principe d’un cessez-le-feu complet, mais la Russie n’y a pas encore répondu favorablement.

De leur côté, une « coalition de volontaires », essentiellement européens, travaille sous la houlette de la France et du Royaume-Uni à des « garanties de sécurité » à apporter à Kiev dans le cadre d’un futur accord de paix, y compris une possible « force de réassurance » à déployer en Ukraine. Mais plusieurs de ces pays exigent un filet de sécurité américain pour y participer.

« Les Américains sont prêts à discuter la question des garanties de sécurité », s’est borné à dire jeudi à l’issue des rencontres parisiennes la présidence française, assurant que Washington « apprécie » le travail franco-britannique en ce sens.

« Il y a une volonté de travailler très étroitement avec nos partenaires ukrainiens, avec nos partenaires américains, de telle façon que la paix qui devra être négociée entre l’Ukraine et la Russie soit au bénéfice évidemment de l’Ukraine et aussi de la sécurité de tous en Europe », a encore dit l’entourage d’Emmanuel Macron.

Il a estimé que la présence de Marco Rubio et Steve Witkoff démontrait « l’importance qu’ils accordent » au « rôle des Européens ».