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Tensions commerciales : Trump annonce une baisse des droits de douane envers la Chine, Pékin appelle l’Europe à défendre le commerce mondial

Le président états-unien Donald Trump a annoncé mardi 22 avril une réduction « substantielle » des droits de douane imposés à la Chine, dans un geste d’apaisement qui pourrait marquer un tournant dans les relations commerciales sino-états-uniennes. Dans le même temps, Pékin appelle le Royaume-Uni et l’Union européenne à jouer un rôle actif dans la défense du commerce multilatéral, face à ce qu’il qualifie d’« intimidation unilatérale » de Washington.

Une désescalade tarifaire annoncée

Lors d’une cérémonie à la Maison Blanche, Donald Trump a surpris en indiquant vouloir revoir à la baisse les surtaxes imposées à la Chine, qui atteignent actuellement 145 %. Bien qu’il ait affirmé qu’il ne ramènerait pas les tarifs « à zéro », il a laissé entendre qu’un accord avec Pékin pourrait être proche : « Nous allons être très gentils, ils vont être très gentils, et nous verrons bien ce qui se passe », a-t-il déclaré, ajoutant que « c’est nous qui fixerons les termes de l’accord ».

Ce revirement a immédiatement rassuré les marchés : les Bourses asiatiques, de Tokyo à Hong Kong, ont rebondi le 23 avril, tandis que le dollar regagnait du terrain.

Maintien de Jerome Powell à la tête de la Fed

En parallèle, Donald Trump a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de limoger le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. Cette clarification intervient après plusieurs semaines de critiques virulentes de Trump envers la Fed, qui avaient déstabilisé les marchés financiers. Le maintien de Powell est perçu comme un autre signal d’apaisement destiné aux investisseurs.

Un contexte tendu : surtaxes croisées et inquiétude sur les échanges

Début avril, l’administration Trump avait imposé une vague de tarifs douaniers punitifs sur les produits importés, touchant à la fois l’Europe, l’Asie et plus particulièrement la Chine. Les surtaxes ont été ramenées à 10 % pour tous les partenaires sauf Pékin, pour qui elles sont restées à 145 %. En réponse, la Chine a imposé des droits de 125 % sur les produits états-uniens.

Le secrétaire au Trésor états-unien, Scott Bessent, a reconnu lors d’un échange privé à Washington que cette situation était intenable, qualifiant les surtaxes d’« embargo commercial » nuisant aux deux économies.

Pékin sollicite Londres et Bruxelles

Face à cette guerre commerciale ouverte, la Chine intensifie ses efforts diplomatiques. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a exhorté le Royaume-Uni et l’Union européenne à « protéger l’ordre commercial multilatéral ». Lors d’un appel téléphonique avec son homologue britannique, David Lammy, il a confirmé que des discussions économiques sont « en cours de préparation ». Un message similaire a été adressé à l’Autriche et, plus largement, à Bruxelles.

Wang Yi a insisté sur la nécessité, pour la Chine et l’Europe, de « défendre d’un commun accord » un commerce international fondé sur des règles, en opposition aux pratiques « unilatérales » des États-Unis.

Syrie : deux hauts responsables du Jihad islamique palestinien arrêtés à Damas

Les nouvelles autorités syriennes ont procédé à l’arrestation de deux figures clés du Jihad islamique palestinien, organisation soutenue par l’Iran et impliquée aux côtés du Hamas dans les attaques du 7 octobre 2023 contre Israël. Cette arrestation marque un tournant stratégique majeur pour la Syrie post-Assad, qui cherche à se rapprocher des puissances occidentales.

Une arrestation inattendue

Dans un communiqué publié le 22 avril, les brigades Al-Qods, branche armée du Jihad islamique, ont annoncé que Khaled Khaled, responsable des opérations du mouvement en Syrie, et Yasser al-Zafari, coordinateur du comité d’organisation, ont été arrêtés il y a cinq jours à Damas. Le groupe a dénoncé une interpellation « sans explication » et « d’une manière que nous n’aurions pas escomptée de la part de nos frères ».

Un responsable du ministère syrien de l’Intérieur a confirmé leur détention sans toutefois fournir de détails sur les raisons de leur arrestation.

Rupture stratégique avec Téhéran

Sous l’ancien président Bachar el-Assad, la Syrie entretenait des liens étroits avec l’Iran et servait de base arrière aux groupes armés comme le Jihad islamique. Mais depuis la chute du régime en décembre dernier et l’arrivée au pouvoir du président Ahmed al-Charaa, Damas a profondément revu sa politique étrangère.

En quête de reconstruction après 14 années de guerre civile, le nouveau pouvoir syrien s’efforce désormais de rompre avec l’axe iranien et de répondre aux exigences occidentales, en particulier celles des États-Unis. Selon plusieurs sources citées par Reuters, Washington a posé des conditions strictes à une levée partielle des sanctions, notamment l’expulsion des groupes armés palestiniens soutenus par l’Iran.

Damas se rapproche de l’Occident

L’arrestation de ces deux figures du Jihad islamique s’inscrit clairement dans cette stratégie de normalisation avec l’Occident. Elle constitue un signal fort envoyé aux États-Unis et à leurs alliés, en particulier Israël, qui considère le Jihad islamique comme une organisation terroriste.

En s’éloignant de ses anciens alliés iraniens et en réprimant les activités de groupes considérés comme terroristes par l’Occident, la Syrie d’Ahmed al-Charaa cherche à rompre avec l’héritage Assad et à redevenir un acteur fréquentable sur la scène internationale.

Cette nouvelle orientation pourrait redessiner les équilibres régionaux, affaiblissant l’influence de Téhéran en Syrie et modifiant en profondeur la dynamique du soutien aux groupes armés palestiniens.

Guerre en Ukraine : les discussions prévues à Londres reportées, tandis que Poutine aurait proposé un cessez-le-feu le long de la ligne de front

Alors que les efforts diplomatiques se multiplient pour mettre fin à plus de trois années de guerre en Ukraine, une nouvelle étape devait se jouer ce mercredi à Londres. L’Ukraine, les États-Unis et plusieurs pays européens devaient s’y retrouver pour un nouveau cycle de pourparlers. Mais le rendez-vous a été reporté à la dernière minute, a annoncé le ministère britannique des Affaires étrangères, invoquant une reprogrammation sans fournir de nouvelle date.

Malgré cela, les discussions se poursuivent en coulisses. « Les discussions entre conseillers se poursuivent mais sont fermées aux médias », a précisé le Foreign Office. Ce round de négociations faisait suite à des échanges similaires tenus à Paris la semaine précédente.

Une délégation ukrainienne tout de même présente

Kiev était censée être représentée à Londres par plusieurs hauts responsables : le chef de l’administration présidentielle Andriï Iermak, le ministre de la Défense Roustem Oumerov, et le vice-ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga. Le Royaume-Uni devait accueillir également le général Keith Kellogg, émissaire spécial des États-Unis pour l’Ukraine, et Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, au nom de la France.

Bien que la rencontre ministérielle ait été ajournée, Andriï Iermak a confirmé sa présence à Londres ce mercredi avec deux ministres ukrainiens. Il a réaffirmé sur Telegram la volonté de Kiev de continuer à œuvrer pour la paix, précisant que les discussions porteraient notamment sur « les moyens de parvenir à un cessez-le-feu complet et inconditionnel ».

Un cessez-le-feu proposé par Moscou ?

Selon le Financial Times, le président russe Vladimir Poutine aurait récemment proposé un gel des combats sur la ligne de front actuelle, à condition que certaines de ses exigences soient acceptées. Parmi elles : la reconnaissance internationale de l’annexion de la Crimée par la Russie (datant de 2014) et la garantie que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN.

L’émissaire états-unien Steve Witkoff aurait été informé de cette proposition lors d’une rencontre avec les Russes début avril. Il est d’ailleurs attendu cette semaine à Moscou, même si aucune date précise n’a été dévoilée par la Maison Blanche ou le Kremlin.

De leur côté, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, semblent vouloir accélérer les discussions. Trump a déclaré dimanche espérer un accord « dans la semaine », sans en révéler les détails. Selon des médias états-uniens, le plan envisagé inclurait une reconnaissance informelle du contrôle russe sur la Crimée, mais maintiendrait la souveraineté ukrainienne sur les territoires occupés depuis 2022, malgré leur occupation militaire russe.

Des désaccords majeurs entre alliés

Mais cette approche divise. Kiev et ses alliés européens, notamment la Pologne et les pays baltes, exigent un retour aux frontières d’avant 2014, ce qui inclut la Crimée. Une position qualifiée d’« irréaliste » par le ministre états-unien de la Défense Pete Hegseth en février dernier.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a de son côté critiqué mardi l’approche des États-Unis, affirmant que Washington n’a pas encore utilisé tous les outils diplomatiques et économiques à sa disposition pour faire pression sur Moscou.

Vers des négociations directes ?

Face à cette situation complexe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué mardi que l’Ukraine était prête à engager des discussions directes avec la Russie, mais uniquement après l’instauration d’un cessez-le-feu. Cette ouverture fait suite à des signaux de Moscou laissant entendre que Vladimir Poutine serait favorable à la reprise de négociations bilatérales.

Par ailleurs, Zelensky a révélé vouloir s’entretenir avec Donald Trump ce samedi au Vatican, où tous deux assisteront aux obsèques du pape François. Cette rencontre pourrait être décisive pour l’évolution des négociations.

Une fenêtre diplomatique fragile

Pour l’instant, les pourparlers progressent avec prudence. À l’issue de la réunion de Paris, le secrétaire d’État états-unien a rappelé que Washington pourrait se retirer des discussions si elles apparaissaient vouées à l’échec. « Il n’y a pas de calendrier strict, mais nous voulons régler cela rapidement », a déclaré Trump vendredi dernier.

Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts et que la Russie a repris ses frappes aériennes, les espoirs d’un cessez-le-feu durable restent minces, mais le climat diplomatique semble évoluer. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si la paix est encore envisageable ou si le conflit risque de s’enliser davantage.

Le « canal sans eau » du Mexique peut-il faire de l’ombre à celui du Panama ?

Début avril 2025, le Mexique célébrait fièrement une étape symbolique : sa première opération de transport de marchandises via le « Corridor interocéanique de l’isthme de Tehuantepec » (CIIT). Un événement salué par de nombreux médias nationaux, qui y voient une alternative prometteuse au mythique canal de Panama. Surnommé déjà par certains le « canal mexicain », ce nouveau projet a de quoi attirer l’attention… même sans une seule goutte d’eau.

Un projet ambitieux, mais modeste

Le CIIT est loin de ressembler à son homologue panaméen. Il ne s’agit pas d’un canal maritime, mais d’un corridor ferroviaire de 302 kilomètres reliant le port de Coatzacoalcos, sur le golfe du Mexique, à celui de Salina Cruz, sur la côte Pacifique. L’idée est simple : permettre aux marchandises de traverser le Mexique par voie terrestre, sans devoir contourner l’Amérique latine par bateau.

Les premiers tests ont été effectués dès juillet 2024, mais c’est en avril 2025 qu’une opération d’envergure a véritablement lancé le projet : deux cargaisons de 900 voitures de la marque sud-coréenne Hyundai ont traversé le pays par ce nouveau corridor.

Selon le journaliste spécialiste du commerce international, Noi Mahoney, le corridor peut accueillir jusqu’à 1,4 million de conteneurs standards (20 pieds) par an. En comparaison, le canal de Panama en traite près de 8 millions, et les navires qui le traversent transportent entre 12 000 et 15 000 conteneurs chacun, contre 350 à 425 pour un train.

Complémentarité plus que concurrence

Sur le papier, le CIIT ne fait donc pas le poids face au canal de Panama. D’autant plus que son fonctionnement impose une logistique plus complexe : il faut disposer de navires et de ports fonctionnels des deux côtés du Mexique, en plus du transport ferroviaire au centre.

Mais ce n’est pas le but, selon la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui insiste sur un rôle complémentaire plutôt que concurrent. Le corridor interocéanique peut offrir une alternative intéressante pour désengorger le canal panaméen, aujourd’hui saturé. Et les premiers chiffres sont parlants : le transport des véhicules Hyundai a pris une semaine, contre une douzaine de jours via le canal.

Noi Mahoney souligne aussi que les entreprises pourraient tirer parti de cette nouvelle route plus rapide et flexible, surtout dans un contexte mondial marqué par des tensions commerciales et des perturbations logistiques.

Une impulsion pour le développement régional

Au-delà des enjeux géostratégiques, le Mexique voit aussi dans ce projet une opportunité de développement économique pour le sud du pays, longtemps marginalisé. L’objectif est clair : attirer les investissements, créer des emplois, moderniser les infrastructures, et réduire les inégalités régionales.

Des zones économiques spéciales sont déjà en cours d’aménagement le long du corridor, avec l’ambition de transformer cette région rurale en véritable hub industriel et logistique.

Le canal de Panama sur la défensive ?

Le canal de Panama conserve pour l’instant une avance confortable en termes de capacité et d’infrastructure. Mais la multiplication des projets alternatifs pourrait, à terme, fragiliser son quasi-monopole sur le commerce maritime interocéanique.

Depuis 2013, le Nicaragua rêve de construire son propre canal, bien que le projet soit suspendu. Le Honduras et la Colombie explorent aussi des solutions similaires, notamment des corridors terrestres – surnommés eux aussi « canaux secs ».

Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement cherchent à se diversifier, le Panama ne peut plus se reposer sur ses lauriers. Si le CIIT reste aujourd’hui un projet modeste, il pourrait bien, à moyen terme, participer à redessiner la carte des routes commerciales mondiales.

Marine Tondelier réélue dès le premier tour à la tête des Écologistes

Malgré les critiques internes, Marine Tondelier a été largement réélue samedi à la tête des Écologistes. Soutenue par une majorité d’adhérents, elle restera aux commandes du parti en vue des municipales et de la présidentielle, après le revers cuisant subi aux élections européennes.(Source : AFP).

L’élue d’Hénin-Beaumont, qui a explosé médiatiquement ces dernières années, a été élue, dès le premier tour, avec 73% des voix, sur un total de 6.700 votants parmi les près de 14.000 adhérents invités à voter.

Malgré des reproches sur sa gestion de l’affaire Julien Bayou, et l’échec cinglant des Européennes (5,5%), elle arrive loin devant ses trois concurrents, moins connus: l’ex-eurodéputée Karima Delli (13%), le maire-adjoint de Paris Florentin Letissier (8%) et l’adjointe à la mairie de Bordeaux Harmonie Lecerf-Meunier (6%), proche de la députée Sandrine Rousseau.

Lors d’une visioconférence, Marine Tondelier, à la tête de la formation écologiste depuis décembre 2022, s’est dite « très très fière de ce résultat qui témoigne d’une confiance des militants ». Un résultats à 73% « avec trois concurrents en face, c’est quand même, je pense, assez rare dans la vie des partis », s’est-elle félicitée.

La députée Sandrine Rousseau, très critique de la gestion du parti, se retrouve évincée du bureau politique en raison d’une modification du quota des représentants franciliens dans cette instance.

Le maire de Grenoble Eric Piolle, qui visait un poste de porte-parole, contre la volonté de Marine Tondelier, est, lui, en ballotage et devra en passer par un deuxième tour.

Les adhérents étaient invités à voter, de mercredi à vendredi, pour la secrétaire nationale, mais aussi pour le secrétariat exécutif (6 personnes), et pour le bureau politique (12 personnes).

Les opposants de Marine Tondelier ont dénoncé ces dernières semaines une récente modification des règles électorales, visant à les simplifier, mais qui au final, selon eux, les a complexifiées et a surtout été destinée à servir la secrétaire nationale.

« Nous aurions fait des résultats peut-être même plus importants avec les anciennes règles », a-t-elle rétorqué.

La patronne des Ecologistes, à l’emblématique veste verte, soutenue notamment par les ex-candidats à la présidentielle Yannick Jadot, Noël Mamère et Eva Joly, ainsi que par une majorité de maires écologistes, l’emporte dans toutes les instances du parti.

Sa liste gagne notamment la quasi-totalité du secrétariat exécutif (composé de deux secrétaires nationaux adjoints, deux porte-parole et un trésorier).

« digne de LFI »

Au total, sa liste obtient par ailleurs huit des douze postes du bureau politique.

De même, dix des onze membres du Comité électoral lui sont rattachés. « C’est digne de LFI. Celles et ceux qui n’ont pas soutenu Tondelier peuvent tranquillement abandonner leurs ambitions législatives ou partir ailleurs », dénonce un écologiste.

Marine Tondelier avait déjà remporté la semaine dernière un premier vote sur la désignation d’une partie des membres du conseil fédéral, sorte de Parlement du parti. Alors que ses opposants soulignent qu’elle n’y a obtenu qu’une majorité relative, la secrétaire nationale rétorque qu’elle a néanmoins la minorité de blocage.

« Marine Tondelier élimine les gens pour être la seule candidate possible en 2027 », accuse l’écologiste.

Celle qui a émergé médiatiquement au moment de la dissolution de l’Assemblée nationale, en se posant en trait d’union de la gauche, se défend de toute ambition présidentielle. « Le nombre de candidats à gauche commence à ressembler au métro aux heures de pointe », regrettait-elle récemment.

Mais ses partenaires ne sont pas dupes. « Bien sûr qu’elle veut y aller », souffle un député socialiste, tandis que Manuel Bompard, coordinateur de LFI, estime « qu’il y a une part de positionnement tactique chez Marine Tondelier dans son rôle de trait d’union de la gauche ».

Dernière étape du congrès, un nouveau vote est prévu du 24 au 26 pour désigner la dernière partie du conseil fédéral, avant une « convention d’investiture » le 26 à Pantin.

Marine Tondelier devrait y poser des jalons sur sa stratégie pour les municipales et la présidentielle. Elle a d’ailleurs expliqué qu’elle n’était « pas contre » une primaire pour 2027, mais que la question était « prématurée ».

Gaza : Les États-Unis conditionnent l’entrée de l’aide humanitaire à un accord, cautionnant une méthode interdite par le droit international

Alors que la bande de Gaza est plongée dans une crise humanitaire sans précédent, le nouvel ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a provoqué l’indignation en liant l’entrée de l’aide humanitaire à la signature d’un accord par le Hamas. Une position largement critiquée, qui revient à faire pression sur les civils palestiniens affamés, au lieu de dénoncer les entraves imposées par Israël à l’acheminement de l’aide.

« Nous appelons le Hamas à signer un accord afin que l’aide humanitaire puisse entrer dans Gaza pour ceux qui en ont désespérément besoin », a déclaré Mike Huckabee dans une vidéo publiée sur le réseau X. Une déclaration qui soulève de vives critiques, alors que l’accès à la nourriture pour les civils en temps de guerre est protégé par la quatrième Convention de Genève de 1949. Le recours à la famine comme méthode de guerre est qualifié de crime de guerre par le droit international.

Une famine orchestrée et documentée

Des organisations comme Human Rights Watch ont dénoncé à plusieurs reprises les propos de responsables israéliens évoquant leur intention de priver les civils de Gaza de nourriture, d’eau et de carburant, dans le but de faire pression sur le Hamas. Des actes qualifiés de méthodes de guerre illégales par les ONG de défense des droits humains.

Depuis la suspension par Israël de l’entrée de l’aide humanitaire le 2 mars, la situation sur le terrain est devenue alarmante. Les 2,4 millions d’habitants de Gaza font face à une famine aiguë. Des témoignages récents font état de civils contraints de se nourrir de viande de tortue, d’aliments pour animaux, d’herbe, ou encore de boire des eaux usées, faute d’accès à de la nourriture et à de l’eau potable.

Une pression déplacée selon les défenseurs des droits

Plutôt que d’exiger la levée immédiate du blocus humanitaire, les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur, conditionnent l’aide à des considérations politiques. Une position perçue par de nombreux observateurs comme une caution implicite aux privations imposées aux civils, et une complicité dans un crime de guerre en cours.

Les voix se multiplient pour appeler Washington à revoir sa position et à respecter ses obligations en matière de droit humanitaire international, en exigeant l’accès immédiat, sans condition, de l’aide humanitaire à Gaza.

Corée du Sud : des manifestants handicapés expulsés de force d’une station de métro à Séoul

Ce mardi matin, à Séoul, des militants pour les droits des personnes en situation de handicap ont été expulsés par la force de la station de métro Hyehwa, avant même d’avoir pu entamer leur action de protestation prévue. Le groupe, membre de l’organisation Solidarité contre la discrimination des handicapés (SADD), entendait organiser pour le deuxième jour consécutif une manifestation baptisée « embarquement dans le métro » afin de revendiquer une meilleure prise en charge budgétaire pour les personnes handicapées et défendre leur droit fondamental à la mobilité.

Une expulsion rapide et controversée

Les manifestants avaient prévu de se rassembler à partir de 8 heures à la station Hyehwa sur la ligne 4. Cependant, Seoul Metro, l’opérateur des lignes 1 à 8 du métro de la capitale sud-coréenne, leur a bloqué l’accès, invoquant la loi sur la sécurité des chemins de fer. L’entreprise a ordonné l’évacuation immédiate des activistes, qui ont refusé de se soumettre à cette injonction. À 8h16, des agents de sécurité sont intervenus et ont procédé à leur expulsion.

Blessures et poursuites en justice

Certains militants, après avoir été expulsés, ont poursuivi leur rassemblement à proximité de l’hôpital de l’université nationale de Séoul. Lee Hyung-sook, coprésidente de la SADD, a déclaré son intention de poursuivre Seoul Metro en justice, affirmant avoir été blessée à l’épaule lors de l’intervention et que son fauteuil roulant a été endommagé durant l’accrochage.

Des actions répétées, la ville menace de sanctions

La veille, les militants avaient déjà perturbé la station Hyehwa en montant et descendant lentement des rames de métro, causant des retards importants pendant l’heure de pointe. Face à ces actions répétées, la mairie de Séoul a annoncé qu’elle envisageait de prendre des « mesures fermes » contre toute action jugée illégale.

Des plaintes pénales pour entrave à l’activité commerciale pourraient être déposées, et des poursuites civiles engagées pour demander réparation des dommages causés.

Décès du pape François : la cause de sa mort et les détails de ses funérailles révélés

Le Vatican a annoncé ce mardi 22 avril 2025 le décès du pape François, survenu la veille à l’âge de 88 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral. Les autorités religieuses ont également précisé les modalités de ses funérailles ainsi que le lieu de son inhumation, conformément à ses dernières volontés.

Un AVC foudroyant suivi d’une défaillance cardiaque

Le Saint-Siège a indiqué que le pape François a été victime d’un AVC, entraînant un coma et une défaillance cardiocirculatoire irréversible. Ce décès intervient après une période de santé fragile : le souverain pontife avait été hospitalisé entre février et mars en raison d’une double pneumonie, sa quatrième et plus longue hospitalisation depuis le début de son pontificat en 2013.

Malgré un état très affaibli, il était apparu au balcon de la basilique Saint-Pierre pour la messe de Pâques, ce dimanche 20 avril, dans ce qui restera sa dernière apparition publique.

Funérailles prévues samedi à la basilique Saint-Pierre

Les funérailles du pape François auront lieu le samedi 26 avril à 10 heures (heure de Paris) dans la basilique Saint-Pierre, cœur spirituel de l’Église catholique. En revanche, contrairement à la tradition qui veut que les papes soient inhumés dans les grottes vaticanes, François sera enterré dans la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, un lieu marial qu’il affectionnait profondément.

Cette décision répond à son souhait personnel, exprimé de son vivant, de reposer dans cette basilique emblématique.

Présence attendue de nombreux dirigeants mondiaux

De nombreuses personnalités internationales ont confirmé leur venue pour rendre hommage au pape disparu. Parmi elles :

•Emmanuel Macron, président de la République française
•Donald Trump, président des États-Unis
•Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Une affluence massive de fidèles est également attendue dans la capitale italienne, où des dispositifs de sécurité exceptionnels seront mis en place autour du Vatican et de la basilique Sainte-Marie-Majeure.

Vers un conclave pour désigner son successeur

Après les funérailles, les 135 cardinaux-électeurs se réuniront au Vatican pour élire le successeur du pape François. La date précise du conclave n’a pas encore été arrêtée, mais selon la constitution apostolique, il doit être convoqué entre 15 et 20 jours après la mort du pape.

Cette nouvelle élection interviendra dans un contexte mondial complexe, où l’Église catholique est appelée à poursuivre les réformes initiées par François sur des thèmes aussi sensibles que la pauvreté, l’écologie, l’accueil des migrants ou encore les abus dans l’Église.

Burkina Faso : une tentative de coup d’État déjouée, un complot dénoncé avec des ramifications jusqu’à Abidjan

Le gouvernement burkinabè a annoncé avoir mis en échec une tentative de déstabilisation majeure visant les institutions de l’État. Selon le ministre de la Sécurité, les services de renseignement ont déjoué un complot orchestré par des militaires déserteurs, appuyés par des complices à l’intérieur du pays et opérant depuis l’étranger, notamment depuis Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Un assaut planifié contre la présidence

D’après les autorités de Ouagadougou, les conspirateurs avaient prévu de lancer un assaut contre le palais présidentiel le 16 avril 2025. Le plan prévoyait la mobilisation de responsables religieux et coutumiers pour tenter de rallier certains officiers à leur cause. Mais le projet a été dénoncé par d’autres militaires et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ce qui a permis aux autorités d’intervenir à temps.

Un réseau actif entre l’armée et les groupes terroristes

Le complot aurait été mis au jour à la suite de l’interception de communications entre un officier burkinabè et des chefs terroristes. Ces échanges ont révélé l’existence d’un réseau de trahison visant à semer le chaos total dans le pays pour ensuite justifier une mise sous tutelle du Burkina Faso par une organisation internationale, a indiqué le ministre de la Sécurité.

L’un des principaux accusés est l’officier Abdramane Barry, en poste au bataillon de la justice militaire, soupçonné d’avoir transmis des informations sensibles aux groupes armés. Il aurait livré des détails sur les positions des forces de sécurité intérieure, des VDP et sur les opérations militaires en cours, dans le but de favoriser des attaques et provoquer une révolte populaire contre le pouvoir en place.

Des cerveaux du complot en fuite en Côte d’Ivoire

Bien que plusieurs officiers aient été interpellés, certains sont en fuite, notamment vers la Côte d’Ivoire, qui serait, selon les autorités burkinabè, le centre névralgique du complot. Le ministre de la Sécurité affirme que « tous les cerveaux en fuite hors du pays sont repérés en Côte d’Ivoire, y compris Abdramane Barry », et que le complot « se poursuit activement depuis leur centre des opérations à Abidjan ».

Une menace persistante contre la stabilité du pays

Le commissaire Mahamadou Sana, en charge du dossier, a confirmé que l’alerte a été donnée par des membres loyaux des forces armées et des VDP. Les autorités assurent que l’enquête se poursuit et que toutes les pistes sont explorées pour neutraliser les complices encore en liberté. Le gouvernement burkinabè appelle à la vigilance et au soutien de la population face à ce qu’il qualifie de tentative coordonnée de subversion.

France : Nouvelles Vague d’attaques contre l’administration pénitentiaire – incendies, intimidations et drones au-dessus des prisons

Dans la nuit de lundi à mardi, plusieurs établissements pénitentiaires ont de nouveau été la cible d’attaques coordonnées en France. Les incidents se sont multipliés à Caen, dans l’Isère, à Fresnes, dans l’Oise, ainsi que dans d’autres zones du pays. Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes visant le milieu carcéral depuis plus d’une semaine.

Incendie criminel à Caen : cinq véhicules détruits

Vers 3 heures du matin, à Caen (Calvados), cinq véhicules appartenant à l’administration ont été incendiés sur le site du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). L’incendie a commencé sur un parking clos, où une voiture a été ciblée. Le feu s’est ensuite propagé à quatre autres, détruites, tandis qu’un cinquième véhicule a été partiellement brûlé. Aucun tag ni dégradation supplémentaire n’a été relevé sur place. Selon le parquet de Caen, aucune interpellation n’a eu lieu à ce stade, mais une enquête est en cours.

Tentative d’attaque déjouée en Isère

Dans l’Isère, une tentative d’attaque a été déjouée près de la maison d’arrêt de Varces-Allières-et-Risset. Trois individus, dont un mineur sous contrôle judiciaire, ont été contrôlés de nuit avec un jerrican de 10 litres d’essence. Le conducteur a affirmé vouloir faire le plein d’un scooter à acheter. Le mineur, ne respectant pas son obligation de rester à domicile entre 20 h et 7 h, a été placé en retenue judiciaire. Une enquête est également ouverte, selon le parquet de Grenoble.

Intimidation d’un surveillant à Fresnes

Un agent pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne) a été intimidé en quittant son service. Un véhicule transportant cinq individus a freiné brusquement devant lui, l’un des passagers lui lançant : « Surveillant, surveillant, tu as peur maintenant », tandis qu’un autre filmait la scène. L’agent a reconnu l’un des auteurs, ancien détenu de la maison d’arrêt de Fresnes. Des rondes policières ont été organisées autour de son domicile.

Voiture taguée dans l’Oise

Dans la commune de Mouy (Oise), le véhicule personnel d’un surveillant du centre pénitentiaire de Liancourt a été tagué avec l’inscription « DDPF » (Défense des prisonniers français). Le procureur de Beauvais, Frédéric Trinh, a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Drones repérés au-dessus de plusieurs prisons

Selon la gendarmerie, des drones ont survolé plusieurs établissements pénitentiaires tôt ce mardi matin, notamment à Lutterbach (Haut-Rhin), Lannemezan (Hautes-Pyrénées) et Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Aucune intrusion n’a été signalée, mais ces survols inquiètent les autorités.

Réactions officielles et syndicales

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a salué « la mobilisation et la vigilance des agents pénitentiaires, comme des forces de l’ordre », après que certaines attaques aient pu être dissuadées à temps.

Le syndicat FO Justice a réagi avec fermeté : « Ces actes ciblent une nouvelle fois les personnels de la Justice, qui œuvrent chaque jour avec engagement au service de la sécurité et de la réinsertion. » FO exige « des mesures de protection renforcées » et apporte son soutien total aux collègues du SPIP de Caen.

Un climat de menaces persistantes

Ces événements interviennent dans un contexte de violences répétées contre l’institution pénitentiaire. La veille, deux centres de détention avaient été visés dans le Rhône, et le domicile d’une agente pénitentiaire attaqué dans l’Isère. En mars 2024, plusieurs voitures d’employés de la prison de Beauvais avaient également été brûlées. Le slogan “DDPF” revient fréquemment sur les lieux des incidents, laissant penser à une campagne coordonnée de pression sur les institutions.