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Corée du Nord : Pyongyang informe l’ONU de nouveaux travaux dans la zone démilitarisée

La Corée du Nord a officiellement informé le Commandement des Nations unies (UNC), dirigé par les États-Unis, de son intention de reprendre des travaux de fortification à l’intérieur de la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées. Une annonce inhabituelle qui suscite autant d’inquiétudes que de spéculations sur les intentions réelles de Pyongyang.

C’est le quotidien sud-coréen Dong-A Ilbo qui a révélé en premier cette communication rare de l’armée nord-coréenne à l’UNC, datant de mercredi dernier. Le régime de Kim Jong-un a indiqué qu’il s’apprêtait à ériger de nouvelles barrières et à réinstaller des grillages barbelés le long de la Ligne de démarcation militaire (MDL), dans la portion nord de la DMZ. Ces constructions reprendraient les installations entamées l’année dernière, qui avaient été temporairement interrompues durant l’hiver.

Un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense a confirmé cette information ce lundi. De son côté, un responsable de l’UNC a refusé tout commentaire sur les échanges avec l’armée nord-coréenne.

Une reprise des fortifications militaires

Pyongyang avait déjà entamé des travaux similaires en avril 2023, mobilisant plusieurs milliers de soldats pour renforcer les grillages, ériger des murailles antitanks et densifier la militarisation de la ligne de front. Après une pause hivernale, les activités avaient repris au printemps, et viennent de redémarrer à la fin de la semaine dernière.

L’armée sud-coréenne a observé la présence d’environ 1 000 personnes réparties sur cinq à six sites, un chiffre inférieur aux 5 000 mobilisés l’an passé sur une dizaine d’emplacements. Ces mouvements font l’objet d’une surveillance renforcée par Séoul.

« Notre armée surveille de près les activités militaires nord-coréennes et répondra conformément aux principes en cas de violation de la MDL », a averti le colonel Lee Sung-jun, porte-parole du Comité des chefs d’état-major interarmées sud-coréen (JCS).

Une notification inédite, aux allures de message politique

Le fait que la Corée du Nord ait cette fois notifié l’UNC constitue une première, alors que des épisodes précédents de franchissements accidentels de la MDL avaient déjà provoqué des tirs de semonce sud-coréens. Pyongyang n’avait, jusqu’ici, jamais pris la peine de prévenir de ses actions sur cette ligne de tension, à l’exception notable d’octobre dernier lorsqu’il avait détruit certaines infrastructures routières et ferroviaires reliant les deux pays.

Cette démarche soulève des interrogations : s’agit-il d’une simple manœuvre tactique ou d’un signal politique ? Depuis fin 2023, Kim Jong-un a clairement affirmé vouloir traiter la Corée du Sud comme un “État hostile”, rompant avec la doctrine du rapprochement intercoréen. Pourtant, cette notification formelle pourrait aussi être interprétée comme un geste d’ouverture, notamment en direction du nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung, arrivé au pouvoir début juin avec une volonté affichée de détente et de dialogue.

Vers un apaisement ou une nouvelle escalade ?

Du côté sud-coréen, la prudence reste de mise. Le ministère de la Défense a reconnu qu’il était difficile d’interpréter clairement les intentions nord-coréennes, mais a aussi souligné que ce message pouvait constituer un signal significatif en faveur d’un éventuel réchauffement des relations.

L’UNC a rappelé, pour sa part, que la notification préalable de telles activités dans la DMZ permet généralement de réduire les risques de malentendus et de désescalade accidentelle.

Dans un contexte où la péninsule coréenne reste l’un des foyers de tension les plus explosifs de la planète, ce geste nord-coréen, bien que modeste, pourrait marquer un point d’inflexion dans la dynamique intercoréenne — à condition qu’il soit suivi d’initiatives concrètes.

Irlande du Nord : tensions racistes et violences ciblent la communauté rom

Des violences à caractère raciste ont éclaté ces derniers jours dans plusieurs villes d’Irlande du Nord, visant des familles roms installées localement. Ces émeutes rappellent la fragilité du vivre-ensemble dans une région marquée par une histoire de conflits communautaires.

Des barricades érigées dans la nuit, des cocktails Molotov jetés contre des habitations, des familles contraintes de fuir sous la menace : Ballymena, Belfast et Londonderry, trois villes d’Irlande du Nord, ont été récemment le théâtre d’épisodes de violence ciblée contre la communauté rom. Si les incidents ne sont pas massifs, leur caractère répétitif et clairement raciste inquiète les autorités locales comme les organisations de défense des droits humains.

La minorité rom d’Irlande du Nord principalement originaire d’Europe de l’Est vit dans une précarité structurelle, souvent reléguée en périphérie des villes. Déjà confrontée à la stigmatisation, elle est désormais visée par des attaques directes, notamment à Ballymena, où plusieurs familles ont été contraintes de quitter leur logement. Des vidéos montrent des jeunes cagoulés ériger des barricades et proférer des menaces, tandis que d’autres s’attaquent à des véhicules appartenant à des résidents roms.

Les incidents survenus à Belfast et Londonderry suivent un schéma similaire. À chaque fois, les autorités tardent à intervenir, et les victimes expriment un sentiment d’abandon. Ce climat d’intimidation résonne comme un avertissement : la xénophobie, loin d’être un phénomène marginal, s’inscrit désormais dans une logique de violence organisée.

Si l’Irlande du Nord a connu une paix relative depuis les accords du Vendredi saint en 1998, les tensions intercommunautaires entre loyalistes unionistes (majoritairement protestants) et républicains nationalistes (majoritairement catholiques) continuent d’imprégner le tissu social. Le rejet de l’Autre y trouve un écho, y compris contre des populations extérieures au conflit historique.

Dans certaines zones urbaines, des groupes paramilitaires issus de ces deux camps continuent d’exister sous des formes diffuses. Ils instrumentalisent parfois la colère sociale, le chômage et les inégalités pour relancer une dynamique de bouc-émissaire. Dans ce contexte, les Roms, perçus comme étrangers, pauvres et sans défense, deviennent des cibles faciles.

La police nord-irlandaise (PSNI) a dénoncé ces attaques et lancé des enquêtes, sans annoncer pour l’instant de mise en accusation formelle. Le Conseil des droits de l’homme d’Irlande du Nord, ainsi que plusieurs associations comme PPR (Participation and the Practice of Rights), ont rappelé les obligations légales du gouvernement britannique en matière de protection des minorités.

Mais pour les observateurs, ces réponses restent insuffisantes. « Il ne suffit pas de condamner. Il faut agir en profondeur contre les discours de haine, et garantir une vraie intégration », résume un rapport de The Detail, média local d’investigation.

Au-delà de la haine ethnique, ces violences révèlent aussi une crise sociale plus large. Le Royaume-Uni, et l’Irlande du Nord en particulier, font face à une inflation persistante, à une crise du logement et à une désindustrialisation ancienne qui touche les milieux populaires. Dans ce paysage tendu, la présence de populations perçues comme bénéficiaires d’aides ou de logements sociaux suscite des réactions de rejet, souvent attisées par des rumeurs ou des campagnes de désinformation en ligne.

Alors que l’Union européenne s’est dotée d’un plan d’inclusion des Roms pour la décennie 2020–2030, la situation en Irlande du Nord montre les limites de son application dans les territoires post-Brexit. L’absence de cadre contraignant, l’affaiblissement des mécanismes de coopération judiciaire et sociale entre Bruxelles et Londres rendent plus difficile la lutte coordonnée contre les discriminations.

Les émeutes racistes contre les familles roms en Irlande du Nord ne sont pas un fait divers isolé. Elles s’inscrivent dans un climat de tensions identitaires, d’insécurité sociale et de relents nationalistes, alimentés parfois par des groupes extrémistes agissant en toute impunité. Ces événements rappellent que la paix ne suffit pas à garantir le vivre-ensemble. Elle doit s’accompagner d’une vigilance constante contre toutes les formes d’exclusion.

Crise dans l’Est de la RDC : victoire historique contre le Rwanda devant la Cour africaine, l’ONU contrainte de suspendre son enquête pour faute de financement

Kinshasa remporte une première victoire diplomatique et judiciaire face à Kigali devant la Cour africaine des droits de l’homme. Mais dans le même temps, les Nations unies annoncent une interruption de leur mission d’enquête sur les crimes commis dans l’est de la RDC, faute de moyens financiers.

Une décision inédite de la Cour africaine : la RDC autorisée à poursuivre le Rwanda

Dans un arrêt rendu le 26 juin 2025, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), basée à Arusha (Tanzanie), s’est déclarée compétente pour examiner la plainte de la République démocratique du Congo (RDC) contre le Rwanda. Il s’agit de la première fois que cette juridiction accepte de se prononcer sur un litige entre deux États membres de l’Union africaine.

Déposée en 2023 par Kinshasa, la plainte accuse Kigali de violations graves et systématiques des droits humains dans l’est de la RDC, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces exactions sont liées à la présence et aux actions du groupe armé M23, que les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir militairement et logistiquement.

Les faits dénoncés incluent :
• la traite des êtres humains,
• des exécutions sommaires,
• des tortures et traitements inhumains,
• la destruction d’infrastructures civiles,
• et le déplacement massif de populations.

La Cour balaie les objections de Kigali

Lors de la deuxième audience du 13 février 2025, la défense rwandaise avait tenté de faire invalider la procédure, contestant la compétence de la Cour et la qualité des preuves présentées. Elle affirmait notamment que :
• les recours internes n’avaient pas été épuisés,
• certaines sources s’appuyaient sur des articles de presse non vérifiés.

Mais ces arguments ont été rejetés en bloc. Selon le juge doyen Rafaa Ben Achour :

« La Cour rejette l’exception d’incompétence soulevée par la partie défenderesse et se déclare compétente pour connaître de cette affaire. »

Cette décision constitue une victoire diplomatique majeure pour Kinshasa. Bien que la date de l’audience sur le fond n’ait pas encore été fixée, l’État congolais, représenté par Me Samuel Mbemba (aujourd’hui ministre de la Justice par intérim), s’est dit confiant quant à une future condamnation du Rwanda.

Une victoire judiciaire… mais une paralysie onusienne

Dans un contraste saisissant, la même semaine, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a annoncé la suspension d’une mission d’enquête cruciale sur les crimes commis dans l’est de la RDC.

Lancée en février 2025, cette mission avait été établie à la suite d’une résolution urgente du Conseil des droits de l’homme. Elle visait à :
• « recueillir, rassembler et analyser » les preuves d’exactions commises depuis janvier 2022,
• et établir les responsabilités des acteurs impliqués.

La mission avait déjà recueilli des témoignages significatifs en RDC, au Rwanda, au Burundi, et auprès de réfugiés dans d’autres pays. Mais faute de moyens, l’enquête est désormais à l’arrêt.

Une crise budgétaire sans précédent pour l’ONU

Dans un courrier interne consulté par l’agence Reuters, le Haut-Commissaire Volker Türk annonce que la mission ne pourra pas être mise en place “jusqu’à ce que – et à moins que – les fonds soient disponibles”.

La raison ? Une baisse drastique des contributions volontaires, qui se chiffre à 60 millions de dollars en moins par rapport à 2024. Cette chute brutale est notamment due à l’arrêt complet du financement américain, effectif depuis le 31 mai 2025. L’an dernier, les États-Unis avaient pourtant versé 36 millions de dollars, faisant d’eux le principal bailleur du HCDH.

« Les baisses de financement de notre bureau ne font que renforcer les régimes autoritaires », a averti Volker Türk, déplorant un climat international de plus en plus hostile aux droits humains.

Un employé de l’ONU en RDC, cité anonymement, parle d’une situation « très inquiétante ». Le Haut-Commissariat, dans un message adressé à RFI, a exprimé ses regrets et assuré que les travaux reprendront dès que le financement sera rétabli.

Entre avancée diplomatique et recul opérationnel

Pour la RDC, ces deux annonces envoyées à quelques jours d’intervalle illustrent la complexité de la situation :
• D’un côté, la reconnaissance par la CADHP de la recevabilité de sa plainte contre Kigali est un précédent historique, porteur d’espoir pour les victimes.
• De l’autre, l’arrêt brutal de l’enquête de l’ONU ralentit le recueil des preuves, au moment même où des mécanismes judiciaires pourraient s’en emparer.

Les autorités congolaises ont réitéré leur appel à la solidarité internationale, espérant que la reconnaissance par une cour continentale de la gravité du conflit à l’Est incitera les États membres à relancer le financement des mécanismes de justice internationale.

La décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ouvre un nouveau chapitre dans le long combat de la RDC contre l’impunité des crimes dans sa partie orientale. Mais le gel de la mission d’enquête de l’ONU rappelle que sans moyens financiers, aucune justice internationale n’est véritablement possible.

Alors que la guerre continue de ravager les régions du Kivu, la justice reste suspendue entre victoire symbolique et paralysie matérielle. Pour les millions de civils affectés, l’espoir d’une vérité reconnue et d’une réparation effective demeure, mais le chemin reste semé d’embûches.

Iran – Israël : en Cisjordanie des colons attaquent des soldats israéliens, Paris, Berlin et Londres unis contre les menaces iraniennes contre Rafael Grossi (AIEA), etc… ( point du 30 juin)

Le conflit entre Israël et l’Iran continue de secouer le Moyen-Orient, avec des répercussions directes tant sur la scène internationale qu’au sein même de la société israélienne. Alors que les tensions militaires persistent, un épisode inédit s’est produit en Cisjordanie occupée, où des colons israéliens ont attaqué des soldats de leur propre armée. En parallèle, Paris, Berlin et Londres condamnent fermement les menaces visant le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et le bilan humain des frappes iraniennes sur Israël continue de s’alourdir avec 28 morts recensés. Voici le point complet.

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Willy Chavarría crée la controverse à la semaine de la mode de Paris en mettant en scène les détenus du Salvador

Un défilé du créateur Willy Chavarría, présenté lors de la semaine de la mode à Paris, a provoqué une vive réaction du gouvernement salvadorien. Mettant en scène des mannequins inspirés des détenus d’une prison de haute sécurité du Salvador, l’événement est accusé de « glorifier » des criminels responsables de décennies de violence. L’affaire illustre les tensions entre expression artistique, mémoire collective et justice pénale.

La mode, espace de création par excellence, peut-elle tout dire, tout représenter ? C’est la question soulevée par le défilé du styliste américano-mexicain Willy Chavarría, organisé à Paris lors de la semaine de la mode printemps-été 2026. Le créateur y a mis en scène une collection radicalement politique : des mannequins au crâne rasé, vêtus de tenues blanches, agenouillés ou marchant en file, évoquant visiblement les images marquantes du Centro de Confinamiento del Terrorismo (CECOT), la prison de haute sécurité construite par le gouvernement salvadorien pour y enfermer des membres présumés de gangs. Ce choix esthétique a immédiatement suscité la colère des autorités de San Salvador.

Willy Chavarría, dont le travail interroge depuis plusieurs années les stéréotypes liés à la masculinité, à l’identité et à la marginalité, a revendiqué un message clair : dénoncer la déshumanisation des migrants originaires d’Amérique centrale, fréquemment accusés d’appartenir à des gangs et expulsés des États-Unis d’Amérique sans procédure équitable. Le styliste a expliqué s’être inspiré de la manière dont ces jeunes sont arrêtés, enfermés, parfois exhibés comme des trophées dans les prisons de masse de leur pays d’origine.

Mais dans ce jeu de représentation, la frontière entre dénonciation et provocation s’est révélée particulièrement fine.

C’est sur X (ex-Twitter) que Nayib Bukele, président du Salvador, a d’abord réagi. Moqueur, il a proposé d’« envoyer ces criminels en France » si le gouvernement français était prêt à les accueillir. Au-delà de la formule sarcastique, l’exécutif salvadorien accuse la semaine de la mode parisienne d’avoir « glorifié des individus responsables d’innombrables morts, disparitions, extorsions et destructions de familles entières ». Le porte-parole du gouvernement a évoqué une insulte à la mémoire des victimes des gangs salvadoriens.

Cette dénonciation ne se comprend pleinement qu’en replaçant l’événement dans le contexte politique du pays : depuis mars 2022, Nayib Bukele mène une politique de sécurité extrêmement offensive. Sous un régime d’exception renouvelé depuis plus de deux ans, plus de 86 000 personnes ont été arrêtées, souvent sur simple soupçon d’appartenance à un gang. Si le taux d’homicide a fortement chuté, les organisations de défense des droits humains dénoncent des arrestations arbitraires, des décès en détention et une justice d’exception. Le Cecot, la prison évoquée dans le défilé, est le symbole même de cette lutte à la fois saluée pour son efficacité et critiquée pour ses dérives.

Le cas Chavarría met en lumière un dilemme profond : comment concilier engagement artistique et respect des sensibilités collectives ? Si l’intention du créateur était de dénoncer l’inhumanité de certaines politiques migratoires, la forme adoptée très proche de l’imagerie carcérale officielle salvadorienne a suscité un effet inverse. Elle a ravivé chez certains Salvadoriens le traumatisme des années de violence, où les gangs faisaient régner la terreur dans les quartiers populaires.

Ce malaise souligne l’ambiguïté d’une scène artistique mondialisée qui, parfois, instrumentalise des souffrances locales sans véritable ancrage dans leur complexité historique. Le paradoxe est d’autant plus flagrant que le défilé, présenté à Paris devant un public international, s’est tenu sans consultation ni dialogue avec les sociétés directement concernées.

Au-delà du Salvador, cette controverse met en lumière les failles d’une mondialisation culturelle où l’esthétique des périphéries est souvent recyclée sans considération pour son enracinement politique. Alors que la mode contemporaine se veut de plus en plus consciente, éthique et engagée, elle court aussi le risque d’une superficialité militante, où la provocation prend le pas sur l’intelligence du réel.

En cela, le défilé de Willy Chavarría, et les réactions qu’il a suscitées, posent une question cruciale : peut-on dénoncer la violence sans la représenter au risque de la magnifier ? Et qui a légitimité à parler, au nom de qui et de quoi ?

Encadré – CECOT, la prison aux deux visages

  • Inauguré en 2023, le Centro de Confinamiento del Terrorisme est présenté comme la plus grande prison d’Amérique latine.
  • Construit pour accueillir jusqu’à 40 000 détenus, il symbolise la stratégie de tolérance zéro menée par Bukele contre les maras.
  • Les images de prisonniers en slip, alignés au sol, les mains sur la nuque, ont circulé largement sur les réseaux sociaux et dans la presse mondiale.
  • Ce dispositif, encensé par une partie de la population salvadorienne épuisée par l’insécurité, est aussi critiqué pour son opacité et les violations des droits fondamentaux.

Incendie d’une agence Orpi à Marseille après l’incitation à la haine de la part de Rima Hassan, des élus en colère

L’affaire Rima Hassan, eurodéputée du parti fasciste d’extrême-gauche, « La France insoumise » (LFI), prend une tournure dramatique. Après une agression verbale visant l’élue devant une agence Orpi à Paris, c’est à Marseille qu’un nouveau rebondissement a eu lieu : dans la nuit du 27 au 28 juin, une agence du réseau immobilier Orpi a été la cible d’un incendie. Une escalade des tensions qui fait réagir jusque dans les rangs politiques locaux, alors que la députée est accusée d’alimenter – à juste titre – un climat de haine.

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Serbie: Des manifestants dans la rue réclament une élection anticipée

La police serbe a utilisé du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes contre des manifestants qui se trouvaient dans le centre-ville de Belgrade, où 140.000 personnes étaient rassemblées samedi pour demander des élections anticipées

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Hong-Kong : un des derniers partis d’opposition annonce sa dissolution.

La Ligue des Sociaux-Démocrates (LSD), l’un des derniers partis d’opposition encore actifs à Hong Kong après cinq années de répression politique menée par Pékin, a annoncé, vendredi 28 juin, sa prochaine dissolution.

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Solitude, fléau silencieux mondial : l’OMS alerte sur une crise de santé publique sous-estimée

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ce 30 juin un rapport inédit sur les conséquences sanitaires, sociales et économiques de la solitude et de l’isolement social. Loin d’un simple malaise affectif, cette réalité toucherait une personne sur six dans le monde et serait associée à un risque accru de décès prématuré, de troubles mentaux et de pathologies chroniques. En chiffres, ce fléau serait impliqué dans plus de 871 000 décès chaque année, toutes causes confondues.

À travers cette alerte, l’OMS appelle les États et les institutions internationales à reconnaître la connexion sociale comme un déterminant de santé à part entière, et à structurer des politiques publiques visant à reconstruire les liens humains.

Contrairement à d’autres fléaux plus médiatisés, la solitude n’est ni spectaculaire ni bruyante. Elle ronge en silence. Selon les données compilées dans le rapport, elle n’épargne aucun continent, bien qu’elle prenne des formes variées. Dans les sociétés dites « développées », elle frappe massivement les personnes âgées, mais aussi les jeunes adultes, particulièrement depuis la pandémie de COVID-19. Dans les pays du Sud, l’exode rural, la précarisation des liens communautaires et la digitalisation rapide contribuent à un isolement social croissant, souvent invisible dans les indicateurs de santé.

L’OMS distingue deux formes de solitude : celle qui résulte d’un isolement social objectif (manque de contacts), et celle qui provient d’un sentiment subjectif d’abandon ou de déconnexion. Les deux sont pathogènes. Elles augmentent les risques de dépression, de maladies cardiovasculaires, de démence et affaiblissent l’immunité. Le risque de décès prématuré chez une personne socialement isolée est comparable à celui encouru par un fumeur régulier.

Le rapport souligne que la solitude n’est pas uniquement une affaire de psychologie individuelle. Elle reflète une évolution profonde des sociétés humaines : atomisation des structures familiales, mobilité professionnelle accrue, substitution des interactions physiques par les connexions numériques. Le repli sur soi devient une norme tolérée, parfois encouragée, au nom de l’autonomie ou de la performance.

Dans ce cadre, l’OMS insiste sur la nécessité de réintégrer la dimension relationnelle dans les politiques publiques. Les États sont appelés à reconnaître la « santé relationnelle » comme un bien commun, au même titre que l’environnement ou l’accès aux soins. Elle plaide pour des investissements ciblés dans les infrastructures communautaires, les dispositifs intergénérationnels, les politiques culturelles ou encore les technologies favorisant les interactions humaines plutôt que l’isolement.

L’OMS invite à dépasser la logique de responsabilisation individuelle. La lutte contre la solitude ne peut être laissée aux seules initiatives personnelles ou à la bonne volonté des familles. Elle exige une stratégie collective, fondée sur une compréhension fine des dynamiques sociales contemporaines. Il s’agit, selon le rapport, de bâtir une « architecture sociale du lien », à rebours des tendances à l’ultra-individualisme et à l’hyperconnectivité déshumanisée.

Certaines initiatives sont citées en exemple : au Japon, des municipalités rémunèrent des « agents de lien social » pour accompagner les personnes âgées ; en Uruguay, des programmes publics intègrent la sociabilité dans les protocoles de santé mentale ; au Rwanda, des rituels communautaires traditionnels sont réinvestis pour renforcer les liens intergénérationnels.

L’appel de l’OMS n’est pas seulement humanitaire : il est stratégique. Dans un monde polarisé, où les sociétés sont fragilisées par les crises économiques, climatiques et identitaires, la déliaison sociale constitue une menace à la fois sanitaire, démocratique et sécuritaire. La solitude massive nourrit la défiance, la radicalisation et la perte de sens.

Ainsi, ce rapport pourrait marquer un tournant si les décideurs s’en saisissent réellement. En reconnaissant la solitude comme un enjeu mondial de santé publique, l’OMS met en lumière une crise civilisationnelle, que la technologie seule ne pourra résoudre.

En somme, la solitude n’est plus seulement une affaire de cœurs blessés. Elle est désormais une question de santé mondiale, de cohésion sociale et d’équilibre des sociétés humaines. Si elle continue à être ignorée, elle s’imposera comme l’un des grands défis invisibles du XXIe siècle.

Sources principales :

  • Rapport OMS 30 juin 2025
  • Synthèse par The Guardian – 30/06/2025
  • Étude The Lancet sur les effets de l’isolement – 2023

Guinée Conakry : le mandat présidentiel va passer de 5 à 7 ans, le président du Conseil National de Transition explique les enjeux de cette modification

La durée du mandat présidentiel a fait l’objet de débat ce dimanche 29 juin 2025. l’occasion d’une conférence de presse, le président du Conseil National de la Transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, a révélé que le projet de nouvelle Constitution récemment remis au président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, prévoit un mandat présidentiel de sept (7) ans, contre cinq actuellement. 

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