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Donald Trump va promulguer sa loi budgétaire « Big Beautiful Bill » pour la fête nationale

Donald Trump signera ce vendredi sa loi budgétaire baptisée “Big Beautiful Bill”, adoptée la veille au Congrès par 218 voix contre 214. Il s’agit de sa première grande victoire législative depuis son retour à la Maison Blanche, qu’il compte célébrer en grande pompe à l’occasion de la fête nationale américaine. Au programme des festivités : un feu d’artifice spectaculaire et le survol d’un bombardier B-2, utilisé lors des récentes opérations militaires en Iran.(Source : AFP).

Le président américain va promulguer sa loi budgétaire en grande pompe vendredi 4 juillet à l’occasion de la fête nationale, avec feux d’artifice et parade aérienne d’un bombardier furtif B-2, le type d’avion utilisé lors des raids en Iran.

Le dirigeant américain avais mis la pression sur les élus républicains pour que le Congrès adopte sa « grande et belle loi », comme il l’a baptisée, avant le 4 juillet. La loi a été définitivement votée jeudi, juste à temps.

Jamais avare de mises en scène spectaculaires, le milliardaire américain va maintenant associer sa victoire législative, pièce maîtresse du programme de son second mandat, à une grande fête à la Maison Blanche pour célébrer les 249 ans de l’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne.

Donald Trump a annoncé qu’une cérémonie de signature se tiendrait à la Maison Blanche à partir de 16 h locales (20 h GMT), en présence des parlementaires.

« Le début de notre nouvel âge d’or »

« Ensemble, nous célébrerons l’indépendance de notre nation et le début de notre nouvel âge d’or », a-t-il lancé sur son réseau Truth Social jeudi.

L’adoption du projet de loi est le dernier d’une série de succès politiques pour Donald Trump ces dernières semaines, entre cessez-le-feu entre l’Iran et Israël après des frappes sur des sites nucléaires iraniens, accord sur les dépenses de l’Otan, et décision de la Cour suprême favorable à l’exécutif.

Elle confirme aussi son emprise sur le Parti républicain et, pour l’heure, sur la politique américaine en général.

Jeudi soir, lors d’un meeting dans l’Iowa (centre), Donald Trump a savouré sa victoire. « Il n’y a pas de plus beau cadeau d’anniversaire pour l’Amérique que la victoire phénoménale que nous avons remportée il y a quelques heures à peine, lorsque le Congrès a adopté le grand et magnifique projet de loi visant à redonner sa grandeur à l’Amérique », a-t-il lancé à la foule.

L’ancien magnat de l’immobilier a toutefois passé sous silence les vives inquiétudes de son parti et des électeurs, qui craignent que ce projet ne fasse gonfler la dette publique et n’affaiblisse les aides à la santé et à la protection sociale.

La cérémonie de signature aura lieu « le 4 juillet, comme le président l’a toujours dit et espéré », a souligné jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Un B-2, le type d’avion qui a bombardé les installations nucléaires iraniennes le 22 juin, et des avions de chasse effectueront une parade aérienne au-dessus de la Maison Blanche pour l’occasion, tandis que certains pilotes qui ont mené l’opération militaire en Iran seront présents lors de la cérémonie.

Jusqu’à 17 millions de personnes privés d’assurance santé

Donald Trump a fait adopter le projet de loi malgré des doutes au sein de son parti et l’opposition bruyante de son ancien allié, le milliardaire Elon Musk.

Après le Sénat, qui l’avait approuvé mardi de justesse, la Chambre des représentants a adopté définitivement ce texte par 218 voix contre 214, un vote très serré, précédé de multiples pressions et tractations.

Pour compenser le creusement de la dette publique, la nouvelle loi réduira le programme fédéral d’aide alimentaire et imposera d’importantes coupes au Medicaid, régime d’assurance santé pour les Américains à revenus modestes, les plus importantes depuis son lancement dans les années 1960.

Selon certaines estimations, jusqu’à 17 millions de personnes pourraient perdre leur couverture d’assurance santé et des dizaines d’hôpitaux ruraux pourraient fermer leurs portes.

Les démocrates espèrent que le mécontentement provoqué par les conséquences de la loi les aidera à renverser la Chambre des représentants aux élections de mi-mandat de 2026.

Il s’agira pour eux de montrer qu’il s’agit d’une énorme redistribution de richesses des Américains les plus pauvres vers les plus riches.

Terrorisme au Sahel : le Mali accuse indirectement l’Algérie de soutenir les groupes armés terroristes – Le Maroc renforce son soutien à l’AES

Face à une recrudescence d’attentats terroristes sur son territoire, le Mali a lancé, mardi 2 juillet 2025, une accusation indirecte mais sans équivoque contre l’Algérie, soupçonnée de financer les groupes extrémistes actifs dans la région sahélienne. Une déclaration faite par le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga lors de la 4e Conférence internationale de l’ONU sur le financement du développement, à Séville.

Une accusation à peine voilée contre Alger

À la tribune, le chef du gouvernement malien a dénoncé un terrorisme « imposé » au Sahel, évoquant « l’implication avérée de sponsors étatiques étrangers » dans le financement de ces groupes. Sans nommer explicitement l’Algérie, le message a été clair pour de nombreux observateurs, alors que les tensions entre Bamako et Alger se sont considérablement intensifiées depuis plusieurs mois.

Cette déclaration intervient dans un climat sécuritaire particulièrement tendu : le 1er juillet, des attaques coordonnées ont visé les positions des Forces armées maliennes (FAMa) à Niono, Modolo, Sandaré, Nioro du Sahel, Diboli, Gogui et Kayes, provoquant de lourdes pertes. Dans la presse algérienne, ces attaques sont interprétées comme le signe de l’isolement croissant de la junte malienne dirigée par Assimi Goïta, mise en difficulté sur le plan militaire.

L’AES entend se renforcer face aux menaces

Face à cette situation, le Premier ministre malien a réaffirmé la volonté du Mali de transformer la Confédération des États du Sahel (AES) — qui regroupe depuis septembre 2023 le Mali, le Niger et le Burkina Faso — en une véritable puissance régionale, capable de faire face aux menaces sécuritaires et aux influences étrangères.

Les trois pays ont rompu avec les Accords d’Alger et ont rappelé, en avril dernier, leurs ambassadeurs en poste en Algérie pour consultations, après la violation du territoire malien par l’armée algérienne, un acte perçu à Bamako comme une ingérence inacceptable. L’AES affirme vouloir tourner la page d’une diplomatie dominée par Alger, accusée aujourd’hui de soutenir indirectement les mouvements rebelles dans le nord du Mali.

Depuis le retrait du Mali des accords d’Alger signés en 2015, l’Algérie a accueilli des leaders de l’opposition armée touarègue et soutenu la création du Front de libération de l’Azawad, né en novembre 2024. Une évolution paradoxale, puisque l’Algérie s’était opposée historiquement aux revendications autonomistes des Touaregs amazighs de cette région pendant les précédentes négociations.

Le Maroc renforce son soutien à l’AES

Dans ce contexte régional explosif, le Maroc suit de près les évolutions au Sahel. Le roi Mohammed VI a reçu, le 28 avril dernier, les ministres des Affaires étrangères de l’AES, une rencontre marquant le soutien croissant du royaume à l’alliance sahélienne. Des accords de coopération militaire ont été signés entre Rabat et les trois pays, avec l’intégration d’unités sahéliennes dans les formations des Forces armées royales (FAR).

Cette diplomatie active vise à contrer l’influence algérienne dans la région et à consolider une architecture sécuritaire propre à l’AES, à l’écart des médiations traditionnelles dominées par l’ONU ou l’Union africaine.

Menace d’extension vers la Mauritanie et le Sénégal

Les mouvements extrémistes progressent désormais vers l’ouest, menaçant des zones frontalières jusqu’ici relativement épargnées. Selon un média de Nouakchott, « ces groupes armés progressent vers la frontière malienne, voisine de la Mauritanie et du Sénégal », soulevant de vives inquiétudes à Nouakchott et à Dakar.

Ces deux pays, historiquement en dehors de l’épicentre sahélien des violences, pourraient devenir les prochaines cibles d’organisations armées transnationales, dans un contexte d’affaiblissement de la coopération sécuritaire régionale. Une évolution qui impose, selon plusieurs analystes, un renforcement urgent des capacités de défense et de renseignement dans toute la sous-région.

En accusant indirectement l’Algérie de financer le terrorisme au Sahel, le Mali durcit son discours diplomatique et repositionne l’Alliance des États du Sahel comme acteur central de la stabilité régionale. Mais au-delà des joutes diplomatiques, les attaques récentes et l’extension des menaces vers la Mauritanie et le Sénégal illustrent l’ampleur du défi sécuritaire. La lutte contre le terrorisme au Sahel est désormais aussi une bataille d’influence entre États, avec des alliances qui se redessinent et une coopération régionale en pleine recomposition.

Accord UE-Israël : la majorité présidentielle et le RN bloquent une résolution dénonçant les violations à Gaza

Le Mardi 2 juillet 2025, la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale a rejeté une résolution parlementaire portée par La France insoumise (LFI), qui visait à dénoncer l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Le texte, déposé en réponse à la situation humanitaire catastrophique à Gaza et aux décisions de justice internationales visant les autorités israéliennes, a été bloqué par une coalition de députés de la majorité présidentielle, du Rassemblement national (RN) et des Républicains (LR).

Une résolution écartée par une majorité transpartisane

L’article unique de la résolution, proposé par les députés LFI, appelait à conditionner les relations entre l’UE et Israël au respect du droit international, dans le contexte des violations graves constatées à Gaza. Il s’appuyait notamment sur les ordonnances de la Cour internationale de justice (CIJ) et sur les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

L’amendement de suppression, présenté par Caroline Yadan, députée de la majorité présidentielle (Renaissance), a recueilli 25 voix pour et 15 contre, avec le soutien du RN, des Républicains et de quelques élus Divers droite, enterrant ainsi la proposition de LFI. Une seconde résolution similaire, défendue par une députée écologiste, a également été rejetée dans la foulée.

LFI dénonce un “vote scandaleux” et une “trahison morale”

Dans un communiqué publié dans la soirée, le groupe LFI a vivement dénoncé ce vote qu’il juge « scandaleux » et « en totale contradiction avec la diplomatie française », qui a elle-même évoqué, à plusieurs reprises, la possibilité de sanctions contre Israël. Les Insoumis estiment que les parlementaires de la majorité et leurs alliés ont « déshonoré leur mandat » en s’opposant à une initiative légitime face à une crise humanitaire majeure.

Le groupe rappelle que la France, en tant que signataire de la Convention sur le génocide, est tenue d’agir pour empêcher tout acte de génocide à Gaza, et demande des mesures concrètes :
• un embargo total sur les armes à destination d’Israël,
• l’application immédiate des mandats d’arrêt internationaux,
• et des sanctions économiques et financières à l’encontre des dirigeants israéliens.

Une situation humanitaire dramatique à Gaza

Depuis la reprise des opérations militaires israéliennes le 18 mars 2025, après un cessez-le-feu de quelques semaines, près de 6 000 Palestiniens ont été tués, portant le bilan total à plus de 57 000 morts depuis le début du conflit en octobre 2023. Une majorité des victimes sont des civils, dont de nombreux enfants et femmes.

Malgré les condamnations internationales, Israël maintient un blocus strict de la bande de Gaza, interdisant ou limitant sévèrement l’entrée de l’aide humanitaire. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a récemment réaffirmé qu’« aucune aide humanitaire n’entrera à Gaza », citant des raisons de sécurité nationale.

Cette situation est dénoncée par de nombreuses ONG internationales, dont Médecins du Monde, Oxfam ou encore le Norwegian Refugee Council, qui parlent d’un « effondrement total » de l’aide humanitaire et de l’un des pires drames humanitaires contemporains.

La Cour internationale de justice, dans un arrêt du 26 janvier 2024, avait pourtant ordonné à Israël de prévenir tout acte de génocide et de faciliter l’accès de l’aide humanitaire. Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale a émis plusieurs mandats d’arrêt, dont un contre le Premier ministre Netanyahu, toujours en fonction.

Un vote lourd de symboles

Le rejet de cette résolution au Parlement français reflète une fracture politique et morale profonde sur la question israélo-palestinienne. Tandis que certains députés invoquent la nécessité de préserver les relations diplomatiques et stratégiques avec Israël, d’autres considèrent qu’une absence de réaction ferme revient à cautionner l’impunité face à des crimes graves.

En rejetant la proposition de dénonciation de l’accord UE-Israël, la majorité présidentielle, le RN et les Républicains ont bloqué une tentative parlementaire de mise en conformité du droit international avec les engagements de la France. Dans un contexte de crise humanitaire majeure à Gaza, cette décision suscite l’indignation d’une partie de la classe politique et de la société civile, alors que la pression internationale pour un cessez-le-feu et des sanctions contre les dirigeants israéliens ne cesse de croître.

En Tunisie, l’avocate Sonia Dahmani écope de deux ans de prison supplémentaires

L’avocate tunisienne Sonia Dahmani, déjà incarcérée pour deux peines totalisant 26 mois, a été condamnée lundi à deux années de prison supplémentaires. Cette nouvelle condamnation fait suite à des poursuites engagées à son encontre en raison de propos dénonçant le racisme envers les migrants en Tunisie, selon son avocat.(Source : AFP).

Un tribunal de Tunisie a condamné, lundi 30 juin, l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani à deux ans de prison supplémentaires dans une affaire liée à des déclarations critiquant le racisme envers les migrants dans son pays, selon son défenseur.

« Le tribunal a condamné Sonia Dahmani à deux ans de prison », a déclaré à l’AFP l’avocat Sami Ben Ghazi, rappelant que sa consœur était jugée en vertu du décret 54 sur les « fausses nouvelles ».

Sonia Dahmani, 60 ans, opposante au président tunisien Kaïs Saïed, avait été arrêtée le 11 mai 2024 de façon brutale, et illégale selon ses confrères, au siège de l’Ordre des avocats par des policiers masqués. Elle a été condamnée lundi pour une intervention radiophonique où elle critiquait l’existence de cimetières et de bus réservés aux personnes noires dans certaines régions de Tunisie.

Poursuivie dans cinq affaires

Sonia Dahmani est poursuivie dans cinq affaires liées à des déclarations ou publications dans des médias, toutes en vertu du décret 54, critiqué par les défenseurs des droits comme donnant lieu à une interprétation trop large. Elle purge déjà deux peines de 26 mois de prison au total pour avoir enfreint ce décret, promulgué en septembre 2022 par Kaïs Saïed.

Elle a en particulier écopé de 18 mois d’emprisonnement pour avoir ironisé sur un plateau télévisé en mai 2024 à propos de l’intention prêtée aux migrants subsahariens de s’installer durablement en Tunisie malgré une grave crise économique. « De quel pays extraordinaire parle-t-on ? », avait-elle répondu à un autre chroniqueur.

En février 2023, Kaïs Saïed avait fustigé l’arrivée de « hordes de migrants subsahariens illégaux » et un « complot » pour « changer la composition démographique » de la Tunisie, un discours qui avait déclenché une violente campagne antimigrants dans le pays.

Depuis que le président s’est octroyé les pleins pouvoirs lors d’un coup de force en juillet 2021, des dizaines d’opposants, avocats, journalistes et militants de l’aide aux migrants sont emprisonnés, soit en vertu du décret 54, soit pour des motifs liés à la législation antiterroriste ou pour « complot contre l’État ».

Affaire Hamraoui : la justice annule la plainte pour diffamation contre le journaliste Romain Molina

Le tribunal correctionnel de Paris a décidé, jeudi 3 juillet 2025, d’annuler la plainte déposée en février 2022 par Kheira Hamraoui contre le journaliste indépendant Romain Molina. La joueuse, alors au Paris Saint-Germain, accusait le journaliste de diffamation, harcèlement moral et publication visant à influencer des décisions de justice, après la diffusion d’une vidéo sur YouTube dans laquelle elle était qualifiée de « mythomane ».

Ce rebondissement judiciaire survient dans un contexte toujours sensible, alors que Hamraoui, aujourd’hui joueuse à Al-Shabab en Arabie saoudite, a également engagé des poursuites contre son ancien club pour harcèlement moral.

Une plainte annulée pour vice de procédure

Dans la vidéo mise en cause, Romain Molina mettait en doute le récit de Kheira Hamraoui concernant l’agression violente qu’elle a subie en novembre 2021, insistant sur l’idée qu’elle aurait « manipulé tout le monde depuis le début ». Cette attaque verbale publique avait conduit la joueuse à déposer plainte contre le journaliste, estimant qu’il portait atteinte à son honneur et participait à un climat de harcèlement.

Après deux ans de procédure, le tribunal correctionnel a finalement prononcé l’annulation de la plainte, donnant raison à la défense de Romain Molina. Son avocat, Me Mokhtar Abdennouri, avait déposé en mai dernier des conclusions de nullité, arguant que les faits visés n’étaient pas précisément datés et que l’étendue des poursuites était floue. Une analyse partagée par le ministère public, qui avait déjà requis un non-lieu dans cette affaire.

Malgré tout, le juge d’instruction avait renvoyé l’affaire devant le tribunal correctionnel, ce que le jugement rendu jeudi est venu annuler, mettant un terme aux poursuites engagées contre le journaliste.

Une affaire aux ramifications multiples

L’affaire Hamraoui continue de susciter un vif intérêt médiatique, notamment en raison des liens supposés entre son agression et des rivalités internes au PSG féminin. L’ancienne internationale française avait été rouée de coups à la sortie d’un dîner avec son équipe, une agression pour laquelle son ex-coéquipière Aminata Diallo a été placée un temps en détention provisoire, avant d’être remise en liberté. L’enquête se poursuit, sans condamnation à ce jour.

Dans ce climat tendu, la vidéo de Romain Molina – vue des centaines de milliers de fois – avait accentué la pression médiatique sur Hamraoui, déjà isolée au sein de son club et dans le vestiaire.

Une plainte distincte contre le PSG pour harcèlement moral

En mai 2025, Kheira Hamraoui a également porté plainte contre son ancien club, le Paris Saint-Germain, qu’elle accuse de harcèlement moral. Selon une source proche du dossier, la joueuse estime que le club l’a mise à l’écart délibérément à la suite de sa convalescence, afin de l’inciter à quitter le groupe professionnel.

Une enquête a été ouverte en juin et confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP). Cette procédure, toujours en cours, pourrait relancer le débat sur les conditions de gestion de l’affaire par le PSG, déjà critiqué pour son manque de soutien envers la joueuse durant sa période de fragilité.

Une image ternie et une carrière qui se poursuit à l’étranger

Depuis ces événements, Kheira Hamraoui a quitté la France pour relancer sa carrière en Arabie saoudite, sous les couleurs du club d’Al-Shabab, dans un championnat en plein développement. Mais son image reste durablement marquée par cette affaire, entre exposition médiatique, conflit juridique, et interrogations sur les responsabilités internes au sein du PSG et de l’environnement du football féminin.

La décision du tribunal de Paris d’annuler la plainte contre Romain Molina constitue un revers juridique majeur pour Kheira Hamraoui, qui voit l’une de ses principales actions en justice échouer sur un point de forme. Cependant, la joueuse ne baisse pas les bras et poursuit d’autres procédures, notamment contre son ancien employeur. Dans une affaire aussi complexe et médiatisée, mêlant violence physique, conflits internes et accusations publiques, les retombées judiciaires, sportives et médiatiques sont loin d’être terminées.

Guerre en Ukraine : la Russie « ne renoncera pas à ses objectifs » — Ce qu’il faut retenir de l’échange entre Poutine et Trump, et de l’accord stratégique entre Kiev et une entreprise américaine de drones

Ce Jeudi 3 juillet 2025, un échange téléphonique d’environ une heure entre Vladimir Poutine et Donald Trump a mis en lumière la persistance du fossé diplomatique entre Moscou et Washington sur la guerre en Ukraine. Le président russe a réaffirmé la détermination de son pays à atteindre ses objectifs militaires et politiques, tout en se disant ouvert à la reprise des négociations avec Kiev. En parallèle, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la signature d’un accord stratégique avec une société américaine pour la production massive de drones, marquant une nouvelle étape dans la modernisation de l’arsenal ukrainien.

Un dialogue « franc » mais sans progrès

Il s’agissait du sixième entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump depuis le retour de ce dernier à la Maison Blanche en janvier 2025. Qualifiée de « franche » par le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, cette conversation a principalement porté sur le conflit ukrainien, les tensions au Moyen-Orient et les relations bilatérales.

Selon Moscou, le président russe a affirmé sa volonté de « poursuivre le processus de négociation » entamé à Istanbul, bien que ces discussions n’aient produit jusqu’ici aucun résultat tangible. Toutefois, Vladimir Poutine a clairement indiqué que la Russie « ne renoncera pas à ses objectifs », parmi lesquels figurent :
• l’annexion complète de quatre régions ukrainiennes partiellement occupées ;
• la reconnaissance de l’annexion de la Crimée (2014) ;
• et surtout, le renoncement définitif de l’Ukraine à toute adhésion à l’OTAN.

Des exigences jugées « inacceptables » par les autorités de Kiev.

Donald Trump, quant à lui, a reconnu que cette discussion n’avait permis « aucun progrès » sur le dossier ukrainien. Si l’ancien président s’était engagé durant sa campagne à œuvrer pour un cessez-le-feu rapide, cet appel met en évidence la complexité de toute médiation avec un Kremlin inflexible.

Kiev renforce ses capacités technologiques avec un accord américain

Pendant que la diplomatie piétine, l’Ukraine continue de renforcer son arsenal militaire. Jeudi, le président Volodymyr Zelensky a annoncé la signature d’un accord de production de drones avec la société américaine Swift Beat, lors d’une visite officielle au Danemark.

L’accord prévoit la fabrication de centaines de milliers de drones en 2025, un tournant majeur dans la stratégie militaire de Kiev.

« Des intercepteurs pour détruire les drones et les missiles ennemis, des quadcopters pour la reconnaissance et l’ajustement du tir, des drones de frappe à longue portée – il y aura bien plus de tout cela », a précisé Zelensky sur les réseaux sociaux.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’Ukraine de gagner en autonomie dans la production d’équipements de haute technologie, et de contrer l’avantage tactique russe dans la guerre électronique et la guerre par drones, devenue centrale dans le conflit.

Un détour par le Moyen-Orient

L’échange entre les deux chefs d’État a également abordé la situation au Moyen-Orient, en particulier la récente flambée de violence entre l’Iran et Israël. Selon le Kremlin, Poutine a plaidé pour un règlement du conflit « exclusivement par des moyens politiques et diplomatiques ».

En parallèle, Donald Trump a déclaré, dans un communiqué publié dans la soirée, qu’il souhaitait que « la population de Gaza soit en sécurité », signe que le président américain tente d’adopter une posture d’équilibre face aux tensions régionales.

Relancer les projets économiques ?

Malgré les tensions géopolitiques, les deux dirigeants ont aussi abordé la possibilité de relancer certains projets économiques conjoints. Selon Moscou, Poutine et Trump ont confirmé leur « intérêt mutuel » pour la coopération dans des domaines comme l’énergie et la recherche spatiale, bien que ces discussions soient encore à un stade très préliminaire.

Ce nouvel échange entre Vladimir Poutine et Donald Trump confirme que les canaux diplomatiques restent ouverts, mais sans progrès concret sur la résolution de la guerre en Ukraine. Tandis que la Russie campe sur ses exigences maximalistes, l’Ukraine accélère sa transformation militaire grâce au soutien des États-Unis et de ses partenaires européens. Dans ce contexte, les tensions géopolitiques restent vives, et tout règlement du conflit semble encore lointain.

Sommet inédit à Washington : Trump accueille cinq chefs d’État africains pour une nouvelle ère de coopération

Du 9 au 11 juillet 2025, Washington sera le théâtre d’un sommet inédit entre le président américain Donald Trump et cinq dirigeants africains : les présidents du Gabon, de la Guinée-Bissau, du Liberia, de la Mauritanie et du Sénégal. Présentée comme la première grande initiative africaine du second mandat de Trump, cette rencontre marque un tournant dans la politique américaine sur le continent.

Un sommet stratégique, tourné vers l’économie et la sécurité

Organisé à la Maison-Blanche, le sommet comprendra un déjeuner officiel le 9 juillet et plusieurs sessions thématiques dédiées aux opportunités économiques et aux enjeux de sécurité régionale. Selon un responsable de la Maison-Blanche, cette rencontre vise à « repositionner » la politique africaine des États-Unis, en rompant avec le modèle traditionnel de l’aide publique au développement. Désormais, l’administration Trump privilégie des partenariats commerciaux qualifiés de « gagnant-gagnant ».

Au cœur des discussions : l’accès aux minerais critiques — lithium, cobalt, terres rares — dont l’Afrique regorge. Ces ressources sont jugées vitales pour l’industrie américaine, notamment dans les domaines de l’électronique, des technologies vertes et de la transition énergétique. Cette approche reflète une volonté claire : renforcer les chaînes d’approvisionnement américaines tout en consolidant les relations bilatérales avec des partenaires africains jugés stratégiques.

Une nouvelle doctrine de la diplomatie économique

La doctrine économique de cette nouvelle phase de coopération a été récemment présentée par le secrétaire d’État Marco Rubio. Elle repose sur un principe de conditionnalité : les ambassades américaines devront désormais prouver leur efficacité à travers la signature d’accords concrets. « Il ne s’agit plus de charité, mais de viabilité », affirme-t-on à Washington.

Cette approche s’inscrit dans une dynamique plus large de refonte des relations américano-africaines. Donald Trump affirme que « les pays africains offrent d’incroyables opportunités commerciales, qui profitent à la fois au peuple américain et à nos partenaires africains ».

Une diplomatie active en Afrique

Ce sommet intervient également dans un contexte diplomatique soutenu. La semaine dernière, les États-Unis ont accueilli à la Maison-Blanche la signature d’un cessez-le-feu entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, illustrant leur rôle croissant comme médiateur sur les dossiers de paix et de sécurité en Afrique centrale.

Un autre rendez-vous est d’ores et déjà prévu : un sommet plus large entre les États-Unis et l’ensemble des pays africains aura lieu en septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

En accueillant ces cinq chefs d’État, Donald Trump entend envoyer un message clair : l’Afrique n’est plus seulement un terrain d’assistance, mais un partenaire économique et stratégique incontournable pour les États-Unis du XXIe siècle.

Chypre occupée : la guerre contre la mémoire religieuse

Profanation des églises, disparition d’icônes sacrées, transformation des lieux saints en écuries ou entrepôts : 51 ans après l’invasion turque, une campagne d’effacement systématique du patrimoine chypriote grec interpelle l’Union européenne sur ses responsabilités mémorielles et culturelles.

Il ne s’agit pas d’un simple différend territorial. Ni d’une querelle religieuse secondaire. Cinquante-et-un ans après l’invasion militaire du nord de Chypre par la Turquie, les chiffres révélés lors d’une conférence organisée au Parlement européen à Bruxelles, le 1er juillet 2025, témoignent d’une stratégie plus profonde : l’effacement méthodique de la mémoire chrétienne orthodoxe dans les territoires occupés.

À l’initiative du député chypriote Michális Hadjipantela (PPE), la conférence a dressé un constat alarmant : destruction, transformation ou abandon massif des lieux de culte orthodoxes dans la partie nord de l’île. Le métropolite Basile de Constantia et Famagouste, l’une des voix spirituelles les plus autorisées sur ce dossier, a dénoncé une politique de profanation organisée, appuyée par des chiffres concrets :

  • 25 églises détruites ou gravement endommagées,
  • 24 converties en entrepôts,
  • 17 en écuries,
  • 16 transformées en mosquées,
  • 21 rasées.

À cela s’ajoute le pillage systématique d’objets liturgiques, la disparition d’icônes anciennes et la profanation de nombreux cimetières chrétiens.

L’enjeu dépasse les lieux eux-mêmes : il concerne la mémoire, la continuité historique et le droit des peuples à préserver leurs repères culturels. Le nord de Chypre, sous occupation turque depuis 1974, fonctionne comme un territoire isolé où l’histoire chrétienne orthodoxe de l’île est progressivement gommée. Pour le métropolite Basile, il s’agit d’une « stratégie d’effacement identitaire », niant à une population son droit à se souvenir, à transmettre et à exister culturellement dans ses propres lieux.

Dans les couloirs du Parlement européen, certains n’ont pas hésité à employer les termes de « nettoyage culturel » ou de « guerre contre la mémoire ».

Au cœur des échanges, une question dérangeante : que vaut l’engagement européen en faveur du patrimoine et des droits fondamentaux, si l’un de ses propres États membres Chypre voit ainsi bafouée son histoire sur une partie de son territoire, sans réaction ferme des institutions ?

La conférence a fait écho à une inquiétude croissante : la passivité européenne devant des faits que certains pays membres qualifieraient ailleurs de crimes contre le patrimoine. Car derrière les pierres, ce sont des symboles qui tombent. Or, l’Union européenne s’est constituée aussi comme projet de mémoire commune, d’identité respectueuse des diversités, et de réconciliation durable.

Le cas de Chypre est un révélateur de contradictions profondes. D’un côté, l’Union européenne affirme ses principes : État de droit, protection du patrimoine, défense des minorités. De l’autre, elle ménage la Turquie, acteur stratégique dans la région, pays candidat à l’adhésion depuis 1999, mais de plus en plus éloigné des standards européens.

L’absence de reconnaissance de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), proclamée unilatéralement en 1983 et soutenue uniquement par Ankara, n’a pas empêché l’installation de faits accomplis. L’occupation militaire s’est accompagnée d’une colonisation démographique progressive, de transferts de populations, et d’une politique de turquisation culturelle.

Dans ce contexte, l’effacement des églises n’est pas une anomalie : il est un outil. Il témoigne d’une volonté d’ancrer une nouvelle identité dans le nord de l’île, coupée de ses racines gréco-chypriotes.

Alors que la Cour européenne des droits de l’homme a déjà condamné la Turquie pour atteintes aux droits culturels et religieux à Chypre, les décisions demeurent peu appliquées. Sur le terrain, les appels à la restauration du patrimoine détruit restent lettre morte.

Ce vide juridique et diplomatique est d’autant plus inquiétant qu’il s’accompagne d’un silence médiatique relatif, alors même que d’autres conflits patrimoniaux en Ukraine, en Irak ou en Arménie mobilisent largement les institutions internationales.

La conférence de Bruxelles n’a pas été qu’un moment de dénonciation. Elle a aussi formulé des pistes d’action :

  • Mise en place d’un inventaire européen du patrimoine menacé.
  • Mobilisation d’experts indépendants pour documenter les destructions.
  • Pressions diplomatiques sur Ankara, conditionnant certains accords à des engagements concrets sur la restauration et la protection des lieux de culte.

Mais, pour que ces intentions prennent corps, encore faut-il qu’un consensus politique se dégage. Or, Chypre est souvent considérée comme une « périphérie » européenne, bien loin des centres de décision à Paris, Berlin ou Bruxelles.

Il ne s’agit pas d’entretenir le ressentiment, mais de restaurer une justice élémentaire. Les églises ne sont pas seulement des bâtiments religieux : elles sont aussi des témoins d’une histoire européenne multiséculaire. Leur profanation n’est pas un détail du passé : c’est un symptôme du présent, où la force prime parfois sur le droit, et où la mémoire devient une cible politique.

Le silence, en pareil cas, est une forme de renoncement.

Soudan: les paramilitaires des FSR et leurs alliés annoncent la formation de leur gouvernement parallèle, Le nombre de civils tués au plus haut depuis 2020, faute d’argent, le PAM menace de fermer des camps de réfugiés soudanais etc…

Alors que le conflit au Soudan entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) entre dans sa troisième année, la situation politique et humanitaire se dégrade à une vitesse alarmante. Mardi 1er juillet, les paramilitaires des FSR, dirigés par le général Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti), ont annoncé la création d’un gouvernement parallèle avec leurs alliés politiques et militaires réunis au sein de l’alliance Tasis. Cette annonce, faite dans la ville de Nyala (Darfour du Sud), intervient alors que le pays est de facto divisé et que des millions de civils font face à une crise sans précédent.

Tasis : vers un pouvoir alternatif aux autorités de Port-Soudan

L’alliance Tasis, née en février dernier à Nairobi (Kenya), réunit groupes armés, partis politiques et organisations civiles soutenant les FSR. Son objectif : challenger le pouvoir de l’armée soudanaise, désormais basée à Port-Soudan depuis le retrait de Khartoum. Après plusieurs mois de tensions internes, Tasis a dévoilé la composition de son conseil de gouvernance, formé de 31 membres, avec à sa tête Hemedti en tant que président.

Il est secondé par Abdel Aziz Adam al-Hilu, leader du Mouvement de libération du Soudan-Nord (SPLM-N). Ce groupe armé, actif dans les régions du Nil Bleu et du Kordofan du Sud, a longtemps combattu l’État central et ses milices, dont sont issues les FSR.

« Le général Hemedti a exprimé des positions claires sur la nécessité de fonder un État laïc et démocratique pour tous les Soudanais, sans discrimination », s’est félicité Hasbelnabi Mahmoud, membre de Tasis.

Il reste toutefois à définir la capitale de ce gouvernement parallèle et à surmonter les dissensions internes qui ont déjà ralenti son lancement.

Soudan du Sud : flambée de violences, bilan civil record depuis 2020

Le conflit au Soudan a des répercussions directes sur son voisin du sud, déjà fragilisé. Entre janvier et mars 2025, 739 civils ont été tués au Soudan du Sud, selon la Mission des Nations unies (UNMISS). Il s’agit du plus haut bilan trimestriel depuis 2020, avec une hausse de 110 % par rapport au trimestre précédent.

Les violences, notamment dans l’État de Warrap (où l’état d’urgence a été décrété en juin), sont en majorité le fait de milices communautaires. Toutefois, l’UNMISS note une hausse inquiétante des attaques par des forces armées régulières ou rebelles (+27 %).

« Une escalade de la violence aggraverait encore la situation humanitaire déjà désastreuse », avait alerté le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Turk, en mai dernier.

La rivalité politique entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, arrêté en mars, a ravivé les tensions, mettant en péril l’accord de paix de 2018.

Réfugiés soudanais : le PAM alerte sur une possible fin de l’aide humanitaire

La guerre au Soudan a poussé plus de 4 millions de civils à fuir le pays, dont près de la moitié sont réfugiés en Égypte, Libye, Centrafrique et Éthiopie. Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU avertit qu’en l’absence de nouveaux financements, ses opérations humanitaires devront cesser dans les mois à venir dans ces pays.

« En Ouganda, le nombre de bénéficiaires a déjà été réduit, et beaucoup ne reçoivent que 25 % de la ration alimentaire minimale », explique Shaun Hughes, responsable régional du PAM.

Même au Tchad, à Adré, où la capacité logistique a été renforcée, les ressources manquent. Le PAM estime avoir besoin de 200 millions de dollars pour maintenir ses opérations pendant six mois.

Khartoum sanctionné par Washington pour usage présumé d’armes chimiques

Dans un nouveau coup dur pour les autorités de Khartoum, les États-Unis ont officialisé l’entrée en vigueur de sanctions contre le gouvernement soudanais, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques (chlore) lors d’affrontements avec les FSR à Khartoum.

Ces mesures incluent :
• des restrictions sur les exportations américaines,
• un gel des ventes d’armes,
• l’interdiction de tout financement officiel du gouvernement soudanais.

Ces sanctions ne s’appliquent pas à l’aide humanitaire et aux produits agricoles, précise Washington. Le gouvernement soudanais nie formellement ces accusations, les qualifiant de « sans preuve » et de « politiquement motivées ».

Les faits auraient été révélés en janvier par le New York Times, citant des sources officielles anonymes. Le général Abdel Fattah al-Burhan aurait personnellement autorisé l’usage de chlore, selon ces témoignages. Ce n’est pas la première fois que le régime soudanais est accusé d’attaques chimiques : en 2016, Amnesty International avait recensé 30 attaques similaires au Darfour — également niées par Khartoum.

Un pays divisé, une région à la dérive

Avec la formation d’un gouvernement parallèle par les FSR et l’alliance Tasis, le Soudan entre dans une nouvelle phase de fragmentation politique, accentuant le risque de partition. La crise déborde désormais les frontières, touchant durement le Soudan du Sud, les pays voisins, et les réfugiés en exil, pris au piège entre guerre, famine et abandon diplomatique.

Pendant que deux généraux rivaux se disputent le pouvoir, des millions de civils sombrent dans l’oubli. Et faute d’une réponse urgente de la communauté internationale, la plus grande crise humanitaire en Afrique pourrait bientôt atteindre un point de non-retour.

Gaza : des pilules d’oxycodone retrouvées dans des sacs de farine ? Une affaire trouble mêlant accusations, rumeurs et incertitudes

Depuis quelques jours, une rumeur virale secoue les réseaux sociaux et plusieurs médias internationaux : des pilules d’oxycodone, un puissant antidouleur de la famille des opioïdes, auraient été découvertes dissimulées dans des sacs de farine destinés à l’aide humanitaire à Gaza. L’affaire suscite de vives réactions et soulève de nombreuses interrogations, dans un contexte déjà marqué par la guerre, les pénuries et la désinformation.

Une découverte relayée par le “bureau des médias de Gaza”

La première mention officielle de cette affaire remonte au vendredi 27 juin, à travers un communiqué attribué au bureau des médias du gouvernement de Gaza, diffusé sur un canal Telegram. Le texte affirme que des pilules « stupéfiantes » ont été retrouvées dans de la farine livrée par des centres d’aide soutenus par les États-Unis et Israël, qualifiant cette pratique de « crime odieux » visant à « répandre la toxicomanie » et à « détruire le tissu social palestinien ». Quatre témoignages de citoyens ayant retrouvé ces comprimés sont évoqués.

Des publications virales, des photos troublantes

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), plusieurs publications massivement partagées affichent des photos de pilules blanches portant l’inscription « G 80 » ou « O 80 ». Ces images ont alimenté les soupçons, d’autant qu’elles ont été relayées par des médias comme AJ+ Français et l’agence turque Anadolu, mais aussi par de nombreux comptes de particuliers se présentant comme médecins ou pharmaciens à Gaza.

Cependant, aucune preuve formelle ne permet à ce jour de confirmer l’origine ou la composition exacte de ces comprimés. Des experts interrogés par 20 Minutes rappellent qu’il est impossible de déterminer le contenu d’un médicament à partir d’une simple photographie. Pour Alice Deschenau, cheffe du service d’addictologie du groupe hospitalier Paul Guiraud, seule une analyse chimique permettrait de trancher.

Une accusation controversée et d’autres hypothèses

La version attribuant la responsabilité de ces pilules à l’armée israélienne n’est pas unanimement partagée, y compris parmi certains internautes palestiniens. Sur X, @tamerqdh, un compte connu pour documenter la situation à Gaza, avance une autre explication : un trafic de drogue, dans lequel des pilules sont dissimulées dans des camions d’aide pour être récupérées une fois la marchandise arrivée à destination. Il évoque même des tentatives similaires de contrebande via drones.

Cette hypothèse rappelle que la contrebande de médicaments et de stupéfiants existe bel et bien à Gaza, territoire soumis à un blocus sévère et à une pression humanitaire extrême. Le contexte de guerre rend les contrôles plus difficiles, et les tentatives d’introduction illicite de substances ne sont pas nouvelles.

Une incertitude renforcée par l’absence de confirmation indépendante

L’affaire a été évoquée à deux reprises lors d’un point presse de l’ONU, lundi. Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, a déclaré :

« Nous vivons dans un environnement où il y a beaucoup de désinformation. […] À ce stade, je n’ai aucun moyen de confirmer ou de nier ces informations. »

Les Nations unies ont indiqué avoir demandé des précisions à leurs équipes sur le terrain, sans pouvoir apporter de réponses à ce stade. Une prudence compréhensible dans un contexte de guerre où les manipulations de l’information sont fréquentes et où les vérifications indépendantes sont extrêmement difficiles.

Faux médicaments ou propagande ?

De nombreux spécialistes, dont Maryse Lapeyre-Mestre, du CEIP-Addictovigilance de Toulouse, soulignent que les pilules visibles sur les photos ne correspondent pas à l’oxycodone disponible sur le marché européen. Il pourrait s’agir de faux médicaments, comme cela est fréquent dans les zones de conflit où circulent des produits de qualité douteuse. Le dosage apparent de 80 mg pourrait correspondre à de l’oxycodone, mais aucun logo officiel n’est identifiable.

Cette affaire soulève plus de questions que de certitudes. Si la présence de pilules dans des sacs de farine à Gaza semble plausible, leur origine, leur composition et leur but restent totalement incertains. En l’absence d’enquête indépendante et d’analyse scientifique, il est impossible de confirmer s’il s’agit d’un acte délibéré de sabotage, d’un trafic illégal ou d’une opération de désinformation dans un contexte où chaque image, chaque rumeur, peut devenir une arme.

Dans un territoire ravagé par la guerre et les pénuries, le danger d’une crise sanitaire supplémentaire, alimentée par la drogue ou la désinformation, reste bien réel.