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France – Présidentielle 2027 : Lucie Castets appelle à «une primaire des gauches la plus large possible»

Lucie Castets, éphémère candidate à Matignon après les législatives de 2024, invite les chefs des partis de gauche à se rassembler le 2 juillet pour discuter d’une candidature commune à la présidentielle.(Source : AFP).

Pour gagner à la prochaine présidentielle, «nous avons besoin de nous mettre autour de la table et de travailler. Donnons-nous rendez-vous le 2 juillet prochain», après le congrès du PS prévu mi-juin, «pour poser la première pierre de la victoire», écrit-elle.

Dans une tribune publiée ce mercredi dans Libération, intitulée «Organisons une primaire des gauches la plus large possible», celle qui avait été désignée par les partis du Nouveau Front populaire pour être leur candidate au poste de première ministre, les appelle à dépasser «leurs querelles partisanes», car «la situation actuelle doit susciter un sursaut unitaire».

Pour gagner à la prochaine présidentielle, «nous avons besoin de nous mettre autour de la table et de travailler. Donnons-nous rendez-vous le 2 juillet prochain», après le congrès du PS prévu mi-juin, «pour poser la première pierre de la victoire», écrit-elle. Défendant «une candidature commune aux partis de gauche et aux écologistes, fédérée autour d’une équipe», elle appelle à élaborer, de manière collective, «une procédure démocratique et transparente de désignation de la candidate ou du candidat qui nous représentera à l’échéance présidentielle».

Elle évoque «plusieurs options», comme l’organisation, «juste après les municipales de 2026», d’une «primaire des gauches la plus large qu’on ait jamais proposée» pour «permettre au peuple de gauche de donner son opinion éclairée après une campagne respectueuse». Autre option, elle juge «possible que les représentants des partis se réunissent pour une concertation de quelques jours» pour décider de la candidature la plus pertinente. «Ou encore, il est envisageable d’organiser une convention citoyenne avec des représentants des partis, de la société civile organisée, mais aussi d’électrices et électeurs de la gauche tirés au sort», suggère-t-elle.
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Tensions Pakistan – Afghanistan : Une vague d’expulsion force plus de 100 000 afghans à quitter le Pakistan en trois semaines

Plus de 100 000 afghans ont quitté le Pakistan dans le cadre d’une «campagne d’expulsion massive » organisée depuis le 1er Avril. Islamabad les accuse d’être « liés au terrorisme et au narcotrafic »

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Tunisie : l’avocat Ahmed Souab arrêté après avoir dénoncé une « injustice inédite » dans l’affaire du complot contre l’État

En Tunisie, l’arrestation de l’avocat et ancien juge Ahmed Souab a provoqué une onde de choc dans les milieux juridiques et politiques. Connu pour son franc-parler, il a été interpellé lundi 21 avril à l’aube, après avoir publiquement dénoncé des pressions du pouvoir sur la justice dans le cadre du procès dit du « complot contre la sûreté de l’État », une affaire hautement controversée visant plusieurs opposants au président Kaïs Saïed.

L’avocat a été arrêté à son domicile par une dizaine d’agents de sécurité, selon son fils, et conduit au pôle judiciaire antiterroriste. Il a ensuite été placé en garde à vue, soupçonné de « menace de crimes terroristes » après ses propos virulents contre le verdict rendu samedi dernier. Lors de l’audience, Ahmed Souab avait déclaré : « L’injustice et l’humiliation que j’ai vues dans ce dossier sont sans précédent. L’épée de la justice n’est pas sous la gorge des accusés, mais sous celle du juge. »

Des propos qui, selon le pouvoir, franchissent la ligne rouge. Pour Samir Dilou, avocat et collègue de Souab, cette arrestation constitue une dérive grave : « Il va rester cinq jours en détention provisoire et ne pourra pas contacter ses avocats durant les deux premiers jours. »

Cette interpellation intervient alors que les condamnations prononcées samedi à l’encontre de plus de quarante figures politiques, avocats, journalistes et anciens ministres ont suscité une vive indignation. Les peines vont de 4 à 66 ans de prison, pour des accusations de « complot contre la sûreté de l’État » et « d’appartenance à un groupe terroriste ». Les avocats de la défense, dont Ahmed Souab, dénoncent un procès politique « fabriqué de toutes pièces ».

Lundi soir, une manifestation a rassemblé des protestataires sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis pour dénoncer l’arrestation de l’ancien juge. Brandissant des pancartes, les manifestants ont appelé à la fin de l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques et à la libération immédiate des détenus.

Cette affaire s’inscrit dans un climat politique de plus en plus tendu en Tunisie, où le président Kaïs Saïed est accusé par ses opposants de dérive autoritaire depuis qu’il a suspendu le Parlement en 2021 et concentré tous les pouvoirs exécutifs entre ses mains. L’arrestation d’Ahmed Souab risque d’exacerber davantage les tensions, alors que la société civile tunisienne s’inquiète d’un recul progressif des libertés fondamentales.

Pourquoi le nom du nouveau pape sera annoncé par un cardinal français

C’est un moment solennel et historique que le monde catholique attend avec émotion : l’annonce du nouveau pape, traditionnellement proclamée depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre au Vatican. Cette année, cet honneur reviendra à un Français, le cardinal Dominique Mamberti.

Suite au décès du pape François survenu le 21 avril, un nouveau conclave va être convoqué pour élire son successeur. À l’issue de ce scrutin très secret, c’est le cardinal Mamberti qui aura la responsabilité de prononcer la célèbre formule latine : « Habemus papam » – « Nous avons un pape ». Il révélera ainsi publiquement le nom du nouveau souverain pontife à des milliers de fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre et à des millions de téléspectateurs à travers le monde.

Âgé de 71 ans et originaire de Vico, en Corse, Dominique Mamberti est actuellement préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, la plus haute juridiction du Saint-Siège. En juillet dernier, il a été élevé au rang de protodiacre lors d’un consistoire ordinaire au Vatican, ce qui lui confère le privilège d’annoncer l’élection du nouveau pape si celle-ci survient pendant son mandat.

Consacré évêque en 2002 à la basilique Saint-Pierre, il avait reçu à cette occasion le titre d’archevêque de Sagone, un ancien siège épiscopal corse symboliquement restauré.

Il s’agit de la deuxième fois qu’un Français est chargé de proclamer l’« Habemus papam ». En 2013, c’est le cardinal Jean-Louis Tauran, originaire de Bordeaux, qui avait annoncé au monde l’élection du pape François. Il était alors l’un des rares cardinaux francophones à occuper un poste aussi élevé dans la hiérarchie vaticane. Il est décédé en 2018 des suites de la maladie de Parkinson.

La désignation du cardinal Mamberti pour ce rôle emblématique est à la fois un hommage à sa carrière diplomatique et religieuse au sein du Vatican, et un clin d’œil à la place qu’occupe encore aujourd’hui la France dans l’histoire de l’Église catholique.

Au Cachemire indien, une attaque contre des touristes fait au moins 26 morts

Mardi, des hommes armés ont attaqué un groupe de voyageurs à Pahalgam, une célèbre destination touristique du Cachemire indien, tuant au moins 26 personnes. La région est régulièrement secouée par une insurrection armée réclamant son indépendance de New Delhi.(Source : AFP).

Au moins 26 personnes ont été tuées, mardi 22 avril, au Cachemire indien, lorsque des hommes armés ont ouvert le feu sur un groupe de touristes dans cette région où sévit une insurrection, ont annoncé à l’AFP des responsables des services de sécurité locaux.

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, qui a écourté le voyage qu’il effectuait en Arabie saoudite pour rentrer dans son pays, a dénoncé un « acte odieux », promettant que ses auteurs seraient « traduits en justice ». « Leur dessein maléfique n’aboutira jamais. Notre détermination à lutter contre le terrorisme est inébranlable et elle ne fera que se renforcer », a-t-il martelé dans un communiqué.

Les États-Unis sont « fermement aux côtés de l’Inde face au terrorisme », a quant à lui réagi Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Le patron de l’ONU, Antonio Guterres, « condamne fermement » l’attaque, a fait savoir son porte-parole dans un communiqué. « Le secrétaire général souligne que les attaques contre des civils sont inacceptables dans n’importe quelles circonstances », a-t-il ajouté, présentant ses condoléances aux familles des victimes.

Les hommes visés

L’attaque est à cet égard survenue au lendemain d’une rencontre à New Delhi entre le vice-président américain, J. D. Vance, en visite officielle de quatre jours sur le sol indien, et Narendra Modi.

L’attaque a eu lieu à Pahalgam, une destination touristique populaire à environ 90 kilomètres de l’importante ville de Srinagar.

« Les combattants (…) sont sortis de la forêt près d’une petite prairie ouverte et ont commencé à tirer », a raconté à un journaliste de l’AFP un témoin sous couvert d’anonymat. « Ils épargnaient clairement les femmes et continuaient à tirer sur les hommes, parfois un seul coup et parfois plusieurs balles, c’était comme une tempête », a-t-il déclaré.

Une région militarisée

Le ministre indien de l’Intérieur, Amit Shah, a annoncé se rendre par avion sur les lieux de l’attaque.

« Ceux qui sont impliqués dans cet acte de terreur lâche ne seront pas épargnés, et nous imposerons aux auteurs les conséquences les plus sévères », a déclaré Amit Shah dans un communiqué.

Le chef du gouvernement local, Omar Abdullah, a déclaré que le bilan des victimes était « encore en cours de vérification », mais a affirmé que « l’attaque est bien plus importante que tout ce que nous avons vu visant des civils ces dernières années ».

« Cette attaque contre des personnes qui nous rendent visite est une abomination », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Rahul Gandhi, leader du principal parti d’opposition en Inde, le Congrès, a qualifié ces attaques de « dévastatrices ». « Le pays tout entier est uni contre le terrorisme », a-t-il déclaré dans un communiqué, appelant le gouvernement fédéral à « assumer ses responsabilités ».

L’Inde compte environ 500 000 soldats déployés en permanence dans le territoire, bien que les combats ont diminué depuis que le gouvernement de Narendra Modi a révoqué l’autonomie limitée du Cachemire en 2019.

Depuis cette date, les autorités indiennes ont fortement promu cette région montagneuse comme destination touristique, tant pour le ski durant les mois d’hiver que pour échapper à la chaleur étouffante de l’été dans le reste de l’Inde.

Environ 3,5 millions de touristes ont visité le Cachemire en 2024, dont une majorité de touristes indiens, selon les chiffres officiels.

Une insurrection depuis 1989

En 2023, l’Inde a accueilli une réunion du G20 sur le tourisme à Srinagar placée sous haute sécurité pour montrer que le calme était de retour, après la répression massive qui avait suivi l’annulation de l’autonomie limitée de la région par New Delhi en 2019.

De nombreux complexes touristiques sont en cours de développement, y compris certains situés près de la frontière fortement militarisée qui divise le Cachemire entre l’Inde et le Pakistan.

Des rebelles de la région à majorité musulmane mènent une insurrection depuis 1989. Ils réclament l’indépendance ou une fusion avec le Pakistan, qui contrôle une partie plus petite de la région du Cachemire et, comme l’Inde, revendique la région dans son intégralité.

L’Inde accuse régulièrement le Pakistan de soutenir les combattants. Islamabad nie cette accusation, affirmant seulement son soutien à l’autodétermination du Cachemire.

L’attaque la plus marquante de ces dernières années a eu lieu à Pulwama en février 2019, lorsque des insurgés ont percuté un convoi de police avec une voiture remplie d’explosifs, tuant 40 personnes et en blessant au moins 35 autres.

L’attaque contre des civils la plus meurtrière remonte à mars 2000, lorsqu’une trentaine de civils indiens avaient été tués.

Tensions commerciales : Trump annonce une baisse des droits de douane envers la Chine, Pékin appelle l’Europe à défendre le commerce mondial

Le président états-unien Donald Trump a annoncé mardi 22 avril une réduction « substantielle » des droits de douane imposés à la Chine, dans un geste d’apaisement qui pourrait marquer un tournant dans les relations commerciales sino-états-uniennes. Dans le même temps, Pékin appelle le Royaume-Uni et l’Union européenne à jouer un rôle actif dans la défense du commerce multilatéral, face à ce qu’il qualifie d’« intimidation unilatérale » de Washington.

Une désescalade tarifaire annoncée

Lors d’une cérémonie à la Maison Blanche, Donald Trump a surpris en indiquant vouloir revoir à la baisse les surtaxes imposées à la Chine, qui atteignent actuellement 145 %. Bien qu’il ait affirmé qu’il ne ramènerait pas les tarifs « à zéro », il a laissé entendre qu’un accord avec Pékin pourrait être proche : « Nous allons être très gentils, ils vont être très gentils, et nous verrons bien ce qui se passe », a-t-il déclaré, ajoutant que « c’est nous qui fixerons les termes de l’accord ».

Ce revirement a immédiatement rassuré les marchés : les Bourses asiatiques, de Tokyo à Hong Kong, ont rebondi le 23 avril, tandis que le dollar regagnait du terrain.

Maintien de Jerome Powell à la tête de la Fed

En parallèle, Donald Trump a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de limoger le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. Cette clarification intervient après plusieurs semaines de critiques virulentes de Trump envers la Fed, qui avaient déstabilisé les marchés financiers. Le maintien de Powell est perçu comme un autre signal d’apaisement destiné aux investisseurs.

Un contexte tendu : surtaxes croisées et inquiétude sur les échanges

Début avril, l’administration Trump avait imposé une vague de tarifs douaniers punitifs sur les produits importés, touchant à la fois l’Europe, l’Asie et plus particulièrement la Chine. Les surtaxes ont été ramenées à 10 % pour tous les partenaires sauf Pékin, pour qui elles sont restées à 145 %. En réponse, la Chine a imposé des droits de 125 % sur les produits états-uniens.

Le secrétaire au Trésor états-unien, Scott Bessent, a reconnu lors d’un échange privé à Washington que cette situation était intenable, qualifiant les surtaxes d’« embargo commercial » nuisant aux deux économies.

Pékin sollicite Londres et Bruxelles

Face à cette guerre commerciale ouverte, la Chine intensifie ses efforts diplomatiques. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a exhorté le Royaume-Uni et l’Union européenne à « protéger l’ordre commercial multilatéral ». Lors d’un appel téléphonique avec son homologue britannique, David Lammy, il a confirmé que des discussions économiques sont « en cours de préparation ». Un message similaire a été adressé à l’Autriche et, plus largement, à Bruxelles.

Wang Yi a insisté sur la nécessité, pour la Chine et l’Europe, de « défendre d’un commun accord » un commerce international fondé sur des règles, en opposition aux pratiques « unilatérales » des États-Unis.

Guyane (France – Outre-mer) : Démantèlement d’un vaste réseau logistique d’orpaillage illégal

Des investigations lancées depuis le mois de février ont permis de démanteler le «plus important» réseau logistique d’orpaillage illégal de Guyane a indiqué mardi 22 avril, la gendarmerie locale, dans un communiqué.

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Syrie : deux hauts responsables du Jihad islamique palestinien arrêtés à Damas

Les nouvelles autorités syriennes ont procédé à l’arrestation de deux figures clés du Jihad islamique palestinien, organisation soutenue par l’Iran et impliquée aux côtés du Hamas dans les attaques du 7 octobre 2023 contre Israël. Cette arrestation marque un tournant stratégique majeur pour la Syrie post-Assad, qui cherche à se rapprocher des puissances occidentales.

Une arrestation inattendue

Dans un communiqué publié le 22 avril, les brigades Al-Qods, branche armée du Jihad islamique, ont annoncé que Khaled Khaled, responsable des opérations du mouvement en Syrie, et Yasser al-Zafari, coordinateur du comité d’organisation, ont été arrêtés il y a cinq jours à Damas. Le groupe a dénoncé une interpellation « sans explication » et « d’une manière que nous n’aurions pas escomptée de la part de nos frères ».

Un responsable du ministère syrien de l’Intérieur a confirmé leur détention sans toutefois fournir de détails sur les raisons de leur arrestation.

Rupture stratégique avec Téhéran

Sous l’ancien président Bachar el-Assad, la Syrie entretenait des liens étroits avec l’Iran et servait de base arrière aux groupes armés comme le Jihad islamique. Mais depuis la chute du régime en décembre dernier et l’arrivée au pouvoir du président Ahmed al-Charaa, Damas a profondément revu sa politique étrangère.

En quête de reconstruction après 14 années de guerre civile, le nouveau pouvoir syrien s’efforce désormais de rompre avec l’axe iranien et de répondre aux exigences occidentales, en particulier celles des États-Unis. Selon plusieurs sources citées par Reuters, Washington a posé des conditions strictes à une levée partielle des sanctions, notamment l’expulsion des groupes armés palestiniens soutenus par l’Iran.

Damas se rapproche de l’Occident

L’arrestation de ces deux figures du Jihad islamique s’inscrit clairement dans cette stratégie de normalisation avec l’Occident. Elle constitue un signal fort envoyé aux États-Unis et à leurs alliés, en particulier Israël, qui considère le Jihad islamique comme une organisation terroriste.

En s’éloignant de ses anciens alliés iraniens et en réprimant les activités de groupes considérés comme terroristes par l’Occident, la Syrie d’Ahmed al-Charaa cherche à rompre avec l’héritage Assad et à redevenir un acteur fréquentable sur la scène internationale.

Cette nouvelle orientation pourrait redessiner les équilibres régionaux, affaiblissant l’influence de Téhéran en Syrie et modifiant en profondeur la dynamique du soutien aux groupes armés palestiniens.

Guerre en Ukraine : les discussions prévues à Londres reportées, tandis que Poutine aurait proposé un cessez-le-feu le long de la ligne de front

Alors que les efforts diplomatiques se multiplient pour mettre fin à plus de trois années de guerre en Ukraine, une nouvelle étape devait se jouer ce mercredi à Londres. L’Ukraine, les États-Unis et plusieurs pays européens devaient s’y retrouver pour un nouveau cycle de pourparlers. Mais le rendez-vous a été reporté à la dernière minute, a annoncé le ministère britannique des Affaires étrangères, invoquant une reprogrammation sans fournir de nouvelle date.

Malgré cela, les discussions se poursuivent en coulisses. « Les discussions entre conseillers se poursuivent mais sont fermées aux médias », a précisé le Foreign Office. Ce round de négociations faisait suite à des échanges similaires tenus à Paris la semaine précédente.

Une délégation ukrainienne tout de même présente

Kiev était censée être représentée à Londres par plusieurs hauts responsables : le chef de l’administration présidentielle Andriï Iermak, le ministre de la Défense Roustem Oumerov, et le vice-ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga. Le Royaume-Uni devait accueillir également le général Keith Kellogg, émissaire spécial des États-Unis pour l’Ukraine, et Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, au nom de la France.

Bien que la rencontre ministérielle ait été ajournée, Andriï Iermak a confirmé sa présence à Londres ce mercredi avec deux ministres ukrainiens. Il a réaffirmé sur Telegram la volonté de Kiev de continuer à œuvrer pour la paix, précisant que les discussions porteraient notamment sur « les moyens de parvenir à un cessez-le-feu complet et inconditionnel ».

Un cessez-le-feu proposé par Moscou ?

Selon le Financial Times, le président russe Vladimir Poutine aurait récemment proposé un gel des combats sur la ligne de front actuelle, à condition que certaines de ses exigences soient acceptées. Parmi elles : la reconnaissance internationale de l’annexion de la Crimée par la Russie (datant de 2014) et la garantie que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN.

L’émissaire états-unien Steve Witkoff aurait été informé de cette proposition lors d’une rencontre avec les Russes début avril. Il est d’ailleurs attendu cette semaine à Moscou, même si aucune date précise n’a été dévoilée par la Maison Blanche ou le Kremlin.

De leur côté, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, semblent vouloir accélérer les discussions. Trump a déclaré dimanche espérer un accord « dans la semaine », sans en révéler les détails. Selon des médias états-uniens, le plan envisagé inclurait une reconnaissance informelle du contrôle russe sur la Crimée, mais maintiendrait la souveraineté ukrainienne sur les territoires occupés depuis 2022, malgré leur occupation militaire russe.

Des désaccords majeurs entre alliés

Mais cette approche divise. Kiev et ses alliés européens, notamment la Pologne et les pays baltes, exigent un retour aux frontières d’avant 2014, ce qui inclut la Crimée. Une position qualifiée d’« irréaliste » par le ministre états-unien de la Défense Pete Hegseth en février dernier.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a de son côté critiqué mardi l’approche des États-Unis, affirmant que Washington n’a pas encore utilisé tous les outils diplomatiques et économiques à sa disposition pour faire pression sur Moscou.

Vers des négociations directes ?

Face à cette situation complexe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué mardi que l’Ukraine était prête à engager des discussions directes avec la Russie, mais uniquement après l’instauration d’un cessez-le-feu. Cette ouverture fait suite à des signaux de Moscou laissant entendre que Vladimir Poutine serait favorable à la reprise de négociations bilatérales.

Par ailleurs, Zelensky a révélé vouloir s’entretenir avec Donald Trump ce samedi au Vatican, où tous deux assisteront aux obsèques du pape François. Cette rencontre pourrait être décisive pour l’évolution des négociations.

Une fenêtre diplomatique fragile

Pour l’instant, les pourparlers progressent avec prudence. À l’issue de la réunion de Paris, le secrétaire d’État états-unien a rappelé que Washington pourrait se retirer des discussions si elles apparaissaient vouées à l’échec. « Il n’y a pas de calendrier strict, mais nous voulons régler cela rapidement », a déclaré Trump vendredi dernier.

Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts et que la Russie a repris ses frappes aériennes, les espoirs d’un cessez-le-feu durable restent minces, mais le climat diplomatique semble évoluer. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si la paix est encore envisageable ou si le conflit risque de s’enliser davantage.

Le « canal sans eau » du Mexique peut-il faire de l’ombre à celui du Panama ?

Début avril 2025, le Mexique célébrait fièrement une étape symbolique : sa première opération de transport de marchandises via le « Corridor interocéanique de l’isthme de Tehuantepec » (CIIT). Un événement salué par de nombreux médias nationaux, qui y voient une alternative prometteuse au mythique canal de Panama. Surnommé déjà par certains le « canal mexicain », ce nouveau projet a de quoi attirer l’attention… même sans une seule goutte d’eau.

Un projet ambitieux, mais modeste

Le CIIT est loin de ressembler à son homologue panaméen. Il ne s’agit pas d’un canal maritime, mais d’un corridor ferroviaire de 302 kilomètres reliant le port de Coatzacoalcos, sur le golfe du Mexique, à celui de Salina Cruz, sur la côte Pacifique. L’idée est simple : permettre aux marchandises de traverser le Mexique par voie terrestre, sans devoir contourner l’Amérique latine par bateau.

Les premiers tests ont été effectués dès juillet 2024, mais c’est en avril 2025 qu’une opération d’envergure a véritablement lancé le projet : deux cargaisons de 900 voitures de la marque sud-coréenne Hyundai ont traversé le pays par ce nouveau corridor.

Selon le journaliste spécialiste du commerce international, Noi Mahoney, le corridor peut accueillir jusqu’à 1,4 million de conteneurs standards (20 pieds) par an. En comparaison, le canal de Panama en traite près de 8 millions, et les navires qui le traversent transportent entre 12 000 et 15 000 conteneurs chacun, contre 350 à 425 pour un train.

Complémentarité plus que concurrence

Sur le papier, le CIIT ne fait donc pas le poids face au canal de Panama. D’autant plus que son fonctionnement impose une logistique plus complexe : il faut disposer de navires et de ports fonctionnels des deux côtés du Mexique, en plus du transport ferroviaire au centre.

Mais ce n’est pas le but, selon la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui insiste sur un rôle complémentaire plutôt que concurrent. Le corridor interocéanique peut offrir une alternative intéressante pour désengorger le canal panaméen, aujourd’hui saturé. Et les premiers chiffres sont parlants : le transport des véhicules Hyundai a pris une semaine, contre une douzaine de jours via le canal.

Noi Mahoney souligne aussi que les entreprises pourraient tirer parti de cette nouvelle route plus rapide et flexible, surtout dans un contexte mondial marqué par des tensions commerciales et des perturbations logistiques.

Une impulsion pour le développement régional

Au-delà des enjeux géostratégiques, le Mexique voit aussi dans ce projet une opportunité de développement économique pour le sud du pays, longtemps marginalisé. L’objectif est clair : attirer les investissements, créer des emplois, moderniser les infrastructures, et réduire les inégalités régionales.

Des zones économiques spéciales sont déjà en cours d’aménagement le long du corridor, avec l’ambition de transformer cette région rurale en véritable hub industriel et logistique.

Le canal de Panama sur la défensive ?

Le canal de Panama conserve pour l’instant une avance confortable en termes de capacité et d’infrastructure. Mais la multiplication des projets alternatifs pourrait, à terme, fragiliser son quasi-monopole sur le commerce maritime interocéanique.

Depuis 2013, le Nicaragua rêve de construire son propre canal, bien que le projet soit suspendu. Le Honduras et la Colombie explorent aussi des solutions similaires, notamment des corridors terrestres – surnommés eux aussi « canaux secs ».

Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement cherchent à se diversifier, le Panama ne peut plus se reposer sur ses lauriers. Si le CIIT reste aujourd’hui un projet modeste, il pourrait bien, à moyen terme, participer à redessiner la carte des routes commerciales mondiales.