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L’Azerbaïdjan muscle son armée : nouvelle commande de chasseurs JF-17 auprès du Pakistan

Bakou poursuit sa montée en puissance militaire alors que le processus de paix avec l’Arménie piétine.

Alors qu’un accord de paix semblait à portée de main en mars dernier entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, trois mois plus tard, la signature se fait toujours attendre. En cause : des tensions persistantes, alimentées par des exigences unilatérales et une course à l’armement de plus en plus marquée. L’Azerbaïdjan, fort de ses ressources pétrolières, investit massivement dans sa flotte aérienne. Le 6 juin, Bakou a officialisé une nouvelle commande de 40 avions de chasse JF-17 Thunder auprès du Pakistan, marquant une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation militaire.

Une paix incertaine et des tensions persistantes

Les pourparlers de paix, pourtant bien engagés, achoppent sur plusieurs points cruciaux. L’Arménie a cédé quatre localités dans la région de Tavoush, un geste interprété comme une volonté d’apaisement. Mais l’Azerbaïdjan, loin de se satisfaire de ces concessions, impose de nouvelles conditions. Parmi celles-ci : la dissolution du groupe de Minsk de l’OSCE, chargé historiquement de la médiation, ainsi qu’une révision de la Constitution arménienne visant à supprimer toute référence au Haut-Karabakh.

La situation se complexifie davantage avec la question non résolue du corridor de Zanguezour, un axe stratégique reliant l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan. Par ailleurs, le contrôle total du Haut-Karabakh par l’armée azerbaïdjanaise renforce la domination de Bakou sur cette zone historiquement disputée.

Une course à l’armement dominée par l’Azerbaïdjan

Sur le plan militaire, l’écart entre les deux pays s’élargit rapidement. L’Azerbaïdjan profite de ses revenus énergétiques pour moderniser son armée à un rythme soutenu. En septembre dernier, Bakou réceptionnait son premier JF-17 Thunder, avion de combat de fabrication sino-pakistanaise. Initialement, 16 appareils avaient été commandés pour 1,6 milliard de dollars. Ce chiffre a ensuite été porté à 40 unités, pour une enveloppe globale de 4,6 milliards de dollars.

La nouvelle commande du 6 juin pourrait correspondre à un avenant au contrat précédent ou à un nouveau lot distinct, les autorités n’ayant pas encore clarifié ce point. Dans la foulée, l’Azerbaïdjan a également confirmé l’achat de 40 chasseurs J-35A de cinquième génération, fabriqués en Chine, accentuant davantage son avantage technologique.

Les capacités techniques des JF-17 Block III

Les JF-17 Thunder commandés par Bakou sont des modèles Block III, les plus avancés de la série. Dotés de moteurs Klimov RD-93, ils peuvent atteindre une vitesse maximale de Mach 1,6 (1 976 km/h). Leur capacité d’emport atteint 3 800 kg de munitions sur sept points d’accroche, incluant missiles air-air, air-surface, bombes guidées et non guidées.

Parmi les équipements notables : un radar à antenne active KLJ-7A, des commandes de vol électriques de dernière génération et un système de visée intégré au casque. Ces appareils ne remplacent pas les MiG-29 et Su-25 actuellement en service, mais viennent renforcer leur efficacité et leur complémentarité dans les opérations aériennes.

Un déséquilibre croissant dans le Caucase

Face à cet arsenal grandissant, l’Arménie peine à suivre. Erevan ne parvient à maintenir en état opérationnel qu’une vingtaine d’aéronefs, dont seulement quatre Su-30SM livrés sur une commande de douze à la Russie. Quant à sa quinzaine de Su-25, leur état reste incertain, rendant leur efficacité opérationnelle discutable.

Ce déséquilibre militaire souligne la vulnérabilité de l’Arménie dans le Caucase Sud, alors que l’Azerbaïdjan multiplie les achats stratégiques et consolide sa supériorité aérienne. Tant que les tensions géopolitiques perdurent, la course à l’armement risque de primer sur les efforts de paix.

Expulsions massives d’Afghans : l’Iran et le Pakistan durcissent leur politique migratoire

Depuis plusieurs mois, l’Iran et le Pakistan ont engagé une politique de plus en plus rigoureuse à l’encontre des réfugiés afghans, provoquant une vague d’expulsions qui alarme la communauté internationale. Ces décisions, justifiées par des raisons sécuritaires et politiques, concernent des millions de personnes, dont une grande partie est installée dans ces pays depuis des décennies.

Une pression croissante au Pakistan

Le Pakistan a donné un tournant décisif à sa politique migratoire à l’égard des Afghans dès le 1er avril. Ce jour-là, Islamabad a annulé environ 800 000 cartes de résidence accordées à des Afghans, parfois nés sur son territoire ou résidant dans le pays depuis plusieurs générations. Le gouvernement pakistanais menace désormais de retirer la protection accordée à 1,3 million de réfugiés afghans enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), d’ici fin juin.

Ces décisions interviennent dans un contexte de tensions sécuritaires accrues dans les zones frontalières avec l’Afghanistan, où le Pakistan accuse Kaboul de laisser opérer des groupes armés responsables d’attaques sur son territoire. Dans ce climat, les expulsions ont repris à un rythme soutenu, bien que variable : 135 865 personnes ont quitté le pays en avril, contre 67 478 en mai, selon les chiffres du ministère pakistanais de l’Intérieur.

Les départs se font parfois de manière volontaire, mais sont également le fruit de descentes policières ciblant les communautés afghanes. En toile de fond, des campagnes médiatiques ont accusé les réfugiés afghans d’être liés au terrorisme ou d’alimenter les mouvements de contestation politique contre le gouvernement pakistanais.

L’Iran fixe un ultimatum

L’Iran, de son côté, a intensifié sa propre campagne de renvois. Le 3 juin, les Nations unies ont exprimé leur préoccupation face à une hausse brutale des expulsions depuis le mois de mai. Contrairement aux précédentes vagues, ciblant principalement les jeunes hommes, ce sont désormais des familles entières – femmes et enfants compris – qui sont concernées.

Téhéran a fixé un ultimatum au 6 juillet pour que les quatre millions d’Afghans en situation irrégulière quittent le territoire iranien. Les autorités iraniennes ont déclaré ne pas vouloir prolonger leur tolérance face à cette population qu’elles jugent trop nombreuse et mal intégrée.

Une situation humanitaire critique

Depuis la fin de l’année 2023, plus d’un million d’Afghans ont quitté le Pakistan et plus de deux millions ont été expulsés d’Iran, selon les estimations. L’ONU indique que plus de la moitié de ces personnes sont des enfants, souvent renvoyés dans un pays qu’ils connaissent peu ou pas du tout.

Pour les organisations humanitaires, ce retour forcé se traduit par une mise en danger directe des exilés. L’Afghanistan, dirigé par les talibans depuis 2021, est officiellement pacifié, mais reste le théâtre de la deuxième plus grande crise humanitaire mondiale, avec un tiers de sa population souffrant de la faim.

À leur arrivée, les familles afghanes sont généralement dirigées vers des camps de transit, aux conditions de vie précaires, sans ressources ni perspectives immédiates. Le HCR souligne que l’Afghanistan « n’est pas prêt à accueillir » un tel afflux. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte également sur la pression exercée sur les structures d’accueil et de réintégration, déjà fragiles.

Une instrumentalisation politique ?

Ces politiques d’expulsion s’inscrivent aussi dans des dynamiques géopolitiques internes. Si en avril, Kaboul accusait Islamabad de « maltraiter » les migrants à des fins politiques, le ton semble s’être adouci depuis, avec la reprise de relations diplomatiques entre les deux pays, matérialisée par la nomination de nouveaux ambassadeurs et des visites ministérielles réciproques. Toutefois, le sort des réfugiés ne figure plus au cœur des discussions publiques, tandis que les expulsions se poursuivent dans l’ombre.

La communauté internationale appelle à une approche plus humaine et coordonnée face à cette crise migratoire. Mais sur le terrain, les millions d’Afghans renvoyés de force tentent de reconstruire leur vie dans un pays en ruines, sans filet de sécurité ni avenir certain.

L’Inde cite en exemple les efforts de l’Algérie contre le terrorisme pour accuser le Pakistan

Alors que les tensions entre l’Inde et le Pakistan ont une nouvelle fois dégénéré en affrontements armés début mai, New Delhi renforce ses efforts diplomatiques pour convaincre la communauté internationale de la gravité de la menace terroriste dans la région. Dans ce contexte, l’Inde multiplie les rapprochements avec des pays qui, comme elle, ont été durement touchés par l’extrémisme islamiste. L’Algérie, marquée par une décennie noire dans les années 1990, apparaît aujourd’hui comme un modèle de résilience aux yeux de l’Inde.

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Pakistan : six morts dans un attentat-suicide contre un bus scolaire, Islamabad accusé New Delhi

Six personnes ont été tuées, mercredi 21 mai, dans un attentat-suicide contre leur bus scolaire au Baloutchisan, dans le sud-ouest du Pakistan. Une attaque qu’Islamabad a attribuée à l’Inde, une dizaine de jours après leur confrontation militaire.

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Reprise des hostilités entre l’Inde et le Pakistan — Modi affirme que l’Inde n’a fait que « suspendre » temporairement son offensive

Alors que, malgré la trêve acceptée par l’Inde et le Pakistan, à la fin de la semaine dernière, les hostilités ont repris entre les deux pays (tous deux possesseurs de la bombe atomique). Le Premier ministre indien, Narendra Modi ayant déclaré que cette trêve n’était qu’une suspension de l’offensive de son armée.

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L’Inde et le Pakistan ont accepté un cessez-le-feu immédiat, fait savoir Donald Trump

Donald Trump, le président états-unien, a annoncé, ce samedi 10 mai, que l’Inde et le Pakistan ont accepté un cessez-le-feu, après une semaine d’affrontements. Une information confirmée par les deux États.

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Le Pakistan lance sa riposte contre l’Inde après des missiles indiens et une frappe à Islamabad

L’Inde a déclaré avoir été la cible, samedi matin, d’une nouvelle vague d’attaques en provenance du Pakistan, impliquant notamment des drones. Peu après, le Pakistan a confirmé ces frappes, les présentant comme une riposte à une attaque indienne antérieure.(Source : AFP).

Drones, tirs d’artillerie et frappes de missiles : le Pakistan et l’Inde ont de nouveau intensifié leurs offensives ce samedi 10 mai, marquant le quatrième jour de leur affrontement militaire, en dépit des appels pressants à la retenue lancés par les États-Unis et la Chine.

Depuis les frappes indiennes menées mercredi sur le sol pakistanais en représailles à l’attentat commis le 22 avril dans le Cachemire indien, les deux puissances nucléaires se rendent coup pour coup dans une inquiétante escalade.

Avant l’aube samedi, deux explosions ont retenti dans la capitale pakistanaise Islamabad et à Rawalpindi, ville toute proche où se trouvent l’état-major et les services du renseignement pakistanais. Le porte-parole de l’armée pakistanaise, Ahmed Sharif Chaudhry, est alors apparu à la télévision d’État pour annoncer que « l’Inde a(vait) attaqué avec des missiles » et que « les bases de Nour Khan, Mourid et Chorkot (avaient) été visées ». « Vous pouvez vous préparer maintenant à notre réponse », a-t-il lancé à l’intention de l’Inde.

« Avec l’opération ‘Edifice compact' », lancée dans la nuit de vendredi à samedi selon des sources pakistanaises de sécurité, « le Pakistan a visé les installations militaires indiennes depuis lesquelles des attaques avaient été lancées contre lui », a ensuite confirmé le Premier ministre, Shehbaz Sharif, cité par son bureau, ajoutant : « aujourd’hui, nous avons donné à l’Inde une réponse adéquate et vengé les morts innocents ».

Dans la foulée, l’Inde a confirmé avoir subi une série d’attaques pakistanaises, notamment de drones, contre plusieurs cibles militaires situées dans toute la partie nord-ouest de son territoire.

La principale ville du Cachemire indien, Srinagar, a été plusieurs fois secouée samedi par de violentes détonations, ont constaté des journalistes de l’AFP.

De son côté, le ministre de l’Information du Cachemire pakistanais, Mazhar Saeed Shah, a affirmé à l’AFP que « 11 personnes, dont quatre femmes et un enfant » avaient été tuées dans la nuit, « dans d’intenses bombardements indiens, sur plus de cinq endroits de la Ligne de contrôle », la frontière de facto dans la région disputée.

« Depuis mercredi, 28 personnes ont été tuées et 125 blessées dans des bombardements indiens ou des frappes de missiles » dans la partie du Cachemire administrée par le Pakistan, a-t-il ajouté

L’aggravation des combats entre les deux rivaux a suscité les appels au calme de plus en plus inquiets de nombreuses capitales étrangères.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, s’est entretenu avec ses homologues indien et pakistanais et les a exhortés « à rétablir une communication directe pour éviter toute erreur de calcul », selon sa porte-parole, Tammy Bruce.

Les États-Unis ont formellement offert leur médiation aux deux pays.

La Chine a haussé le ton samedi en appelant « fermement » les deux pays voisins à la retenue, alors que les pays membres du G7 ont de leur côté exigé « une désescalade immédiate ».

Rivaux depuis leur indépendance et leur douloureuse partition en 1947, l’Inde et le Pakistan traversent leur plus grave crise des deux dernières décennies depuis l’assassinat de 26 civils le mois dernier dans la ville de Pahalgam, au Cachemire indien.

New Delhi accuse Islamabad de soutenir le groupe jihadiste qu’elle soupçonne de l’attaque, ce que son voisin dément fermement. Les combats qui les opposent depuis mercredi font aussi l’objet d’une féroce bataille de communication.

Guerre d’information

New Delhi avait affirmé ces derniers jours avoir été la cible d’une vague d’attaques de drones pakistanais au Cachemire et au Penjab, État frontalier dans le nord-ouest.

Ce que disent les deux camps est impossible à vérifier de source indépendante, notamment parce que de nombreuses zones sont inaccessibles.

L’Inde a fermé 24 aéroports et les médias locaux affirment que le trafic aérien sera suspendu jusqu’à la semaine prochaine. Des dizaines de millions d’enfants sont privés d’école des deux côtés de la frontière.

La confrontation se fait aussi sur l’information. L’Inde a ordonné au réseau social X de bloquer plus de 8 000 comptes, dont ceux de médias internationaux. Le réseau d’Elon Musk a dit s’y être conformé à contrecœur, dénonçant une « censure ».

New Delhi avait déjà exigé l’interdiction de plusieurs comptes de figures politiques, de célébrités ou de médias pakistanais.

Escalade militaire entre l’Inde et le Pakistan : ce que l’on sait

Dans la nuit du 6 au 7 mai 2025, l’Inde a lancé une série de frappes aériennes contre des sites présentés comme des « infrastructures terroristes » situés au Pakistan et dans le Cachemire sous administration pakistanaise. Cette opération, baptisée Sindoor, intervient en représailles à un attentat non revendiqué du 22 avril à Pahalgam (Cachemire indien), ayant coûté la vie à 26 civils indiens, principalement des touristes. New Delhi accuse des groupes djihadistes pakistanais d’être responsables de l’attaque, ce qu’Islamabad dément catégoriquement.

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Tension Inde-Pakistan : l’armée pakistanaise effectue un deuxième essai de lancement de missile

Sous fonds de tensions accrues avec New Delhi, Islamabad a indiqué lundi 5 mai, que son armée a effectué un essai de lancement de missile. Il s’agit du second en deux jours.

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Tensions Pakistan – Afghanistan : Une vague d’expulsion force plus de 100 000 afghans à quitter le Pakistan en trois semaines

Plus de 100 000 afghans ont quitté le Pakistan dans le cadre d’une «campagne d’expulsion massive » organisée depuis le 1er Avril. Islamabad les accuse d’être « liés au terrorisme et au narcotrafic »

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