Pyongyang rejette l’offre d’aide de Séoul en échange de la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Kim Yo-jong, la puissante sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a refusé, ce vendredi 19 août, une offre d’aide économique de la Corée du Sud. Celui-ci, mis en avant par le gouvernement du pays, offre une aide économique en échange de la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, a proposé, cette semaine, à la Corée du Nord, un plan d’aide en aliments, énergie et infrastructures si elle abandonnait son programme d’armement nucléaire. Cette offre est un « sommet d’absurdité », a réagi Kim Yo-jong, la soeur de Kim Jong-un.

De fait, les analystes jugeaient très minces les chances pour que Pyongyang accepte cette offre, formulée pour la première fois en mai 2022 par M. Yoon lors de son discours inaugural, la Corée du Nord ayant depuis longtemps affirmé qu’elle n’accepterait jamais un tel marché. « Quand on pense que le plan pour troquer une « coopération économique » contre notre honneur, (nos) armes nucléaires, est le grand rêve, l’espoir et le plan de Yoon, on se rend compte qu’il est vraiment simple et encore puéril », a encore dit Kim Yo-jong, citée par l’agence officielle nord-coréenne KCNA. « Il est clair que nous n’allons pas nous asseoir face à face avec lui », a-t-elle ajouté, avant d’accuser le Sud de recycler des propositions déjà rejetées par le Nord. « Nul ne troque son destin contre des galettes de maïs », a-t-elle également affirmé. Le bureau de la présidence sud-coréenne a exprimé son « profond regret » face aux déclarations « désobligeantes » de Kim Yo-jong, mais a ajouté que l’offre d’aide économique tient toujours. « Une telle attitude de la part de la Corée du Nord ne contribue ni à la paix et à la prospérité de la péninsule coréenne, ni à son propre avenir. Elle ne fait que promouvoir son isolement sur la scène internationale », a encore déclaré le bureau.

Menaces de eprésailles

La semaine dernière, Pyongyang a menacé d’exercer des représailles « mortelles » contre la Corée du Sud, qu’elle tient pour responsable d’une récente poussée du Covid-19 sur son territoire. Cette menace est survenue alors qu’en juillet, Kim Jong-un déclarait que son pays était « prêt à déployer » sa force de dissuasion nucléaire en cas d’affrontement militaire avec les Etats-Unis et la Corée du Sud. Mercredi, Pyongyang a par ailleurs tiré deux missiles de croisière.

Selon Cheong Seong-chang, directeur du centre des études nord-coréennes à l’institut Sejong, les déclarations de Kim Yo-jong « réaffirment clairement » que Pyongyang n’abandonnera jamais l’arme nucléaire. En conséquence, les politiques du gouvernement de M. Yoon nécessiteront inévitablement une « révision fondamentale », observe encore M. Cheong.

En 2022, La Corée du Nord a procédé à une série record d’essais d’armes, notamment en tirant un missile balistique intercontinental pour la première fois depuis 2017. Washington et les responsables sud-coréens ont averti à plusieurs reprises que le Nord se préparait à reprendre ses essais nucléaires.

Joseph Kouamé

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