Le militant syndical Rong Chhun a écopé de quatre ans de prison, lundi 5 mai, pour incitation aux troubles sociaux.
Un tribunal municipal de Phnom Penh a condamné lundi 5 mai, Rong Chhun, ex-syndicaliste et conseiller du parti «Pouvoir du peuple», reconnu coupable « d’incitation à perturber la stabilité sociale».
Le militant syndical écope aussi d’une amende de quatre millions de riels(environ 1000 dollars états-uniens/environ 883 Euro). Une peine complémentaire de privation de ses droits, notamment le droit de vote et celui de se présenter à une élection, lui a également été infligée. Le juge a toutefois précisé que Rong Chhun n’était pas tenu de purger immédiatement sa peine, l’activiste ayant le droit de faire appel devant la Cour d’appel.
Une absence à l’audience
S’il était présent au tribunal, Rong Chhun a refuser cependant d’entrer dans la salle d’audience. Les autorités avaient renforcé la sécurité autour du bâtiment en installant des barricades, empêchant ainsi une cinquantaine de ses partisans de se ressembler. À l’extérieur du tribunal municipal de Phnom Penh, Rong Chhun a déclaré qu’il ferait appel du verdict « motivé par des considérations politiques» et qu’il a qualifié de « plus qu’injuste».
Devant la presse, l’ex- syndicaliste a déclaré que « c’est une indication claire que le Cambodge manque encore de démocratie pleine et entière et continue de réprimer des voix dissidentes». Aux autorités, il a envoyé ce message:« Arrêtez d’abuser du système judiciaire pour persécuter les opposants politiques. Arrêtez de faire souffrir les gens.» Chhun a appelé ses soutiens à « garder le moral et poursuivre le combat».
Une vidéo critique au cœur des accusations
C’est une vidéo enregistrée dans la province de Kandal, dans laquelle Rong Chhun accusait le gouvernement de « mépriser les droits humains et les principes démocratiques », en particulier en lien avec l’industrie illicite de la cyber criminalité organisée dans le pays, qui est à l’origine de cette «inculpation pour incitation.
Figure de proue du mouvement syndical au Cambodge, Chhun a dirigé la Confédération cambodgienne des syndicats et l’Association indépendante des enseignants du Cambodge (CITA). Il a également été membre du Comité national électoral ( NEC). En juillet 2020, après avoir accusé le gouvernement d’«irrégularités » lors de la redéfinition en cours de la frontière orientale du pays, Rong Chhun avait été arrêté et condamné à deux ans de prison. Sa peine avait été réduite en appel et il avait été libéré au bout de trois mois.
Au Cambodge, « l’incitation à perturber la stabilité sociale», est une accusation fréquemment utilisée contre les militants de l’opposition. En décembre 2024, un autre opposant, Sun Chanthy, fondateur du parti «Pouvoir du peuple», a été condamné à deux ans de prison, pour les mêmes motifs «d’incitation au désordre social».