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Guerre commerciale : l’UE propose aux États-Unis une exemption totale des droits de douane pour les biens industriels ,propositions jugée insuffisante pour Trump

Alors que les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne atteignent un nouveau sommet, Bruxelles a proposé un geste fort pour désamorcer la crise : une suppression totale et réciproque des droits de douane sur les produits industriels, y compris les voitures. Une initiative saluée en Europe mais sèchement rejetée par le président états-unien Donald Trump, qui juge l’offre « insuffisante ».

Une proposition ambitieuse de l’UE pour éviter l’escalade

Lors d’une conférence de presse ce lundi à Bruxelles, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a dévoilé cette proposition dans le but d’ouvrir un nouveau chapitre dans les relations économiques transatlantiques.

« Nous avons proposé des droits de douane nuls pour les produits industriels. L’Europe est toujours prête à conclure un bon accord avec les États-Unis », a-t-elle déclaré.

Le commissaire européen Maros Sefcovic, de son côté, a précisé que cette proposition avait été présentée aux autorités états-uniennes dès le 19 février, bien avant l’annonce de hausses tarifaires par Washington. Elle aurait concerné notamment les secteurs de l’automobile, de la chimie, de la pharmacie, ainsi que l’ensemble des produits industriels.

Mais Ursula von der Leyen a aussi averti :

« Nous sommes également prêts à répondre par des contre-mesures et à défendre nos intérêts » si l’escalade se poursuit.

Trump hausse le ton : une taxe de 20 % dès mercredi

Malgré ce geste fort de l’UE, Donald Trump a rejeté la proposition, estimant qu’elle ne répondait pas aux intérêts des États-Unis d’Amérique.

« Non, ce n’est pas suffisant », a-t-il répondu à un journaliste à la Maison-Blanche, dénonçant à nouveau l’attitude de l’Europe :
« L’Union européenne s’est très, très mal conduite avec nous. »

Le dirigeant a confirmé qu’une taxe de 20 % sur les produits industriels européens entrerait en vigueur ce mercredi, s’inscrivant dans une offensive protectionniste inédite depuis les années 1930. Ces mesures visent, selon lui, à rééquilibrer la balance commerciale entre les deux blocs.

Trump a évoqué un plan pour supprimer le déficit commercial avec l’UE par des achats massifs d’énergie américaine. Il a avancé le chiffre de 350 milliards de dollars, correspondant, selon lui, à l’ampleur du déficit commercial bien que les données officielles situent ce déficit à 235,6 milliards de dollars en 2024 selon les États-Unis, et à 216,8 milliards de dollars selon Eurostat.

« Il faut qu’ils achètent et qu’ils s’engagent à acheter un montant équivalent à ce déficit », a-t-il exigé, sans toutefois préciser si une telle mesure permettrait de lever les taxes douanières prévues.

Vers une “zone de libre-échange” transatlantique ?

Dans ce contexte tendu, une idée a émergé pour rapprocher les deux puissances économiques : la création d’une zone de libre-échange entre l’Europe et l’Amérique du Nord. C’est Elon Musk, PDG de Tesla et proche de l’administration Trump, qui en a lancé l’idée ce week-end. Confronté à une chute des ventes mondiales de ses voitures électriques, il espère ainsi ouvrir de nouveaux marchés sans barrières douanières.

Cette proposition a reçu un accueil favorable en Europe.

« C’est une excellente idée », a réagi Laurent Saint-Martin, ministre français du Commerce extérieur, lors d’une réunion à Luxembourg avec ses homologues européens.
Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, a cependant souligné les divergences internes au sein de l’équipe Trump sur la conduite à adopter face à l’UE.

Des négociations longues et incertaines à venir

Alors que les tensions se cristallisent, les négociations s’annoncent longues, complexes, et politiquement sensibles. L’Union européenne, par l’intermédiaire de la Commission, reste seule compétente pour négocier au nom des États membres et tente de préserver l’unité des Vingt-Sept face à Washington.

L’enjeu est de taille : éviter une guerre commerciale transatlantique qui aurait des répercussions économiques majeures pour les deux rives de l’Atlantique. Si la Commission affiche une volonté de dialogue, elle n’exclut pas une riposte ferme. L’heure est donc à la diplomatie, mais le compte à rebours est lancé avant l’entrée en vigueur des nouvelles taxes états-uniennes.

Séisme de magnitude 6,9 au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée – tandis que Le bilan du séisme en Birmanie dépasse les 3300 morts

Un séisme de magnitude 6,9 a frappé au large de l’île de Nouvelle-Bretagne, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ce samedi matin, selon l’Institut géologique américain (USGS). Bien que le tremblement de terre ait été peu profond, il a entraîné le déclenchement d’une alerte au tsunami, laquelle a ensuite été levée par le Pacific Tsunami Warning Center (PTWC).

« Sur la base de toutes les données disponibles, la menace de tsunami liée à ce tremblement de terre est désormais écartée », a annoncé le PTWC, ajoutant qu’ »aucun tsunami n’a été observé » sur le site de surveillance le plus proche.

Le séisme s’est produit à 06H04 heure locale (20H04 GMT) à environ 194 kilomètres au sud-est de la ville principale la plus proche, Kimbe.

Marolyn Simbiken, réceptionniste dans un complexe hôtelier de Kimbe, a déclaré n’avoir constaté aucun dégât jusqu’à présent.

« Nous avons ressenti le tremblement de terre ici, a-t-elle dit à l’AFP, mais il n’y a pas de gros dégâts. Rien n’a été endommagé ici et il n’y a pas eu d’évacuation. »

Deux tremblements de terre plus faibles, d’une magnitude préliminaire de 5,1 et 5,3, ont ensuite frappé près de la même zone maritime, selon l’USGS.

Les tremblements de terre sont fréquents en Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui se situe sur la « ceinture de feu », une zone d’intense activité tectonique qui s’étend du sud-est de l’Asie au Pacifique.

Bien qu’ils ne provoquent habituellement que des dégâts limités dans les hautes terres peu peuplées de la jungle, les séismes peuvent entraîner des glissements de terrain.

Le bilan du séisme en Birmanie dépasse les 3300 morts

Le puissant séisme qui a frappé le 28 mars en Birmanie a fait 3354 morts, selon un nouveau bilan rendu public samedi par les médias d’État.

Le tremblement de terre qui a pulvérisé des immeubles et détruit des infrastructures à travers tout le pays a également fait 4508 blessés, et 220 personnes restent portées disparues, selon la même source.

Selon une estimation des Nations Unies, plus de trois millions de personnes ont été affectées d’une façon ou d’une autre par la catastrophe, qui est venue s’ajouter aux ravages de quatre ans de guerre civile.

Ces années de combats ont laissé l’économie et les infrastructures du pays en lambeaux, ce qui a considérablement entravé l’arrivée de l’aide humanitaire.

La junte militaire au pouvoir a mené des dizaines d’attaques contre des groupes rebelles depuis le séisme, dont au moins 16 depuis une trêve annoncée mercredi, selon les Nations Unies.

Plus d’une semaine après le séisme, un grand nombre de Birmans sont forcés de dormir dehors, soit parce qu’ils n’ont plus de logement, soit de crainte que celui-ci ne s’effondre.

Le principal responsable de l’aide de l’ONU, Tom Fletcher, a rencontré samedi des victimes à Mandalay (centre), ville située près de l’épicentre. « La destruction est stupéfiante », a-t-il écrit sur X. « Le monde doit se rassembler derrière le peuple de Birmanie », a-t-il ajouté.

Le monde de la musique perd une légende : Clem Burke, batteur du groupe Blondie, s’éteint à 70 ans

Le monde de la musique est en deuil. Ce lundi 7 avril, l’un des membres emblématiques d’un groupe phare des années 1970 s’est éteint, laissant derrière lui des millions de fans en peine. Clem Burke, batteur légendaire du groupe américain Blondie, est décédé à l’âge de 70 ans, des suites d’un cancer contre lequel il se battait discrètement depuis plusieurs années.

Né en novembre 1954 à Bayonne, dans le New Jersey, Clem Burke s’initie très tôt à la batterie, influencé par les sons de la British Invasion. En 1975, il rejoint Blondie, alors en pleine ascension dans la scène punk new-yorkaise. Très vite, il devient le pilier rythmique du groupe, apportant sa fougue et sa rigueur dans des tubes planétaires comme Heart of Glass, Call Me ou Atomic. Grâce à lui, des générations entières ont chanté, dansé et vibré au son de Blondie.

C’est sur la page Instagram du groupe que la triste nouvelle a été annoncée :

“C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons le décès de notre cher ami et membre du groupe, Clem Burke, après un combat privé contre le cancer.”

Le message se poursuit par un hommage vibrant à celui que les membres qualifient de “cœur battant de Blondie”.

“Son talent, son énergie et sa passion pour la musique étaient inégalés. Au-delà du musicien exceptionnel, Clem était une source d’inspiration, sur scène comme en dehors. Son esprit vibrant et son enthousiasme contagieux ont marqué tous ceux qui l’ont côtoyé.”

Si Clem Burke est indissociable de Blondie, son influence allait bien au-delà. Tout au long de sa carrière, il a collaboré avec de nombreux artistes et groupes de légende : Eurythmics, les Ramones, Bob Dylan, Iggy Pop, Joan Jett, Nancy Sinatra, ou encore The Go-Go’s, pour ne citer qu’eux. À chaque fois, il a su imposer son style, sa rigueur et sa sensibilité, laissant une empreinte indélébile sur la scène musicale internationale.

Le légendaire producteur et guitariste Nile Rodgers a tenu à lui rendre hommage dans un commentaire bouleversant :

“Repose en paix, que ton pouvoir perdure mon frère Clem. Mes plus sincères condoléances à ta famille et à tes amis. Ce fut un honneur de jouer avec toi.”

Dans leur message d’adieu, ses compagnons de Blondie concluent :

“Nous vous demandons de respecter notre intimité en ces temps difficiles. Bon voyage, Dr. Burke.”

Avec la disparition de Clem Burke, c’est une page du rock qui se tourne. Son héritage, immense, continuera de résonner à travers les décennies.

Japon : les paysans marchent à Tokyo dénonçant leur situation de plus en plus alarmante.

Accompagnés par des groupes de consommateurs, les milliers d’agriculteurs nippons, venus le 30 mars de tout le pays, se sont rassemblés à Tokyo. Objectif : mettre en lumière la crise dans leur secteur, fruit des réformes qui les plongent dans la précarité, réduisant l’autosuffisance alimentaire du pays.

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La République Dominicaine va accélérer la construction de son mur frontalier avec Haïti


Le mur frontalier séparant la République Dominicaine va s’étendre et sa construction accélérée . C’est l’une des mesures parmi les 15 annoncées par Luis Abinader, président dominicain et dont l’objectif vise à freiner la pression de l’immigration illégale venant de Haïti, qui fait face à une grave crise sécuritaire.

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RDC : une rencontre directe entre Kinshasa et le M23 a eu lieu au Qatar,un retrait partiel du m23 obtenu,Plusieurs établissements de santé pillés à Walikale par des présumés rebelles du M23, l’UA propose le président togolais pour assurer la médiation etc…(Notre point du 7 avril)

Une dynamique diplomatique inédite s’est enclenchée autour du conflit à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Une rencontre directe s’est tenue à Doha, au Qatar, entre des représentants du gouvernement congolais et ceux du mouvement rebelle M23/AFC, marquant un tournant dans les efforts de médiation. Cette avancée diplomatique a débouché sur un retrait partiel des forces du M23 de Walikale, une localité stratégique de l’est du pays, tandis que sur le terrain, la situation humanitaire continue de se détériorer avec des pillages d’établissements de santé attribués aux rebelles.

Une réunion discrète mais prometteuse à Doha

Selon une source proche des pourparlers, la rencontre a été organisée en toute discrétion par les autorités qataries. Il s’agit de la première réunion directe entre Kinshasa et le M23 depuis le début de la résurgence du conflit. La discussion a été jugée « positive », avec un début de rétablissement de la confiance entre les parties.

À l’issue de la réunion, le M23 a procédé à un retrait de la ville de Walikale, récemment conquise. Ce geste est interprété comme une démonstration de bonne volonté et un soutien au processus de dialogue. De nouvelles sessions de pourparlers sont prévues à Doha dans les jours à venir, toujours sous l’égide du Qatar.

Walikale : un retrait militaire entaché de pillages

Malgré le retrait annoncé, la société civile rapporte que des éléments présumés du M23 ont pillé plusieurs établissements de santé dans le territoire de Walikale entre le 3 et le 4 avril. À Kibua, l’hôpital général de référence et le centre de santé de Mungazi ont été dépouillés de leur matériel biomédical, panneaux solaires, médicaments et documents administratifs.

Même constat au centre de santé de Kishanga, situé à une dizaine de kilomètres, également vidé de ses équipements. Ces destructions aggravent une situation déjà critique : 9 structures sanitaires sur 18 avaient été saccagées entre le 17 et le 23 mars, lors de l’avancée initiale des rebelles.

Selon un prestataire de santé sur place :
« Sans l’aide du gouvernement et de ses partenaires, notre structure aura du mal à se relever. »

D’après Médecins Sans Frontières, plus de 700 déplacés s’étaient réfugiés dans l’hôpital général de Walikale à la fin mars.

Appels à la justice et à la protection des civils

La société civile locale demande que les auteurs de ces exactions soient traduits en justice et appelle les autorités congolaises à renforcer la protection des populations civiles sur l’axe Walikale-Masisi, où le M23 aurait redéployé ses forces. Le groupe rebelle, tout en quittant Walikale, aurait poursuivi des actes de violence, notamment le pillage systématique des centres médicaux, emportant médicaments, équipements et matériels récemment offerts dans le cadre des projets gouvernementaux de développement.

Une nouvelle médiation africaine proposée par l’Union africaine

Alors que la médiation angolaise n’a pas porté ses fruits, le président angolais Joao Lourenço, qui préside actuellement l’Union africaine (UA), a proposé le président togolais Faure Gnassingbé comme nouveau médiateur dans le conflit congolais.

Cette proposition a été faite lors d’une réunion du Bureau de l’Assemblée de l’UA, en présence des présidents du Ghana, de la Mauritanie, du vice-président du Burundi et du ministre tanzanien des Affaires étrangères. Lourenço y a souligné la gravité de la crise humanitaire dans l’est de la RDC et ses conséquences sur la stabilité régionale.

Le retrait de l’Angola de son rôle de médiateur, annoncé le 24 mars, est motivé par « des responsabilités accrues à la tête de l’UA » et la nécessité de garantir la continuité du processus de paix.

Une fenêtre fragile vers l’apaisement

Le retrait partiel du M23 de Walikale et la reprise du dialogue offrent un espoir modeste de désescalade. Toutefois, la situation humanitaire demeure alarmante, et les exactions contre les civils ne peuvent rester sans réponse. La réussite de la médiation qatarie et la potentielle entrée en scène du Togo comme médiateur africain seront déterminantes pour sortir l’Est de la RDC de cette spirale de violences.

Droits de douanes : comment l’Afrique du Sud veut-elle limiter leurs conséquences

Alors que les marchés sont pour la plupart en chute ce 7 avril 2025 face à l’inflexibilité du président états-unien, Donald Trump, sur les droits de taxe qu’il a imposé au reste du monde. Le locataire de la maison blanche reproche aux partenaires économiques de son pays de les « piller ». La mesure passe mal auprès de plusieurs pays qui promettent une réplique. A côté, d’autres – à l’exemple de l’Afrique du Sud -, essaient de s’organiser pour réduire les effets de ces mesures, elle qui fait depuis peu face à une certaine animosité de l’administration Trump.

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Brésil : Les Canadiens devront désormais présenter un visa pour voyager

À partir du 10 avril 2025, les citoyens canadiens devront impérativement obtenir un visa pour se rendre au Brésil, mettant fin à la politique d’exemption qui leur permettait jusqu’ici de séjourner dans le pays pour une durée maximale de 90 jours sans formalité préalable.

Jusqu’à présent, les Canadiens pouvaient entrer au Brésil pour des voyages touristiques ou d’affaires de courte durée sans visa. Ce ne sera plus le cas : tout voyage touristique nécessitera désormais une demande de visa préalable. Cette nouvelle mesure s’applique également aux ressortissants des États-Unis et de l’Australie, dans le cadre d’un effort de réciprocité diplomatique engagé par le gouvernement brésilien.

Des exceptions pour les voyages d’affaires ou d’études

Les séjours liés à des activités professionnelles ou à des études continueront d’être exemptés de visa, à condition qu’ils n’excèdent pas 90 jours. Ces modalités ont été confirmées par le gouvernement brésilien et VFS Global, organisme chargé de traiter les demandes de visas électroniques.

Pas de démarches supplémentaires pour certains voyageurs

Les Canadiens déjà en possession d’un visa valide correspondant à l’objet de leur visite ne seront pas tenus de refaire une demande. Cette précision, disponible sur le site de VFS Global, évite des démarches inutiles aux voyageurs fréquents.

Attention à la durée de séjour et à la validité du passeport

Pour les séjours de plus de 90 jours, une demande de prolongation devra être déposée auprès de la police fédérale brésilienne avant l’expiration de la période autorisée. Le gouvernement canadien rappelle également que les passeports doivent être valides au moins six mois après la date prévue de départ du Brésil.

Anticiper pour éviter les mauvaises surprises

Face à ce changement, les autorités canadiennes conseillent aux voyageurs de préparer leur voyage en amont, en s’assurant d’effectuer les démarches de visa dans les délais requis. L’objectif : éviter toute mauvaise surprise à l’arrivée sur le territoire brésilien.

Maurice : Manifestation pour la fermeture de la base américano-britannique de Diego Garcia,menacée de bombardement par l’Iran

Le 4 avril 2024, une vingtaine d’organisations civiles ont manifesté dans les rues de Port-Louis, capitale de Maurice, pour demander la fermeture de la base militaire américano-britannique de Diego Garcia. Cette mobilisation a eu lieu dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran, la République islamique ayant exprimé des menaces de bombardement contre cette base stratégique située dans l’archipel des Chagos, au cœur de l’océan Indien.

Les manifestants ont scandé des slogans tels que « Fermez la base de Diego Garcia » et « Rendez-nous les Chagos », soulignant la revendication de la souveraineté de Maurice sur l’archipel. Ils dénoncent non seulement la présence militaire étrangère dans cette zone, mais aussi les risques qu’elle représente pour la paix régionale, notamment dans l’éventualité d’un conflit armé entre les États-Unis et l’Iran. À travers cette marche, ils appellent également à un océan Indien démilitarisé.

Un territoire en guerre malgré lui

Parmi les figures de proue de la manifestation, Henri Marimootoo, ancien journaliste et membre du Mouvement contre la guerre, a souligné que l’île des Chagos, et plus spécifiquement Diego Garcia, était devenue un terrain de guerre malgré elle. « Lors de la Seconde Guerre mondiale, il n’y avait pas de grandes batailles dans l’océan Indien. Mais aujourd’hui, la guerre est à nos portes. La guerre est menée à partir de notre territoire, de Diego Garcia », a-t-il déclaré. Son propos fait écho à une inquiétude grandissante sur l’utilisation de l’archipel comme base pour des opérations militaires dans le Moyen-Orient.

Alain Ah-Vee, membre du mouvement Lalit et organisateur de la marche, a ajouté que les forces américaines se préparaient à des attaques militaires en positionnant des bombardiers B2 et d’autres équipements militaires sur Diego Garcia, ce qui renforce les craintes d’une implication directe de la base dans les conflits au Moyen-Orient.

L’océan Indien, une zone de paix

Pour de nombreux jeunes Mauriciens présents lors de la manifestation, l’océan Indien doit rester une zone de paix. Shama, 28 ans, a expliqué : « On est là aujourd’hui, parce que le message est clair. On ne veut pas de base militaire dans l’océan Indien. L’océan Indien est une zone de paix. » Sheem, 31 ans, a ajouté : « On ne veut pas de guerre dans nos eaux. On ne veut pas qu’il y ait du sang sur nos mains également. » Leur engagement traduit un rejet massif de l’idée que leur région soit utilisée comme une plateforme pour des actions militaires internationales.

Tania, une autre participante, a également exprimé son soutien, soulignant l’importance de faire entendre la voix de la population mauricienne contre la présence de bases militaires étrangères. « On doit prendre position et faire entendre notre voix », a-t-elle déclaré.

Un contexte diplomatique tendu

Cette manifestation intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. En début avril, le gouvernement britannique a suggéré que Donald Trump, ancien président des États-Unis, aurait donné son accord pour la rétrocession des Chagos à Maurice, à l’exception de la base militaire de Diego Garcia. Cette déclaration a ravivé les tensions autour de la souveraineté de l’archipel, occupé depuis les années 1960 par les forces américaines et britanniques.

Les appels à la fermeture de Diego Garcia et à la restitution des Chagos à Maurice ne cessent de croître, alimentés par des préoccupations géopolitiques et un désir de voir l’océan Indien reconnu comme une région de paix, loin des conflits militaires. Cette mobilisation civile mauricienne témoigne d’une volonté ferme de reprendre le contrôle d’un territoire historique et stratégique tout en préservant la stabilité de la région.

Un rapport parlementaire note une hausse importante des cas de désertion au sein de l’armée française depuis 2022

Un rapport parlementaire dévoilé en mars 2024 a révélé une hausse significative des désertions au sein de l’armée de Terre, particulièrement marquée depuis 2022. Ce constat, préoccupant pour le ministère des Armées, survient alors que le gouvernement a récemment mis en place le plan Fidélisation 360, une initiative visant à améliorer les conditions de travail et de vie des militaires, dans l’espoir de renverser cette tendance.

Le plan Fidélisation 360 a pour objectif de répondre aux besoins des militaires ainsi qu’au personnel civil de la Défense en adoptant une approche locale et incrémentale. Lors d’une visite à Tours le 26 mars, Sébastien Lecornu, ministre des Armées, a présenté les premiers résultats du plan. Il s’est félicité d’une inversion de la tendance, soulignant que pour la première fois depuis quatre ans, les effectifs militaires avaient augmenté, notamment grâce à une réduction des départs. Toutefois, cette évolution n’a pas suffi à endiguer la hausse des désertions, qui reste préoccupante.

Le rapport parlementaire, rédigé par les députés Caroline Colombier (RN) et Loïc Kervran (Horizons), met en évidence une explosion des désertions depuis 2022, avec un pic de 1 485 déserteurs cette année-là, bien supérieur aux chiffres des années précédentes. Bien que ce chiffre soit légèrement redescendu à 1 253 en 2023, il reste bien au-dessus de la moyenne annuelle d’avant 2022. Un phénomène qui semble surtout concerner l’Armée de Terre, tandis que la Marine nationale et l’Armée de l’Air ne connaissent que quelques dizaines de cas par an.

Les raisons de cette hausse sont multiples. Le rapport souligne que la guerre en Ukraine a joué un rôle significatif, notamment au sein de la Légion étrangère, où 85 légionnaires d’origine ukrainienne ont déserté pour rejoindre leur pays d’origine, représentant environ 20 % de la hausse des désertions en 2022. De plus, la sortie de la crise de la Covid-19 a provoqué un « effet de rattrapage », avec un nombre accru de départs retardés. La période de plein emploi en France, offrant davantage de possibilités professionnelles, a également contribué à cette dynamique.

En dépit des sanctions sévères prévues par le Code de la justice militaire, qui peuvent aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement en temps de paix, la justice semble faire preuve de clémence envers les déserteurs. Le rapport note que les peines prononcées sont souvent assorties de sursis ou de classements sans suite, ce qui réduit l’effet dissuasif des sanctions. Cela est particulièrement vrai pour la section AC3 du Parquet de Paris, spécialisée dans les affaires militaires, qui classe systématiquement ces affaires sans poursuites.

Par ailleurs, le rapport pointe des causes plus profondes derrière ce phénomène. Les députés évoquent une « inadaptation à la vie militaire », soulignant que certains soldats trouvent difficile d’accepter les contraintes et singularités de cette carrière. L’immaturité et la versatilité des jeunes recrues, souvent peu préparées à l’engagement, sont également citées comme des facteurs d’explication. Ces éléments montrent qu’une réflexion plus fine sur les raisons des désertions s’avère nécessaire.

Pour répondre à cette crise, des mesures ont été mises en place, telles que des alternatives à la désertion, comme des ajustements de contrat ou des réorientations professionnelles pour les militaires. Ces initiatives visent à mieux répondre aux aspirations des soldats et à limiter le recours à la désertion. Toutefois, les rapporteurs recommandent également un travail approfondi pour comprendre les causes profondes de cette crise et mieux cibler les profils de recrues susceptibles de quitter l’institution.

Loïc Kervran a souligné la nécessité d’adapter l’armée à des profils plus variés. Selon lui, il est crucial de mieux comprendre les raisons des désertions, qu’elles soient liées à un manque d’adaptation des armées ou à des attentes non satisfaites des militaires.

Ainsi, bien que le gouvernement prenne des mesures pour fidéliser ses troupes, la question de la désertion reste un défi majeur, et le ministère des Armées devra approfondir sa réflexion pour enrayer ce phénomène préoccupant.