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Guerre en Ukraine : la Russie « ne renoncera pas à ses objectifs » — Ce qu’il faut retenir de l’échange entre Poutine et Trump, et de l’accord stratégique entre Kiev et une entreprise américaine de drones

Ce Jeudi 3 juillet 2025, un échange téléphonique d’environ une heure entre Vladimir Poutine et Donald Trump a mis en lumière la persistance du fossé diplomatique entre Moscou et Washington sur la guerre en Ukraine. Le président russe a réaffirmé la détermination de son pays à atteindre ses objectifs militaires et politiques, tout en se disant ouvert à la reprise des négociations avec Kiev. En parallèle, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la signature d’un accord stratégique avec une société américaine pour la production massive de drones, marquant une nouvelle étape dans la modernisation de l’arsenal ukrainien.

Un dialogue « franc » mais sans progrès

Il s’agissait du sixième entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump depuis le retour de ce dernier à la Maison Blanche en janvier 2025. Qualifiée de « franche » par le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, cette conversation a principalement porté sur le conflit ukrainien, les tensions au Moyen-Orient et les relations bilatérales.

Selon Moscou, le président russe a affirmé sa volonté de « poursuivre le processus de négociation » entamé à Istanbul, bien que ces discussions n’aient produit jusqu’ici aucun résultat tangible. Toutefois, Vladimir Poutine a clairement indiqué que la Russie « ne renoncera pas à ses objectifs », parmi lesquels figurent :
• l’annexion complète de quatre régions ukrainiennes partiellement occupées ;
• la reconnaissance de l’annexion de la Crimée (2014) ;
• et surtout, le renoncement définitif de l’Ukraine à toute adhésion à l’OTAN.

Des exigences jugées « inacceptables » par les autorités de Kiev.

Donald Trump, quant à lui, a reconnu que cette discussion n’avait permis « aucun progrès » sur le dossier ukrainien. Si l’ancien président s’était engagé durant sa campagne à œuvrer pour un cessez-le-feu rapide, cet appel met en évidence la complexité de toute médiation avec un Kremlin inflexible.

Kiev renforce ses capacités technologiques avec un accord américain

Pendant que la diplomatie piétine, l’Ukraine continue de renforcer son arsenal militaire. Jeudi, le président Volodymyr Zelensky a annoncé la signature d’un accord de production de drones avec la société américaine Swift Beat, lors d’une visite officielle au Danemark.

L’accord prévoit la fabrication de centaines de milliers de drones en 2025, un tournant majeur dans la stratégie militaire de Kiev.

« Des intercepteurs pour détruire les drones et les missiles ennemis, des quadcopters pour la reconnaissance et l’ajustement du tir, des drones de frappe à longue portée – il y aura bien plus de tout cela », a précisé Zelensky sur les réseaux sociaux.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’Ukraine de gagner en autonomie dans la production d’équipements de haute technologie, et de contrer l’avantage tactique russe dans la guerre électronique et la guerre par drones, devenue centrale dans le conflit.

Un détour par le Moyen-Orient

L’échange entre les deux chefs d’État a également abordé la situation au Moyen-Orient, en particulier la récente flambée de violence entre l’Iran et Israël. Selon le Kremlin, Poutine a plaidé pour un règlement du conflit « exclusivement par des moyens politiques et diplomatiques ».

En parallèle, Donald Trump a déclaré, dans un communiqué publié dans la soirée, qu’il souhaitait que « la population de Gaza soit en sécurité », signe que le président américain tente d’adopter une posture d’équilibre face aux tensions régionales.

Relancer les projets économiques ?

Malgré les tensions géopolitiques, les deux dirigeants ont aussi abordé la possibilité de relancer certains projets économiques conjoints. Selon Moscou, Poutine et Trump ont confirmé leur « intérêt mutuel » pour la coopération dans des domaines comme l’énergie et la recherche spatiale, bien que ces discussions soient encore à un stade très préliminaire.

Ce nouvel échange entre Vladimir Poutine et Donald Trump confirme que les canaux diplomatiques restent ouverts, mais sans progrès concret sur la résolution de la guerre en Ukraine. Tandis que la Russie campe sur ses exigences maximalistes, l’Ukraine accélère sa transformation militaire grâce au soutien des États-Unis et de ses partenaires européens. Dans ce contexte, les tensions géopolitiques restent vives, et tout règlement du conflit semble encore lointain.

Sommet inédit à Washington : Trump accueille cinq chefs d’État africains pour une nouvelle ère de coopération

Du 9 au 11 juillet 2025, Washington sera le théâtre d’un sommet inédit entre le président américain Donald Trump et cinq dirigeants africains : les présidents du Gabon, de la Guinée-Bissau, du Liberia, de la Mauritanie et du Sénégal. Présentée comme la première grande initiative africaine du second mandat de Trump, cette rencontre marque un tournant dans la politique américaine sur le continent.

Un sommet stratégique, tourné vers l’économie et la sécurité

Organisé à la Maison-Blanche, le sommet comprendra un déjeuner officiel le 9 juillet et plusieurs sessions thématiques dédiées aux opportunités économiques et aux enjeux de sécurité régionale. Selon un responsable de la Maison-Blanche, cette rencontre vise à « repositionner » la politique africaine des États-Unis, en rompant avec le modèle traditionnel de l’aide publique au développement. Désormais, l’administration Trump privilégie des partenariats commerciaux qualifiés de « gagnant-gagnant ».

Au cœur des discussions : l’accès aux minerais critiques — lithium, cobalt, terres rares — dont l’Afrique regorge. Ces ressources sont jugées vitales pour l’industrie américaine, notamment dans les domaines de l’électronique, des technologies vertes et de la transition énergétique. Cette approche reflète une volonté claire : renforcer les chaînes d’approvisionnement américaines tout en consolidant les relations bilatérales avec des partenaires africains jugés stratégiques.

Une nouvelle doctrine de la diplomatie économique

La doctrine économique de cette nouvelle phase de coopération a été récemment présentée par le secrétaire d’État Marco Rubio. Elle repose sur un principe de conditionnalité : les ambassades américaines devront désormais prouver leur efficacité à travers la signature d’accords concrets. « Il ne s’agit plus de charité, mais de viabilité », affirme-t-on à Washington.

Cette approche s’inscrit dans une dynamique plus large de refonte des relations américano-africaines. Donald Trump affirme que « les pays africains offrent d’incroyables opportunités commerciales, qui profitent à la fois au peuple américain et à nos partenaires africains ».

Une diplomatie active en Afrique

Ce sommet intervient également dans un contexte diplomatique soutenu. La semaine dernière, les États-Unis ont accueilli à la Maison-Blanche la signature d’un cessez-le-feu entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, illustrant leur rôle croissant comme médiateur sur les dossiers de paix et de sécurité en Afrique centrale.

Un autre rendez-vous est d’ores et déjà prévu : un sommet plus large entre les États-Unis et l’ensemble des pays africains aura lieu en septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

En accueillant ces cinq chefs d’État, Donald Trump entend envoyer un message clair : l’Afrique n’est plus seulement un terrain d’assistance, mais un partenaire économique et stratégique incontournable pour les États-Unis du XXIe siècle.

Soudan: les paramilitaires des FSR et leurs alliés annoncent la formation de leur gouvernement parallèle, Le nombre de civils tués au plus haut depuis 2020, faute d’argent, le PAM menace de fermer des camps de réfugiés soudanais etc…

Alors que le conflit au Soudan entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) entre dans sa troisième année, la situation politique et humanitaire se dégrade à une vitesse alarmante. Mardi 1er juillet, les paramilitaires des FSR, dirigés par le général Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti), ont annoncé la création d’un gouvernement parallèle avec leurs alliés politiques et militaires réunis au sein de l’alliance Tasis. Cette annonce, faite dans la ville de Nyala (Darfour du Sud), intervient alors que le pays est de facto divisé et que des millions de civils font face à une crise sans précédent.

Tasis : vers un pouvoir alternatif aux autorités de Port-Soudan

L’alliance Tasis, née en février dernier à Nairobi (Kenya), réunit groupes armés, partis politiques et organisations civiles soutenant les FSR. Son objectif : challenger le pouvoir de l’armée soudanaise, désormais basée à Port-Soudan depuis le retrait de Khartoum. Après plusieurs mois de tensions internes, Tasis a dévoilé la composition de son conseil de gouvernance, formé de 31 membres, avec à sa tête Hemedti en tant que président.

Il est secondé par Abdel Aziz Adam al-Hilu, leader du Mouvement de libération du Soudan-Nord (SPLM-N). Ce groupe armé, actif dans les régions du Nil Bleu et du Kordofan du Sud, a longtemps combattu l’État central et ses milices, dont sont issues les FSR.

« Le général Hemedti a exprimé des positions claires sur la nécessité de fonder un État laïc et démocratique pour tous les Soudanais, sans discrimination », s’est félicité Hasbelnabi Mahmoud, membre de Tasis.

Il reste toutefois à définir la capitale de ce gouvernement parallèle et à surmonter les dissensions internes qui ont déjà ralenti son lancement.

Soudan du Sud : flambée de violences, bilan civil record depuis 2020

Le conflit au Soudan a des répercussions directes sur son voisin du sud, déjà fragilisé. Entre janvier et mars 2025, 739 civils ont été tués au Soudan du Sud, selon la Mission des Nations unies (UNMISS). Il s’agit du plus haut bilan trimestriel depuis 2020, avec une hausse de 110 % par rapport au trimestre précédent.

Les violences, notamment dans l’État de Warrap (où l’état d’urgence a été décrété en juin), sont en majorité le fait de milices communautaires. Toutefois, l’UNMISS note une hausse inquiétante des attaques par des forces armées régulières ou rebelles (+27 %).

« Une escalade de la violence aggraverait encore la situation humanitaire déjà désastreuse », avait alerté le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Turk, en mai dernier.

La rivalité politique entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, arrêté en mars, a ravivé les tensions, mettant en péril l’accord de paix de 2018.

Réfugiés soudanais : le PAM alerte sur une possible fin de l’aide humanitaire

La guerre au Soudan a poussé plus de 4 millions de civils à fuir le pays, dont près de la moitié sont réfugiés en Égypte, Libye, Centrafrique et Éthiopie. Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU avertit qu’en l’absence de nouveaux financements, ses opérations humanitaires devront cesser dans les mois à venir dans ces pays.

« En Ouganda, le nombre de bénéficiaires a déjà été réduit, et beaucoup ne reçoivent que 25 % de la ration alimentaire minimale », explique Shaun Hughes, responsable régional du PAM.

Même au Tchad, à Adré, où la capacité logistique a été renforcée, les ressources manquent. Le PAM estime avoir besoin de 200 millions de dollars pour maintenir ses opérations pendant six mois.

Khartoum sanctionné par Washington pour usage présumé d’armes chimiques

Dans un nouveau coup dur pour les autorités de Khartoum, les États-Unis ont officialisé l’entrée en vigueur de sanctions contre le gouvernement soudanais, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques (chlore) lors d’affrontements avec les FSR à Khartoum.

Ces mesures incluent :
• des restrictions sur les exportations américaines,
• un gel des ventes d’armes,
• l’interdiction de tout financement officiel du gouvernement soudanais.

Ces sanctions ne s’appliquent pas à l’aide humanitaire et aux produits agricoles, précise Washington. Le gouvernement soudanais nie formellement ces accusations, les qualifiant de « sans preuve » et de « politiquement motivées ».

Les faits auraient été révélés en janvier par le New York Times, citant des sources officielles anonymes. Le général Abdel Fattah al-Burhan aurait personnellement autorisé l’usage de chlore, selon ces témoignages. Ce n’est pas la première fois que le régime soudanais est accusé d’attaques chimiques : en 2016, Amnesty International avait recensé 30 attaques similaires au Darfour — également niées par Khartoum.

Un pays divisé, une région à la dérive

Avec la formation d’un gouvernement parallèle par les FSR et l’alliance Tasis, le Soudan entre dans une nouvelle phase de fragmentation politique, accentuant le risque de partition. La crise déborde désormais les frontières, touchant durement le Soudan du Sud, les pays voisins, et les réfugiés en exil, pris au piège entre guerre, famine et abandon diplomatique.

Pendant que deux généraux rivaux se disputent le pouvoir, des millions de civils sombrent dans l’oubli. Et faute d’une réponse urgente de la communauté internationale, la plus grande crise humanitaire en Afrique pourrait bientôt atteindre un point de non-retour.

Gaza : des pilules d’oxycodone retrouvées dans des sacs de farine ? Une affaire trouble mêlant accusations, rumeurs et incertitudes

Depuis quelques jours, une rumeur virale secoue les réseaux sociaux et plusieurs médias internationaux : des pilules d’oxycodone, un puissant antidouleur de la famille des opioïdes, auraient été découvertes dissimulées dans des sacs de farine destinés à l’aide humanitaire à Gaza. L’affaire suscite de vives réactions et soulève de nombreuses interrogations, dans un contexte déjà marqué par la guerre, les pénuries et la désinformation.

Une découverte relayée par le “bureau des médias de Gaza”

La première mention officielle de cette affaire remonte au vendredi 27 juin, à travers un communiqué attribué au bureau des médias du gouvernement de Gaza, diffusé sur un canal Telegram. Le texte affirme que des pilules « stupéfiantes » ont été retrouvées dans de la farine livrée par des centres d’aide soutenus par les États-Unis et Israël, qualifiant cette pratique de « crime odieux » visant à « répandre la toxicomanie » et à « détruire le tissu social palestinien ». Quatre témoignages de citoyens ayant retrouvé ces comprimés sont évoqués.

Des publications virales, des photos troublantes

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), plusieurs publications massivement partagées affichent des photos de pilules blanches portant l’inscription « G 80 » ou « O 80 ». Ces images ont alimenté les soupçons, d’autant qu’elles ont été relayées par des médias comme AJ+ Français et l’agence turque Anadolu, mais aussi par de nombreux comptes de particuliers se présentant comme médecins ou pharmaciens à Gaza.

Cependant, aucune preuve formelle ne permet à ce jour de confirmer l’origine ou la composition exacte de ces comprimés. Des experts interrogés par 20 Minutes rappellent qu’il est impossible de déterminer le contenu d’un médicament à partir d’une simple photographie. Pour Alice Deschenau, cheffe du service d’addictologie du groupe hospitalier Paul Guiraud, seule une analyse chimique permettrait de trancher.

Une accusation controversée et d’autres hypothèses

La version attribuant la responsabilité de ces pilules à l’armée israélienne n’est pas unanimement partagée, y compris parmi certains internautes palestiniens. Sur X, @tamerqdh, un compte connu pour documenter la situation à Gaza, avance une autre explication : un trafic de drogue, dans lequel des pilules sont dissimulées dans des camions d’aide pour être récupérées une fois la marchandise arrivée à destination. Il évoque même des tentatives similaires de contrebande via drones.

Cette hypothèse rappelle que la contrebande de médicaments et de stupéfiants existe bel et bien à Gaza, territoire soumis à un blocus sévère et à une pression humanitaire extrême. Le contexte de guerre rend les contrôles plus difficiles, et les tentatives d’introduction illicite de substances ne sont pas nouvelles.

Une incertitude renforcée par l’absence de confirmation indépendante

L’affaire a été évoquée à deux reprises lors d’un point presse de l’ONU, lundi. Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, a déclaré :

« Nous vivons dans un environnement où il y a beaucoup de désinformation. […] À ce stade, je n’ai aucun moyen de confirmer ou de nier ces informations. »

Les Nations unies ont indiqué avoir demandé des précisions à leurs équipes sur le terrain, sans pouvoir apporter de réponses à ce stade. Une prudence compréhensible dans un contexte de guerre où les manipulations de l’information sont fréquentes et où les vérifications indépendantes sont extrêmement difficiles.

Faux médicaments ou propagande ?

De nombreux spécialistes, dont Maryse Lapeyre-Mestre, du CEIP-Addictovigilance de Toulouse, soulignent que les pilules visibles sur les photos ne correspondent pas à l’oxycodone disponible sur le marché européen. Il pourrait s’agir de faux médicaments, comme cela est fréquent dans les zones de conflit où circulent des produits de qualité douteuse. Le dosage apparent de 80 mg pourrait correspondre à de l’oxycodone, mais aucun logo officiel n’est identifiable.

Cette affaire soulève plus de questions que de certitudes. Si la présence de pilules dans des sacs de farine à Gaza semble plausible, leur origine, leur composition et leur but restent totalement incertains. En l’absence d’enquête indépendante et d’analyse scientifique, il est impossible de confirmer s’il s’agit d’un acte délibéré de sabotage, d’un trafic illégal ou d’une opération de désinformation dans un contexte où chaque image, chaque rumeur, peut devenir une arme.

Dans un territoire ravagé par la guerre et les pénuries, le danger d’une crise sanitaire supplémentaire, alimentée par la drogue ou la désinformation, reste bien réel.

Guerre en Ukraine : les États-Unis suspendent certaines livraisons d’armes à l’Ukraine face à l’épuisement de leurs stocks

Alors que la Russie intensifie ses frappes contre l’Ukraine, l’administration Trump a décidé de suspendre l’envoi de certaines armes pourtant promises à Kyiv, invoquant des préoccupations sur l’état des stocks militaires américains. Une décision qui marque un tournant dans l’approche américaine du conflit et qui pourrait avoir des conséquences lourdes pour la défense ukrainienne.

Une suspension motivée par la priorité aux intérêts américains

Selon plusieurs responsables de la Maison Blanche, les États-Unis ont interrompu la livraison de certains missiles de défense aérienne et d’autres systèmes d’armement destinés à l’Ukraine, initialement promis sous l’administration Biden. L’objectif affiché : préserver les capacités de défense des États-Unis eux-mêmes.

« Cette décision a été prise pour faire passer les intérêts des États-Unis en premier, à la suite d’un examen du soutien et de l’assistance militaires de notre nation à d’autres pays dans le monde », a déclaré Anna Kelly, porte-parole de la Maison Blanche.

Le Pentagone a confirmé que les stocks de certaines armes étaient désormais insuffisants, sans toutefois spécifier lesquelles. Cette mesure s’inscrit également dans le contexte d’un vaste programme de modernisation de l’arsenal militaire américain, rendu possible par une récente réforme fiscale et budgétaire adoptée par le Congrès.

Une décision au moment où Moscou accentue sa pression militaire

Ce retrait partiel du soutien militaire américain survient alors que l’armée russe multiplie les frappes en Ukraine. Le mois de juin a vu un nombre record de drones lancés par la Russie : 5 438, contre 4 198 en mars, selon l’armée de l’air ukrainienne. Les attaques de missiles, bombardements et assauts ciblés se sont également intensifiés sur plusieurs fronts.

Pour Kyiv, cette décision américaine pourrait compliquer davantage la défense de son espace aérien, notamment dans les zones urbaines et proches des lignes de front.

Berlin sous pression, mais reste prudent

Face à ce désengagement partiel des États-Unis, les regards se tournent vers les alliés européens. L’Allemagne, notamment, est régulièrement appelée à livrer des missiles de croisière Taurus à l’Ukraine. Ces armes, dotées d’une capacité de pénétration de structures fortifiées, sont particulièrement adaptées aux besoins de l’armée ukrainienne dans sa lutte contre les infrastructures militaires russes.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a cependant temporisé. « Il a toujours été clair que si nous fournissons le Taurus, cette arme ne sera pas utilisée par les soldats allemands, mais par les Ukrainiens », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant que la question de la livraison restait « à l’étude ». Merz a également écarté toute participation militaire directe de l’Allemagne au conflit.

Le missile Taurus est comparable aux SCALP français et Storm Shadow britanniques déjà livrés à Kyiv, mais avec une ogive plus performante contre des cibles enterrées. Cette spécificité fait de lui un atout stratégique que l’Ukraine réclame depuis le début de l’invasion en 2022.

En suspendant certaines livraisons d’armes, les États-Unis modifient l’équilibre du soutien occidental à l’Ukraine. Alors que la Russie renforce son offensive, la question désormais centrale est de savoir si les alliés européens, déjà engagés, seront prêts et capables de combler ce vide stratégique.

Licenciement d’agents après des propos contre Rima Hassan : Orpi visée par des menaces, une enquête ouverte

Deux employés du réseau immobilier Orpi ont été licenciés après avoir tenu des propos hostiles et discriminatoires envers l’eurodéputée LFI Rima Hassan, lors d’une altercation filmée devant une agence de l’entreprise. Depuis, Orpi et son dirigeant ont été la cible de nombreuses menaces en ligne, entraînant l’ouverture d’une enquête pour “menaces” et “harcèlement en ligne”, selon le parquet de Nanterre.

L’affaire a éclaté vendredi dernier, lorsque Rima Hassan a diffusé sur le réseau social X une vidéo dans laquelle on voit une femme et un homme, présentés comme collaborateurs d’Orpi Invest Immo, scander le slogan pro-israélien “Ham Israël Haï” avant que l’homme ne lance à l’eurodéputée : « On va te la brûler ta Palestine ».

La réaction d’Orpi a été immédiate. Dans un communiqué publié dans la foulée, le président du réseau immobilier, Guillaume Martinaud, a condamné fermement les propos tenus : « Les paroles à caractère discriminatoire et menaçantes ne reflètent en aucun cas les valeurs d’Orpi France ». Il a confirmé le licenciement des deux salariés, qualifiant leurs agissements “d’inacceptables”.

Mais cette décision a provoqué une vague d’hostilité en ligne à l’encontre de l’entreprise et de son dirigeant. Depuis samedi, plusieurs messages menaçants circulent sur les réseaux sociaux. Selon une source policière, certains évoquent l’incendie d’une agence à Marseille dans la nuit de vendredi à samedi, tandis que d’autres s’en prennent directement à Guillaume Martinaud avec des propos virulents : « Tu te couches devant une militante du Hamas pour faire ta com (…) je te souhaite de couler petit pauvre ».

Face à cette escalade, le dirigeant d’Orpi a déposé deux plaintes. Le parquet de Nanterre a confirmé, mercredi 2 juillet, l’ouverture d’une enquête pour “menaces” et “harcèlement en ligne”, actuellement confiée au commissariat de Clichy. « Nous cherchons à identifier l’origine de ces messages pour affiner la compétence territoriale et déterminer le service d’enquête le plus adapté », a précisé le parquet à l’AFP.

Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu autour des prises de position de Rima Hassan, eurodéputée franco-palestinienne, régulièrement ciblée pour son engagement en faveur de la cause palestinienne. Le geste d’Orpi, salué par certains pour son refus de tolérer des propos discriminatoires, a également suscité une réaction violente de la part de certains internautes, révélant la persistance de fractures profondes dans le débat public sur le Proche-Orient.

Football : Diogo Jota, attaquant portugais de Liverpool, meurt dans un accident de la route

Le monde du football est en deuil. L’attaquant portugais de Liverpool, Diogo Jota, est décédé dans un tragique accident de la route survenu dans la nuit de jeudi à vendredi, près de Zamora, dans le nord-ouest de l’Espagne. L’information a été rapportée par la télévision publique espagnole TVE, citant les services de secours, et confirmée par une dépêche de l’agence Reuters.

Selon les premiers éléments communiqués par le service régional d’incendie de Castille-et-León, le véhicule dans lequel se trouvaient Diogo Jota et un autre passager a percuté un obstacle peu après minuit avant de s’embraser. À l’arrivée des secours, les deux occupants du véhicule, âgés respectivement de 28 et 26 ans, étaient déjà décédés.

TVE précise que les victimes sont Diogo Jota, 28 ans, et son frère cadet André Jota, 26 ans, joueur du club portugais de Penafiel, évoluant en deuxième division. Le club de Liverpool, où évoluait l’international portugais depuis 2020, n’a pas encore réagi officiellement au drame.

Diogo Jota avait rejoint Liverpool en provenance de Wolverhampton et s’était rapidement imposé comme un élément clé de l’effectif dirigé par Jürgen Klopp. Il comptait plus de 50 sélections avec l’équipe nationale portugaise, avec laquelle il avait inscrit 14 buts. Talentueux, combatif et apprécié de ses coéquipiers comme des supporters, Jota était devenu l’un des visages emblématiques du football portugais moderne.

Ce drame plonge le football européen dans la tristesse et laisse un vide immense tant sur le terrain qu’en dehors.

Espagne: l’ancien numéro trois du Parti socialiste et proche du premier ministre placé en détention provisoire pour corruption

L’ex-numéro trois du Parti socialiste espagnol (PSOE) et proche du premier ministre, Pedro Sanchez, a été placé lundi 30 juin en détention provisoire dans le cadre d’une enquête pour corruption impliquant également un ancien bras droit du chef du gouvernement.

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Corée du Nord : Pyongyang informe l’ONU de nouveaux travaux dans la zone démilitarisée

La Corée du Nord a officiellement informé le Commandement des Nations unies (UNC), dirigé par les États-Unis, de son intention de reprendre des travaux de fortification à l’intérieur de la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées. Une annonce inhabituelle qui suscite autant d’inquiétudes que de spéculations sur les intentions réelles de Pyongyang.

C’est le quotidien sud-coréen Dong-A Ilbo qui a révélé en premier cette communication rare de l’armée nord-coréenne à l’UNC, datant de mercredi dernier. Le régime de Kim Jong-un a indiqué qu’il s’apprêtait à ériger de nouvelles barrières et à réinstaller des grillages barbelés le long de la Ligne de démarcation militaire (MDL), dans la portion nord de la DMZ. Ces constructions reprendraient les installations entamées l’année dernière, qui avaient été temporairement interrompues durant l’hiver.

Un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense a confirmé cette information ce lundi. De son côté, un responsable de l’UNC a refusé tout commentaire sur les échanges avec l’armée nord-coréenne.

Une reprise des fortifications militaires

Pyongyang avait déjà entamé des travaux similaires en avril 2023, mobilisant plusieurs milliers de soldats pour renforcer les grillages, ériger des murailles antitanks et densifier la militarisation de la ligne de front. Après une pause hivernale, les activités avaient repris au printemps, et viennent de redémarrer à la fin de la semaine dernière.

L’armée sud-coréenne a observé la présence d’environ 1 000 personnes réparties sur cinq à six sites, un chiffre inférieur aux 5 000 mobilisés l’an passé sur une dizaine d’emplacements. Ces mouvements font l’objet d’une surveillance renforcée par Séoul.

« Notre armée surveille de près les activités militaires nord-coréennes et répondra conformément aux principes en cas de violation de la MDL », a averti le colonel Lee Sung-jun, porte-parole du Comité des chefs d’état-major interarmées sud-coréen (JCS).

Une notification inédite, aux allures de message politique

Le fait que la Corée du Nord ait cette fois notifié l’UNC constitue une première, alors que des épisodes précédents de franchissements accidentels de la MDL avaient déjà provoqué des tirs de semonce sud-coréens. Pyongyang n’avait, jusqu’ici, jamais pris la peine de prévenir de ses actions sur cette ligne de tension, à l’exception notable d’octobre dernier lorsqu’il avait détruit certaines infrastructures routières et ferroviaires reliant les deux pays.

Cette démarche soulève des interrogations : s’agit-il d’une simple manœuvre tactique ou d’un signal politique ? Depuis fin 2023, Kim Jong-un a clairement affirmé vouloir traiter la Corée du Sud comme un “État hostile”, rompant avec la doctrine du rapprochement intercoréen. Pourtant, cette notification formelle pourrait aussi être interprétée comme un geste d’ouverture, notamment en direction du nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung, arrivé au pouvoir début juin avec une volonté affichée de détente et de dialogue.

Vers un apaisement ou une nouvelle escalade ?

Du côté sud-coréen, la prudence reste de mise. Le ministère de la Défense a reconnu qu’il était difficile d’interpréter clairement les intentions nord-coréennes, mais a aussi souligné que ce message pouvait constituer un signal significatif en faveur d’un éventuel réchauffement des relations.

L’UNC a rappelé, pour sa part, que la notification préalable de telles activités dans la DMZ permet généralement de réduire les risques de malentendus et de désescalade accidentelle.

Dans un contexte où la péninsule coréenne reste l’un des foyers de tension les plus explosifs de la planète, ce geste nord-coréen, bien que modeste, pourrait marquer un point d’inflexion dans la dynamique intercoréenne — à condition qu’il soit suivi d’initiatives concrètes.

Crise dans l’Est de la RDC : victoire historique contre le Rwanda devant la Cour africaine, l’ONU contrainte de suspendre son enquête pour faute de financement

Kinshasa remporte une première victoire diplomatique et judiciaire face à Kigali devant la Cour africaine des droits de l’homme. Mais dans le même temps, les Nations unies annoncent une interruption de leur mission d’enquête sur les crimes commis dans l’est de la RDC, faute de moyens financiers.

Une décision inédite de la Cour africaine : la RDC autorisée à poursuivre le Rwanda

Dans un arrêt rendu le 26 juin 2025, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), basée à Arusha (Tanzanie), s’est déclarée compétente pour examiner la plainte de la République démocratique du Congo (RDC) contre le Rwanda. Il s’agit de la première fois que cette juridiction accepte de se prononcer sur un litige entre deux États membres de l’Union africaine.

Déposée en 2023 par Kinshasa, la plainte accuse Kigali de violations graves et systématiques des droits humains dans l’est de la RDC, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces exactions sont liées à la présence et aux actions du groupe armé M23, que les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir militairement et logistiquement.

Les faits dénoncés incluent :
• la traite des êtres humains,
• des exécutions sommaires,
• des tortures et traitements inhumains,
• la destruction d’infrastructures civiles,
• et le déplacement massif de populations.

La Cour balaie les objections de Kigali

Lors de la deuxième audience du 13 février 2025, la défense rwandaise avait tenté de faire invalider la procédure, contestant la compétence de la Cour et la qualité des preuves présentées. Elle affirmait notamment que :
• les recours internes n’avaient pas été épuisés,
• certaines sources s’appuyaient sur des articles de presse non vérifiés.

Mais ces arguments ont été rejetés en bloc. Selon le juge doyen Rafaa Ben Achour :

« La Cour rejette l’exception d’incompétence soulevée par la partie défenderesse et se déclare compétente pour connaître de cette affaire. »

Cette décision constitue une victoire diplomatique majeure pour Kinshasa. Bien que la date de l’audience sur le fond n’ait pas encore été fixée, l’État congolais, représenté par Me Samuel Mbemba (aujourd’hui ministre de la Justice par intérim), s’est dit confiant quant à une future condamnation du Rwanda.

Une victoire judiciaire… mais une paralysie onusienne

Dans un contraste saisissant, la même semaine, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a annoncé la suspension d’une mission d’enquête cruciale sur les crimes commis dans l’est de la RDC.

Lancée en février 2025, cette mission avait été établie à la suite d’une résolution urgente du Conseil des droits de l’homme. Elle visait à :
• « recueillir, rassembler et analyser » les preuves d’exactions commises depuis janvier 2022,
• et établir les responsabilités des acteurs impliqués.

La mission avait déjà recueilli des témoignages significatifs en RDC, au Rwanda, au Burundi, et auprès de réfugiés dans d’autres pays. Mais faute de moyens, l’enquête est désormais à l’arrêt.

Une crise budgétaire sans précédent pour l’ONU

Dans un courrier interne consulté par l’agence Reuters, le Haut-Commissaire Volker Türk annonce que la mission ne pourra pas être mise en place “jusqu’à ce que – et à moins que – les fonds soient disponibles”.

La raison ? Une baisse drastique des contributions volontaires, qui se chiffre à 60 millions de dollars en moins par rapport à 2024. Cette chute brutale est notamment due à l’arrêt complet du financement américain, effectif depuis le 31 mai 2025. L’an dernier, les États-Unis avaient pourtant versé 36 millions de dollars, faisant d’eux le principal bailleur du HCDH.

« Les baisses de financement de notre bureau ne font que renforcer les régimes autoritaires », a averti Volker Türk, déplorant un climat international de plus en plus hostile aux droits humains.

Un employé de l’ONU en RDC, cité anonymement, parle d’une situation « très inquiétante ». Le Haut-Commissariat, dans un message adressé à RFI, a exprimé ses regrets et assuré que les travaux reprendront dès que le financement sera rétabli.

Entre avancée diplomatique et recul opérationnel

Pour la RDC, ces deux annonces envoyées à quelques jours d’intervalle illustrent la complexité de la situation :
• D’un côté, la reconnaissance par la CADHP de la recevabilité de sa plainte contre Kigali est un précédent historique, porteur d’espoir pour les victimes.
• De l’autre, l’arrêt brutal de l’enquête de l’ONU ralentit le recueil des preuves, au moment même où des mécanismes judiciaires pourraient s’en emparer.

Les autorités congolaises ont réitéré leur appel à la solidarité internationale, espérant que la reconnaissance par une cour continentale de la gravité du conflit à l’Est incitera les États membres à relancer le financement des mécanismes de justice internationale.

La décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ouvre un nouveau chapitre dans le long combat de la RDC contre l’impunité des crimes dans sa partie orientale. Mais le gel de la mission d’enquête de l’ONU rappelle que sans moyens financiers, aucune justice internationale n’est véritablement possible.

Alors que la guerre continue de ravager les régions du Kivu, la justice reste suspendue entre victoire symbolique et paralysie matérielle. Pour les millions de civils affectés, l’espoir d’une vérité reconnue et d’une réparation effective demeure, mais le chemin reste semé d’embûches.